‹ L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques, et autres anciens monumens depuis la naissance de NotreSeigneur, par le moyen d'une table chronologiqueChapitre 309 sur 582 · EMMANUEL-PHILIBERT , DIT TÈTE DE FER · texte numérisé non relu

EMMANUEL-PHILIBERT , DIT TÈTE DE FER

i553. Emhahuel-Pkimbert, né à Chambcri , le 8 juillet i5a>8 , apprit en Flandre, où il faisait la guene pour l'empereur , là mort de Charles III , son père. Comme les états que ce prince lui avait laisses , étaient entre les mains des Français, il continua de servir dans les Pavs-Bas. L'an 153.1, il nasse au piinlems en Piémont , d'où , après un mois de séjour, il revient en Flandre. L'an tiiSy, il se couvrit de gloire à la bataille de Saint-Quentin, en Picardie, qu'il gagna, le 10 août, à la tête des Espagnols cottre les Français. Philippe II, roi d'Espagne, étant venu quelque tems apiès au camp des vainqueurs, le duc de Savoie voulut lui baiser la main. Le monarque la retira en disant : C'est à moi plutôt à baiser la eStrt qui m'a procuré une si belle victoire. Le duc se proposait d'aller se présenter devant Paris qui fiait dans la plus grande consternation. Mais Philippe , prince timide , l'arrêta en lui disant: Aon , il ne faut pas réduire son ennemi au désespoir. Le duc se contenta donc de forcer le Citelet , Ham et Noyon , et ayant établi de bonnes garnisons dans toutes ces places , il mit ses troupes en quartier d'hiver. Une nouvelle défaite que nous essuyâmes en iS58 , amena la paix, qui fut conclue, en iS;>;t, à Câleau-Cambresis, entre la France et l'Espagne. Par le traite, signe le 3 avril , il fut convenu que le roi Philippe U épouserait Elisabeth de France , fille du roi Henri II, el le duc Emmanuel-Philibert, Marguerite, sreur du même roi Henri H, qui rendrait au duc tout ce que le roi François 1 avait pris au duc Charles III , à l'exception de Turin , Pignerol, Quier», Chiens et Ville- Neuve d'Asti, qui resteraient entre les mains de Henri II , jusqu'à ce que les droits de Louise de Savoie. s*>n aïeule, fussent réglés; que, de son coté , le roi Philippe pourrail garder Vcrceilel Asli, el que le duc de Savoie demeurerait neutre cntie les deux rois. Quoique ce traité ne rendit i Philibert-Emmanuel qu'une partie de ses étals, il ne fut pas ninins empressé d'en remplir les conditions qui le concernaient. Il «

DES DUCS DE SAVOIE, où les a:nl)5SiaJcur$ du roi d'Es- quelques jours après, défait cinq cents hommes

rcUil en diligence à P.nis

i< vnc arrivèrent de leur oVë , pour épouser la princesse l.Msjbeth , au nom de leur maître Ce mariage se (il avec beaucoup de magnificence. Mais on sait quelle fut la funeste catastrophe qui termina les fêtes qui la suivirent. Celui de Phil,!>ert- Emmanuel n'était pas encore accompli, lorsque le roi Henri 11 fut blessé mortellement d'un coup Je lance dans un 1 lurnoi. On se liita d'unir les deux époux, le 9 juillet, dans 1" rhambre du monarque, avant qu'il expirât. Après sa mort, 1 s places que ta France retenait au duc lui furent rendues, partie en iG6a , par le roi Charles IX , partie en i5;4, par le rm Henri III. On prétendit que le connétable de Monlmorenci, suteur de cette restitution , s'acquitta, rar là, d'une dette de douze cent mille livres qu'il devait au duc de Savoie pour sa rançon, ayant été fait prisonnier par ce prince, en i5>7 , à la bataille de Saint-Quentin. Les Bernois usèrent aussi de générosité a son égard , en lui restituant , par traité du mois d'octobre iSl>4 , le pays de Gex ; mais ils retinrent celui de Vaud. Ceux du Valais rendirent aussi ce qu'ils avaient usurpé sur lui. te prince , au mois de juillet 1572 , institua l'ordre de la chevalerie séculière de Saint-Maurice, que le pape Grégoire XIII confirma par sa bulle du 16 septembre de la mcine année. (Helyot, tora, VII, ch. II.) C'est donc a tort que plusieurs modernes rapportent l'institution de cet ordre au duc Amé- Jee VIII. Le cordon de cet ordre est verd , et la croix d'or eraaillée de blanc. L'an 1S79, au mois d'octobre , Emmanuel échange avec Henriette de Savoie, marquise de Villars , le cotnle de Tende , contre la seigneurie de Mirebcl , en Bresse, qui fut érigé* en marquisat. Ce prince , après av>,ir rendu à ses états leur ancienne splendeur, mourut le 3o août i5tfo, laissant un fils unique de Mabgitehite , sœur de Henri H , roi de France, qu'il avait épousée, comme on l'a dit, le 9 juillet i5Sg, et qui mourut le i4 septembre 1574. Le duc Emmanuel-Philibert fut surnommé Tête de Fer , à cause de la fermeté qu'il fit paraître dans toutes ses résolutions. Ce fut lui qui commença les citadelles de Suze et de Turin. Il s'était rois sur les rangs, en 137g , pour succéder a D. Henri , roi de Portugal, comme étant petit-fils, par sa mère, du roi Emmanuel le Fortune'; mais Philippe 11, roi d'Espagne, qui avait ta mêmes prétentions , l'emporta sur tous ses concurrents. Ce «lue, quoiqu'il n'eût pas fait (a guerre depuis li"'^ , allait toujours »e!tu militairement, tenant sous son bras une grande çpée. 11 s'amusait, dans sa vieillesse, à forger dos armes et a les damasquiner. 11 portait celles qu'il avait lui-même fabriquées.

CHARLES-EMMANUEL I, dit LE GRAND.

1Ô80. Charles-Emmanuel 1, né le 12 janvier i56a, à IWli, succède au duc Philibert-Emmanuel, son père. L'an if'85, il se rend en Espagne pour y épouser l'infante Catherine d'Autriche, fille du roi Philippe 11. Le monartme, étant venu au-devant de lui avec sa cour, à un mille de Saragosse, descend , comme lui, de cheval pour l'embrasser. Etant ensuite remontés à cheval , ils entrent dans la ville , le duc tenant la droite malgré la résistance qu'il avait faite. Comme dans la mjrche le cheval du duc s'agitait extraordinairement et avec grand bruit , « Eh ! qu'a donc votre cheval! lui dit le Roi ? — Sire, répondit-il , c'est qu'il sent bien qu'il n'est pas à m place ». Les noces se célébrèrent le même jour (1 1 mars) >vec la plus grande magnificence. Les préseuls que le duc fit »son épouse et aux dames de sa suite, surpassèrent le prix de s» dot qui était de plus de cent vingt mille écus.

L'an i588, Charles Emmanuel, voûtant profiter des troubles •le la France pour s'agrandir, surprend le Château-Dauphin, r'*ce frontière de la Savoie, sous prétexte d'empêcher Lcsdi- S^'èrej, chef du parti huguenot en Dauphiné, de s'en émiser ; mai* il le garda peu , Lcsdiguièrc* et la Vaiete ayaui ,

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qu'il y avai

jetés. Le duc de* Savoie , la même année, s'introduit subitement avec ses troupes dans Carmagnole , la nuit de la veille de saint Michel , et non le 1". octobre, comme le marque du Londel. Cette conquête fut bientôt suivie de celle de tout le marquisat de Saluces. H prend de nouveau , le 20 novembre suivant, Chùteau-Dauphin , après un assez long siège. Henri 11 I, pour arrêter ses progrès , engage les Suisses et les Genevois à lui déclarer la guerre. Le duc fait sa paix, l'année suivante, avec les premiers oui lui avaient enlevé le Faucigni, et pousse vivement les seconds. L'an i58;j, après la mort du mi Henri 111, il se met sur les rangs pour lui succéder, comme fils de Marguerite, sœur du roi Henri II. Mais comptant peu sur ses prétendus droits à la couronne de France, il intrigue dans le Dauphiné et dans la Provence , pour s'y faire déférer la principale autorité. Le parlement de Grenoble élude adroitement ses sollicitations. Mais les ligueurs de Provence jettent les yeux sur lui, en 1090, pour en faire leur gouverneur, et lui envoient une dépulation pour le prier d'accepter ce titre. Il abandonne alors les Genevois pour aller prendre possession de sa nouvelle dignité. S'elant rendu a Aix, le 17 novembre, il y est reçu comme le libérateur de la pairie. Ce triomphe fut de courte durée. Lesdiguières et la Valelc, s'étant mis à la léle des Provençaux fidèles , battent les troupes du duc a Sparron , à Ponlebara, le 16 septembre iSqi , à Vinon, au mois d'octobre, et le contraignent d'évacuer la Provente , l'année suivante. Lcsdiguières Pavant suivi en Piémont, lui eulève plusieurs places. L'an i5g7, il fait construire le fort Banaux a la vue de Lesdiguières et de son armée, qui murmure de l'inaction de son général. Les plaintes en sont portées au roi qui lui en fait des reproches par lettres : « Votre majesté, lui répond Lcsdi-

• enières, a besoin d'un bon fort a Barraux pour tenir en

■ bride la garnison de Monlinélian. Puisque le duc de Savoie » veut bien en faire la dépense, il faut le laisser faire. Des » qu'il sera en état de défense , je vous promets de le prendre

• sans qu'il en coûte rien à votre épargne ». Il tint parole l'année suivante , et prit le fort Barraux par escalade. D autres échecs, qu'il fit encore essuyer au duc, l'obligèrent à demander la paix en i%rj. 11 ne l'obtint qu'en 1601, parle traité conclu, le 17 janvier, à Lyon, avec les plénipotentiaires du roi Henri IV; traité par lequel il céda le Gex , le Rogei et leVal-Romei à la France , et retint le marquisat de Saluces, qui faisait l'objet de la guerre. On dit à ce sujet , que le ni avait fait une paix de duc et le dur une puis de roi. Depuis long-tems, comme on l'a vu , Charles-Emmanuel épiait l'occasion d'envahir Genève. L'an 1602, le 32 décembre, d'Albigni , gouverneur de Savoie, s'étant approché secrètement de cette ville avec douze cents hommes , la surprend , en pleine paix par escalade, a la faveur de la nuit : mais les Géncvois, éveillés a propos , courent aux armes, font main-basse sur les ennemis, en tuent une partie, et font pendre les autres comme des voleurs de nuit. L'an

■ 609, nouvelle tentative de ce prince sur Genève, aussi infructueuse que la première. L'an 1G10, le 2S avril, le duc de Savoie conclut, à Brussol , un traité d'alliance avec le roi Henri IV contre l'Espagne. Mais le monarque étant mort le 1 4 mai suivant , la régente, sa veuve, renonce aux engagements que son époux avait pris avec le duc de Savoie , et cherche à s'allier avec l'Espagne; ce qui souffrit peu de difficulté. Le duc , abandonne , fut obligé d'envoyer son fils en Espagne pour s'humilier aux pieds de Philippe III. Une nouvelle occasion sembla se présenter, en ib'ia, à Charles-Emmanuel, d'agrandir ses états; ce fut la mort de François, duc de Mantoue , son gendre. Dès qu'il l'eut apprise, il se mit en devoir de faire valoir ses prétentions sur le Mont ferrât. Il fait des conquêtes en ce pays; l'Espagne l'arrête; il se brouille avec elle en 1614 » et , appuyé de la France , il soutient contra cette puissance une guerre de quatre ans, qui finit par un traité signé, le 9 octobre 1617, à Pivie, Mais se défiant de Tolède,

iC4 CHRONOLOGIE gouverneur de Milan, il ne désarma et ne rendit les places qu'il avait prises , que vers l.i fin d'avril de Tannée suivante.

Nouveau projet du duc de Savoie. L'an toit), après la mort de l'empereur Malliias, il se mit sur les rangs pour lui succéder. Mais Ferdinand d'Autriche s'étant rendu à la dicte de Francfort , prévalut sur ce rival qui était absent. L'an iliaS, au commencement de février, l'ambassadeur du duc de Savoie et celui de Venise conclurent a Paris une ligue avec la France roture l'Espagne , au sujet de la Valteline. A cette ligue en succède, l'an ibi4, une autre des merues puissances contre 1m Génois. Le but de la France était d'occuper les forces espagnoles en Italie, afin qu'elles ne pussent fournir que de faibles secours dans l'affaire de la Valteline. Leduc réclamait le marquisat de Zuccarello, vendu par Ferdinand II au plus offrant , et dont les Génois s'étaient rendus adjudicataires. L'an itiaS, le duc de Savoie et le connétable de Lcsdiguières entrent dans l'état de Gènes, dont ils soumettent plusieurs places. Mais la discorde s'étant mise entre eux, en rr<a<>, devient funeste à leurs opérations. Ils font leur retraite , et les Génois en profilent pour se remeitre en possession îles places qu'ils avaient perdues. I tiarles- Emmanuel conserve néanmoins toujours un ceil attentif sur cette république. L'an 1C27, il favorise la conjuration de Vacbero contre les nobles de Gênes. Elle est dérouverte , et le duc , apprenant qu'on travaille au procès de Vachero et de ses complices qu'on avait arrêtés, fait enfermer tous les prisonniers génois qui étaient entre ses mains, en assurant que leurs vies répondaient de celles des conjurés. Mais il n'eut

ras la barbarie , après le supplice de ceux-ci , d'en venir a exécution. La m<*me année, après la mort de Vincent 11, duc de Mantoue, Charles-Emmanuel se déclara pour la maison d'Autriche , dans la guerre que la succession de ce prince occasiona. 11 comptait avoir pour sa part le Monlferrat, qu'il avait manqué après la mort du duc trançois. Cette fois ses espérances furent encore trompées.

Les incertitudes de Charles-Emmanuel flottant entre la maison d'Autriche et la France , déterminent Louis XIII a lui déclarer la guerre. La Savoie avec une partie du Piémont lui est enlevée rapidement par le duc de Monlmorenci et le

(*) pe/xces, pars dvcs de sjroit-c.tEicif.tir.

Le congrus de Vienne » expriment reconnu le droit de cette inche de succéder dan* toutes les possessions de la monarchie tard* défaut de la ligne royale.

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