ERNEST LE VAILLANT
laSG. Ernest, a qui ses beaux faits d'armes méritèrent le surnom de Vaillaxt, succéda au margraviat d'Autriche après la mort d'Albert, son père. Les guerres où il se distingua le plus, furent celles qu'il soutint contre les Hongrois, pour les empêcher de pénétrer dans l'empire , dont l'Autriche était le boulevard du côté de La Hongrie. L'empereur Henri IV, ou
flutAt Agnès, sa mère, lui donna, l'an to58, l'avouerie de archevêché de Salzbourg et celle de l'évêché de Passa w. Mais il ne demeura pas fidèle à ce prince. Il se déclara pour les Saxons rebelles, et eut le sort que méritait une pareille cause. 11 périt a la bataille qu'ils livrèrent a l'empereur, le 9 juin 1075, sur les bords de la rivière d'Unstrut. Il avait épouse Adélaïde (et non pas Mathilde ) , fille de DéJon , marquis de Lusace , oui fut inhumée a Melck auprès de son époux , après lui avoir donné Léopold , qui suit ; Albert le Léger; et Judith, morte dans le célibat. (Eccard, Orig. Saxon., p. 64.)
LÉOPOLD II, dit LE BEAU.
107S. Léopold, a qui sa bonne mirte fit donner le surnom de Beau, fui le successeur d'Ernest, son père, au margraviat d'Autriche , dont il partagea le gouvernement avec Albf.ht , son frère. Un historien du treizième siècle rapporte qu'Albert viola la femme de Léopold , qui s'en vengea , dit-il, sur la princesse de Pologne, qu'Albert avait fiancée. Les derniers historiens ont entièrement détruit la fable de ce double inceste Léopold fut attaché , comme son père , au parti des Saxons. I. empereur Henri IV, pour le punir, lui ota le margraviat d'Autriche, et le donna à Wratislas II , roi de Bohême. Léopold prit les armes pour se défendre. On en vint a une bataille qui se donna près d'un lieu nommé Moriberch , dans La vie de saint Altmann, le 12 mai 108a. La partie n'était pas égale. Wratislas avait avec lui son frère, marquis de Moravie, et les troupes du duc de Bavière. La supériorité du nombre le rendit vainqueur. Mais Léopold , maigre cet échec , ne Laissa pas de te maintenir. H parait même qu'il força le roi de Bohême à renoncer au don que l'empereur lui avait fait. Les Hongrois , toujours avides d empiéter sur l'Autriche , vinrent aussi l'inquiéter. Léopold repoussa leurs incursions et ne laissa point t Marner son pays. L'an io8q, les mœurs déréglées des chanoines de Melck le déterminèrent a les supprimer et a mettre des moines en leur place. 11 mourut dans cette ville le is octobre 1096 , et y fut inhumé dans le tombeau de tes
Itha , son épouse , fille , suivant plusieurs historiens , de l'empereur Henri III, mais plus vraisemblablement, selon la conjecture de D. Jérôme Pez , de Welphe I , duc de Bavière , lui donna Léopold, qui suit, et Albert, avec six filles, dont les principales sont Elisabeth , femme d'Ottocare III . margrave de Stirie ; Hilberge ou Helbergc , femme de Borzivoi II , roi de Bohême; et N., femme de Leutolde, marquis de Moravie. Itha, mère de ces enfants, survécut a son époux, et suivit a la Terre-Sainte le duc de Bavière et l'archevêque de Salzbourg avec d'autres princes , dont la plupart périrent dans cette expédition. Itha fut prise par un prince sarrasin , el l'on ignore ce qu'elle devint par la suite.
LÉOPOLD 111, dit LE PIEUX.
1096. Leopolb III, successeur de Léopold II, son pire,' mérita le surnom de Pieux par ses vertus. Entre les bonnes oeuvres qu'elles produisirent, on remarque ses libéralités envers les églises. Il augmenta les biens de celle de Melck, et obtint , l'an in3, de Rome, une bulle qui exemptait ce monastère de la juridiction de l'évéque de Passa w, et le soumettait immédiatement au saint siège. L'année suivante, il fonda une église 1 Neubourg, où il établit d'abord des chanoines séculiers, puis, en n33, des réguliers de l'ordre de Saint-Augustin. L'an 1 136, autre fondation de Léopold ; ce fut celle de Sainte-Croix pour l'ordre de Cîteaux. Loin de prendre sur ses sujets de quoi fournir à ces établissements, il diminua les impôts , et versa d'abondantes aumônes dans le sein des pauvres, il mérita la reconnaissance de tous les gens de bien par son exactitude à rendre la justice, et la sévérité avec laquelle il punissait le crime , lorsque la prudence et l'intérêt public ne permettaient pas de le pardonner. Il adoucit les moeurs féroces des Autrichiens par de sages règlements, et épura leur religion en abolissant plusieurs superstitions auxquelles ils étaient livrés. Nous ne dissimulerons pas, néanmoins, une tache de sa vie, qu'il effaça ensuite par la pénitence : ce fut d'avoir embrassé le parti du jeune Henri , révolté contre l'empereur Henri IV, son père. Après la mort de ce fils dénaturé, qui régna depuis sous le nom de Henri V, il eut des voix pour l'empire ; mais voyant que le plus grand nombre était pour Lothaire , il se fit un devoir de lui céder. Le caractère pacifique de ce margrave n'excluait point la valeur. Il en avaii fait preuve , l'an 1 1 14, contre Etienne , roi de Hongrie , dont il repoussa les attaques avec le secours du duc de Bohême , et ravagea ensuite les états par représailles ; après quoi il revint triomphant chez lui (Cfi/tw; Mellic.) On parle encore d'une autre victoire qu'il remporta sur le même. Léopold mourut , comme le prouve Lambécius , le i5 novembre de l'an n36, et fut inhumé au monastère de Neubourg, qu'il avait fondé , a deux lieues de Vienne, pour des chanoines réguliers. Le pane Innocent VIII le mit au nombre des saints , par sa bulle du 6 juin 148S. Léopold avait épousé, l'an 1106, Agnes, fille de l'empereur Henri IV, et veuve de Frédéric I , duc de Suabe, qu'elle avait fait père d'un (ils de même nom que lui , et de Conrad , duc de Franconie , depuis empereur, troisième du nom. Léopold eut d'elle dixhuit enfants , dont sept moururent en bas âge. Les onze restants sont Albert , nui suit ; Henri, dit Jochsamcrgott , duc de Bavière; Léopold, dit le Libéral, dont nous parlerons avant Henri; Ernest, dit le Jeune, mort à dix-huit ans; Otlon , moine de Morimond, puis évèque de Frisingue en n38, mort le sa septembre n58 ( rc prélat suivit , en 1 i47» l'empereur Conrad a la Terre-Sainte , fonda , dans son diocèse , deux abbayes de Prémonlrés, et se rendit célèbre par sa chronique et son histoire de l'empereur Frédéric I ); Conrad , évêque de Passaw en 1148, puis archevêque de Salzbourg en 1164, mort en 1168; Berthe, femme de Henri, burgrave de Raiisbonne; Agnès, femme, suivant l'histoire de La fondai ion de l'abbaye de Melck, de Boleslas, duc de Pologne , dit le frùé,
io6 CHRONOLOGIE
oui, par conséquent, a dû être marié deux fois; Gerlrude, femme de Wladislas III , roi de Bohême ; Elisabeth, mariée à Herman, landgrave de Thuringe ; et Judith , femme de Rainier, marquis de Monlfcrral. (Hteronym. Pez, Renan Austriac. t. 1 , pp. 399 etxtf.) La mère de ces enfants termina ses jours en 1143.
ALBERT II , surnom Mi LE DÉVOT.
11 36. Albert, fils atné de I.éopold, était, avant de lui succéder, avoué de l'église de Ncubourg et de toutes celles de sa Marche; emploi dont il s'acquitta s» Lien, qu'il lui valut le surnom de De\s>t. Avant épousé N. , sœur de Bela II , roi de Hongrie, il défendit son beau-frère contre le prince Borich, fils du roi Coloman, qui lui disputait le trône, et le fit triompher de ce rival. Il survécut très-peu <ic tenu a son père, étant mort sans postérité le 10 novembre n36. Il fui inhumé dans l'église de Neubourg.
LÉOPOLD IV, dit LE LIBÉRAL.
n36. Lbopold IV, troisième fils de I.éopold le Pieux , succéda au margraviat d'Autriche , après la mort d'Albert , son frère , par préférence à son autre frère , Henri , plus âgé que lui. L'empereur Conrad , son frère utérin , ayant privé de la Bavière le duc Henri le Superbe, en 1 1 38, donna ce gouvernement à Léopold , qui en jouit jusqu'à sa mort , arrivée le 18 octobre 11 4a- H ne laissa point a «"niants de Marie, son épouse, fille de Sobieslas I , duc de Bohême , et fut inhumé à l'abbaye de Sainte-Croix , en Autriche. (Voy. les ducs de Bavière.)
HENRI H, surhomme DE JOCHSAMERGOTT,
PREMIER DUC D'AUTRICBE.
n4a. Hekri, surnommé de Jochsamercott, frère aîné de Léopold , te remplaça dans le margraviat d'Autriche et dans le duché de Bavière. L'empereur Conrad , son frère utérin , avant de lui donner ce duché , lui avait déjà fait épouser Gertrude, veuve de Henri le Superbe. Mais il la perdit l'an 11 43, la seconde année de son mariage, sans en avoir eu d'enlants. L'an 1147 » *l accompagna l'empereur à la croisade. A son retour, il contracta, en repassant par Conslantinople , une seconde alliance avec Tueodoha , nièce de l'empereur Manuel. Les différents subsistant toujours pour la Bavière, entre lui et Henri le Lion, fils de Henri le Superbe, il abandonna ce duché, l'an n54, voyant l'empereur Frédéric I disposé à l'ad|Uger à son antagoniste. Mais , pour l'indemniser, Frédéric obligea Henri le Lion, l'an u56, de lui céder la haute Autriche en-deçà de l'Ens, qui, jusqu'alors, avait relevé de la Bavière ; après quoi , il érigea ce margraviat en duché héréditaire, par lettres données, le 17 septembre 11 56 , à Ratisbonnc, en présence des principaux seigneurs de l'empire, qu'il nomme dans sa bulle principes eleclores. (Du Mont, Corps Diplom., tom. I, part. 1 , pag. 81.) Le nouveau duc d'Autriche accompagna, l'an n38, 1 empereur dans son expédition d'Italie. Il revint avec lui dans ce pays en 1 162 , et eut part à la prise de Milan. Henri fixa sa demeure à Vienne , dont il lit la capitale de l'Autriche. C'était peu de chose avant lui; mais le soin qu'il prit d'étendre et de décorer cette ville, en fit une des principales villes d'Allemagne. Il eut différentes guerres, dont on ignore le détail, avec Geisa, roi de Hongrie; avec Welphe, duc de Bavière; avec Conrad, marquis de Moravie ; et le jeune Ottocarc , margrave de Styrie. Tout ce I que nous en savons , c'est que son pays souffrit beaucoup des incursions de ses voisins. 11 mourut d'une chute de cheval , le i3 janvier 1177, et fut inhumé à l'abbaye des Bénédictins écossais de Vienne, qu'il avait fondée. Théodora, sa veuve, lui survécut jusqu'en 1 184 , suivant la critique de Neubourg,
ou n85, selon celle de Melck. Elle fut inhumée auprès de son époux , qu'elle avait fait père de Léopold , qui suit ; de Henri, dit l'Ancien, duc de Medling, mort en iaa3; d'Agnès, femme d'Etienne III , roi de Hongrie.