DE BRANDEBOURG
Teutoniques, l'année suivante, pour la somme de cent mille florins, par acte du vendredi avant la saint Mathieu , et conclut en même tems une alliance défensive avec eux. Albert, son frère, et Louis le Riche, duc de Bavière, se portaient une haine réciproque qui alluma, l'an 146a, une guerre presque générale en Allemagne. L'électeur de Brandebourg prit le parti du premier , qui était celui de l'empereur. Mais Georges Podiébrad , roi de Bohème, s'allia au second par ressentiment contre l'éler.» leur , qui , l'année précédente , lui avait refusé son suffrage pour le trône impérial, dont on voulait faire descendre Frédéric 111. Georges, pour se venger, donna des troupes au sei-
tneur de Sternberg, qui formait des prétentions sur Col bus , ans la basse Lusace. Les Bohémiens se disposaient aussi a faire irruption dans la nouvelle Marche. L'électeur, ne se trouvant point en force pour réprimer ces hostilités, prit le parti de s'accommoder avec le roi de Bohême , en cédant , par traité du samedi avant la Pentecôte 146a, 1a basse Lusace, a l'exception du cercle de Cotbos.
Otton III , dernier duc de Stettin , étant venu a mourir san enfants, l'an 1464, l'électeur de Brandebourg voulut se mettre en possession de ce duché , fondé sur un traité fait, en i338,. par Louis dV Bavière , l'un de ses prédécesseurs , avec les ducs île Poméranie, qui portait que , leur ligne venant a. manquer » la Puroéranie serait réunie à l'électorat de Brandebourg. Mais les ducs de Wolgast s'opposèrent à cette réunion. Après de longues contestations, il fut enfin convenu à Soldin, le a5 janvier 1466 t que le duché de Slettin demeurerait au pouvoir des ducs de Wolgast , mais à condition que ceux-ci demeureraient feudataires de l'électeur de Brandebourg pour toute la Poméranie et l'île de Rugen. Mais les conditions de ce traité étant mal observées par Tes ducs, l'électeur prit les armes, l'année suivante, pour lies contraindre a les remplir. \jr roi de Pologne, s 'étant rendu médiateur dans celte guerre, l'an i4%< obtint un armistice sous la clause que celle des parties belligérantes t qui voudrait recommencer les hostilités , en préviendrait un mois auparavant son ennemi. Frédéric II , vers le même tems , réunit , comme vacant , le comté de Wernigerode a la Marche.
Le même esprit de désintéressement qui avait engagé ce prince a refuser deux couronnes, lui fil abdiquer , l'an 1470 et non 1469 ) , l'électoral en faveur d'Albert , son frère, après uoi il alla s'établir a PUssembourg , en Franconie, ou il mourut le 10 février 147 >■ H avait épousé, en i44'» ^ ATHiBlKE t fille de Frédéric U Belliqueux, électeur de Saxe, dont il eut deux fils, Jean et Erasme, morts avant lui ; et deux filles, Marguerite . mariée , selon les historiens de Brandebourg , a Bogislas , duc de Poméranie , morte en 14S9 , et Dorothée , alliée Hl,i'
ALBERT IU
1470. Albert, surnommé l'Achille et l'Ulysse, a cause de sa valeur et de sa prudence , né le »4 novembre 1 4 1 4 * succéda , l'an 1470, dans l'électorat, à Frédéric , son frère. H était auparavant burgrave de Nuremberg et margrave de Bareitb, et dès-lors il était célèbre par ses exploits. Il avait fait la guerre, comme général de la ville de Breslaw , contre les Polonais ; il avait gagné huit batailles contre les habitants de Nuremberg , qui lui contestaient Us droits que son père s'était réservés en vendant le burgraviat a la ville ; U avait fait prisonnier , eo 444, suivant tes mémoires pour l'histoire de Brandebourg , Louis le Barbu, duc de Bavière , a Ingolstadt; événement dont ne parle point M. Pauli. Mais dans une neuvième bataille , donnée contre les Nuretnbcrgrois, il avait été fait prisonnier , après s'être défendu comme un lion ; il avait enfin remporté le prix en dix-sept tournois. Il continua la guerre au sujet du duché de Poméranie-Stellin jusqu'en 1476, que la p»'*.** ù } aux conditions du traité de 14*7. ( 'V- *°V ûis * . d *
60 CHRONOLOGIE HISTORIQUE
Poméranie. ) Apres l'abdication de Frédéric , ton frère , il ne s'empressa pas de prendre les rênes du gouvernement de l'électoral ; mais il les confia à Jean , son fils , et n'arriva que l'an 147 1 1 vers la Saint-Michel , dans le Brandebourg , ayant reçu l'hommage de ses sujets avant de s'y rendre. L'an i47' 1 commanda , suivant les mémoires pour l'histoire de Brandebourg, les armées de l'empereur t dont il eut toute la confiance, contre le duc de Bavière et contre le duc de Bourgogne. Aussi habile négociateur que grand capitaine , il disposa ce dernier 4 la paix , et ce fut le succès de cette tentative qui lui mérita le surnom d'Ufysse. 11 ne réussit pas aussi facilement a terminer les contestations qu'il avait avec les ducs de Poméranie pour la succession du dernier duc de Stettin. Les conférences que l'empereur , a leur demande , avait fait tenir , en 1 47 1 < sur ce sujet , ayant échoué , Albert prit les armes et s'empara de
Slusieurs places de l'héritage contesté. Elles lui furent laissées ans le traité de paix , conclu , le 3 juin de l'année suivante , a Prentzlow. 11 Gl,l'an 1473, un pacte de confraternité avec les maisons de Saxe et de Hesse pour la succession réciproque, a l'extinction d'une de leurs lignes. La même année , il partagea ses états entre ses fils , laissant à l'aîné le margraviat , au second Anspach en Franconic, et au troisième Barcitb. Enfin , bu du gouvernement , il le remit , le a5 juin 1476, 4 son fils aîné , se réservant la dignité électorale. Albert mourut , le 11' mars 1 46G , a Francfort sur le M ein , pendant l'élection de Maximilien I, roi des Romains. Il avait épousé , t*. l'an i445, Marguerjte, fille de Jacques de Bade, morte en i4 l >7 ; a», en i458, Aires, fille de Frédéric II, électeur de Saxe , morte en iSia. Du p remier lit sortirent, entr'autres enfants, Jean électeur; Ursule, mariée, en 1467 , 4 Henri, duc de Munsterberg ; et Elisabeth, femme d'Eberhard, duc de Wurtemberg Du second lit, Albert eut Frédéric, mort en i536, tige de: anciens margraves de Brandebourg , en Franconie , et des ducs de Prusse ; Emilie , femme de Gaspar , duc de Deux-Ponts ; Barbe, quij ayant épousé, l'an i47>< Henri XI , duc de Glo-
revenir ce duché à la maison eut pour partage Bareith
gave et de Crossen , fit passer et de Brandebourg ; Sigismond , q avec le Voitgland ; et cinq autres
JEAN, surnomme CICERON.
1476. Jean, a qui son éloquence naturelle acquit le surnom de Cicéron, né le a août »4o5 , fut le successeur d'Albert, son père, dans l'électoral, qu'il administrait avec lui depuis plusieurs années. Nous voyons en effet qu'en '474 'I sunit avec Ernest , électeur de Saxe, pour concilier les rois Casimir de Pologne , Wladislas de Bohême , et Mathias de Hongrie , sur leurs différents pour la Silésie. Jean U Cicéron et l'électeur de Saxe entrèrent en Silésie a U tête de six mille chevaux , et se déclarèrent ennemis de celui des rois qui refuserait de prêter
partager la
grie et la Bohême. « Je voudrais, dit le plus illustre de ses » seurs , que l'on eût rapporté d'autres exemples de Pélc , » de ce prince; car, dans celui-ci, les six milles chevaux paraisa> sent le plus fort argument. Un prince, ajoute-t-il , qui peut > décider les querelles par la force des armes, est toujours un » grand dialecticien. C est un Hercule qui persuade à coups de « massue. ■ Le margrave Jean fit la guerre , pendant six ans , a Jean II , duc de Sagan , pour conserver a Barbe , sa sœur , le duché de Crossen , qui lui revint après la mort de celte princesse. En 1484? il pnt la ville de Lunebours sous sa protection, et lui procura la paix avec le duc de Brunswick. Les secours que l'électeur Jean fournit a l'empereur contre le roi de Hongrie ,
" ce dernier, dont les
suivie d'un accommodement. Jean k Cicéron ne cultiva pas seulement le* lettres, il les protégea; il travaillait a ériger une université a Francfort sur rOder, lorsque la mort le surprit a Arnebourg le 9 janvier i499- H ava ' 1 épousé , le a£ avril i4?°i 4 Berlin, Marguerite, fille de Guillaume III, duc de Saxe, morte en i5i 1 , dont il eut, outre deux enfants morts en bas âge, Joachim. qui suit; Albert, archevêque de Magdrbourg et évéqued'HalbersUdt en i5i3, électeur de Mayence en i5|4, cardinal en i5i8, mort le a4 septembre 1S4S; Anne, mariée a Frédéric I, duc de Holstein, puis roi de Danemarck ; et Ursule , femme de Henri VI , duc de Mecklenboorg. Jean U Cicéron fut extrêmement replet , malgré les remède* qu'il employait pour diminuer son embonpoint.