‹ L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques, et autres anciens monumens depuis la naissance de NotreSeigneur, par le moyen d'une table chronologiqueChapitre 118 sur 582 · OTTON IL · texte numérisé non relu

OTTON IL

1184. Op-OR II succéda , Tan 1184, a «Ion I , son père. L'an 1188, il fit a l'église de Slendal une donation, et se nomme, dans la charte qui la renferme, Otton second; ce qui déroute ceux qui mettent en 1198 b> mort d'Otton I. Il joignit ses armes, l'an 1190 , a celles de Henri , roi des Ro-

CHRONOLOGIE HISTORIQUE

mains, et de Bernard, son oncle, pour arrêter les efforts que Henri le Lion faisait pour recouvrer la Saxe. L'an uga, Otton associa ses armes a a lies d'Adolphe 111 , comte de Holstein , pour la défense de Waldemar , évéque de Sleswick , ce fils naturel de Canut V , roi de Danemarck , qui disputait ce trône à Canut VI. La prudence et la valeur du monarque qu ils voulaient déposséder , rendit leurs efforts impuissants. ( Voy. les rois de Dammarck. ) Otton prit la croix, en ngS , pour la Terre-Sainte ; mais les affaires du margraviat ne lui permettant pas une longue absence, il se fit dispenser de son vœu par le pape. Après la mort de l'empereur Henri VI, arrivée 1 an 1198, il garda la foi qu'il avait donnée au jeune roi Frédéric, et 'consentit que Philippe, duc de Suabe, eût la tutelle de ce

prince jusqu'à sa majorité. Mais la guerre qu'il eut , la même année , avec le Danemarck , l'empêcha de nen faire de plus en sa faveur. Il la fit avec succès , et défit les Danois , en Bataille rangée, l'hiver suivant. Ayant fait ensuite irruption dans une partie du Meckienbourg et dans la Poméranie antérieure , il mit te pays du prince Jaromar a contribution. Otton mourut le 5 juillet iao6, sans avoir , a ce qu'il paraît , été marié,

ALBERT II

1106. AtBEnT II succéda, l'an teo6 , à son frère Otton II. Us avaieul eu , si l'on en croit Bloluse, de grands démêlés ensemble pour la succession paternelle. Mais les anciens gardent là-dessus un silence profond. Albert fut attaché au parti de Philippe de Suabe tant qu'il vécut. Mais, après la mort de ce prince, il concourut a l'élection d'Otton IV pour le royaume de Germanie, et fil la paix avec la maison des Guelfes. L'an laoq , il aida le marquis de Lusace, Conrad , son beau-père, a faire le siège de Lebus , dont la garnison avait souvent fait des courses sur ses terres. Uladislas , duc de Pologne, étant venu au secours de la place, en précipita la reddition par sa défaite. Conrad étant mort, l'an 1210, sans enfant mile, Albert, du chef de sa femme, forma des prétentions sur tout le marquisat de Lusace. Mais Tbierri, marquis de Misnie, obtint , a force d'argent , la Lusace inférieure , et ne laissa que la supérieure aux enfants d'Albert. Ce fut l'empereur Otlon IV qui régla ce partage. Loin de lui en savoir mauvais gré, le margrave Albert n'en parut que plus attaché a ses intérêts. Le pape Innocent III ayant excommunié, l'année suivante, Otton et ses partisans, Albert encouragea ce prince à braver les foudres de Rome , et fit une ligue offensive et défensive, avec lui, contre tousses ennemis. Le plus animé, d'entre eux, était l'archevêque de .Macilebourg. Albert lui fit la guerre durant plusieurs années , et dévasta ses terres a diverses reprises. Albert , cependant , en léfendant les intérêts d'autrui , ne négligeait pas les siens

Îiropres. Vers le même terris , il acquit de Boleslas , duc de 1 basse Silésie et neveu de Boleslas le Grand , duc de Bresaw , la ville de Lébus avec une partie du pays qui compose ce qu'on nomme aujourd'hui la nouvelle Marche; mais celte acquisition ne fut point solide. Il entama, l'an iai4. une guerre qui dura trois ans avec le Danemark et les princes de Poméranie. L'an iat5, l'empereur n'étant plus en état de se relever, Albert se tourna du côté de Frédéric II , et fit sa paix avec lui. Ce prince lui confirma ses droits sur la Poméranie. Albert mourut le a3 février de l'an laai, et fut inhumé à l'abbaye de Lehmin. De Matbilde , son épouse, fille de Conrad III, marquis de Lusace (morte l'an ia5» ou ia55), il eut Jean et Otton, qui suivent; Malhilde, femme d'Olton t' Enfant, duc de Brunswick; Anne, mariée a Nidot, 61* de Henri-Burwin , duc de Meckienbourg.

JEAN I et OTTON III , dit LE PIEUX.

iaai. Jean et Ottoî», son frère, succédèrent en bas âge an margrave Albert, leur père, sous la tutelle et la régence de

DÈS MARGRAVES DE BRANDEBOURG !, qui s'acquitta de cet emploi sagement, de concert avec Henri , prince d'Anhall , qu'on lui avait douné pour adjoint. L'un de ses premiers soins fut de racheter, de l'archevêque de Magdebourg , l'advocalie que l'empereur lui avait conférée <les fiefs de celte succession , mouvants immédiatement de l'empire ; ce qu'elle ne put obtenir qu'en payant dix-neuf cents marcs au prélat. L'an t aa6 , les deux jeunes princes , après avoir reçu de l'empereur l'investiture de leurs étals , commencèrent à les gouverner en commun et sans partage. Ils eurent , l'an ia38 , une guerre , dont on n'explique pas le sujet , avec Henri, marquis de Misnie, et l'évéque d'Halberstadt. Ce dernier fît le margrave Otlon prisonnier, et oe le relâcha , au

bout de six mois, qu'après avoir tiré de lui une forte rançon. Les hostilités continuèrent l'année suivante , et devinrent plus animées par la jonction de l'archevêque de Magdebourg aux ennemis des margraves. Ce qui avait fait entrer le prélat dans cette confédération , c'était le refus que faisaient les deux

Îtrinces, de ratifier les donations faites a son église par Otton II, eur prédécesseur. On en vint, l'an iuio, a une nouvelle bataille, où l'archevêque fut blessé et l'évéque d'Halberstadt fait prisonnier avec soixante chevaliers. Pour recouvrer sa liberté, révéque, après un an de captivité , fut obligé de rendre la rançon qu'il avait exigée d'Otton en 1266, et de restituer a la maison Je Brandebourg tout ce qu'il lui avait enlevé. L'archevêque fut encore battu l'an ia43, et n'obtint la paix qu'en ia44- Ce furent les margraves qui en dictèrent les conditions , dont la principale fut que la vieille Marche serait entièrement affranchie de la mouvance de l'église de Magdebourg. Dans le même teins que les margraves faisaient tète à cette ligue, ils avaient a repousser les ducs de Poméranie , qui voulaient profiter des conjonctures pour s'agrandir a leurs dépens. La paix ne se fit avec ceux-ci qu'en ia5o. Ce fut Barnime , tige des ducs suivants de Poméranie, qui la traita, en cédant aux margraves l'Uckermarck (sauf les droits que l'évéque de Camin

avait) en échange des châteaux et pays de Wolgast qu'il avait envahis sur eux, et qu'il mit sous leur mouvance ainsi que tout le reste de ses états. C'est ce que l'on voit par l'acte du traité publié par M. Dreger dans son Code Diplomatique de Poméranie. L'an 1248, les margraves cimentèrent l'acquisition qu'Albert , leur père , avait faite de la ville de Lébus par la nouvelle vente que leur en fit Boleslas le Chauve, duc de Lignitz. Guillaume , roi de Germanie . auquel ils s'étaient attachés depuis la mort de Frédéric II, leur accorda, l'an ia5a, l'expectative sur le duché de Saxe. Ils obtinrent encore de lui , l'année cuivante, le pays de Zerbst en fief. Le comte de Holslein étant en guerre avec Christophe, roi de Danemark , les deux frères se joignirent au premier, qui battit le monarque , l'an ia54, avec leur secours , et leur engagea , pour les dédommager des frais de la guerre, la ville de Hendsbourg. L'année suivante, Otton se mit à la tête des troupes qu'Oltocarc, roi de Bohême, envoya dans la Prusse, où il avait déjà fait une expédition, en ia5i , avec les chevaliers Tcutoniques. Après la mort du roi Guillaume, arrivée au mois de janvier ia56, plusieurs princes jetèrent les yeux sur Otton , pour le remplacer. Mais les trésors de Richard de Coroouailles les éblouirent. Otton, de son cûté, donna son suffrage an roi de Castille, qu'il abandonna dans la suite, pour se donner a Richard.

L'an ia6a, les deux margraves ménagèrent un accord entre V, roi de Danemarck, et Eric, duc de Julland. I.e prede ceux-ci ayant été fait prisonnier par le second , fut livré au margrave Jean , qui rendit au comte de Holstein , allié du duc , la ville de Rendsbourg , se réservant d'exiger du roi la somme de six mille marcs , pour laquelle cette place avait été engagée. Jean mit le roi , 1 an 1 264 , en liberté , sous la condition qu'il épouserait une princesse de Brandebourg, sur la dot de laquelle serait déduite la somme dont on vient de prier. Vers la fin de leur vie, les deux margraves partagèrent leurs étal» entre eux ; mais on ne sait ni l'époque ni les con-

ditions de ce partage. Le margrave Jean mourut le 4 <vril 1266, et fut inhume a l'abbaye de Chorin qu'il avait fondée. Il avait épousé Sophie , fille de Waldemar II , roi de Danemarck , morte en couches a Flensbourg le 3 novembre 1 348 , dans un voyage qu'elle avait entrepris en Danemarck, pour réconcilier ses frères. M. Pauli rejette les deux autres femmes que les modernes donnent a ce margrave , savoir : Sophie, fille d'Albert I, duc de Saxe, et liedwige, fille de Barnime II, duc de Poméranie. Quoi qu'il en soit , il eut pour enfants légitimes Jean , qui suit ; Otton , dit à la FlAJie, qui viendra ciaprès ; Conrad , dont il sera également parlé ; Eric , qui entra dans le clergé; Herman , évéque de Havelberg ; Jean , successeur de ce dernier; Henri , dit Sans-Terre , parce qu'il n'eut point de part, avec ses frères, à la corégence du Brandebourg; Hélène, femme de Thierri de Misnie; Euphémie, prise pour une autre Euphémie , mariée a Christophe II , roi de Danemarck; Mathilde, femme de Bogislas II, duc de Poméranie; et Agnès, femme d'Eric V, roi de Danemarck.

Le margrave Otton ne survécut a son frère que jusqu'au 9 octobre 1267, et fut enterré dans le couvent des Franciscains , qu'il avait fondé , en ta-^t a Strasbourg, dans la Marche Ukraine. Ce prince se distingua autant par les austérités qu'il pratiquait, que par sa bravoure qu il portait quelquefois jusquà ta témérité. Il avait épousé Bkatrix, fille de Prémislas II, roi de Bohême, dont il eut Jean III et Otton; Albert, prince vaillant, marié , en 137a , à Mathilde , fille de Christophe I , roi de Danemarck, dont il eut, entr'autres enfants, Marguerite, femme de Przémislas , roi de Pologne ; Otton , que M. Pauli donne pour époux a Edwige, fille de l'empereur Rodolphe (ce qui n'est pas sûr); Cunégoude, mariée a Béla, prince de Hongrie;

et Mathilde ,

e Bogislas, duc de

Après la mort de ces deux frères, l'histoire de Brandebourg devient fort difficile a éclaircir, parce qu'on ne sait point quel fut le partage de chaque ligne : l'aînée descendait de Jean, et la cadette était issue d'Otton. M. Pauli a pris le parti de confondre ces deux branches, ou lignes , suivant l'ordre chronologique. Nous avons cru plus a propos de les placer sur deux colonnes parallèles , en évitant , toutefois , de répéter dans l'un« ce qui aura été dit dans l'autre.

BHASC.HE OU LUSSE AISEE.

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