‹ L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques, et autres anciens monumens depuis la naissance de NotreSeigneur, par le moyen d'une table chronologiqueChapitre 135 sur 582 · DE PRUSSE · texte numérisé non relu

DE PRUSSE

lever le siège et les chasse entièrement de la Bohême. Au mois de novembre, bataille de Rosbach, sur la Saale , près de Mersbourg, gagnée par le roi de Prusse sur les armées impériale et française , commandées , l'une par le prince de Saxc- Uildbourghausen , l'autre par le prince, de Souhise. Elle fut engagée contre l'avis du général français, oui, n'étant qu'auxiliaire, ne pouvait que proposer. I.e 4 décembre , nouvelle victoire du roi de Prusse sur le prince Charles près de Lissa. L'an 1758, se voyant pressé par les Russes eu Poméranieet par les Autrichiens du côté de la Bohême, menacé d'ailleurs d un troisième ennemi prêt a fondre sur lui , Frédéric engage les Anglais à rompre le traité honteux de Closter-Seven, afin de former une barrière entre l'armée de France et la sienne. Délivré par la de sa plus grande inquiétude , il va faire le siège de Schvveidnilz , la seule place de Silésie qui fût resiée aux Autrichiens, dont il se rend maître le 16 mars. De là il arrive , par des marches et des contre-marches, devant Olmutz, capitale de la Moravie. Tandis qu'il est occupé au siège de cette place, Laudou, commandant des troupes légères autrichiennes, lui enlève , vers la mi-juin , un convoi très-considérable , escorté par quatorze mille hommes. Cette perte l'oblige a lever le siège ; mais il fait sa retraite avec tant de précaution , qu'il met le maréchal Daun, qui l'observait, dans l'impuissance de l'inquiéter. Le 11 octobre, bataille d'Holkirkcn , en Lusace , gagnée par les Autrichiens, aux ordres du même général, sur le roi de Prusse, dont le camp fut forcé après un combat de quel nues heures. Dix mille hommes étendus sur le champ de bataille , du nombre desquels furent le maréchal Keilh , le prince François de Brunswick cl le général Kleist, cent quatorze canons enlevés, avec vingt-neuf drapaux ou étendards, toutes les tentes et les bagages; telle fut la perte que ce monarque fit dans cette journée, Ce désastre, le plus grand que le roi de Prusse eût essuyé jusqu'alors , servit i faire mnn.iitre les ressources de son génie. Il perdit si peu de terrain, qu'il alla prendre tranquillement un autre camp a une demi-lieue de l'armée victorieuse. Au commencement du mois de novembre, Daun étant arrivé devant Dresde pour délivrer celte ville, Frédéric fait marcher ses troupes, sous la conduite des généraux Dhoua et Wedcl, au secours de la place. Daun, obligé de lever le siège, se retire, le i(i du même mois, en Bohême.

L'an 17*9 , nouveau revers pour Frédéric ; \Vedel , général prussien, est battu, le aA juillet, à Crosscn, par les Russes; et le roi de Prusse, les ayant attaqués lui-même, a Francfort sur l'Oder, le 13 août suivant, essuie une nouvelle défaite, après être revenu sept fois a la charge Le 5 septembre , le comte de Schtnettau rend la ville de Dresde au prince de lieux- Ponts , et obtient les honneurs de la guerre , avec la permission de se retirer à Magdebourg Le 20 novembre, le général Fiuk , envoyé par le roi de Prusse, avec dix-huit mille hommes, pour couper la communication des Autrichiens avec la Bohême, est force, par le maréchal Daun, dans le village de Maxen, près du fameux camp de Pyrna, où il s était retranché. 1) gagne une hauteur où il recommence le combat , et où il est encore vaincu. Le lendemain , sommé de se rendre, à peine d'être culbuté dans l'Elbe avant la fin du jour, il se rend prisonnier avec quatorze mille hommes qui lui restaient , livre soixante-six pièces de canons , tous les drapaux , les timbales , les trompettes , les chevaux , les chariots et tout le bagage. Cette journée , si glorieuse pour les Autrichiens, ne leur coûta pas deux mille hommes ; mais elle n'eut aucune suite décisive.

L'an 1760, le général Laudon , s'étant mis en marche pour faire le siège de Glatz , est arrêté par le général Fouquct , qui s'était posté sur les montagnes de Buchberg et de Doëlorsberg. 11 attaque les Prussiens, le a3 mai , dans leurs retranchements , et, aptes un combat de quatre heures, il fait prisonnier le général prussien avec neuf mille hommes, continue sa route et se rend maître de Glatz. Le 2 novembre , bataille de Torgau entre le roi de Prusse et le maréchal Daun} ce dernier eut,

tift CHRONOLOGIE

flans l'action , qui fut très-vive et très-meurtrière , la cuisse fracassée d'un coup de feu. Odonelb , qui prit la place du maréchal en son absence , remporta une victoire qui lui mérita 1rs plus grands éloges. L'an lyfii , l'armée des Russes et celle des Autrichiens s'clant réunies dans la Silésie , Frédéric campe près de Schweidnilz pour se mettre i l'abri de toute insulte. Voyant , quelque lems après , que la disette des fourrages les a séparés , il sort de son camp pour se rapprocher de Neiss. Jjuilon, qui l'observe, saisit ce moment , et se présente devant Schweidnilz. L'attaque est si brusque , qu'il se trouve au milieu de la place sans donner au commandant le tems de proposer une capitulation. L'an 176a, le 9 octobre , Frédéric , malgré Daun , qui lâche en vain de le forcer dans son camp , travaille a prendre Schweidnilz, et triomphe de la belle résistance du comte de Guasco , commandant de la place , que l'incendie d'un magasin de poudre oblige à se rendre prisonnier de guerre avec toute la garnison, après une défense de deux mois et demi, lorsque le comte, avec ses officiers, alla saluer le roi, messieurs, leur dit Fiédéric , trous avet donné un bel exemple à imiter à ceux oui auront à défendre des places ; voire défense me coûte plus de huit mille hommes. Cette guerre , plus destructive dans 1 espace de sept ans que ne l'avait été celle qui avait désolé l'Allemagne pendant trente ans dans le siècle précédent , fut terminée par le traité d'Hubertsbourg, prèa de Dresde, signé le i5 février 1763. La Silésie , à quelques réserves près , y fut abandonnée pour la troisième fois au roi de Prusse. Une chose bien remarquable , c'est que, pendant toute relie guerre, il n'avait mis aucun nouvel impôt , n'avait exigé aucune avance de ses sujets , fait aucun emprunt chez l'étranger, et jamais le paiement de son armée n'avait été différé a un moment. « Cependant , a aussitôt après la paix , il remit a la Silésie un impôt de six » mois , distribua dans les campagnes dix-sept mille chevaux » pour l'agriculture , et ouvrit ses magasins et ceux des Russes , » en Pologne, qu'il avait achetés pour fournir a l'agriculteur » du pain et de la semence. En même tems, il fit travailler » au projet de rebâtir les villes et les villages, et songea aux » moyens d'augmenter la population et l'industrie. La guerre » avait diminue de plus de cent cinquante mille âmes la popu- » lation de la Silésie. En 1776, elle était de soixante-douze ■ mille sept cent trente-quatre mille âmes de plus qu'avant la a guerre. « ( Vie de Frédéric II , tom. III , pag. a-3. )

L'administration de la justice avait grand besoin de réforme en Prusse ; et Frédéric, en étant convaincu , fit travailler, l'an 17461 à un code nouveau, qui, en retranchant un grand nombre de formalités, simplifiait tellement la jurisprudence, que tout procès devait être terminé dans l'espace d'un an : c'est ce qu on appelle le Code Frédéric ; ouvrage qui mérita , en 1748 , une médaille au chancelier Coccci , qui en était Tau leur. Mais l'expérience ne tarda pas d'apprendre à Frédéric , <|ue son code , malgré les éloges qu'on lui donnait, était encore loin du but qu'il s'était propose. Un second code, qu'il fit composer* en 1780, ne remplit pas mieux ses vues; et l'on peut dire, avec un de ses biographes , que, malgré l'habilité du nouveau rédacteur, la confusion la plus grande règne toujours dans les tribunaux prussiens.

L'ambition de Frédéric , après la guerre de sept ans , parut satisfaite, et comme rassasiée de ses conquêtes ; mais, l'an 177a , 1rs troubles qui s'élevèrent en Pologne, réveillèrent en lui celle passion , par la facilité qu'ils lui présentèrent d'agrandir considérablement ses états sans verser de sang. Par un traité secret que le prince fit avec la reine de Hongrie et l'impératrice de Russie, ces Irois puissances convinrent d'envahir et de partager entre elles les portions de cette république divisée, qui se trouvaient à leur bienséance. « La Russie prit pour séparation » de ses limites , la rivière de Wella , depuis sa source jusqu'à » l'endroit où elle se décharge dans le Niémen, et depuis la * source du fleuve Rérésina jusqu'à Rzcezyca, où il tombe dans » le Dnieper. La Prusse s appropria la Prusse polonaise , et '

a cette partie de la grande Pologne, qui est située au-delà de » la NeUe. La maison d'Autriche se mit en possessiou de toute a la rive gauche de la Vislule , depuis les salines jusqu'à l'eo- » droit où le Wiroz se jette dans celte rivière, de même que a de tout le palaliuat de Relz, de la Russie rouge et de la plus » grande partie de la Wolhinie », ( Vie de Frédéric. ) Que ce partage ait été légitime ou non , c'est ce qu'il ne nous appartient pas de décider. La Pologne fit de vains efforts pour s'y opposer. Enfin, l'an 1774» '1 prévalut par l'arquie — forcé de la république, et les trois puissances alliées paisibles maîtresses des possessions qu'elles s'étaien! priées.

Frédéric vit avec joie, l'an 1778, sa protection recherchée par le duc de Deux-Ponts , l'électeur de Saxe , et le duc de Mecalenbourg , qui disputaient à la maison d'Autriche une partie de U succession du dernier duc de Bavière , décédé sans enfants te 3o décembre 1777. Il prit hautement les intérêts de ces trois princes , et mil sur pied une armée formidable pour les faire valoir. L'empereur lui opposa des forces égales. La Silésie et la Bohême furent les principaux théâtres de celte guerre, où le prince Henri, frère du roi, et Laudon, général de l'empereur , déployèrent toutes les ressources de l'art militaire sans en venir à une action décisive. Enfin , les cours de

France et de Kussie ayant été choisies pour médiatrices, la paix fut signée à Teschen , le i3 mai 1779. Le principal article porte que Ta maison d'Autriche aura un morceau de la Bavière,

savoir, la partie située entre le Danube , llnn et la Sa lu. Toot le reste demeure à la Bavière comme auparavant.

Concentré désormais dans le gouvernement de ses états , Frédéric leur consacra tous ses soins, el aucune de leurs parties n'échappa à ses regards bienfaisants. Telle est la description que faisait un de ses ministres de la situation florissante où ils étaient en 1 785 : « En peu d'annéds , dil-il , Frédéric a fait a bâtir , en plusieurs endroits de sa domination , cinq cent a trente-neuf villages , qu'il a peuplés de quarante-deux mille a six cent neuf familles, la plupart attiré** de la Pologne et a d'autres pays. Les bords de la Nelze et de la Warta étaient o incultes et noyés ; il a rendu à la fertilité cent vingt mille a acres de terres , dont le dessèchement est dû aux travaux « qu'il a fait faire pour contenir les eaux de ces rivières dan* a leurs lits.... Frédéric a formé, dans ses propres domaines,

• près de trois cents fermes, données en baux héréditaires à a des cultivateurs. Ce prince a consacré, l'année dernière, à a favoriser la population , toutes sortes de cultures et les ■ manufactures, deux millions deux cent trente-six écus. A a son avènement au trône, en 1740, la population était de a deux millions deux cent trente-six mille âmes ; elle est a augmentée aujourd'hui d'un million sept cent soixante-dix

• mille ; et, si 1 on ajoute à ce calcul les nouvelles acquisitions a en Pologne, en Silésie , etc. , on ne portera pas trop haut a l'évaluation du nombre des sujets de sa majesté prussienne à a six millions d'âmes. » (Le baron de Herberg, Dissert, sur ta popul. du royaume de Prusse. ) Il s'en fallait bien que les affaires de l'état absorbassent entièrement l'attention de ce monarque. Aux fonctions de la royauté , il savait allier la culture des lettres, dont aucune partie ne lui était étrangère. Il excellait surtout dans la poésie française ; et son poëme de l'Art de la guerre , quand il serait le seul fruit de sa verve , suffirait pour l'égaler à nos plus grands poètes. Sa prose ne le cédait guère a ses vers ; son Anlimuchiavtl , par où il débuta dans la carrière des lettres , et ses mémoires historiques du Brandebourg , en sont la preuve. Ce grand prince termina ses jours par une hvJropisie qui l'enleva, le 17 août 1786, à Polsdam , da'us la soixante-quatorzième année de son âge , et la quarante-sixième de son règne. 11 avait épousé, le 13 juin i73a, KuSABF'iH- Christirb , fille de Ferdinand-Albert II , duc de Brunsivick-- Wolfenbuttel , dont il n'eut point d'enfants.

FRÉDÉRIC-GUILLAUME II

1786. Fnfofauc-GuiLLAOVB II, né , le a5 septembre 1744? d' Auguste-Guillaume , prince de Prussse , et de tauisc-Amélie de Brunswick- Wolfenbuitel , succéda an roi Frédéric, son oncle, le 17 août' 1786. Il mourut le 16 novembre 1797. Il avait épousé, i*. le 14 juillet 1765, Elisabeth— C hmstiwe- Ulbjqub, fille de Charles , duc de Brunswick- Wolfenbuttel ( séparée en 1769 ) ; a*, le i5 juillet 1769, FbEDÉhique-

née le tll octobre I75i , fill

let 1709, r redehioa t.— e de Louis, landgrave de

Hc&se-Darmsudt. Ses enfants furent ,

Du premier lit t

i*. Frédérique-Cbarlotte-Ulrique-Catherine, née le 7 mai 1767 , mariée, le m septembre 1791 , a Frédéric , prince d'Angleterre , duc d'Yorck ;

Du

and lit

a>». Frédéric-Guillaume, qui suit;

3°. Frédéric- Louis-Charles , né le 5 no v em b re 1 778, marié, le 36 décembre 1793, avec rrédérique-Caroline- Sophie, file de Charles-Louis-Frédéric , duc de Mecklenbourg- Strelits. Il mourut le a8 décembre 1796, ayant en de

a. Frédéric-Guillaume-Loais, né le3o octobre 1794; marié, le ai novembre 1817, a Louise, princesse d'Anhalt-Bernbourg ;

b. Frédérique -W ilhelmine- Louise-Amélie, née le 3o septembre 1796, mariée, le 18 avril 1818, à Léopold-Frédénc, duc d'Anhalt-Dessau ;

4*. Frédéric-Henri-Charles, né le 3n décembre 1 78 1 , grandmattre de l'ordre de Saint-Jean de Prusse ;

g*. Frédéric-Guillaume- Charles , né le 3 juillet 1783 , marié, le 1a jaevier t8o4, 4 Marie-Aune , fille de Fré-

DES ROIS DE PRUSSE. 67 déric-Louis-GiûUaaiiie, landgrave deHesse-Homlx née le i3 octobre 1785. De ce mariage sont issus :

a. Adalbert, né le 39 octobre 1811 ;

b. Woldemar, né le a août 1817; e. Elisabeth-Victoire, née le 18 juin i8i5;

6». Frédérique- Louiae-Wilhelmine, née le 18 novembre 1774, mariée, le 1". octobre 1791,» Guillaume de de Nassau , prince d'Orange , roi des Pays-Bas depuis i8i5 ;

7*. Frédérique-Chmtine- Auguste , née le 1". mai 1780, mariée, le i3 février 1797, » Guillaume, prince-electoral de Hesse-CasseL

FREDERIC-GUILLAUME III

1797. Frédéric-Guillaume III , né le 3 août 1770, succéda , le 16 novembre 1797 , 4 son père Fré tleric-Guillaumc II. 11 épousa, lt a4 décembre 1793, Louisb- Auguste-Wi lh s lmine - Amélie, morte le 19 juillet 18 10, fille de Charles- Louis-Frédéric, duc de Mecklenbourg-Strelita. De ce mariage sont issus :

i». Frédéric-Guillaume, prince royal, né le i5 octobre

a". nedéric-Guillanme-Louis, né le aa mars 1797 ; 3*. Frédéric-Charles-Alexandre, né le aq juin 1801; 4*. Frédéric-Henri-Albert, né te 4 octobre 1809 ; 5°. Frédérique- Louise- Charlotte- Wilhrlmine, née le i3 juillet 1 798, mariée (sous le nom d'Alfsamlra Feodorowna), le t3 juillet 1817, a Nicolas Paulowilch, grandduc de Russie , frère de l'empereur ; 6°. Frédérique- VVilhelmine-Aleaandrine-Marie-Hélène ,

née le a3 février i8o3 ; 7*. Louise-Auguste- \V ilhelmine- Amélie, née le premier février 1808.

Pour les événements politiques et militaires de ces deux derniers règnes , foye* la table chronologique qui se trouve à la fia de cet <

CHRONOLOGIE HISTORIQUE

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