LÉOPOLD V
1177. Léopold V, fils aîné de Henri H et son successeur, fut attaché à l'empereur Frédéric I, et le suivit dans tout» ses expéditions. 11 fut présent, l'an 1177, à la réconciliation de ce prince avec le pape Alexandre III, qui se fit à Venise le 34 juillet. L'an 118a, il fit un voyage à la Terre-Sainte, d'où il rapporta un morceau de la vraie croix , qu'il déposa dans l'abbaye de Sainte-Croix , près de Vienne. Léopold était lié d'amitie avec Otlocare I, duc de Styrie. Celui-ci n'ayant point d'enfants, lui assura la Styrie, l'an 1186, par son testament auquel il survécut encore six ans. L'an 1 1H9, Léopold accompagna l'empereur à la croisade, où il se distingua dans toutes les occasions. A la prise de Ptolémaù , ou de Saint- Jean d'Acre, il eut son habit tellement couvert de sang, qoïl ne resta de blanc que ce qui était couvert par son baudrier. Le duc de Su abc, qui remplaçait l'empereur, son père, mort dans la roule , changea , par cette considération , les arma d'Autriche, et lui donna un écu de gueules à la face d'argent La mort ayant aussi enlevé, dans cette expédition , le duc de Suabe , les troupes allemandes refusèrent de continuer le service, et reprirent la roule de leur patrie. Léopold , ne pouvant les retenir, demeura au siège avec une partie des siennes. L'arrivée successive des armées de France et d'Angleterre, sous la conduite de leurs rois, Philippe Auguste et Richard!, ranima le courage des assiégeants , qui se rendirent enfin m litres de la place. Dans un des assauts qui furent donnés , Léopold s'étaut rendu maître d'une tour, y fit planter sa bannière. Le monarque anglais, piqué de cet acte d'autoriré, fait arrachtr et fouler aux pieds le drapeau par ses gens. Léopold sentit vivement cet affront et résolut de s'en venger un jour, s'il eu trouvait l'occasion. Elle se présenta , contre son attente) lorsqu'il élait déjà de retour en son pays. Richard , en votiuot regagner le sien , prit sa route par l'île de Corfou , et essuti sur la route une violente tempête qui le jeta sur les côtes ik l'istrie, où son bâtiment échoua. Obligé de continuer m voyage par terre et de traverser l'Allemagne , en passant pu l'Autriche, il prit le parti de se déguiser en templier, pour n'être point reconnu. Mais il le fut près de Vienne, le 20 décembre , et aussitôt arrêté par ordre de I.éopold. L'empereur Henri VI, instruit de cette prise , acheta du duc d'Autriche, pour une somme d'argent , son prisonnier , qu'il reliât en captivité l'espace de onie mois. Le pape , la reine , mère du monarque anglais, et d'autres princes, sollicitèrent «vivement sa délivrance , qu'à la fin elle fut accordée , au commencement de février 1 194 , dans la diète de Haguecuit , moyennant une rançon de quinze mille marcs d'argent, dont un tiers pour Léopold. Ce duc ne jouit pas long-tems du fruit de sa vengeance. Sur la fin de la même année , étant monte à cheval dans le dessein de retourner pour la troisième fois en Palestine , il fit , près du château de Grau , une chute si violente, qu'il en mourut le ai décembre. Ce prince, dans ses derniers moments , témoigna un grand regret , suiranl \t P. Barre , de la conduite qu^il avait tenue envers le roi Richard. H fut inhumé à Sainte-Croix. Léopold avait épouse, le ta mai 1174, HÉLÈNE, fille de Geisa II, roi de Hongrie, morte en 1199, dont il eut Frédéric, qui suit; Léopold, q ul viendra ensuite; et Cunégonde, femme d'Ottocare, nurgrrf de Styrie.
FRÉDÉRIC I , dit LE CATHOLIQUE.
1 194. Frédéric , fils aîné de Léopold V, partagea U succession paternelle avec Léopold , son Lrère , auquel il laisM U
DES DUCS D'AUTRICHE
Styrie, en retenant l'Autriche. L'an itq5, il partit, avec plusieurs princes allemands , pour aller faire la guerre aux Sarrasins d'Espagne. Cette expédition ne fut pas heureuse, et quantité de chréliens y périrent. Ce mauvais succès ne 1 empêcha pas de partir, l'an 1197, pour la Terre-Sainte. Il y mourut, le it août de l'année suivante, sans avoir pris d'alliance. Son corps , rapporté en Autriche , fut inhumé à Sainte-Croix do Vienne.
LÉOPOLD VI, mt LE GLORIEUX , ouc d'Autriche et de Sttbie.
H98. LÉOPOLD VI, dit LE GLORIEUX et LE PÈRE DES
Clercs, joignit au duché de Styrie, dont il était pourvu, celui d'Autriche , après la mort de Frédéric , son frère. L'an 1 10/1 , il fut attaqué par Eméric , roi de Hongrie , qui
Forta le fer et le feu dans l'Autriche. Ces hostilités finirent , année suivante, par un traité de paix conclu le jour de la Pen Ircôtc. L'an 120$, il prit la croix pour la Terre Sainte , d'où il paraît qu'il revint, l'année suivante , sans y avoir rien fait de mémorable. 11 partit , l'an tau , avec le comte de Julicrs, et d'autres seigueurs allemands, pour la croisade contre les Albigeois. L'an iat3, il conduisit des troupes en Espagne, pour faire la guerre aux Sarrasins d'Afrique, qui avaient fait une décente en ce pays. 11 eut part a une grande victoire remportée par les Chréliens sur «.es InGdèles , le 28 juin de la même année. C'est ce qu'assurent les chroniques d'Autriche ; mais les historiens espagnols gardent le silence sur cet événement. L'an 1217, il se remit enroule avec André II, roi de Hongrie , pour la Palestine , d'où , s'étant rendus avec les autres croisés en Egypte, ils attaquèrent, au mois d'août 1218, la tour du Phare, qui défendait le port de la ville de Damiette. Le duc d'Autriche eut , dans cette expédition , le commandement de l'armée, après le comte de Berg que la mort enleva , et réussit , le a5 du même mois , à se rendre maître de la tour , malgré la brave résistance de la garnison. Encouragé par ce succès , il entreprit , au mois d'octobre suivant, le siège de Damiette; mais il n'eut pas la patience d'en attendre la fin. L'an 1319, après une victoire remportée sur les Infidèles, le jour des Hameaux , il se rembarqua , avec one partie des Teutons et des Frisons , pour l'Allemagne. Olivier , qui était alors sur les lieux , dit que , pendant dixhuit mois qu'il resta parmi les croisés, il se distingua constamment par sa piété , par sa modestie , par les dépenses qu'il fit pour tes expéditions militaires , et par ses aumônes. Il donna, ajoute-t il , à la milice des chevaliers Teutoniqucs , cinq mille marcs d'argent pour être employés à l'acquisition d'une terre, et cinquante marcs d'or aux Templiers , que le comte de Chester gratifia en même tems de cinq cents marcs d'argent. (Apud Eckard , Corp. Hist. mtd. avi, tom. H,
pag. i4io-i4<t.) L'an 1236, Henri
, dit l'Impie , qui l'avait fait
fils lue et
Léopold , se révolta contre son père Medling , chassa sa mère du château de Haimbourg , craignit pas même d'attenter a la vie de l'un et de l'autre. Mais , l'année suivante , ce (ils dénaturé mourut , bissant , de sa fetnme Richende , soeur de Louis , landgrave de Thuringe , une fille nommée Gertrudc, dont il sera parlé ci-après. L'an iaio , Henri , roi des Romains , fils aîné de l'empereur Frédéric II, et gendre de Léopold, confirma les privilèges du duché d'Autriche, avec le consentement des princes a qui appartenait l'élection du roi des Romains : Beneplacitum principum quorum /uns quemque Romonorum regem eligere (PfefTel). Léopold , cette même armée , s'étant mis en route pour I Italie , avec plusieurs princes et prélats , dans le dessein de travailler i la réconciliation de l'empereur avec le pape Grégoire IX , meurt a San-Gennano , le a6 juillet. Ses entrailles
UICQt
et son corps rapporté à
l'abbaye cistercienne de Lilienfel , qu'il avait fondée. Il avait épousé, l'an iao3, Tiiéodora , de la maison de Comnènes, morte en 1246, et enterrée a l'abliaye de Neubourg. De ce mariage, Léopold eut un fils, de même nom que lui, mort en 1216 , à l'âge de dix ans, d'une chute ; Henri, dont on vient déparier; Frédéric, qui suit ; Marguerite, femme, i«. de Henri , roi des Romains , fils aîné de l'empereur Frédéric H , dont elle eut deux (ils jumeaux , qui furent , dit-on , empoisonnés, dans un âge tendre , par Mainfroi, leur oncle, dans la Pouille où ils étaient élevés ; a". d'Uttocare , ou Przémislas- Ottocare H, roi de Bohême; Constance, femme de Henri Flllustre, marquis de Misnie , qu'elle épousa l'an ia34; et Gertrude, mariée, eu 1241 , ù Henri Raspon, landgrave de Thuringe.
FREDERIC II , dit LE BELLIQUEUX.
ia3o. Frédéric, à oui ses exploits méritèrent le surnom de Belliqueux, succéda, l'an ia3o, à Léopold, son père, dans les duchés d'Autriche et de Styrie, et fut le dernier de sa maison. Léopold , en mourant , avait laissé un trésor considérable : ses officiers , s'en étant saisis , refusèrent de le rendre sur la sommation que l'héritier leur en fit. Poursuivis pour ce sujet , ils prirent les armes pour défendre leur proie et mirent tout à feu et à sang; mais Frédéric vint a bout de les dompter. L'an ta3a , il étendit ses possessions en Carniole , dont il se qualifia seigneur (Rusching) ; mais, la même année, il eut guerre avec Wenceslas III , roi de Bohème, qui le battit deux ' dans Frédéric, sans que W grie, excité obliger Fréi!
forces que Frédéric lui opposa ne lui permirent pas de continuer la guerre. Il se hâta de faire la paix, et se retira. Frédéric , invité par ce prince , vint quelque tems après en Hongrie , où il fut magnifiquement reçu. Mais la réconcilialion de ces deux princes ne fut pas durable. Comme le duc d'Autriche continuait de faire la guerre en Moravie, André, toujours attaché au roi de Bohême, fit en sa faveur, l'an 12-H5, une diversion dans la Styrie , tandis que Wenceslas attaquait l'Autriche. Frédéric, pressé de deux côtés, n'eut pas de meilleur parti i prendre que de demander la paix. Elle lui fut accordée a des conditions qu'on ignore. Frédéric n'était nullement réglé dans ses meeurs : ayant fait violence à plusieurs femmes devienne, il souleva contre lui les habitants de cette ville , qui le contraignirent d'en sortir et de se retirer parmi ses troupes , campées à quelque distance de la. Cet afTront ne le rendit pas plus sage. Au libertinage , il joignit l'avarice , et pilla les monastères de ses états pour avoir de quoi fournir a ses plaisirs. Sur les plaintes qui lurent portées contre lui à l'empereur Frédéric il , il fut cité , l'an ia36 , a la diète d'Augsbourg , où il refusa de comparaître. La diète procéda contre lui , et le déclara déchu de ses duchés par contumace. Ce jugement fut applaudi par les principales villes d'Autriche et de Styrie , qui secouèrent le joug de leur duc. L'empereur, étant venu avec une armée, l'an «a-^7, en Autriche, accompagné du roi des Romains, du roi de Bohême, du duc de Bavière, et d'autres princes, entra sans résistance dans Vienne, où il'resla l'espace de trois mois. Pendant le séjour qu'il y fit, il mit cette ville au rang des villes impériales, y fonda une université, et , en partant, il y laissa un gouver— lrc. Réduit a l'état d'un particulier et d'un se retira à Neustadt. Il y passa environ quatre ans ; après quoi , profilant de l'absence de l'empereur, qui était eu Pouille, il leva des troupes, livra bataille aux Impériaux qui étaient dans Vienne , et remporta la victoire.
cnceslas pût s'y opposer. André II , roi de rlonpar ce dernier , entra dans l'Autriche , pour éric i quitter la Moravie. 11 y réussit ; mais les
rieur pour la uetem proscrit , Frédéric
io8 Il fit
CHRONOLOGIE HISTORIQUE
ége de celle ville, qu'il contraignit a lui D'autres succès firent rentrer sous sa puisc la Styrie et la Camiole. Pour demeurer paisible possrs- , il ne lui restait , à ce qu'il semblait , qu'a faire sa paix •vec l'empereur. 11 alla , dans ce dessein , le trouver a Vérone, et vint à bout de le fléchir par ses soumissions. Mais, pendant son absence, le roi de Bohême, par les intelligences qu'il avait dans Vienne , trouva moyen de s'y introduire et de s'en rendre maître. I.e duc Frédéric, à son retour, plutôt que de hasarder un siège, aima mieux composer avec son ennemi , en lui offrant une somme d'argent , moyennant laquelle il se relira. Pour cimenter la paix qu'il venait de conclure, Frédéric mena sa nièce Gertrude en Bohème, au jeune Uladislas, fils de Wenceslas et marquis de Moravie, qui l'avait demandée en mariage.
L'an 1343 , la guerre s'alluma entre l'Autriche et la Hongrie. Ce fut le roi Béla IV qui la déclara pour venger l'affront que Frédéric avait fait a sa seconde femme, cousine du roi de Hongrie, en la répudiant. File dura trois campagnes, à la dernière desquelles le duc Frédéric étant sorti de Neustadl à la téte de son armée , combattit victorieusement contre les Hongrois. Mais , dans l'action , il fut blessé d'un coup de flèche a l'œil , et tomba sous son cheval qui l'étouffa le i5 juin ia4&- Ce malheur jeta la consternation dans son armée , dont le roi de Hongrie emmena plusieurs milliers de prisonniers en son
pays. Quelque tems avant sa mort, il avait lait ériger sa province de Carniole en duché , et l'Autriche en royaume ; nuis cette dernière faveur n'eut point d'effet. Frédéric , le dernier mâle de l'ancienne maison de Bamberg , fut inhumé a l'abbaye de Sainle-Croix , sans laisser d'enfants de ses deux femmes , GehtbuOB , de la maison de Brunswick , suivant Arnpech ( Chron. AuOr. ) , qu'il avait épousée en iaa6 , et Agses , fille d'Otton, duc de Méranie , dont il se fit séparer en 12*3. Théodore , mère de Frédéric , ne lui survécut que huit jours , le chagrin de la mort de son fils ayant causé la sienne.
ia46. GEKTRVDE , fille de Henri, dit l'Impie , duc de Medling, nièce de Frédéric par son père, et femme d'UoALiSLAS, marquis de Moravie, fils de Wenceslas III, roi de Bohême, prétendit aux duchés d'Autriche et de Styrie, comme héritière, après la mort de son oncle , attendu que ces fiefs étaient nuexnent féminins. Ses tantes . sœurs de Frédéric , desquelles on a parlé ri-dessus, voulurent lui disputer cet héritage ; mais l'ero-
Eereur Frédéric, jaloux de s'approprier une si riche succession , 1 mit en séquestre , et en confia le gouvernement , au nom de l'empire , à Otton, comte d'Eberstein- Uladislas n'en poursuivit pas avec moins d'ardeur les droits de sa femme. Les conjonctures étaient favorables. Le comte d'Eberstein , abandonné en quelque sorte par l'empereur , que les troubles de l'Italie avaient obligé d'y transporter toutes ses forces , ne put empêcher Udalislas de subjuguer l'Autriche. Mais celui-ci mourut sans enfants l'an 1347. Alors Herman VI , margrave de Bade, neveu, par sa mère, de la duchesse de Bavière, engagea sa tante à demander pour lui Gertrude en mariage, et l'obtint sans difficulté. A la faveur de cette alliance, il se mil en possession de l'Autriche , dont il reçut l'investiture de l'anti-césar Guillaume, roi des Romains, a la recommandation du pape Innocent IV. Les partisans que l'empereur Frédéric avait en Autriche, refusèrent au nouveau duc l'obéissance , et furent appuyés par les princes voisins. Herman prouva qu'il était capable de faire téte à ses ennemis. Mais la mort l'enleva le 4 octobre ia5o. De son mariage , il taissajjn fils d'un an , nommé Frédéric, qui péril, avec l'infortuné Conradin , sur un échafaud a Naplcs l'an iat>8 ; et une (ille, nommée Agnès, qui devint femme île Meinhard, ou Mainard, comte de fvrol.
s'assemblèrent a Crems, ou l'on prit la résolution d'envoyer une députation a Mcissen, pour offrir le duché au margrave de Misnic , ou a l'un de ses fils. Mais les députés s'étant arrêtés sur leur route à Prague , le roi Wenceslas , dont ils furent agnifiquement reçus , les empêcha d'aller plus loin , et les
fils Ottocare, ou
pressa d accepter pour duc son Oltorare , marquis de Moravie.
Cependant Gertrude avait contracté une troisième alliance avec Romain , fils d'un prince de Russie ; mais incapable de défendre l'héritage de sa femme, il la laissa enceinte d'une fille , et retourna dans son pays pour ne plus revenir en Autriche. Le marquis de Moravie, arrivé dans ce duché , chassa Gertrude, qui se retira a Meissein chez Constance, sa tante , d'où elle alla ensuite finir ses jours dans un cloître. OttocabB t après l'expulsion de Gertrude , chercha , pour colorer son usurpation, a s'allier avec Marguerite, fille de Léopold, duc d'Autriche, veuve, pour lors, de Henri, roi des Romains. Elle y consentit , quoique fort âgée, et le mariage se fit à Hainbourg l'an ia5a. Ce ne fut néanmoins qu'avec peine qu'il obtint le duché d'Autriche , que Bela , roi de Hongrie dévastait depuis deux ans. La Styrie, qui était pareillement en proie aux ravages de ce dernier, demandait pour son souverain le duc de Bavière ; mais le Hongrois s'opposait a ce vœu. On en vint a un traité, par lequel Béla eut la Styrie, et Ottocare fut maintenu dans le duché d'Autriche.
L'an 1*57, Przérnislas-Ottocare , sans déclaration de guerre, fait une irruption subite dans la basse Bavière. Surpris de cet acte d'hostilité , le duc Henri fait venir a son secours , Louis , son frère, comte palatin. Leurs forces réunies obligent l'ennemi a se retirer avec une perle considérable.
Ottocare avait toujours i cœur la cession qu'il avait faite de la Styrie. L'an 1360, il fit éclater son regret en conduisant une armée de cent mille hommes en Hongrie. Béla , qui avait prévu son dessein , lui en opposa une plus forte. Les Hongrois furent néanmoins battus au mois de juillet , et le prix de la victoire fut la Styrie, qu'ils furent obligés de rendre.
L'ah ia6i , dégoûté de Marguerite, sa femme, et ne pouvant plus la souffrir , Ottocare demande au pape la permission de s'en séparer et de contracter un autre mariage. Malgré le refus qu'il essuie , il relègue Marguerite à Crems , et épouse Cunêgonde, nièce de Béla IV, roi de Hongrie.
Le roi de Bohême hérita, l'an ia6cj, de la Carinthie, par le testament du dernier duc, Ulric lll, qui, n'ayant point d'enfants, lui fit ce legs en ia68, au préjudice de Philippe, son frère. Celui-ci, après quelques efforts impuissants pour empêcher l'effet du testament , est forcé de se contenter aune pension viagère. (Kojr. Philippe, duc de Carinthie. )
Ottocare, l'an 1371 , porte la guerre en Hongrie, où il fait la conquête de plusieurs places. Etienne , roi de Hongrie , lui rend la pareille dans les incursions qu'il fait en Autriche et en Moravie. Les hostilités réciproques cessent au bout de deux années , sans aucun avantage ni pour l'une ni pour l'autre des parties. L'empire , cependant , était sans chef depuis environ deux ans. Les grands de la nation germanique, touchés des maux qu'entraînait cette vacance du trône impérial, jettent les yeux sur Ottocare pour le remplir. Il rejette avec dédain l'offre qui lui en est faite , satisfait de ses vastes domaines , qui s'étendaient depuis la mer Baltique jusqu'à la mer Adriatique. Enfin Rodolphe ou Rodolfe (il*, du nom dans la généalogie de sa maison ) landgrave d'Alsace , comte de Habsbourg , et de Kibourg en Suisse , avec leurs dépendances , qui faisaient une grande partie de cette contrée (1), est élu roi des Romains,
(1) La maison de Rodolphe tirait mi origine d'\l>AL»lc, ou Anne,
voya
Otton , duc de Bavière, ayant appris la mort d' Herman, en- ' P ,u » co " n " * ou » ,e nom ^ de »V>« d'ÊTHico» , duc d'Alsace, mort tttt ya son (ils , Louis , avec une armée en Autriche, dont il ( l€ 7" ' e * "l""** Alsace. )
conquit rapidement la meilleure partie. Les états de la province \ Adalsist, Gis aln< d'Etbicon, et son
au ducké d'Alsace,
DES DUCS D'AUTRICHE
le i* r . octobre 1273, par Louis le Sàirt, électeur palatin ,
entre le* mains duquel tout les autres électeurs et princes , qui
it présents , avaient en ai promis. Rodolphe faisait le siège de la ville de Bile, révoltée, lorsqu'il apprit son élection. A cette nouvelle , il part et se rend en diligence a Francfort, où il est reçu avec applaudissement de toute rassemblée. Ottocare , dont il avait été maréchal , c'cst-a-dire préfet de ses écuries, lut le seul des princes qui refusa de rendre hommage à sa nouvelle dignité. Rodolphe lui avait rendu néanmoins des services importants dans la guerre qu'il avait eue avec la Hongrie. Le nouveau césar ayant convoqué une diète a Augsbourg, y fit citer Ottocare , sur les plaintes que les étals d Autriche lui avaient portées de la tyrannie qu'il exerçait en ce pays. Le roi de Bohème, dédaignant d'assister a celte assembler, y envoya ses ambassadeurs, qui, non contents de protester en son nom contre l'élection de Rodolphe , se répandirent en propos outrageants contre sa personne. La diète, indignée, les chasse ignominieusement , déclare Ottocare rebelle à l'empire , et autorise Rodolphe a lever des troupes pour le poursuivre comme usurpa leur de l'Autriche.
L'an 1275 , le nouveau césar marche a la tête d'une armée contre Ottocare , après l'avoir inutilement sommé de se dessaisir de l'Autriche, de la Carinthie et de la Styrie. La fierté du roi de Bohème tombe a la vue des forces de l'empire prêtes a l'écraser. Dans la crainte de perdre son patrimoine , il consent de rendre les provinces qu'il y a léunies. La paix qui suit cet accommodement , est cimente par un double mariage entre les enfants d'Ottocare et ceux de Rodolphe ; mais elle n'en fut pas plus durable. Le roi de Bohême , a l'instigation de sa femme, recommence la guerre en 1278. Bataille donnée entre lui et Rodolphe, le a6 août de celte année, prés de Marchfeld, sur la rivière de March , au-delà du Danube. Ottocare y périt. Wenceslas , son fils ainé , travaille en diligence a s'accommoder avec l'empereur. Le vainqueur se met incontinent en route,
pour aller mettre la main sur les trésors d'Ottocare , renfermés dans le château de Prague, et s'emparer même de ses états; mais il est arrêté par l'opposition d Olton , marquis de Bran-
debourg, nommé tuteur , par le feu roi , de Wenceslas, son Gis aîné. Par le traité d'Iglau , qu'ils firent ensemble, Wenceslas obtint l'investiture de la Bohême et de la Moravie , en
tnnnruiim 7a». Il avait no frère puîné, nommé comme son pire, i ou l'on fait descendre fa maison dessine. ( IM. )
LeimiD I, fil, »l n é d'Adalberl, lui syanl succédé au duché d'Alnec , mourut avant l'an 769.
Le lirai» Il , fil» puîné de Luitfrid I , mourut , ver» l'an 800, avec l« titre de comte de Sundgaw. ( Voyez. Luitfrid, dmc d' Alsace; et Luitfrid I , comte ée Sandge». )
tireras , fil» puîné du duc Luitfrid II . et son successeur au comté feSundpw. mourut l'.n83 7 .
. ^«««n lll^fil* putné de Hugues , lui ayant succédé au comté de
fil» de Luitfrid III, et comte, après lui, de Sendgaw , mourut ver» l'an 910.
LrirrsiD V, »econd fd* de Luitfrid IV, était comte de Sundgaw en 91a tt naS. Il eut deux fil» , Luitfrid VI, son successeur en Sundgaw , *t Gontran, tpii suit.
Gohtba* , dit le Jb'cAe, deuxième GIi de Luitfrid V, était comte en Aigro, dan» la SuUte, et possesseur de terre» considérables en Alsace tt en Bri-gaw. Il lama un fil», qui tuit.
Kasieus , ou Lawioto, fil» de Gontrao U HUàt, et comte d'Al- Uahourg , mourut le a5 mai 990.
çant aux prétentions de son père. Rodolphe avait encore à satisfaire deux compétiteurs pour l'Autriche , savoir, Mainard , comte de Tyrol , époux d Agnès, sœur de Frédéric de Bade, duc d'Autriche , décapité, en 1 268 , avec Conradin , dernier rejeton de la maison de Suabe, et Henri l'Illustre, margrave de Misnie , qui avait épousé la princesse Constance , sœur de Frédéric le belliqueux , dernier duc d'Autriche de la maison de Bamberg. Le premier obtint, pour compensation de ses droits, le duché de Carinthie avec la Marche de Tarvis, et stipula en même tems le mariage de sa fille Elisabeth avec Albert , a qui Rodolphe , son père , destinait l'Autriche. L'empereur s'accommoda avec le second , en lui engageant la ville impériale de Mulhausen en Thuringe, et lui confirmant la possession de la province domaniale , appelée le pays de la Pleisse , qui comprenait la plus grande partie de la principauté d'Altenbourg. Ces arrangements laits , 1 empereur demande a la diète d'Augshouig, son agrément pour conférer a ses deux fils , Albert et Rodolphe, les iluchés d'Autriche, de Styrie, et la seigneurie de Carniole; ce qui lui fut accordé par acclamation. ( Voy. ci-dessus les landgraves de la haute Alsace. )
L'empereur Rodolphe termina ses jours , comme on l'a dit ci -devant, en 1291. On a donné les noms de ses deux femmes , les dates de leurs mariages et celles de leurs morts, sur quoi nous n'avons rien a corriger ; mais ce qu'on a dit sur le nombre de ses enfants et sur celle de ses deux femmes à la • quelle chacun d'eux appartient , a besoin de quelque correctif. M. PfefTel en compte quatorze , et M. le baron de Zurlauben, seulement dix , qu il fait tous sortir du premier lit. Ce sont , i°. Albert, qui suit; a», ilartman, comte de Habsbourg et de Kibourg , landgrave d'Alsace, qui se noya, le 20 décembre 1283; 3°. Rodolphe, duc d'Autriche et de Styrie, comte de Habsbourg, landgrave d'Alsace, mort l'an 120,0, ( eoj-es son article ) ; 4"< Charles , mort enfant ; S". Malhilde , femme de Louis le SÏr>-ire , comte palatin du Rhin , et duc de Bavière , morte en 1 323 ,( et non i3o3); (i". Catherine, mariée, en 1*70, à Olton, quatrième fils d'Albert II, duc de Saxe, morte en 1285 ; 7". Agnès , mariée, en 1273, a Albert H, duc de Saxe, dont on vient de parler, morte en «3aa; 8». Hedwige , femme , i\ de Henri , duc de Brcslaw, 2\ d'Otton , marquis de Brandebourg, morte en i3o3 ; y". Ju-
Radibotq», second fils de Kaoxelin, mourut le 3o juin de l'année
Wihii I , dit le Keus , troisième fil» de Radeboton, fut le premier comte de Habsbourg, en Argow, dont le château avait été fondé par Werner, son oncle, cvéqoc de Strasbourg. Il mourut le 11 novembre ic
Otto», successeur de Werner I, son père, as comté de bourg, et laudgiave d'Alsace , fut tué le 8 novembre 11 11.
W is nia II, fil» aîné d'Otton, et son successeur au comté de Habtbourgel d'Adalbcrt, »on oncle, au Iand graviat d'Alsace , virait encore le 33 avril 1167.
Aoalbest, ou Albxbt, dit te Riche, successeur de Werner . ton père, au comté de Habsbourg et su landgrarial d'Alsace, mourut le a5 novembre 1199.
Rodolphe 1 , dit l'Ancien et le PtisiUe, fils d'Albert I, et ion successeur su comté de