‹ L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques, et autres anciens monumens depuis la naissance de NotreSeigneur, par le moyen d'une table chronologiqueChapitre 306 sur 582 · AI MON · texte numérisé non relu

AI MON

Ai mov, second fils d'Amédée V, et de Sibylle d« Bauge, né le i5 décembre 1 - h . succéda, l'an i3ag, suivant les lois du pays, a Edouard , son frère , dans le comté de Savoie. Jeanne de Savoie , fille du comte Edouard , et femme de Jean III, duc de Bretagne , prétendit vainement avoir droit de succéder a son père. J.es états de Savoie , auxquels elle s'adressa pour soutenir sa prétention , répondirent a ses députés , par l'organe de l'archevêque de Tarenlaisc , que l'usage constamment observé parmi eux excluait de la souveraineté les filles, tant qu'il subsistait des maies de la maison régnante. Jeanne n'insisla point, et le duc , son époux , garda la dessus un profond silence. Aimon, paisible possesseur de ses étais,

ne tarda pas à déclarer la guerre au dauphin de Viennois , Guigues VIII , sur lequel il faisait plusieurs répétitions. Celui» ci en faisait sur lui, de son côté, qui ne paraissaient pas moins fondées; et leurs prétentions respectives étaient si embrouillées, que le roi de France, après avoir tenu en trêve ces deux princes , pendant deux ans , désespéra de pouvoir les accommoder, et ne voulut plusse mêler de leurs querelles. Chacun intéressa ses parents et ses amis pour sa défense ; on se prit des places de part et d'autre. Mais Guigues , assiégeant le fort de la Ferrière , fut frappé d'un coup d'arbalète , dont il mourut le lendemain, 28 juillet i333. Les Dauphinois, dont Guigues était chéri , furieux de sa mort , forcèrent la place et la rasèrent après avoir égorgé une partie de la garnison. Humbcrt , frère de Guigues, auquel il devait succéder, était à la cour de Naples , lorsqu'il apprit sa mort. Aimon ne profita point de cet éloignement pour continuer les hostilités. 11 fit plus : le nouveau dauphin, a son retour, lui ayant fait proposer une suspension d armes , il y consentit. Le roi Philippe de Valois, durant celte trêve, amena les deux priuces a un traité de paix , par lequel ils se cédèrent réciproquement plusieurs terres et châteaux qui avaient occasioné leurs contestations. 11 y eut cependant encore entre eux quelques différents que des médiateurs puissants trouvèrent moyen de terminer a l'amiable. Pour couper la source de toutes les querelles, le dauphin et le comte, de concert , nommèrent des arbitres à l'effet de limiter les terres de Bugei et de Dauphiné du côté du lieu dit Roussi lion. ( Guichenon , Histoire générait de la maison de Savoie , tom. 1 , pag. 36o. )

A la suite de cette importante opération , le comte de Savoie termina aussi tous les démêlés qu'il avait avec le sire de Beaujolais, en lui cédant les villes, châteaux et terres, de Toissei , Lent , et Colligni , à la charge de l'hommage.

Le comte de Savoie , après avoir assuré le repos de ses états, •rut pouvoir suivre le désir qu'il avait d'acquérir au loin de

la célébrité, par sa valeur et ses armes. Deux puissances prête» d'entrer en guerre, Edouard, roi d'Angleterre, et Philippe, roi de France , travaillaient, chacune de son coté, pour l'attirer

bit.

dans son parti. Aimon était proche parent du monarque ar Mais, attaché comme ses prédécesseurs à la France, son incti nation l'emporta sur les liens du sang, et il se déclara pour Philippe, auquel il envoya, l'an i33^ , des troupes sous les ordres du comte de Genevois, de Louis de Savoie, baron de Vaud, et du sire Je Villars. Lui-même, quelque tems après, à la tête d'un nouveau corps de troupes , se rendit au camp de Philippe, devant Tournai, dont Edouard faisait le siège. Secondé par le roi de Navarre et le duc de Bourgogne , il fatigua tellement l'armée anglaise, qu'il obligea Edouard d'abandonner son entreprise. La trêve qui fut conclue, l'an i34o, entre les deux couronnes , permit au comte de Savoie de retourner dans ses états. Une longue maladie, à laquelle ni l'art des médecins, ni les vœux et les pèlerinages ne purent apporter de remède, le fit descendre au tombeau , le 24 juin i343. Ce prince, durant son règne , n'avait levé , sur ses sujets , qu'un seul subside de six gros par feu ; et cependant il en témoigna un grand regret dan» son testament fait trois jours avant sa mort. (Guichenon, Hist. de Bresse. )

On remarque aussi qu'il fut le premier comte de Savoie qui eut un chancelier résidant à sa cour pour rendre la justice et veiller sur la conduite des autres juges. Il avait épousé, le i". mai i33o, dans le château de Caselle, Yolande, fille de Théodore I , marquis de Montferrat ; et , par le contrat.de mariage, il était dit qu'au défaut des enfants miles de la maison des Paléologues , l'aîné de la maison de Savoie , provenant de ce mariage , succéderait au Montferrat. Yolande mourut le 24 décembre i342, après avoir fait Aimon père de quatre enfants, dont les deux principaux sont Amédée, qui suit; et Blanche, femme de Galéas VÎsconti II , seigneur de Milan.

AMÉDÉE VI, dit LE COMTE VERD.

i343. Amédée VI , fils d'Aimon , né 1 Chambéri , le 4 janvier i334, succéda, l'an i343, a son père, sous la tutelle de Louis de Savoie, seigneur de Vaud, et d'Amédée, comte de Génevois. 11 avait un rival dans la personne de Philippe, duc d'Orléans, fils du roi Philippe de Valois, à qui Jeanne de Savoie , duchesse de Bretagne , et fille du comte Edouard , avait légué, par son testament, fait l'an i334, »ea droits ou ses prétentions sur le comté de Savoie et la seigneurie de Bauge. Le père du légataire ne négligea point le bénéfice de ce testament. Après en avoir long-tems sollicité vainement l'exécution, il était résolu de la poursuivre par la voie des armes. Les tuteurs d'Amédée , effrayés de ses menaces, firent , avec les commissaires du roi un traité par lequel ils cédaient au duc d'Orléans une rente de deux mille livres sur le trésor royal à Paris, avec le château de Winchestre , au - dessus de Gentilli , et le château de Milli, en Auxois; au moyen de quoi le comte Amédée resta possesseur tranquille de l'héritage qui lui était contesté. Les lettres par lesquelles il ratifia ce traité, sont du mois de février i34b. (Mss. du Roi, n». 94*0, fol. 4.) L'an i34 7 , il profite de la négligence de Jeanne I, comtesse de Provence et reine de Naples, pour s'emparer de plusieurs plarcs que cette princesse avait dans le Piémont. Mais Luchin Visconti , seigneur de Milan , non moins avide que lui de faire des conquêtes en ce pays, le croisait, et enlevait à sa vue les places les plus importantes. Amédée, pour l'arrêter, fait une ligue avec le prince de Piémont et de Morée, le comte de Génevois et le duc de Bourgogne. Luchin , de son côté , s'allie avec le marquis de Montferrat, qui cherchait aussi à s'étendre dans le Piémont. Les deux parti» ayant rassemblé leurs force», en vinrent a unebalaille, dans le mois de juillet 1347. EU* fut sanglante, et la victoire , long-tems disputée, se déclara enfin pour le comte de Savoie. (Murât. Am. U VLU, p. a5S.)

DES COMTES DE SAVOIE

Amédée aimait fort les jeux militaires. Ce fat ce goût oui le porta, Tan i348, a célébrer, pendant trois jours, des joules et des tournois , où il parut avec des armes et un habillement de couleur verte, monté sur un cheval caparaçonné de même ; ce qui lui fit donner le surnom de Comte Vehd. Son amour pour les amusements convenables à son rang , ne préjudrciait point a ses devoirs. Jacques de Savoie , prince de Piémont , son pareot , se comportait tyranniquement envers ses sujets. Amrdée, sur les plaintes qu'ils lui portèrent, envoya, l'an i34çji sur les lieux, en qualité de suzerain, des commissaires pour prendre connaissance de l'état des choses. Le prince fait mas

sacrer les officiers du comte, et donne, par cette atrocité, le signal d'une guerre qu'il n'était pas en état de soutenir. Amédée étant entré dans la Piémont avec une armée nombreuse et aguerrie , se rend maître , en peu de tems , de toutes les places, bat les troupes du prince a Rivoli , et le fait lui-même prisonnier. Mais non moins généreux que brave, il lui rend presque aussitôt la liberté avec ses états , après lui avoir fait prêter un nouveau serment de fidélité. La France étant devenue maîtresse duDauphiné, par la donation que le dauphin Buiubert II lui en 6t, le comte de Savoie entra, l'an i353, en guerre avec elle , touchant quelques places qu'il revendiquait en celte province. La victoire se rangea plusieurs fois sous ses drapeau». L'an i354. il défit si complètement Hugues de Genevois , qui avait pris le parti de la France , a la célèbre bataille des Abrès, que du côté des vaincus , dit Guichenon , il ne resta personne pour en porter la nouvelle. Il acquit , la même année , de Catherine de Savoie, veuve de Guillaume I, marquis de Namur, la baronnie de Vaud et les terres que cette princesse possédait dans le Bugei et le Valromei. ( Guichenon , Hist. G en. de ta maison de Savoie, t. 1, p. 4 la * ) bt 5 janvier i3S6 (n. st.), fut un jour mémorable par divers échanges qui se firent a Paris, entre le roi de France et le comte de Savoie. Ce dernier gagna 1rs seigneuries de Faussigni et de Gex. ( Guichenon , Uiid. p. 409.) Ainsi Buschingse trompe en disant que la première, en ia33, fut réunie au domaine des comtes de Savoie. Le mariage d'Amédée avec Bonne de Bourbon , sœur de Jeanne , femme du dauphin Charles, depuis roi de France, suivit de près ce traité. Cette alliance l'attacha aux intérêts de la France , qu'il servit utilement contre les Anglais.

L'an i36i , le comte Amédée étant venu dans une de ses terres du Piémont , la compagnie Blanche , l'une de ces grandes compagnies, qui, après avoir désolé la F rince, étaient passées, les unes en Espagne, les autres en Italie, instruite de son arrivée, fit une marche forcée pour le surprendre avec sa suite. A la vue de cette troupe, il se réfugie dans le château. Mais y ayant été aussitôt assiégé, il fut obligé d'en venir à un accommodement, qui fut de payer à ces brigands , cent quatre-vingt mille florins d'or, dont partie fut comptée sur-le-champ, et ' reste promis avec caution. Cette aventure , ignorée de Guii, est rapportée dans la chronique de Pierre Azario, qui line point la place où elle arnva. (Murât. Rerum liai. ., t. a VI, p. 370.) Le comte Amédée, et ftodolfe de Loupy, gouverneur du Dauphiné , pour mettre ce pays et la Savoie a couvert des incursions des grandes compagnies, firent , le i3 mai i36a, a Saint-Genez, un traité de confédération , par lequel ils s'obligeaient de s'entr'aider mutellcment contre elles. (Recueil de Fontanieu, vol. 86.) C'est encore a l'an i3b'a «•'on doit rapporter l'institution faite par Amédée , de l'ordre «s chevaliers du Colher, dont on ne sait pas bien précisément quelle fut l'occasion. Les uns prétendent que ce fut un brasselet qui fut donné au comte par une dame qui l'avait tissu de ses cheveux; d'autres l'attribuent à la dévotion d'Amédée envers u Sainte- Vierge. Dans cette création , le nombre des chevaliers, lui compris , fut fixé a quinze, tirés des maisons les plus distinguées.

L'empereur Charles IV , dans le

L'empereur Charles IV, dans le voyage qu'il entreprit", qu'il éloigna toujours la guerre de lant3bo, pour aller voir le pape Urbain V i Avignon, diri-lil ne laissa qu'un fils, qui suit,

gea sa marche par la Savoie, et fut magnifiquement accueilli à ChanuV-ri, par le comte Amédée, qui l'accompagna jusqu'au terme de son voyage Pour reconnaître cette bonne réception , Charles , au mois de mai de la même année , fit expédier d'Avignon, au comte, des lettres-patentes qui l'établissaient son vicaire sur un grand nombre de villes autrefois soumises i l'empire, et dont la plupart étaient alors libres et indépendantes. Mais le comte ayant voulu faire usage de ces lettres , éprouva, partout où il les fît publier, des réclamations qui obligèrent l'empereur à les révoquer. (Spon. liist. de Genève, 1. 11 , nn. xxxvi et xxxvti.)

Pendant le séjour du comte de Savoie à la cour d'Avignon , le pape l'avait fortement sollicité d'aller au secours de Jean Paleologuc, empereur de Constantinople, attaqué vivement par le sultan Amurat I , et le roi de Bulgarie, qui dévastaient ses états. Amédée , parent de l'empereur grec , se prêta d'autant plus volontiers à cette expédition , qu'elle le mettait en état de rendre -n service important a la chrétienté. Plusieurs .ijiit ligués avec lui pour la même cause, uvoir laisse le gouvernement de ses états à >use, et alla s'embarquer à Venise, où il fut ipes et l'élite de sa noblesse. De là , il fit voile lont les Turcs s'étaient rendus maîtres , et forma le siège de cette place , où il éprouva la plus vigoureuse résistance. Les Turcs, dans une sortie générale qu'ils firent, espéraient le plus grand succès. Mais Amedce, les ayant battus, s'empara de Gallipoli , et y établit des gouverneurs. Tournant ensuite ses armes contre les Bulgares, il parvint , après leur

autres sou ver il partit . \ '* Bonne, son 1 joint par ses Ir vers Gai

ipol

avoir enlevé plusieurs places, jusqu'à Varne, leur capitale, dont il entreprit le siégr. Etonné de la rapidité de ses conquêtes , le roi de Bulgarie fil proposer au comte , par le patriarche de Constantinople , des moyens d'accommodement qui furent acceptes. Mais il n'est pas vrai qu'une des conditions de la paix fut , comme l'avance Guichenon , la délivrance de Jean Paléologue, que le bulgare retenait dans les fers. C'est ■ne fiction que cette captivité. De retour en ses états, l'an i3t>7, Amédée fut l'arbitre des différents qui divisaient l'Italie, et réussit à les terminer, soil par sa médiation , soil par la force de ses armes. Un orage violent, concerté par le pape Grégoire XI et l'empereur Charles IV, se formait contre Galéas et Bernabo Visconli , seigneurs de Milan. La ligue du chef de l'église et du chef de l'empire, formée pour les atterrer, fut conclue le 7 juillet 1373. Le comte Amédée y étant entré avec Louis, roi de Hongrie, et Jeanne, reine de Naples , promit de fournir, pour sa part, deux mille lances. Il était convenu , par le traité, que 1e comte de Savoie, dans les conquêtes qu'A ferait sur les Visconti, rendrait a l'église romaine les terres qu'ils lui avaient enlevées, et garderait les autres pour lui. Amédée, en deux campagnes, fatigua tellement les

les

Visconti, que, déterminés à demander la paix , ils plus grands sacrifices pour l'obtenir. ( < ?■ 4"0

L'an i.J8a, par traité fait avec Louis d'Anjou, Amédée obtient de lui le Piémont, et lui mène des troupes pour l'aider a se mettre en possession du royaume de Naples. Il fut attaque de la peste dans ce pays, et mourut près de San-Stephano , dans la Pouille, le a mars i3K3, universellement regretté. Amédée, fut , sans contredit , l'un des plus illustres souverains de son siècle. Nul de ses prédécesseurs n'avait acquis autant de gloire que lui. Il mérita d'être appelé le protecteur du saint siège, l'appui le plus ferme de la puissance impériale, l'ami et le vengeur des princes malheureux. U recula considérablement les frontières de ses états ; car il y unit les baronuies de Vaud, de Gex, de Valromei, les seigneuries de Quiers, de Bielle , de Coni et de Venue. Il eut toujours les armes a la main , et cependant ses sujets vécurent toujours en paix, parce

- ses états. De sou mariage ,

AMÉDÉE VH , bit LE ROUGE.

i383. Amédée VII , dit le Rouge ou le Roux, de la cou-

loils

l'asirc

leur de se» cheveu», fils d' Amédee VI, ne le 24 février i3Go , à Vcillane , en Piémont , seigoeur de Bresse , du vivanl de son père , lui succéda au comté de Savoie. Divers exp vaient déjà rendu célèbre. 11 avait forcé, l'an i38o de Beaujolais , après l'avoir battu , a lui rendre hommage. (Foy. Edouard 11, sire de Beaujolais.) L'an i3«a, il s'était distingué à la bataille de Roscbccque, en combattant pour la France, Lorsqu'il eut pris possession de ses états, il marcha contre les habitants du Valais, qui, après avoir chassé l'évêquc de Sion, avaient fait une irruption dans le Chablais, et les contraignit d'implorer sa clémence.

Amédee eut avec Théodore , marquis de Mont ferrât , et Frédéric, marquis de Saluées , des. démêlés qui tournèrent a son avantage. Dans la querelle qui s'éleva pour le royaume de Naples, entre la maison de Duras et celle d Anjou, les villes de fiarcclonnclte, de Vintimille et de Nice, qui, a raison du comte de Provenrc, appartenaient a la seconde de ces deux maisons , voyant qu'elles n>n étaient point secourues, s'en détachèrent, l'an i388, pour se donner au comte de Savoie. Ce prince, qui était alors auprès du roi Charles VI , occupé a faire rentrer sous son obéissance le duc de Bretagne, se haie de retourner dans ses étals pour prendre possession de ces villes et de leurs dépendances. Amédee mourut à Ripaille, le 1". novembre i3qi, d'un accident qui lui était arrive à la chasse. Des historiens graves racontent que plusieurs personnes furent soupçonnées d'avoir avancé ses jours par le poison, cl nomment, eut r autres, Amédée, prince de la Morée, et Ollon, seigneur de Granson. Le premier, disent-ils, se justiGa; mats le second, ajoutentils, ne pouvant dissiper les soupçons formés contre lui, se vit contraint d'abandonner la Savoie , où il ne revint qu'au bout «le six ans. (Guichenon, Hist. geaéal. de la maison de Sai>oie, 1. 1 , p. 438. ) De Bonne dk Bekm , fille de Jean , duc de Berri. qu'Amédéc VH avait épousée a Paris, au mois de décembre i3j6, il laissa un fils, qui suit; Bonne, mariée a Louis de Savoie, prince d'Achaïe; et Jeanne, femme de Jacques , marquis de Monlfcrrat. La veuve d* Amédée VU se remaria , l'an i3g3, à Bernard VU, comte d'Armagnac.

AMÉDÉE VIII , dit LE PACIFIQUE ,

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