I.tab. ia
debourg, frère de l'électeur, il fait élire le duc d'Autriche toi des Romains, le 19 octobre. Mais le lenJemain , Louis de Bavière est élevé , dans Francfort , à La même dignité , par les autres princes qui avaient droit de suffrage. ( Voyez les empereurs.) L'an i3iî> , Frédéric est mis au ban de l'empire , avec ses frères, dans la diète de Nuremberg. La guerre commence alors entre les deux rivaux. Frédéric et ses frères ayant mis le siège devant la ville impériale d'Eslingen en Suabe, pour s'assurer d'un poste sur le Nècre , Louis de Bavière vole au secours de la place , et les force , après les avoir battus , de lever le siège. L'an i3aa , les mêmes compétiteurs se livrent , le a8 septembre, une nouvelle bataille en Bavière, près d'Ampfingen , à quelques I ieues de Muldorff sur l'inn. Frédéric, l'ayant perdue, y est fait prisonnier avec Henri , son frère. Le premier est conduit au château de Trausnilz, dans le haut Palatinat, et le second remis entre les mains de Jean de Luxembourg , roi de Bohême, qui avait combattu pour Louis à cette joue née. Frédéric , l'an i3a5 , est remis en liberté a deux conditions , signées de sa main : i°. qu'il renoncera à la dignité de roi des Romains; a", que lui et ses frères restitueront a l'empire tous les pays, villes et territoires immédiats qu'ils possédaient sans en être formellement investis. Léopold et les autres frères de Frédéric s'opposent a l'article de cette convention, qui les concerne, et obtiennent du pape Jean XXII la cassation du traité de Frédéric avec Louis , comme ayant été extorqué par la crainte et la force. Frédéric, ne pouvant s'acquitter de sa parole, se constitue lui-même de nouveau prisonnier de son rival. Louis, dé-
sarmé par cette générosité, fait à Munich , le 5 le duc d'Autriche, un autre traité moins onéreux que le premier. Par celui-ci, ils conviennent de gouverner ensemble l'empire ; mais les électeurs et les états trouvèrent tant de difficultés dans l'exécution de cet accommodement , qui leur donnait deux chefs, qu'on fut obligé de l'abandonner. Frédéric, les ayant senties lui-même, se contenta, pour le bien de la paix , du titre de roi des Romains , dont il ne fit usage qu'eu Quelques occasions rares et de peu d'importance , et de quelques droits honorifiques , desquels il jouit jusqu'à sa mort , arrivée le i3 janvier i33o, au château de Gutlenstein, dans le territoire de Vienne. Quelques écrivains prétendent qu'il mourut de poison. Quoi qu'il en soit, la chartreuse de Maurbach , dont il était le fondateur, fut le lieu de sa sépulture. Il avait épousé, l'an i3i5, Isabelle, fille de Jacques, roi d'Aragon, morte le ao juillet i33o. Celte princesse, vrai modèle d'amour conjugal, vécut dans le plus grand deuil pendant la prison de son époux, et, après sa mort, elle le pleura tant qu'elle en perdit la vue. De leur mariage, ils eurent deux fils morts en bas âge, et deux filles, Anne, mariée à Louis, dit le Romain, électeur de Brandebourg, fils de l'empereur Louis de Bavière, et Elisabeth, morte fe ai octobre i3 J6. (Toy. l'article de l'empereur Frédéric III.)
ALBERT II, dit LE SAGE et LE CONTRACT, ET orrON, duc d'Autriche, de CARtimuE , etc.
i33o. Albert 11 , quatrième fils d'Albert I, et d'Elisabeth dcTyrol, né au château de Habsbourg, destiné a l'état ecclésiastique par son père , fut d'abord pourvu d'un canonical â Passaw , et eusuite ordonné sous-diacre. Mais ses frères aînés étant maris sans postérité mâle, il leur succéda avec Otton , son frère, dit le Joyeux et te Hardi, l'an t33o , au duché d'Autriche et de Styrie , et obtint , peu de tems après, dispense pour (1). Albert était contrefait et avait tous les mem-
(1) C'est a tort que les Bénédictins . d'après le P. Barre et plusieurs , placent le mariage d'Albert II après la mort de se* l« , rapportée plus bas , rectifie cette
La date de ce maruf {Noiede I JUittw.)
,, a CHRONOLOGIE HISTORIQUE
brcs rétrécis, ce qu'on attribuait a dn poison qu'on prétendait lui avoir été donne au sortir de l'enfance ; mais cet accident n'altéra point le» facultés de son âme. Malgré ses infirmités, il montra tant d'habileté, de prudence et d'équité dans toute sa conJuile, qu'il en mérita le surnom de Sage. L'attachement d'Albert et d*Otton , son frère, pour l'empereur Louis de Bavière, les avait rendus ennemis de Jean de Luxembourg, roi de Bohême. Ce prince , après avoir battu Frédéric , duc de Thuringe et marquis de Misnie, tourna ses armes, Tan , contre les ducs d Autriche. Otton , le seul capable d'agir en campagne, était préparé a le recevoir. 11 avait reçu de l'empereur un corps de troupes hongroises et polonaises qu'il envoya dans la Bohême pour faire diversion. Mais l'irruption du roi Jean dans l'Autriche , l'obligea bientôt de les rappeler. Il n'en tira aucun avantage, parce que, s'éunt soulevées, elles reprirent la route de leur pays. Otton , forcé par cette retraite d'aller se retrancher sous vienne, sa capitale, laissa au roi de Bohême la liberté de ravager le pays , où il prit environ quarante châteaux, dont il donna le pillage à ses soldats. (Dubrav. , liv. ai.)
L'an i336 , après la mort de Henri , duc de Carinthie , Albert et Otton , son frère , se font adjuger la Carinthie par l'empereur Louis de Bavière , contre Marguerite Maullasch , fille de Henri. Otton élant mort le 16 février i33o,, Albert prit soin de ses deuj fils, Frédéric et LéopolJ , qu'il laissait en bas âge , et les associa à ses duchés. Mais ils suivirent d'asses près leur père au tombeau. ( Leur mère Elisabeth , de la maison de Bavière , y avait précédé son époux le 3i mars i33i ; Anne, Bile de Jean, roi de Bohême, seconde femme d'Oltnn , finit ses jours , sans lui avoir donné d'enfants, le 3 septembre i338.) L'an 1^48, Albert obtint , le 28 mai, de Charles IV, nouvel empereur, des lettres par lesquelles ce prince lui confirmait et à ses (ils , les droits qu'ils avaient a leurs duchés (1). Albert 6nil ses jours à Vienne le ao juillet i358, a l'âge de soixante-dix ans, et fut inhumé à la chartreuse de Gemnilz, en Autriche, qu'il avait fondée avec Jeanxe, fille et héritière d'Ulric IV, comte de Ferrette. Cette princesse ; qu'il avait épousée l'an i3a4 , mourut le i5 novembre i35i , et fut enterrée dans la même église. De ce mariage, il laissa quatre fils et deux filles. Les fils sont Rodolfe, qui suit ; Frédéric, Albert et Léopold : les filles , Marguerite, alliée, i°. l'an i363, a Mainard, comte de Tyrol, mort la même année ; a", à Jean-Henri , marquis de Moravie , frère de l'empereur Charles IV, morte le 14 janvier i366, et inhumée a Brinn, dans l'église des Augustins; et Catherine, abbesae de Sainte- Claire de Vienne , décédée le 10 janvier i38i.
L'auteur de Yitat et des délices de la Suisse atteste qu'on conserve au trésor de l'abbaye de Mûri le cor de chasse d'Albert le Sage, qu'on croit être une dent d'éléphant. L'inscription latine dont cet instrument est chargé , fait connaître le prince auquel il avait appartenu (a).
premiers qui portèrent le titre d'archiducs, sans que nénamoins aucun de leurs états eut le titre d'archiduché. L'an i35q , Rodolfe transigea, le 18 août, avec Louis de Bavière, mari de Marguerite Maullasch , comtesse de Tyrol ; et, pour affermir entre eux la concorde , il traita du mariage de Marguerite , sa soeur , avec Mainard, fils de Louis. Dans I acte qui en fut dresse, l'un et l'autre prirent le titre de duc de Carinthie. Louis de Bavière mourut le i3 septembre i3Gi , et son fils Mainard le suivit an tombeau le i3 janvier i3l>3 , a l'âge de quatorze ans. Alors, Marguerite de Tyrol , sa mère , par acte passé le 26 janvier a Bolzeu , fit cession de ses droits sur le Tyrol et le comté de Gorilz aux ducs Rodolfe , Albert et Léopold , dont le frère t Frédéric avait été tué a la chasse par le baron de Potendorf , le 10 décembre i3ba. Albert IV, comte de Goerz, ayaul légué, Pau • 364 , aux ducs d'Autriche ses états , parmi lesquels se trouvaient quelques portions de la Carniole, ils furent totalement unis a l'Autriche , de même que l'islrie et Mor'ttling , qui furent incorporés a la Carniole. ( Busching.) Rodolfe ayant suivi l'empereur, son beau-père en Italie, finit lui-même ses jours à Milan, le 27 juillet i3<35, a l'âge de vingt — deux ans, sans laisser de postérité de sa femme Catherine , fille de l'empereur Charles IV, et fut inhumé à Saint-Etienne de Vienne, Catherinc lui survécut jusqu'en i3y3.
ALBERT III , dit LA TRESSE, ET LEOPOLD H 00 III , dit LE PREUX.
RODOLFE IV, dit L'INGENIEUX, dcc o'AcniicnE tvr ns Cariîtthie.
i358. Rodolfe t fils aîné d'Albert le Sage, lui surcéda aux duchés d'Autriche et de Carinthie conjointement avec ses trois frères, Frédéric, Albert et Léopold. Ces princes furent les
son dolf poss
IfiS. Albert III, dit la Tresse, et Léopold II
ou
Ji!
r. I'iieux,
continuèrent, après la mort de Rn- »îné, de gouverner en commun leurs états , dont la leur fut confirmée par l'empereur. L'an i3 7 5 , ils
(1) Une époque des plus remarquable* du règne d'Albert II , les Bcnédirtins ont passée sous silence, c'est la gurrre infnutt
ou Tl 1 Coxr
cl fjiie
use
'il fa aux Suisses. On en peut roir les détails intéressants dans W (orne I , pp. ao 7 à ai». ( Sole ie l'Editeur. )
(a) Il y a erreur dans ce fait; et l'on a confondu Albert le Sage, archiduc d'Aulriclu, avec Albert le Hirhe, comte de Habsbourg, qui a fait présent de ce cor de chasse a l'abbaye de Mûri, et l'inscription latine dont il est ici mention établit ce fait. La voici :
Noti m SIT oifjtlBiis forna Ittué. Aipicitmtitas. fW. comts. Aliartas. Alsalitnus , lanJgraris de liait tparc, Natus Saerit. Rtli faits. Cama. IttaJ. Dilaeit. Bec. Ait: tant. ta*,. «cxcuiti. ( Xate 4e l hditear. )
rere , , leur ssion
eurent une guerre très-vive il soutenir contre Enguerand VII , sire de Couci , en Picardie, lequel, au nom de Catherine , sa mère, petite-fille, par Léopold, son père, de l'empereur Albert I , et tante par conséquent d'Albert III et de Léopold III f répétaient des alleux répandus en Alsace, dans le Brisgaw et dans l'Argow , qui faisaient la dot de cette princesse, et dont ni elle ni son époux, non plus que ses enfants, n'avaient jamais joui. Enguerand , avec une armée de quarante mille hommes , entra au mois d'octobre, dans l'Alsace, d'où, après y avoir fait le ra\age, il tourna vers la Suisse, dont l'entrée lui fut ouverte avec plus de facilité que la nature du terrain ne permettait de l'espérer. Mais Léopold , ayant fait alliance avec plusieurs cantons suisses , lui fit essuyer divers échecs qui amenèrent la paix, dont le traité fut signé le i3 janvier 1876. Les villes et seigneuries de Buren et de Nidau , que les deux frères avaient acquises , lui furent cédées pour la dot qu'il réclamait, mais a condition qu'ils pourraient y entretenir garnison ; au moyen de quoi , Enguerand se désista de toutes ses prétentions. ( Voy. les sires de Couci. ) Marguerite Maullasch élant morte le a5 septembre 1 370 , Albert et Léopold en vinrent à un partage. Le premier eut l'Autriche entière avec quelques villes dans la Styrie , dont le surplus échut au second avec la Carinthie et tous les domaines de sa maison , situés en Alsace , en Suabe et dans la Suisse. Nous n'avons rien de particulier sur Albert III , qui qui reviendra ci-après , jusqu'à la mort de son frère,
LE MÊME LÉOPOLD, seul en Carinthie,
t38o. Léopold fit, le 30 septembre de celte année, nn traité de défense mutuelle , pour la Carinthie et la Styrie, avec Lambert . évêque de Bamberg , qui possédait de grandes terres dans ces deux provinces. Léopold se brouilla, l'an i3B3, avec les Suisses, pour avoir secouru, contre sa parole, le landgrave de Bourgogne , dans la guerre qu'il avait avec eux. Les cantons de Zurich , de Berne et de Zug, s'allièrent contre lui , en t384, avec les villes impériales qui avaient aussi leurs griefs contre ce prince. Un péage qu'il établit, l'année suivante, à Rothcn-
DES DUCS D'AUTRICHE
Lourg, augmenta le nombre de ses ennemis. Les habitants, eicités par ceux de Lucerne, ausquels cette nouveauté portait préjudice, se soulèvent, et, dans leur première fureur, démolissent les murs de leur ville et rasent le château. Léopold était
pour lors en Carinthie. Ses lieutenanU, pour se jettent sur la ville de Richensée, qu'ils prennent d'assaut et renversent de fond en comble, après en avoir égorgé une partie des habitants et jeté l'autre dans le lac Cette atrocité cause une indignation générale dans la Suisse. Sept cantons prenneot les armes contre la maison d'Autriche. Léopold accourt â la défense de ses gens , que les Suisses harcèlent de toutes parts. Le 9 juillet t386 (et non i3gfi, comme le marquent la Martinière et ses abréviateurs) , bataille de Sempach, au canton de Lucerne, où treize cents suisses défont une armée de quatre mille autrichiens (i). Léopold y perd la vie avec un grand nombre de gentilshommes des premières maisons de l'Allemagne et de l'Argovr. Son corps fut inhumé à Konigsfeld. De Viride, fille de Berna bo Vis-
ti, seigneur de Milan, qu'il avait épousée en octobre i364 (morte en i4»4) » il l'iasa quatre fils, qui suivent ; avec trois filles, dont la seconde, Marguerite, fut mariée â Jean de Luxembourg, fils de l'empereur Charles IV, et marquis de Moravie. ( Voj. Léopold II, landgrave de la haute AUace. )
GUILLAUME, LÉOPOLD, ERNEST, et FREDERIC IV.
i38fi. Guillaume, dit l'Affable, Léopold III ou IV, dit le Superbe , Ernest , dit de Fer , et Frédéric IV, dit le
dans
Vieux , succédèrent i Léopold h Preux, leur pire étals, qu'ils possédèrent par indivis, en laissant néanmoins à l 'aîné la prééminence , que l'ordre de La naissance et majorité , auquel il était déjà parvenu , lui
niai
e et l'âge de assuraient. Guillaume, la même année, voulant se marier, porta ses vues sur Hedvvige , héritière de la couronne de Pologne , qu'il alla trouver dans ce dessein. Au retour de ce voyage , qui n'eut pas le luccès qu'il s'en était promis (a), il transporta, par un traité fait a Vienne le 8 octobre t386, à son oncle Albert III, duc d'Autriche , du consentement de ses frères , le gouvernement de tous les domaines de La maison d'Autriche pour sa vie , a condition, 1'. qu'Albert pourvoirait au mariage de ses neveux; a», qu'après sa mort , le gouvernement de toutes les terres autrichiennes reviendrait i Guillaume, ou au plus ancien des
aputa de la 1
qur
Albert IV, fils aîné d'Albert III, voulait par force en venir â un partage, alors il n'aurait que l'héritage de son père. Le caractère hautain, jusqu'à la férocité , de Léopold lui avait mérité le surnom de Superbe. Bonincontrio lui impute, non sans fondement, le mauvais succès de l'expédition de l'empereur Robert en Italie, où il l'avait accompagné. Il avait été fait prisonnier, le 17 octobre i4oi, dans un combat, par Charles Malalesta , seigneur de Rimini , qui l'avait emmené a Brescia. Trois jours après, l'empereur, avec un étonne ment mêlé de joie, le vit reparaître sain et libre ; mais bientôt après, il apprit qu'il n'avait été relâché que sous la promesse de trahir les Allemands. Léopold voulut en effet tenir sa parole; nuis n'y ayant point réussi , de honte et de dépit il s'en retourna eu Autriche avec ses gcus. Il y mourut, sans enfants, l'ap 141 1 .
ALBERT III
1S87. Albert III , suivant l'arrangement fait avec ses ne— veui, prit en main l'administration de la Carinthie, ainsi que de tous les autres domaines de sa maison. L'un des premiers
(0 Oa voit leurs noms et leurs armas dans une églue qui a été bâtie M-deiMu de U ville, iur le champ de bataille, et a l'endroit où l'archiduc fut trouvé mort. Tout lu an» , le g juillet , on fait en cel endroit *« protestions et des réjouiuancea en mémoire de cet événement,
«> uxira la liberté dei Suide
(») Voy„ là-dessu* le tome IV de YMUMre Je Verirt f» M. 1e baron de Wal , pp. i£ et suit.
actes qu'il fit en qualité de gouverneur universel des terres autrichiennes, est la confirmation du traité de défense mutuelle ,
Sassé, l'an i386, entre Léopold le Preux et Ijmbert, évêque e Bamberg. Elle est datée du samedi après la féte de sainte Dorothée (9 février i36*7), et Albert s'y nomme duc d'Autriche, de Styrie, de Carinthie et de Carniole, comte de Tyrol , etc. La guerre durait cependant toujours entre sa maison et les Suisses. Quelques trêves mal observées l'avaient suspendue pendant quelque tems. Mais les hostili tés recommencèrent avec fureur au commencement de l'année i388. Les Autrichiens, dans le mois de février de cette année, s'étant emparés de Wesen par surprise , égorgèrent, avec sa garnison , le bailli de l'un des cantons, qui commandait dans la place. Mais, le 9 avril suivant , ayant attaqué avec une armée de quinze mille hommes, près de Nefcls, trois cens quatre-vingts habitants de Glaris, ils furent défaits, avec perte, de deux mille six cents des leurs. D'autres échecs que les cantons leur firent essuyer, déterminèrent l'archiduc Albert à conclure , avec eux , une nouvelle trêve pour sept ans, commencée au 1". avril 1389. Celle-ci, plus religieusement observée , fut , â son expiration , prolongée pour douze ans, et ensuite pour cinquante. Le duc Albert mourut à Laxembourg , le 29 août i3g5, et non pas l'année suivante, comme le prouve le P. Froélich. ( AnhontoL Carlnth., p. ti6. ) Il avait épousé , 1°. l'an t366 , Elisabeth , fille de l'empereur Charles IV, morte en i3;3; a», l'an 1375 , Béatrix, fille de Frédéric IV, burgrave de Nuremberg, morte ver» l'an 1404, dont il eut Albert IV, qui suit.
,, GUILLAUME, LEOPOLD IV, ERNEST, dit DE FER, FREDERIC IV, dit LE VIEUX , avec ALBERT IV.
Léopold /< sa maison ,
e Preux , succéda ,' au duc Albert III ,
i395. Guillaume , fils de comme le plus ancien agnat de
suivant les conventions faites entre eux , dans le gouvernement de tous les états de sa maison. Il eut aussi la tutelle d' Albert IV, son cousin, qui n'avait pas encore atteint l'âge de majorité. Ce jeune prince, né l'an 1077, était doué des plus rares qualités, qui le tirent surnommer la Merveille du monde. Guillaume, lorsqu'Albert fut majeur, l'admit au gouvernement ainsi que ses frères. Car je trouve, dit le P. Froélich , des actes rendus, tantôt au nom d'Albert seul , tantôt en celui de Mopold , tantôt en celui d'Ernest. Nous remarquerons seulement une charte du 11 juin 1399, par laquelle Guillaume et Albert IV renouvellent le pacte de défense mutuelle , pour la Carinthie , avec l'évoque de Bamberg. ( Lunig , Spkil. Ecclés. , tom. Il, pag. 54. ) L'an 1400 , Albert entreprit le voyage de la Terre-Sainte , malgré les représentations de sa mère et de son cousin. Ayant pris sa route par Venise, il s'y embarqua, et parvint heureusement en Palestine , où il se fit armer chevalier, dans l'église du Saint- Sépulcre , par le patriarche de Jérusalem. De retour en Autriche, il prit parti pour Josse, marquis de Moravie, dans la guerre que lui faisait Procope , son frère puîné, pour avoir sa part dans le marquisat. Sigismond , roi de Hongrie , ayant embrassé les mêmes intérêts, ils vinrent ensemble faire le siège de Znaïm, dont Procope s'était emparé. Albert y fut attaqué de la dysenterie, qui l'obligea de se faire porter à Closter-Neubourg, où il mourut le 37 août i4°*, suivant Thomas Ebendorfcr de Hasselbach, dans sa chronique d'Autriche. Son corps fut inhumé à Saint-Etienne de Vienne, dans le tombeau de ses ancêtres,
3ui se rouvrit , deux ans après, pour recevoir Béatrix, sa m ère, écédée â Berchloldorf. Il avait épousé Jf.axne , fille d'Albert, duc de Bavière et comte de Hollande (morte vers l'an 1404 ) , qui le fit père d'Albert V, qui viendra ci-après, et de Marguer femme de Henri le Riche , duc de Bavière.
rite,
GUILLAUME
Moa. Guillaume , après la mort d'Albert IV, prit U tu-
n4 CHRONOLOGIE HISTORIQUE
telle d'Albert V, fiU de ce dernier * et continua de gouverner les pays autrichiens comme il avait fait jusqu'alors. Mais ce ne fut pas pour long tenu. Il mourut a Vienne, le iS juillet (fêle de la division des Apôtres) i4°''» uns laisser de postérité de Jeasne , fille de Charles le Petit , roi de Naplcs , qu'il avait en 1389, laquelle parvint, l'an 1419, à cette
LEOPOLD IV, et ERNEST.
1406. Leopold IV, et son frère Ernest , dit de Fer , a cause de sa force d'esprit et de corps, continuèrent, après la mort de Guillaume, leur aîné, la tutelle d' Albert V, qui n'était encore que dans sa dixième année. Mais bientôt la mésintelligence se mit entre ces deux frères. Elle produisit une guerre civile qui dura l'espace d'environ trois ans. La chronique de Vite d'Arnpech dit , que dans une occasion , Leopold fit trancher la tête a trente-six bourgeois de Vienne, qui avaient pris les armes contre lui. Ce prince mourut subitement a Vienne, le 3 mai 1 4- ( 1 » à l'ige de quarante ans, sans laisser de lignée de sa femme Catherine, fille de Philippe le Hardi, duc de Bourgogne . morte à Gi ai-sur-Saône, le 26 janvier i4a5 (v. st.), et inhumée a la Chartreuse de Dijon.
ALBERT V
isjti. Albert V, après la mort de Leopold IV, fut reconnu seul duc d'Autriche par les seigneurs du pays, le 6 juin i4» 1 ; ce qui mortifia ses cousins Ernest et Frédéric Ce jeune prince montra , dès le commencement de son règne , un grand zèle pour la justice. Thomas de Haselbach raconte, aous l'an 14 '3, qu'un chevalier, fort chéri de ce prince, ayant falsifié un acte dans un procès qu'il avait , il le condamna, sans miséricorde, à la peine Ju feu. Il fit subir le même supplice , l'année suivante , a un de ses écuyers pour un pareil crime. L'an 1433 , il épousa , dans l'octave de Piques, a Vienne, la princesse Elisabeth, fille de l'empereur Sigismond , qui lui apporta en dot cinq villes de Moravie, pour lesquelles il avait néanmoins payé cent mille florins a son beau-père. Les incursions des Hussites lui donnèrent de l'exercice durant plusieurs années. Mais il veilla ai bien a la défense de son pays, qu'ils ne purent jamais l'entamer. Sigismond, son beau-père , étant mort le 9 décembre 1437, il lui succéda au royaume de Bohême , et le 19 du môme mou, il fut élu roi de Hongrie. Le an mars suivant, il parvint au trône impérial. Mais ce triple monarque ne jouit pas long-lems de sa bonne fortune, étant décède le 27 octobre 1439. En mourant , il laissa son épouse enceinte d'un fils, qui suit. [Vojti Albert II, empereur.)