SIGISMOND DE LUXEMBOURG
1378. SlclSHOKD obtint le margraviat de Brandebourg du vivant de l'empereur Charles IV , son père , par la démission qu'en fil, en sa faveur, Wenceslas. son frère, par acte donné a Prague , le vendredi après la Pentecôte (1 1 juin 1.378) , réserant néanmoins le retour dé cette principauté k lui et ses héritiers , rois de Bohême , au début d'hoirs miles de Jean , duc de Gorlitz, son aotre frère. Sigismond employa le reste de celte année et les trois suivantes à parcourir ses nouveaux états, pour recevoir les hommages des villes et de la noblesse. Le Rrandrhourg , sous le gouvernement de Sigismond, souffrit beaucoup dès irruptions qu'y firent les Polonais et les Poméraniens, ainsi que les ducs de Mecklenbourg qui s'emparèrent de quelques villes dans la Prignitz , sur lesquelles ils formaient des prétentions. La Hongrie, dont la reine Marie avait donné s» main , l'an i386 . a Sigismond , était , dans le même tems , agitée par des troubles encore plus grands. Sigismond, tout occupé à s'y maintenir , donna , par engagement , le margraviat de Brandebourg , l'an i388 , a ses deux neveux , Josse et Paocope , fils de Jean de Gorlitz, avec le consentement de leur père et du roi Wenceslas, comme ayant le droit de succession éventuelle Mais M. Pauli prouve que ce fut proprement à Josse que fut engagé le margraviat , et qu'on ne fit hommage a Procope qu'éventuellement et pour le cas où Josse viendrait 4
JOSSE , dit LE BARBU , PAR
i388. Jomb , fils aîné de Jean de Gorlits, dixième margrave de Brandebourg, se fit une occupation sérieuse de recouvrer les provinces de cette principauté, qu'on lui avait arrachées. 11 en attaqua , l'an i38q, les détenteurs , aidé par Bernard et Henri , fils de Magnus Torquatus , duc de Brunswick , et leur enleva quelques chiteaux. Mais le peu de succès de ses armes ralentit Ayant établi, l'an |3gi , gouverneurs de la Marcha
uigm
CHRONOLOGIE HISTORIQUE
de Brandrlxiurg, Léopold de Bredow et Huiner de Konigv marck , il s'en absenta et n'y revint que rarement pour lever les sommes qui lui étaient dues. Son éloignera* nt enhardit la noblesse a faire ce qu'elle jugeait a propos , et l'archevêque de .M.igdf bourg en profila pour déclarer la guerre au Brandebourg. Josse, Pau i3q4, fit une alliance défensive arec la noblesse et la ville de Lunebourg. Mais elle ne le préserva pas de la prison où il fut mis par l'empereur Wencealas. Délivré l'an l3o5 , le besoin d'argent lui fit prendre le parti d'engager le margraviat a Guillaume, marquis de la haute Misnie, son beaufrère, pour une somme de quarante mille tekoek de deniers de Pologne. Guillaume rétablit le repos dans le pays en réduisant, a l'aide de quelques seigneurs voisins , les repaires des brigands qui l'infestaient. M. Pauli croit que .Sigismond ayant hérité, par la mort de son frère, Jean de Gorlitz, arrivée en i3o,3, de la Marche silure au-delà de l'Oder, avait alors vendu 4 Josse le margraviat , en se réservant le pouvoir de le racheter , et que Josse le céda , par engagement , a Guillaume. Quoi fju'il en soit , Josse reprit le gouvernement du Brandebourg , 1 an i3fl8 , entre les mois de juillet et d'octobre. Mais sa présence n'y fut guéré moins rare qu'auparavant. Les villes de Brandebourg, se voyant comme abandonnées, pasxe que leurs gouverneurs n'étaient pas en état de les défendre, 6rent entre elles, le 9 juin i3gg , une confédération pour leur sûreté commune ; moyen insuffisant cootre les perturbateurs du repos public , comme le prouvent les horreurs qu'ils commirent dans le margraviat , et dont M. Pauli fait le détail affligeant. (/Ans?. , pag. 417.J Josse, élu roi des Romains, le 1". octobre
l'environ plo- . hors de
qu'il ne laissa point de postérité.
SIGISMOND, DE ROtJVEAC.
i£i 1. Sigisvo^d, devenu roi des Romains, se remit en possession du Branik-bourt après la mort de Josse, a l'exception de la partie située au-Jela de l'Oder, qu'il avait vendue, l'an i4°»» a l'ordre Teulonique, en réservant pour lui-même et les bériliers de Josse, la faculté du rachat. S étant rendu sur les lien» , il y publia une paù publique , et nomma gouverneur Frédéric , burgrave de Nuremberg. C'était un de ses créanciers, nui lui avait prêté des somma considérables , pour la sûreté desquelles ce gouvernement devait lui rester jusqu'au remboursement. C'était donc une espèce d'aliénation , dont Sigismond n'excepta que la dignité électorale et ses fonctions. Frédéric , étant allé prendre possession du margraviat en i4ia, éprouva des oppositions de la part de plusieurs nobles, qui, ayant par engagement ou par usurpation des fonds ou droits appartenants au fisc, craignaient qu'il ne les retirât ou ne les rachetât. S'étant alliés avec les ducs de Steltin , ils gagnèrent sur lui une bataille, le 34 octobre. Mais Frédéric parvint, l'an 1414, a les faire rentrer dans le devoir. L'année suivante , Sigismond lui vendit le margraviat pour la somme de quatre cent nulle ducats , dont il avait déjà reçu , long-tenu auparavant , une grande partie ; mais Sigismond se réserva la faculté du retrait, a perpétuité, pour ses hoirs maies et ceux de Wenceslas, roi de Bohême, son frère. ( Foy. Sigismond , rmpertur. )
FRÉDÉRIC I
t4<5. FaéirÉTttc I, tige de la maison régnante de Brandebourg, fils de Frédéric, burgrave de Nuremberg, et d'Elisabeth de Misnie, descendant de Conrad I, burgrave de Nuremberg , vivant environ l'an taoo, fils putné de Rodolfe, comte de Ilobenxollern , obtint , par la vente que lui en fit Sigismond
le margraviat de Brandebourg, dont ce prince lui donna l'investiture an concile de Constance, le 18 avril i4«7i du consentement des électeurs et des princes de l'empire, qui assistèrent en grand nombre à celle cérémonie. Les princes de la maison d'Anhalt avaient des prétentions sur le Brandebourg. Frédéric, pour les engager à s'en désister, leur donna une somme d'argent, dont Us se contentèrent Les ducs de Mecklenbourg, qui se prétendaient indépendants du margraviat , ne furent pas d'aussi bonne composition. Frédéric se vit obligé, l'année 1418 et la saivanie, de marcher contre eux a la tète de son armée. Dan* la première de res deux campagnes , l'empereur Sigismond, appelé en Hongrie par les troubles qui continuaient d'y régner, nomma Frédéric vicaire de l'empire, titre dont il remplit glorieusement le» fonctions par le soin qu'il eut d'affermir, en Allemagae, la paix jusqu'alors mal observée. Le duc de Poméranie s'éumt emparé de rUckermarck, ou de la Marche Ukraine, Frédéric , l an i+aa, porta la guerre dans ce pays, qu'il vint à
bout de faire rentrer sous ses lois par Iraité conclu , la 1 année , a Perteberg. Frédéric , après celte expédition , marche au secours de l'empereur contre les rebelles de Bohême , commandes par Jean Ziska. Le peu de succès qu'il eut en ce pays, refroidit Sigismond à son égard. Cependant , la haute idée que ce prince avait toujours de sa valeur, le porta, l'an i4 a3 i a ' e mettre a la tête de I armée, que l'empire envoya dans la Bohême. La même année, après la mort d'Albert III, doc de Saxe, le dernier de la maison d'Ascanie , l'électeur Frédéric se mit sur les rangs pour lui succéder, et fit des conquêtes en ce pays. Mais l'empereur ayant conféré la Saxe , l'année suivante , a Frédéric de Misnie, 1 électeur de Brandebourg fut obligé de la céder a ce rival , moyennant une somme d'argent qu'il en reçut. Ayant ncé la guerre , en 14*$» contre la Poméranie et le
Mecklenbourg. il la termina, la même année, par la captivité de Jean 111, duc de Mecklenbourg-Stargard. Ce prisonnier ne recouvra sa liberté qu'en i4*7» après avoir reconnu sa mouvance féodale envers le Brandebourg , qu'il avait contestée jusqu'alors. Pressé pour le remboursement complet de l'acquisition qu'il avait faite de son électoral, Frédéric vendit, en i4^7i ma burgraviat a la ville de Nuremberg , avec le château impérial dont il était gouverneur perpétuel, et tons les droits qui lui appartenaient dans l'intérieur de ses murs, quelques-uns aussi hors de la ville. «Cette clause, dit M. PfetTel, énoncée en
• termes trop vagues, a causé des procès et des discussions in- » nombrables entre la ville de Nuremberg et les margraves de ■ Brandebourg, des rameaux d'Anspach et de Bareith, qui
• possèdent les terres burgraviales ».
L'électeur de Brandebourg, réconcilié avec l'empereur, retourna, l'an i43o, en Bohême, où il commanda de nouveau , mais sans succès, l'armée de l'empire. Il se vit attaqué, l'an 14^2 » par les Bohémiens, dans ses propres états, où ils firent différentes excursions. Il eut a se défendre, en i4^4» contre Bernard, duc de Saxe-Larvrenbourg , qui s'était Jeté subitement sur ses terres sans qu'on nons apprenne le motif de cette irrup- 1 — ;ur interposa go n autorité pour arrêter ces hosiierminèrent, l'année suivante, par un traité de paix. Pour mettre en sûreté les domaines qu'il avait en Fraoconie, il fit alliance avec l'archevêque de Mayence , l'évêque de Wurtzbourg et quelques autres seigneurs voisins. 11 envoya , l'an 14S8, en Bohême, son fils Albert , an secours de l'empereur Albert 11 , qui lui donna le commandement de son armée. Frédéric mourut a Tige de soixante-huit ans, en i44°> ao ou '* ai septembre. Il avait épousé , l'an 1400, r. usabetb , fille de Frédéric « duc de Baviere-Landshut , morte le i3 novembre i443. Les enfants qu'il laissa de ce mariage sont Jean, surnommé l'Alchymiste, lequel, par déférence pour son pérei ayant cédé son droit d'aînesse a son frère puîné , passa tranquillement ses jours, occupé de l'ai chy mie, a Plassembourg , dans le Voitglaod, où il mourut le 1». décembre ( et non le 16 nobembre) 464; Frédéric, qui suit; Albert, électeur après job
tion. L lites, qui
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