‹ L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques, et autres anciens monumens depuis la naissance de NotreSeigneur, par le moyen d'une table chronologiqueChapitre 292 sur 582 · ULRIC III · texte numérisé non relu

ULRIC III

■ 206. Ulric, fils aîné de Bernard, et son successeur au duché de Carinthie et dans le titre de seigneur de Carniole , avait été envoyé, Aht l'an ia45 , avec deux cents chevaux, au secours de Wenceslas 111, roi de Bohême, contre Frédéric le Belliqueux, duc d'Autriche. Mais, ayant été battu et fait prisonnier, il n'avait recouvré sa liberté que l'année suivante. Son mariage avec Ausrs de Mkranie, que le duc d'Autriche avait répudiée du consentement des évoques , fut une des conditions de son élargissement. L'an lafio, il fonda la chartreuse de Vronilz, ou Fraudcnthal (en latin Jucunda U«//«), dont

son père avait conçu le projet , que le terro et les conjonctures ne lui avaient pas permis d'exécuter. L'an 1202 , il confirma et dota l'hôpital de Saint Antoine de Poksruclc , fonde par Olion I, duc deMéranie, son beau-père. Devenu veuf, il épousa, en secondes noces, l'an 126), Agnès, fille d'Herman VI , marquis de Bade , et de Gertrude d'Autriche. L'an izfiS, il fit cette fameuse charte par laquelle , au cas qu'il mourût sans enfants, il instituait son héritier universel Przémislas-Otlocare H, roi de Bohème, son cousin, sans faire mention de Philippe, son frère, qui avait été élu archevêque de Salzbourg en 1266, et n'était pas encore sacré. Les états de Carinthie ne furent pas consultés pour ce testament. Dans la crainte que Philippe ne les fît intervenir un jour pour annuler cet acte , Ulric et Ollocare s'employèrent pour le laire substituer à Grégoire de Montelongo, patriarche d'Aquilée, mort le 8 octobre 1269 ; et ils y réussirent. Philippe fut élu patriarche le 34 du même mois. Ulric mourut trois jours après, sans laisser de postérité.

PHILIPPE

126g. Philippe, patriarche élu d'Aquilée, trompa les précautions qu'Ulric, son frère, avait prises pour l'exclure de sa succession. Appuyé des états de Cariiithic , il se mit en possession de ce duché , et prit en même tems le titre de capitaine de Frioul , que son frère avait porté sur la lin de «es jours. Cependant Przémislas-Ottocare envoya Conrad , 'prévôt de Bnnn , pour demander l'exécution du traité fait entre Ulric et lui. Mais Philippe eut l'adresse de gagner Conrad et de le mettre dans son parti. Le roi de Bohême , indigné de l'infidélité de son ministre , se hâta de terminer , par un accommodement , la guerre qu'il avait alors avec Etienne, roi de Hongrie ; après quoi, il fit passer une armée en Carinthie , sous la conduite d'Ulric de Lichtenberg. Il y vint lui-même bientôt après , et répandit la terreur dans le pays. Les seigneurs de Carinthie et de Carniole le prièrent de suspendre les hostilités. On choisit des arbitres pour décider la querelle. Leur décision fut en faveur du roi de Bohème. Philippe, obligé de lui remettre toutes les places dont il s'était rendu maître, et de lui céder toutes ses prétentions sur la Carinthie et la Carniole, se retira dans l'Autriche , avec un modique revenu qui lui fut assigné. Mais , l'an 1274 , s'étant assuré de la protection de l'empereur Rodolphe , il reprit le titre de duc. de Carinthie. Rodolphe, dans le même tems, fait sommer Oltocarc de se démettre de l'Autriche , de la Carinthie , de la Carniole et de la Stvrie , pour s'en être emparé sans le consentement des états deVempire. Le roi de Bohême envoie, l'an ta;5, à la diète de Wurlzbourg, Bernard , evêque de Seckau , et Henri , prévôt d'Ocllingen , pour y défendre sa cause. Mais ses moyens ayant été rejetés, on en vint aux armes l'année suivante. Rodolphe, après avoir remporté quelques avantages sur Ottocare, s avança vers Vienne, dont il forma le siège. Oltoeare , alors, proposa de mettre l'afTairo en arbitrage. Berthold , évêque de Wurlzbourg , Brunon , évêque d'OIrautz , et Olton , marquis de Brandebourg , choisis pour' arbitres par les parties, prononcèrent leur jugement, le iu dé- 1276, dans le camp devant Vienne , en ers termes :

CHRONOLOGIE HISTORIQUE

• ni

• de

Nous décidons que h? seigneur Otlocare, roi de Bohême, renoncera, simplement el sans restriction, à tout le droit qu'il avait , ou semblait avoir , sur les terres et habitants , le quelque condition qu'ils soient , de l'Autriche , de la u Carinlhie , de la Carniole , de la Slyrie , de la Marche, d'tgrj ■ et de Naon ». ( Steyrer , Vitu Alberti II , p. 147. ) Oltncare , s'élant soumis à ce jugement , reçut à Vienne , ou plutôt dans l'ile de Camberg, l'investiture de la Bohême et de la Moravie ; les autres provinces qu'il avait envahies, réservées à l'empire. (Froelich. ) Rodolphe, presque aussi KM , fil partir le comte Mainard , avec un corps de troupes, pour aller prendre posses sion , en son nom , de la Slyrie, de la Carinlhie el des autres provinces abandonnées par Otlocare , d'où étant revenu A Vienne, il y trouva les députés de ces provinces, qui appor taient leurs hommages a l'empereur. Vers le commencement de l'an 1277, Rodolphe parcourut en personne l'Autriche, la Slyrie et la Carinlhie , pour s'assurer par lui-inême de leur fidélité. I> ta septembre de la môme année, le roi de Bohême donna de nouvelles preuves a Rodolphe de sa fidélité, par des lettres datées de Prague, où il confirma les renonciations qu'il avait faites. Cependant la reine , son épouse , souffrait impatiemment sa conduite méticuleuse envers l'empereur. Elle fit tant, par ses reproches, qu'enlin elle détermina Otlocare à revenir contre ce qu'il avait fait. On a des lettres de ce prince a Rodolphe, datées du 11 novembre 1277, par lesquelles il se plaint d'avoir été grève par le traité qu il avait conclu avec lui. La guerre , en conséquence , est déclarée entre ces deux princes. L'an 1278, Otlocare ayant pénétré, avec son armée , jusqu'aux portes de Vienne, Rodolphe vient a sa rencontre, et lui livre bataille , le au" août, à Marschfeld, où la mort du roi de Bohême lui assure la victoire qu'il avait long-tems disputée. Philippe crut , sans doute, que cet événement le rétablirait dans le duché de Carinlhie; mais Rodolphe ne tarda pas à le détromper , en donnant le gouvernement de celle province et des autres , dont il avail dépouillé le roi de Bohême, i Maimrvt . «mi. J. i>l.:i. rr ,> i»« — suivante, dans l'état de simple particulier, a Krems , dans la basse Autriche, et fut inhumé aux Dominicains de cette ville, où l'on grava qu'il avait été évêque , patriarche et duc.

MAINARD.

128a. Maiward, ou Maimuht, comte de Tyrol, après avoir administré , pendant huit ans , la Carinlhie , en fut nommé duc en tilrc , et marquis de Tarvis, par l'empereur Rodolphe , le jour de Noël , dans la diète d'Augsbourg. Le fui la récompense de la cession qu'il avait faite, en iaf)3 , a l'empereur, de ses droits ssr l'Autriche; droits qui lui apparie naient du chef de sa femme, sieur du malheureux Frédéric de Rade, duc d'Autriche, décapité, l'an 1368, avec Conradin. On arrêta, en même tems, le mariage de sa fille Elisabeth avec le futur duc d'Autriche , Albert de Habsbourg, fils aîné du roi des Romains; el l'on stipula , qu'à l'extinction de la postérité masculine du duc Mainard, le duché de Carinlhie el aes dépendances retourneraient à la nouvelle maison d'Autriche. (Pfeffel.) Le premier septembre suivant , Mainard fut installé a Karnbourg, selon une ancienne coutume, par un paysan qui, l'ayant fait monter sur une table de pierre , le salua duc de Carinthie , au nom des élats du pays. De là , le nouveau duc s étant transporté dans la plaine de Zollfeld (campus Solieasis), près de Clagenfurt, il v fit , étant assis sur une chaise de pierre, la distribution de ses fiefs, et donna , enlr'aulres largesses , le comté palalinat de Carinlhie a son frère Albert, comte de Gorilz. L'an taqa, Mainard choisit pour sa capitale la ville de Saint- Veit sur le Glan, après y avoir fait bîtir un château, il Y mourut le 3i octobre lacjS, et fut inhumé à l'abbaye de Slams. Il avait épousé, t". l'an isâq, à Munich, Klisabfth, fille d'Otton t'Illusùt, duc de Bavière, et veuve de Conrad,

roi des Romains, morte le 6 octobre 1273; 2". Acîtèâ, fille l'Herman VI, margrave de Rade. De ce dernier mariage , il eut , i°. Louis, qui suit; a*. Albert, mort le jour de saint Georges 120,2, et mari d'Agnes, fille du comte d'Harjeloch et de Hociiroberg, qui le fit père de Marguerite, femme de Frédéric IV, hiugravc de Wuremlierg; 3°. Olton , ejui viendra ci-apr^s;

Henri , qui fut collègue de tauts et d Otton ; 5°. Elisabeth, femme d'Albert I, duc (fAulrichc, puis empereur ; 6". Agnes, mariée à Frédéric I , landgrave de Thuringe et marquis de Misoie, morte en 1293.

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