‹ L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques, et autres anciens monumens depuis la naissance de NotreSeigneur, par le moyen d'une table chronologiqueChapitre 304 sur 582 · SOUS · texte numérisé non relu

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1366, la ville de Berne. qu'Ëberhard inquiétait , à se mettre is sa protection. Pierre l'ayant en son pouvoir, la fit agrandir

considérablement, et par les bienfaits qu'il répandit sur elle,) il mérita le titre de pire et de second fondateur de Berne. (Simler, de Rep. htlvet. , liv. 1 ; Guillim. , de Hep. heloet. , liv. 3 , cap. M. ) Celle ville ne le posséda pas lone-tems. Epuisé de fatigues, il mourut à Chillon , dans le pays de Vaud , le 9 juin 1 abo. Ce prince fut généralement estimé pour sa valeur , sa prudence, sa douceur et sa générosité : vertus qui lui méritèrent le surnom de Petit Charlemogne. D'AGNÈS, son épouse, fille d'Aimon , seigneur de Faucigni , et son héritière, à laquelle il avait donne sa main en 1233 , il ne laissa qu'une fille, Béatrix, mariée, i". à Guignes Vil (et non VIII ) , dauphin de Viennois; a", à Gaston VII , vicomte de Béarn , morte en i3io. Jacques I , roi d'Aragon, avait d'abord jeté les yeux sur celle princesse pour l'épouser , et il avait consulté là-dessus le pape Clément IV, qu» lui répondit, le 11 août 1266, par une lettre où il disait : « A l'égard du mariage que vous vous

• proposes de contracter avec Beatrix , fille du comte de Savoie, » prince de bonne renommée , et sur quoi vous nous demandez » notre avis , nous ne pouvons vous répondre autre chose, » sinon que si l'on considère la condition de la personne , la » noble et ancienne maison de Savoie a produit d'excellentes

• femmes , qui ont été recherchées par des rois ; et que de ce » côté-là, pourvu que la princesse vous plaise, rien ne doit

• vous empêcher de lui donner votre main ; car cette race a

• aussi eu, et a même encore à présent, des hommes distio- » gués par leur valeur; et sa fécondité est telle, que ses bran- » ches s'étendent au près et au loin dans les provinces voisines

• et chez les peuples reculés. Mais si vous nous consultez sur » celte question , la princesse a- 1 elle droit au comté , on

■ non ? nous ne savons ni ne pouvons rien dire là-dessus de

■ précis , attendu qu'en plusieurs pays , la jurisprudence , tant » en vertu des lois impénales que conformément à la coutume

■ des lieux , donne 1 exclusion aux femmes pour les fiefs. Et ,

• quant au fait dont il s'agit , nous pouvons vous assurer que » quand même le droit de la princesse sérail bien fondé , à » moins qu'on ne consentît volontairement à vous laisser preo- » dre possession de la chose, vous vous trouverez impliqué dans » un labyrinthe de contestations dont il vous serait difficile de

• vous tirer. Que si vous vouliez poursuivre votre droit l'épée

■ à la main , je vous avertis que vous dépenseriez deux comtes

■ avant que Je parvenir à l'accomplissement de vos désirs. • (Sfu'ciJ. , tom. vil , pag. 29. ) l.e roi d'Aragon eut égarJ à ces observations, et n 'épousa point Béatrix.

PHILIPPE I

1268. Philippe I , huitième fils de Thomas, comte de Savoie, né l'an 1207, succéda au comte Pierre, son frère, a l'exclusion de Béatrix, sa nièce. Dévoué dans sa jeunesse, par ses parents , à l'état ecclésiastique , il avait été pourvu de l'évêché de Valence , puis de l'archevêché de Lyon , et d'autres bénéfices, sans avoir pris les ordres sacrés. Mais vovant Pierre, son frère, sans enfants miles, il abandonna son premier état, et se maria, l'an 1267, avec Alix ue Mkranie, comtesse de Bourgogne. Pierre étant mort , il fut reconnu comte de Savoie , suivant la loi salique observée dans Ir pays. Il eut quelques différents avec Guigues Vil , dauphiu de Viennois, et Hugues IV, duc de cigni ; mais les choses s'accommod tililés. Les démêlés qu'il eut avec Rodolphe bourg , ensuite empereur , furent plus longs et plus difficiles à terminer. Mais le pape Martin IV s'élanl rendu médiateur entre les parties, les engagea à conclure un traité qui fut signé le 2* juin 128.H. Philippe, après avoir rétabli la pait dans ses étals, mourut au château de Roussillon , en Bugri, sans enfants, le 17 novembre 1285, et fut enterré à l'abîme •Je Haule-Combe , lieu de la sépulture de ses ancêtres. Ce prince, l'an 1280, abandonnna Lhambéri , et choisit pour sa résidence Turin , qui est devenu celle de ses

Guigues Vil , datipniu de Bourgogne, pour le Fanèrent, après quelques hoslodolphe, comte de Habs-

AMÉDÉE IV od V, nrr LE GRAND.

ia8S (et non 1387.) Amédée IV, né au château de Bourgcl, le 4 septembre 1349 , de Thomas, comte de Maurienne et de Flandre', et de Beatrix de Fiesque, succéda au comté de Savoie, en vertu du tcsiametit de Philippe, jon oncle. Il était déjà célèbre par plusieurs expéditions contre les ennemis de sa maison. A neiue élail-il en jouissance du comté de Savoie , qu'Aimoa III, comte de Genevois, entra dans les pays de Vaud et de Bugei , pour s'en emparer. Dans le même tems , il se vit attaqué par Humbert I , dauphin de Viennois. Il obligea, uns beaucoup de peine , le comte de Genevois à se retirer : tts querelles avec le dauphin , furent plus durables, et, malgré divers traités, qui suspendirent les hostilités de tems en lems, il n'y eut de paix solide entre ces deux princes qu'en i3i4- (Ce n'était plus alors Humbert I (mort en 1307) , mais Jean II , qui gouvernail le Dauphiné.) L an i3oo , étant en Flandre, au service de la France, pendant que Charles de Valois faisait la conquête de ce pays , pour le roi Philippe le Bel, son frère , il détermina le comte Gui de Dampierre à se remettre entre les mains du vainqueur, les accompagna l'un et l'autre à Paris, et présenta lui-même le comte de Flandre au roi , sur la générosité duquel il avait trop compté. Ce monarque, en effet, loin de ratifier le traité d'accommodement qui $ était fait, par la médiation d'Amédec , entre Charles et Gui , envoya celuici avec ses deux fils en prison ; ce qui couvrit de confusion le médiateur. Il ne laissa pas, néanmoins, de continuer ses services à la France. L'an i3o5 , par lettres du aS mars , le roi promit de lui donner dix livres tournois , par jour , tant qu'il serait a son service ( somme qui montait à quatre-vingt-seize livres, treize sous , quatre deniers de notre monnaie actuelle (■7<*5), et produisait deux mille neuf cents livres par mois , et trente-quatre mille huit cents livres par an.) Ce monarque , le même jour , lui assura deux mille cinq cents livres de pension viagère, à la charge de l'hommage-hge. (Hec. de Calôert, v. 4 , fol. 193/) Amédée , a l'exemple du comte Philippe, son oncle , était dans le parti des Gibelins , et par là , tres-opposé a la maison d'Anjou, protectrice des Guelfes. Jaloux de 1 autorité qu'elle exerçait dans le Piémont et le Montfcrrat , a l'aide de partisans , il invite le roi des Romains, Henri VII 9

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des arbitres, le

passer en Italie, pour y raffermir son autorité chancelante, «l n'eut pas de peine a l'y déterminer.

Henri jusqu'à Berne , et l'amena

Il alla au-devant de . par le pays de Vaud , a Genève, d où ce prince étant venu a Chambéri , y fut reçu par le comte avec une magnificence incroyable. Il l'accompagna dans la suite de son voyage , et fut un des principaux seigneurs qui lui ûrent cortéjçe a son entrée dans Turin. Arrivé * Asti, Henri lui donna l'investiture du comté de Savoie, des duchés de Chahlais et d'Aouste , du marquisat d'Italie,

DES COMTES DE SAVOIE

l'auirc. Mais celle querelle fut apaisée par 3 juin t3i4> (Guichenon, np. 35t)-3<ji.)

L'an i3t5 (el non i.'ni), Amédee apprenant que Rhodes était sur le point d'être enlevée aux chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, par l'empereur ottoman , il vole au secours de cette île , et force les Turcs a se retirer. Ce fut , dit-on , en mémoire de cette expédition , qu'aux aigles que ses prédécesseurs avaient toujours portées dans leurs armoiries , Amédée substitua la croix d'argent avec cette devise en quatre lettres : F. F.. R. T. , qu'on explique ainsi : Fortitudo ejus Rhodum tenu il. Mais on voit et ta croix et la devise sur des tombeaux des princes de Savoie plus anciens qu'Amedée le Grand. Favin dit que ces quatre lettres sont la devise d'un ancien ordre du tac d'amour , et signifient, frappei, mira, romoei tout. Cette explication paraît plus conforme à l'esprit de 1 ancienne chevalerie. Le roi de France , Louis X , n'ayant point laissé d'enfants en mourant , mais seulement la reine enceinte , le comte de Savoie, l'an i3i6, rendit à Philippe le Long, frère du monarque, un service essentiel que l'histoire a consacré dans ses fastes. Ce héros , que sa sagesse fit régner dans toutes les cours de l'Europe , ait Mènerai , en parlant d' Amédée V, lonstilla au jeune prince (Philippe le Long) de s'emparer de la souveraine puissance par le droit de sa naissance , en attendant les couches de la reine , oui devaient lui assurer la couronne ou l 'en exclure , selon qu 'elle mettrait au monde une princesse ou un prince. Ce conseil salutaire fut suivi , et contribua au maintien de l'article de la loi salique concernant la succession des seuls miles a la couronne de France. Philippe le Long donna au comte de Savoie , pour récompense de son bon conseil , la terre de Maulevrier , en Normandie , dont la maison de Savoie a joui long-tero*. On voit encore aujourd'hui les hommages qu'en rendirent au roi Charles VI , les comtes Amédée VII et Amédée VIII. Celui qui nous occupe, travaillait a préparer du secours pour Andronic le Vieux, empereur de Constantinople, attaqué par les Turcs, lorsque la mort le surprit, le 16 octobre (dimanche avant la Saint- Luc) i3a3, dans la ville d'Avignon, où il s'était rendu pour engager le pape à seconder son dessein par la publication d'une croisade. Quelques écrivains ont avancé que ce prince fit trentedeux sièges et qu'il fut toujours vainqueur. Il avait épousé , i«. le 5 juillet 137a, Sibylle de Bauge ; fille de Gui, sire de Baugé , qui lui apporta en dot la basse Bresse ( morte le

des

seigneuries de Baugé et de Coligni , et le créa , lui et ses successeurs au comté de Savoie , prince d'empire , en présence da cardinal Al nald , légat du pape en Italie, et d'un grand nombre de prélats et de seigneurs. Henri étant à Milan , y fut couronné roi d'Italie , par l'archevêque Cossonni , le 6 janvier 1 ii i , dans l'église de Saint Ambroise j et dans le mois suivant , Amédée, qui avait assisté à cette cérémonie, fut envoyé avec l evéque de Liège a Brescia , pour maintenir celte place dans 1 obéissance envers l'empire. En quittant Milan, Henri laissa »u comte de Savoie le gouvernement de celte ville, ainsi que de celles de Plaisance, d'Asti , de Vérone , de Crémone et de Gènes , avec titre de vicaire - général de l'empire. Ce fut à pome que se fit, le aq juin de l'an i3ia, le couronnement impérial de Henri , dont Amédée fut un des plus illustres témoins.

Deretiur chez lui , après la mort de l'empereur, arrivée «ai août i3i3, le comte de Savoie eut guerre avec le dauphin de Viennois , pour quelques terres qu'ils répétaient l'un sur

28 mai iac)4< e * inhumée a Haute-Combe) ; a", l'an i3o4, Marie, Glle de Jean I, duc de Brabant. Chorier, du Chêne et d'autres modernes, se trompent, en donnant pour troisième femme, au comte Amédée V, Alix, fille de Humbert I, dauphin de Viennois. Elle lui avait élé promise avant son premier mariage ; mais elle fut donnée ensuite à Jean I , comte de Forez, qui lui survécut. (Valbonnais, t. I, p. 170) Amédée eut de sa première femme sept enfants, dont les principaux sont Edouard , qui suit ; Aimon , qui vient après ; Bonne, femme de Jean I, dauphin de Viennois; Eléonnre, femme de Guillaume deChilons, comte d'Auxerre, et Marguerite, qui épousa, l'an iar/i, Jean, marquis de Montferrat, Du second lit naquirent Marte , femme de Hugues de la Tour, baron de Faucigni; Catherine, mariée a Léopold , duc d'Autriche et de Slyrie; Jeanne, ou Anne, femme d'Andronic le Jeune , et morte en i345; et Agnès, mariée à Guillaume III, comte de Genevois. Guichenon lui donne pour dernière fille , Béatrix, femme, selon lui, de Henri de Carinthie, roi de Bohême : ce qui ne nous parait nullement prouvé. (Voyez le* éeiques de Gettiœ.)

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