GUNTHER (II) DE SCHWARZBOURG
i4o3. Gunther (II) de Schwarxbocrg devint le sucaesseur de l'archevêque Albert peu de tems après avoir été nommé son coadjuteur. Il était savant et versé dans les affaires, mais d'un caractère prompt et facile à irriter; ce qui l'engagea dans plusieurs guerres. Ce fut contre Albert k boiteux, prince d'Anhatl-Coëthen, qu'il entreprit la première , qui dura l'espace de trois ans, au grand détriment des deux parties, et fut terminée, l'an 1407 , par la médiation de Bernard, duc de Brunswick. L'archevêque, en i4>o, déclara la guerre a Bernard V, rince d'Anhalt-Bernbourg, pour venger la captivité qu'il avait ait subir à son père ; et , I ayant fait prisonnier avec le secours du comte de Mansfeld , il l'enferma dans un château où il mourut l'an 1 4 ■ 1 • {Sagittarius, hist.'Anhait. , pp. 63-4*4' )
Les murmures que l'altération des monnaies avait excités sous le gouvernement d'Albert IV, se renouvelèrent sous celui de Gunther. I^s bourgeois de Halle ne pouvant obtenir justice de lui , se la firent eux-mêmes, en brûlant l'officier préposés la fabrique de ces espèces, Gunther, jugeant l'accusation fausse, déféra, Van i4t3, la ville de Halle à l'empereur, qu'il engagea à la mettre au ban de l'empire. Il obtint du pape, dans le même tems, une sentence d'excommunication et d'interdit contre elle. L'archevêque, assisté du gouverneur de Brandebourg et de l'électeur de Saxe, ses allies, marcha ensuite contre cette ville, dont il fit le siège, l'an i4'4, pendaul la moisson. Elle ne fut point prise a la vérité, mais les pertes qu'elle essuya furent estimées a plus de trente mille florins, outre treize mille qu'elle fui obligée de payer, pour rentrer en grâce avec sou souverain.
Les Hussiles faisaient alors en Allemagne tous les ravages que le fanatisme le plus outré peut inspirer. Euut eutres, l'an
lier les parties par un traité conclu, le 4 mai, au monastère de Neuvarc, près de Halle, et confirme par l'empereur, le 29 juin suivant. L archevêque, après avoir absout , au nom du concile de Bile , la ville de Magdebourg , des censures qu'elle avait encourues, y fit une entrée triomphante. Il eut, en 14^7 , une guerre qu il fit avec succès contre le seigneur de SteinfurL Sa mort arriva, le aï mars i445, a Giebichenstein , d'où il fut transporté dans sa cathédrale, le lundi de Pâques, pour y être inhumé.
FRÉDÉRIC (III)
i445. FaÉDÉnic (III), comte de Beichlingen , conseiller et grand- maréchal de la cour impériale , fut élu pour succéder a I archevêque Gunther, qui l'avait recommandé à l'article de la mort. Il était encore jeune alors, purement laïque et presque sans lettres : mais il avait des mœurs pures et menait une vie mortifiée, dont il ne se départit pas dans l'épiscopat. Le cardinal Cusa lui rendit, en 1 ;5i , le témoignage, au retour de l'Allemagne, qu'il était le seul véritable évèque qu'il y eût rencontré. Peu de tems après son élection , l'électeur de Saxe l'ayant menacé de la guerre, il ne s'en mit pas en peine, disant que Dieu l'ayant appelé aux fonctions paisibles de l'épiscopat , il saurait bien le défendre , uns qu'il prit les armes lui-même pour sa défense. L'électeur, surpris de cette repanse, termina le différent à l'amiable. Il employa même, en 1446 , son pouvoir, avec l'évêque de Mersbourg , pour obliger la ville de Halle a prêter à l'archevêque l'hommage qu'elle lui refusait. Ennemi de la superstition, il mit en interdit , l'an >4^a, la ville de YV'ilsaac, pour le culte qu'elle s'obstinait de rendre à certaines hosties prétendues miraculeuses, contre la défense du cardinal Cusa. L'évêque d'Havelberg, a qui ce culte produisait un revenu , s'offensa de l'interdit , et mit dans ses intérêts le prévôt de la cathédrale de Brandebourg, conservateur apostolique des droits de son église. On se lança, de part et d'autre , des excommunications , cl on eu vint même aux armes. Le pape Nicolas V, instruit de ce scandale, y mil fin en contraignant l'évêque d'Havelberg, par le ministère de ceux de Mersbourg et de Misnie, ses commissaires, de faire satisfaction à l'archevêque. Frédéric mourut a Giebichenstein , d'une fièvre maligne, le 10 novembre i4*>4- C'est le premier archevêque de Magdebourg qui, dans ses letlre», ait pris le litre de primat d'Allemagne, quoique ses prédécesseurs en eussent joui long-
fils
êché
DES ARCHEVÊQUES DE MAGDEBOURG. y5 accepta sans quitter les deux dont il était déjà pourra. 11 en prit JEAN. possession par dispense du pape Léon X , qui taxa les frais du
paUium à trente mille ducats, somme exorbitante alors. Mais, pour soulager le prélat, il lui permit d'en prendre U moitié sur le produit des indulgences qu'il faisait publier alors en Allemagne. Albert, Ctil cardinal en i5i8, ût tomber la couronne impériale, l année suivante, sur Charles, roi d'Espagne, qu'il couronna, le a3 octobre iSao, à Ai x-la- Chapelle. Ce iut lui qui contribua principalement a faire mettre, le 8 mai iSai , dans la diète de Worms, l'hérésiarque Luther au ban de l'empire. 11 ne put cependant empêcher ses erreurs de pénétrer dans les diocèses de Magdebourg eL d'Halberstadl. L» affaires de l'empire ne lui permettant pas d'être présent dans ces églises, il crut devoir suppléer à son
■ 465. Jeam , cinquième fils d'Etienne, troisième l'électeur palatin Robert III , fut transféré de l evé Munster sur le siège de Magdebourg par une élection libre , où sa naissance avait moins influé que son mérite personnel. C'était un seigneur vertueux, savant et paciGque. Il avait pris le degré de licence en droit dans l'université de Bologne , et depuis ce tenu , il avait mené une vie retirée jusqu'en i458, époque de son episcopal de Munster. Ce fut l'an i±l>5 qu'il fil son entrée a Magdeftours à la léle de deux mille chevaux. L'année suivante, Bernard VI, dernier prince de la branche atoée d'Anhall-Bernbourg, soumit ses états a l'église de Magdebourg pour les reprendre d'elle en fief; ce qui fut confirme , le 6 janvier 1470, par l'empereur et par le pape J>ixle IV, en ii7S. L'archevêque Jean mourut le i3 décembre de la même