‹ L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques, et autres anciens monumens depuis la naissance de NotreSeigneur, par le moyen d'une table chronologiqueChapitre 175 sur 582 · XXV. HENRI DE PLAUEN · texte numérisé non relu

XXV. HENRI DE PLAUEN

i4>o. Henri, comte OB Plauen , qui avait défendu si courageusement Marienbourg, fut élu grand-maître dans le courant de novembre. Les Teutoniques avaient déia repris, a peu près tout ce qu'ils avaient perdu , lorsqu'on fit la paix à Thorn, le premier février de l'an ■ 4 > ■ • Par ce traité, le roi de Pologne renonçait encore a la Poméranie , en reconnaissant qu'elle devait continuer d'appartenir à l'ordre, de même que les autres province» qui avaient été contestées autrefois , et s'obligeait , outre cela , de relâcher les prisonniers sans rançon : par la , tout fut remis sur le même pied où il était avant la guerre , à l'exception de la Samogitie, dont le roi et Vitolde devaient jouir leur vie durant , en donnant un acte de retour aux Teutoniques, après cette époque. Le roi eut a peine conclu ce traité, qu'il refusa d'en accomplir les principales conditions , el le rompit même quelques* mois après, tant en reprenant le litre de seigneur de la Poméranie, qu'en travaillant a une ligue avec l'empereur Sigismond pour la destruction de l'ordn*. <.elui-ci ayant changé d'avis, on le prit pour arbitre. Ce prince ordonna, par différentes sentences, que Jagellon reUcberait les prisonniers , qu'il délivrerait un acte de retour de la Samogitie aux Teutons, ainsi qu'il avait été stipulé a Thorn, el renoncerait a la Poméranie; mais Jagellon employa des subterfuges pour éluder le retour de la Samogitie après sa

po^Hsion des margraves de Brandebourg, qu'ils représentaient Vitolde. a qui Jagellon avait donné en fief le grand duché de Lithuanie, enleva la Samogitie aux Teulons, daccord avec le foi , et ce dernier reprit le litre de seigneur de la Poméranie, dans un manifeste. Les démarches pour obtenir justice ayant été inutiles, le grand-maître entra en Pologne à main armée, " prit quelques places. Le roi de Bohême ayant offert sa médiation, on le prit pour arbitre, et il prononça sur tous les points en faveur des Teutons. Le roi de Pologne refusa de se toumettre à l'arbitrage, quoiqu'il s'y fut obligé par le compromis le plus solennel, et dédaigna de se prêter aux démarches ultérieures du roi de Bohême et du grand-maître. Jagellon, qui n'avait accepté cet arbitrage que pour avoir le tems de st préparer, entra en Prusse à la tête d'une armée formidable, composée de polonais, de lithuaniens, de samogites, de russes cl de tarlares. Le grand-maître , trahi par les ambassadeurs du roi de Hongrie, avec lequel il avait fait un traité, fut audevant de Jagellon avec quatre-vingt-trois mille hommes , et 1< rencontra dans les plaines de Tauuenberg , le i5 juillet de(

, et ne rarda pas d'afficher de nouveau ses prétentions sur la Foméranie. L'évéque de WladisLaw ayant été compris dans le traité de Thorn , l'ordre fut aussi condamné à lui rendre certaines dîmes qui appartenaient a son église. Le grand-maître, qui avait si bien mérité de l'ordre , tant par la belle défense qu'il avait faite a Marienbourg , que par ta manière dont il avait terminé cette guerre , se rendit odieux par sa mauvaise conduite, et plus encore en favorisant l'hérésie de Wiclef , dont il ne fut pas lui-même exempt. Le mécontentement alla si loin, qu'il fut déposé dans un grand chapitre, tenu le 11 octobre de l'an 141 3.

XXVL MICHEL KUCHMEISTER DE STERNBERG.

i4>4- Michel Kt'CMitciSTEK fut élu le 9 janvier pour succéder à Plauen. Dans le courant de mai de la même année , l'archevêque de Strigonie, commissaire de l'empereur, prononça , i Bude , une nouvelle sentence arbitrale en faveur des chevaliers. Les Polonais, répétant toujours la Poméranie, le pays de Culm et Michalou, malgré le nombre de traités et de sentences qui les avaient adjugés a Tordre , coururent aux armes. Le roi , a la tête de l'armée la plus formidable que la Pologne eut encore mise sur pied , dévasta le pays de Culm et 1 les provinces les plus voisines; mais bientôt le grand-maître , qui se tenait sur la défensive, eut l'adresse, a l'aide d'un stratagème, d'attirer toutes les forces des ennemis devant la for-

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leresse de Strasbourg, ou Brodnits. Pendant qne le roi faisait tous ses efforts pour se rendre maître de cette place importante, Kuchmeister ne cessait de harceler les ennemis , et s'altacha avec tant de succès i leur couper les vivres, que celte armée

«4 CHRONOLOGIE HISTORIQUE

si florissante Tut au moment d'être détruite par U famine et

la dysenterie. L'ev^que tic Lausanne , légat du pape Jean XXIII, étant arrivé sur ces entrefaites, n'eut pas de peine à engager le roi et le grand -maîlre à faire une trêve de deux ans, et à remettre la dérision de leurs difficultés au concile de Constance. Le roi leva le siège de Strasbourg, le 6 octobre, pour retourner en Pologne, et Te grand-maître eut la gloire d'avoir ruiné, sans coup ferir, la plus puissante armée que les ennemis eussent jamais employée contre l'ordre. Les Polonais attaquèrent vivement les Teuloniques devant le concile de Constance ; mais toutes les procédures cessèrent quand les chevaliers , las de se l: ]>uter, eurent entrepris de faire lire leurs titres eo pleine lues des Polonais empêcheren

i intrigues des Polonais empêchèrent les Teuloniques d'achever celte lecture : ainsi, le concile ne décida rien. L'an 1 4'9i le pape Martin V délégua des nonces pour tâcher de terminer les différents de l'ordre avec la Pologne. On s'assembla inutilement a Gniewkow , parce que les Polonais ne voulurent se prêter à aucune proposition. Les nonces ayant vu les titres des chevaliers , ne purent leur refuser une attestation qui mettait la justice de leur cause en évidence; mais le pape, sollicité vivement par le roi de Pologne , déclara que cet acte ne pourrait lui pré|udicier, parce que ces nonces n'avaient pas vu les titres sur lesquels il fondait ses prétentions. L'empereur Sigismond , choisi pour arbitre par les deux parties , donna complètement gain de cause aux Teuloniques, par une sentence du mois de janvier i4»o. Le roi de Pologne, qui s'était soumis a cet arbitrage par le compromis le plus solennel, tâcha d'éluder l'effet de cette sentence , en recourant de nouveau au pape; mais les chevaliers , ne voulant pas être traînés de tribunal en tribunal, au gré de leurs adversaires, protestèrent, avec d'autant plus de raison, que l'empereur avait ordonné, du consentement des parties, qu'elles paieraient une ameade de dix mille marcs d'argent pour chaque contravention â la paix , ainsi que pour chaque démarche qu'elles pourraient faire pour obtenir quelque modification de sa sentence. Des ennemis, plus redoutables encore que les Polonais, menaçaient l'ordre de nouveaux malheurs ; c'étaient la division qui s'était mise parmi les chevaliers , et l'esprit d'indépendance qu'on peut regarder comme le germe de la révolte qui commençait a faire des progrès dans la Prusse. ]*e grand-maître en eut tant de chagrin , qu'il abdiqua pendant le Carême de l'an i4aa.

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