‹ L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques, et autres anciens monumens depuis la naissance de NotreSeigneur, par le moyen d'une table chronologiqueChapitre 307 sur 582 · PREMIER DUC DE SATOIE · texte numérisé non relu

PREMIER DUC DE SATOIE

iSqi. Amédée VIII , né, le 4 septembre i383, à Chambéri, devint, a l'Age de huit ans, le successeur d'Améjée VU , son père, sous la régence de Bonne de Bourbon , son aïeule , qui, pour cet emploi, fut préférée , après quelques contestations , i Bonne de Berri , mère du jeune prince ; mais on lui nomma un conseil qui gêna beaucoup son autorité.

Amédée n'avait encore que quatorze ans, lorsqn'en i3oj il s'éleva une grande querelle entre deux gentilshommes du pays de Vaud, Girard, baron d'Eslavayé (t), et Olton, seigneur de Granaan, dont on a déjà parlé. Le premier accusait le second d'avoir violé sa femme, et renouvelait enmemclems l'accusation formée contre lui, d'avoir trempé dans la mort du comte Amédee VII.

CHRONOLOGIE HISTORIQUE

Les parents et les amis de ces deux seigneurs prirent couleur respectivement dans cette querelle. Ceux du parti d'Eslavayé, pour se distinguer, portaient la figure d'un râteau , et les partisans de Granson une aiguillette à leurs souliers. Cette affaire ayant été portée devant Louis de Joinvillc , bailli de Vaud , le conseil du comte , pour en arrêter les suites , voulut en prendre connaissance. Les parties s'élant représentées devant le comte 1 Bourg-en-Bresse , Gérard d'Eslavayé soutint que Granson lait coupable de la mort d' Amédée VII. Granson nia le crinv, lit qu'il s'en était déjà justifié. Son adversaire lui ayaut

(i) La maison d'Eslavayé', remontant jusqu'au dixième siècle , ne subsiste plu» que dans la personne du baron Jean-Louis d'Eitarayé , de 'f branche des seigneurs de Beauville el do Molinons , établie , au seilicrae siècle, eo Picardie et en Champagne , el transplantée, en 170a. dans la Guicnne , où Louis d'Eilarayé, seigneur de Molinons , lieutenant des garde* dn corps, brigadier de* armées et chevalier de Saint- Louis , fut relégué par ordre du roi. C'est l'aïeul de qu'on vicul de nommer.

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offert le duel , le comte , combat par son ordonnant

e 1 a vu ue son conseil , permit ce du iS novembre , et en assigna le jour au i5 janvier de l'année suivante. Le jour marqué , les deux champions se présentèrent a Bourg , dans le champ clos , armés de toutes pièces , à cheval , à la vue de la cour et de la principale noblesse. Le combat fui cruel ; ils combattirent à la lance ; et Granson , qui jusqu'alors avait toujours été vainqueur en pareille occasion , reçut de son adversaire une si grande blessure , qu'il expira sur-le-champ à ses pieds. ( Guichenon , Hist. général, de Savoie, loin. 1 , pag. 447-) Amédée ayant cle déclaré majeur la même année , son aïeule lui remit les rénet du gouvernement qu'elle avait maniées avec beaucoup de prudence et de sagesse. Cependant , lorsqu'elle voulut se mettre en possession du douaire qne son époux lui avait assigné , le conseil du comte lui fit des difficultés sur ce que les objets de ce douaire étaient des fonds inaliénables. Mais le duc de Bourbon, son frère, s'élant mis en marche avec une armée pour lui faire rendre justice , le comte n'attendit pas son arrivée pour s'exécuter. Il remit a son aïeule ce qu'elle avait droit de répéter. Mais il laissa dans le cœur de la princesse une plaie qu il ne put fermer. Ce fut ce qui engagea Bonne i quitter la Savoie pour se retirer à Maçon , où elle mourut , le tq janvier 1402, dans de grands sentiments de piété. ( Hist. de la maison it Bourbon. )

L'an 1401 , le comte Amédée fit l'acquisition du comté de Genevois , qu'Odon , ou Ottoo , sire de Villars , lui céda par traite du 5 août. ( Voyez les comtes de Genevois. ) Ce priât* fonda, l'an i+o5, l'université de Turin, et, l'an 1407, le monastère des Lélestins de Lyon. ( Guichenon , ibid. , p. 45 1.) Thomas, marquis de Saluces , refusant de lui rendre hommage, il le contraignit , l'an i4i3 , par la voie des armes, de s'acquitter de ce devoir.

Edouard II , sire de Beaujolais , ayant cédé , l'an 1400, cette principauté , avec celle de Dombes i Louis II , duc de Bourbon , et le même duc ayant complété celte acquisition , l'an i4oa , par celle d'Ambéricux , de Chalelar et de Trévoux, Amédée lui demanda l'hommage d'une partie de ces domaines, dont il se prétendait suzerain. Sur son refus , long et persévérant , il rappelle le capitaine Viri qu'il avait envoyé au secourt du duc de Bourgogne contre les Liégeois , et le charge d'aller s'emparer des fiels dont il réclamait la mouvance. Viri , à la tête île mille chevaux, s'acquitta rapidement , et avec succès, de sa commission. Mais son expédition ne fut qu'un éclair passager. Château-Morand , dépêché par le duc de Bourbon , reprit avec la même rapidité ce que Viri avait conquis.

Sigismond, roi des Romains, revenant, l'an 1 4>4 » de l'Italie , Améiiée le reçoit à Rivoli dans le Piémont , et l'accompagne de là jusque sur les frontières d'Allemagne. L'an 1417, ce même Sigismond, pour lors empereur , étant à Lyon, à son retour de Paris , veut ériger en duché la Savoie , i la demande d' Amédée qu'il était venu trouver en cette ville. M»i* les gens du roi, dit un manuscrit du tenu, prévenus de son dessein, allèrent lui remontrer que tel acte d'érection était acte de souveraineté , et que le roi ne voulait et ne devait twnnaître autre supérieur que Dieu : quoi voyant , l'empereur repartit àe Lyon grandement indigné ; et passant en la cille de Montlud , y fit l'érection ducale. De Monllucl, Sigismond se rendit à (-harobéri où il investit solennellement le nouveau duc, le i j février

DES DUCS DE SAVOIE. ,r, 9

8e la même année (i). (Spon, Hùl. de Genlvt , tom. II, N. L.) 1 dit le Verà.- Cet ordre conserve encore aujourd'hui tout sou A6n de rendre la cérémonie plus mémorable, Sigismond fiil éclat ; il est le premier en Piémont, et c'est relut dont le roi dresser un théâtre richement paré , où avant d Amédée duc souverain de Savote et de Piémont .

chevaliers , (il des présents considérables , et ordonna des joutes et des tournois pour plusieurs jours. De son côté , le nouveau duc signala son élévation par un acte de bienfaisance plus solide, oui lui attira de grands applaudissements. La ville de Moral , dans le pays de Vaud , venait d'être réduite en cendres par un

de proclamer i porte le cordon composé d'une chaîne d'or qui (ait le tour du L, il créa des cou et tombe sur la poitrine. ( Cette chaîne est de la largueur

violent incendie. Amédée, louche du malheur des habitants et voulant les exciter i rebâtir une nouvelle ville , leur accorda l'exemption de cens pour quinze ans , l'affranchissement des droits de péage pour dix années, la jouissance libre et gratuite du lac pour cinq ans, et en6n la perception de douze deniers sur chaque chariol de vin qui passerait par Moral à perpétuité.

De tous les peuples soumis a la souveraineté de Savoie , ceux du Valais étaient les plus indociles et les plus turbulent». Dès l'an i4oa, ils s'étaient révoltés contre l'évéque de Sion , Guillaume, de l'ancienne maison de Rarogne. Amédee VH1 , a qui

ce prélat , dans la persécution qu'ils lui faisaient, s'était adressé, prit les armes pour sa défense. La ville de Berne se déclara aussi pour lui. Mais l'obstination des Valesaiu fut telle que les hostilités réciproques ne cessèrent qu'au bout de quinze ans.

L'an i^iti , Amédée succède a Louis de Savoie, comte de Piémont , décédé sans enfants , le 1 1 décembre de celle année. Yolande d'Aragon , mère et tutrice de Louis III d'Anjou, roi de Naples, abandonna, l'an i4«9» »" duc de Savoie, par traité fait a Chambéri , le 5 octobre , Nice , Villefranche et toute celle cote de la mer.

La puissance de Philippe-Marie, duc de Milan , et le succès de ses armes , donnaient de l'alarme à ses voisins , et surtout aux Vénitiens et aux Florentins. Amédée , que son intérêt sollicitait de se joindre à eux , envoya ses ambassadeurs a Venise , qui signèrent , le n juillet i4rô, une ligue avec celte république et celle de Florence , pour réprimer les entreprises du duc de Milan. Mais la plus grande partie de ses forces étant alors employée en Chypre pour la défense du roi Janus , occupé a se défendre contre le Soudan d'Egypte , il eut recours 1 Philippe le Bon , son neveu , duc de Bourgogne, qui lui envoya cinq cents hommes d'armes. Ce secours, joint aux troupes qui lui restaient , forma une armée de quatorze mille hommes , avec laquelle il entra dans le Milanès, où il pénétra fort avant. Mjis la médiation du pape Martin V termina cette guerre par un traité qui ajouta aux possessions du doc de Savoie, la ville et le comté de Verceil. ( Poggio , Hitt. Fièrent. i, 5.)

Veuf depuis l'an i4a8, et dégoûté du monde, Amédée, l an 1434, se retire au prieuré de Ripaille , qu'il avait fonde

Ci de Thonon , quatre ans auparavant , séjour qu'il rendit eux par la vie paisible et agréable qu'il y mena. Il y tient , le 7 novembre de la même année , une assemblée des grands de <rs états, dans laquelle il institue l'ordre de chevalerie séculière , non de Saint-Maurice , comme l'avancent des modernes , mais de VAnnonriade , qui n'était qu'une réforme de celui du Collier, établi , en i36a , par le comte Amédée VI ,

(■) Guirhenon prétend qu» ce fut en allant à Paris , et non pas en revenant de ct-ltr ville , que Sigismond érigea la Savoie eu duché. La ~*»ve qu'il en donne , c est que d'une pari le diplôme de celte e'rrc- 1 e»l datr du 19 février l4«6» cl que de l'autre il est certain , par le

pi f»it mention que la dale de ce diplôme est conforme au slyli- gallicsa qui avait cour» alors en Savoie. Or. .uivant ce stjle, l'année ne commençant qu'à Piques, le mois de février 1416 appartenait à la »4'7, commencé au . -

d'environ uu pouce , et sur chacun de ses chaînons sont gravées, dans l'or travaillé a jour, les quatre lettres P. E. H. T. t qu'on a expliquées sur Amédée le Grand. Au bas de la chaîne, est attachée l'image de l'Annonciation de la Sainte Vierge, travaillée à jour. ) Le duc Amédée créa , dans la même assemblée, prince de Piémont et lieutenant-général de ses étals , Louis, son fils ainé , et donna à Philippe, son autre (ils, le comté de Genevois. Le lendemain , il prend l'habit d'ermite avec ses nouveaux chevaliers , au nombre de six , et se rend dans un ermitage qu'il avait fait bâtir pour lui et pour eux , près de celui des ermites de saint Augustin , qui devaient être leurs directeurs. L'habit de ces nouveaux solitaires était d'un drap gris fort 6n , un bonnet d'ecarlale , une ceinture d'or et une croix au cou , de la même matière. Us portaient la barbe , et menaient une vie commode , et même , selon quelques-uns, voluptueuse ; d'où est venu le proverbe faire ripaille, pour dire faire bonne chère, et quelque chose de plus. Amédée passait trannuillemeut sa vie dans cette retraite, lorsque le concile de Bile jeta la vue sur lui pour le faire pape a la place d'Eugène IV, qu'il avait déposé. Ce fut le cardinal d'Arles qui fut député pour lui annoncer son élection. Amedée, après avoir beaucoup hésité, accepta cette dignité, et prit le nom de Félix V, a sou couronnement, qui se Gt le 14 juillet 1440, à Bile. Il avait fait , le G janvier précédent, la démission de ses états en faveur de son fils aîné. Son élévation au pontificat , ne fut pas généralement approuvée , et plusieurs princes chrétiens refusèrent de le reconnaître. Amédée lutta contre Eugène et contre son successeur , pendant l'espace de près de dix ans. Mais enfin , craignant les suites de ce schisme , il déposa la tiare , le 9 avril i*49s et retourna dans sa solitude ; il mourut à Genève, le 7 janvier i43i. ( Voyez le concile de Bâle, celui d* Lausanne , le» papes Eugène IV et Nicolas V. ) De M AME , fille de Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, qu'il avait épousée , non dans le mois de mai 1401 , comme le dit Guichenon, mais le 60 octobre il laissa Louis, qui suit;

Marie, femme de Philippe-Marie Visconti. duc de Milan ; et Maiguerite, qui épousa, i°. Louis III, duc d'Anjou: a*, l ouis ÎV, électeur pa»?tin; 3*. Ulric V, comte de Wurtemberg. Ses autres enfants moururent avant lui , ainsi que leur mère.

LOUIS

i45i. Louis, fils d'Aroédée VIII et de Marie de Bourgogne, né, le 34 février i4oa, à Genève, succède aux états de son père, qu'il gouvernait depuis i4H» tn qualité de lieutenantgénéral. L'insolence deCompeis, son favori, causa des troubles au commencement de son règne. Les mécontents furent appuyés par Charles VII, roi de France,' mécontent lui-même du duc de Savoie, pour avoir marie Charlotte , sa tille , au dauphin sans son consentement. Le monarque s'avança jusqu'à Tours, avec une armée, a dessein de pénétrer en Savoie. Mai» les excuses et les soumissions du duc l'engagèrent à s'en retourner.

La faiblesse du duc Louis occasions de grands troubles a sa cour. Philippe son fils, toyanl le prn de faveur qu'il avait auprès de lui, s'en prit a la duchesse Anne de Chypre, sa mère , persuadé qu'elle maîtrisait son époux , et lui inspirait des sentiments d'aversion pour son fils. Il reprochait à cette princesse , mémr en face , de préférer dans la distribution des grâces les Chyprints , qui l'avaient suivie , aux Savoyards et aux Picmonlais. 11 se forma bientôt , par la, un parti considérable. Les choses en vinrent au point, que Philippe, encouragé par les mécontents, poignarda , de sa propre main, le 1„„. .1- vara» ; peu s'en fallut même qu'j* ne fit jeter

iGo

dans le lac , le chancelier de Savoie. Le duc, après cela , ne se croyant plus en sûreté chez lui , se transporta , l'an 1463 , au mois de juillet , avec sa cour à Genève. Philippe, après le départ de son père, continua ses incartades. Ayant surpris un jour des Oiulels charges d'or , que sa mère envoyait en Chypre, il se saisi) du bagage , et vint ensuite conter l'aventure a son père, qui le reçut fort mal. Cependant Philippe , pour braver son père , voulait rester a Genève , après en avoir obtenu la permission des magistrats. I.e duc alors, quoique tourmenté de la goutte, prit le parti de se faire transporter a Paris , pour se plaindre es déport «menti de son fils, au roi Louis XI , son g

CFIRONÔLOGlE HISTORIQUE

e, et

concerter avec lui les moyens de le réprimer. Le monarque était alors en Flandre. De retour en sa capitale , où son beaupère l'attendait , il convient avec lui qu'il fallait s'assurer de la personne de Philippe, et s'engage à prendre les mesures convenables pour y réussir. "Philippe, sur une lettre du roi qui l'invitait a le venir trouver, se rendit, sans défiance , l'an i4»3, a Paris. Dès qu'il parut , il fut arrêté et conduit au cbiteau de Loches, où il resta l'espace de deux ans. ( Monstrelet , vol. 3 , ch. 1 n et 1 1 a. ) Le duc étant rentré dans ses étaU après treize mois d'absence, se vit sollicité par les princes mécontents de Louis XI , de se joindre a eux dans la ligue du Heu puùiic. Loin de se rendre à leurs semonces, il se Gt porter à Lyon, malgré le redoublement de sa goutte , pour informer le roi , •on gendre , de l'orage dont il était menacé. De la , il devait se rendre a Moulins , en Bourbonnais, où le roi était attendu. Mais sa maladie augmentant , il y succomba , le aq janvier ttfîS, à l'ige de soixante-trois ans, dans la trente-unième année de aon règne. Tous les historiens qui ont parlé de ce prioce , font l'éloge de sa valeur, de sa justice et de sa bienfaisance. 11 avait épousé, l'an i43a, Anne de Lvsignan , ûlle de Janus, ou Jean II, roi de Chypre, qu'il perdit le 11 novembre 146a, après en avoir eu huit fils et sept filles. Les principaux de ces enfants, sont Amédée, qui suit; Louis, qui, ayant épousé, l'an i458, Charlotte, reme de Chypre, tut couronné roi de cette lie , et dépossédé avec son épouse par Jacques II , frère naturel de Charlotte ( voyez tes rois de Chypre"); Janus, comte de Génevois; Jacques, comte de Romont ; Philippe, comte de 1 , depuis duc de Savoie ; Marguerite, mariée, i*. a Jean, ris de Monl ferrai , a*, a Pierre de Luxembourg, comte de Saint fol; Charlotte, femme de LouisXl, roi de France; Bonne, mariée a Galéas-Marie Sforce , duc de Milan ; Marie , femme de Louis de Luxembourg , comte de Saint-Pol et connétable de France. Le duc Louis établit, le i5 mars «4%, le sénat de Turin , qui n'est que pour le Piémont.

AMÉDÉE IX, dit LE BIENHEUREUX.

i46S. Amédée IX , fils aîné du duc Louis et son successeur, né, le i er . février iÇ&S, i Thonon , eut, au commencement de son règne, avec Guillaume de Montferrat, des démêlés qui furent terminés, sur 4a fin de 1407, par la médiation du roi Louis XI. Amédée, étant d'une comptexion faible, et sujet a l'épilcpsie, remit , du consentement de la noblesse et du peuple, la régence de ses états a la duchesse Yolande, son épouse, fille du roi Charles VII. Les comtes de Génevois, de Romont et de Bresse , frère d' Amédée , en conçurent de la jalousie, et prétendirent que le gouvernement leur appartenait. Ayant levé des troupes pour faire valoir leurs prétentions, ils vinrent assiéger le duc et la régente dans Montmélian, dont ils se rendirent maîtres. De la , ils emmenèrent Amédée a Chambéri. Mais la duchesse eut le bonheur d'échapper a leur vigilance, et alla se renfermer dans le château d'Apremont , d'où elle dépécha au roi Louis XI , son frère, le seigneur de Flatieu, pour lui demander un prompt secours. Ce prince ayant chargé le comte deComminges, gouverneur du Dauphiné, de marcher tu secours de sa soeur avec le plus de troupes qu'il pourrait ras- M-r, fut obéi sans délai. Le comte alla faire le s»ége d'Apre-

mont, où les partisans des princes tenaient la duchesse, en quelque façon , prisonnière, et la mettaient dans le plus grand danger. La place fut prise a minuit, du même jour qu'elle fut attaquée, et la duchesse fut emmenée a Grenoble pour y être en sûreté. Le ressentiment de Louis XI contre les princes de Savoie eût été poussé plus loin , si les cantons de Berne et de rribourg ne se tussent entremis pour les réconcilier avec le monarque. Les parties elles-mêmes le choisirent pour arbitre de leurs différents, et l'administration des affaires fut laissée, par provision, a la duchesse. Amédée mourut avant la décision de Louis, le a8 mars i47*« ' Verceil, où il fut inhumé. Les vertus de ce prince, et surtout sa grande charité envers les pauvres, qu'il appelait le rempart de ses états , lui ont mérité le titre de Bienheubeux. On lui dit un jour que ses aumônes épuisaient ses finances. Hé bien , dit-il , nia le collier de mon ordre , <?u 'cm

le i'rnde, et ou 'on soulage

Il laissa de son mariage, qu'il avait contracté l'an i45a , trois fils, Philibert et Charles, ses 1

quis de Gex; avec trois filles, dont l'aînée, Anne, épousa Frédéric d'Aragon, prince de Tarente, et ensuite roi de Naples; Marie, la seconde, fut alliée a Philippe, comte de Neuchâtel en Suisse; et Louise, la troisième, donna sa main, l'an «479t a Hugues de Châloos , après la mort duquel elle se fil religieuse au monastère d'Orbe, ou elle mourut en i5o3.

PHILIBERT I, dit LE CHASSEUR.

147a. Philibert I, né, le 7 août i465, a Chambéri, succéda, sous la tutelle et la régence de sa mère Yolande , au duc Amédée, son père. Les princes de Savoie, appuyés par le duc de Bourgogne , continuèrent de contester la régence a la duchesse. Elle fut assiégée dans Montmélian par srs beaux frères, et obligée de se rendre. Mais s'étanl évadée, elle obtint du secours des puissances voisines , qui obligèrent les princes de Savoie a lui laisser l'autorité qu'ils lui disputaient. L'an i47^i le duc de Bourgogne , après sa défaite de Moral , passant par la Bresse, fait enlever, par Olivier de la Marche, la duchesse Yolande, avec Charles, son second fils, et deux de ses fil!f«, dans la rrainte qu'elle ne favorise le roi Louis XI , son frère, Conduite au château de Rouvre en Bourgogne, Charles d'Ara-» boise La délivre , la même année , par ordre du monarque , et l'amène à Tours , d'où elle est reconduite en Savoie par Philippe de Commine. Le duc de Milan vient a son appui , et la fait rentrer dans l'exercice de la régence. Mais elle n'en jouit pas long- tenu, étant morte, le ag août 1478* au château de Montcaprel, peu après avoir marié sa fille aînée au prince de Tarente. Cette princesse emporta , dans le tombeau , les regrets de ses sujets , qu'elle avait mérités par la sagesse de son gouvernement et par son caractère affable ei bienfaisant. I-e comte de la Clumbre, nommé par Louis XI pour la remplacer dans le gouvernement de la Savoie , eut pour concurrents l'évéque de Genève et Philippe, comte de Bresse, oncle du duc. Il succomba par sa mauvaise conduite, et fut arrêté par ordre de Louis XI, qui le fit renfermer au château de Veillaoe. L'an i48a, le duc Phili-

bert eunl

venu voir ce

monarque a Lyon , au commencement

de mars , s'y épuise a la chasse , aux tournois , aux courses de bagues, et meurt de ces excès le aa avril suivant, sans laisser d'enfants de Blanchs-Mabie, son épouse, fille de Galéas- Marie Sforce, duc de Milan. Sa veuve se remaria depuis a l'caypereur Maximilieu I.

CHARLES I , du LE GUERRIER.

i48a. Chable* 1 , né a Carignan, le aq

• 468, fut l«

successeur du duc Philibert, son frère. Il" avait été élevé en France par le comte de Dunois , A qui Louis XI l'avait confié. Comme il n'avait que quatorze ans à la mort de son frère, ce se déclara son tuteur, pour ôter aux princes, •*

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