‹ L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques, et autres anciens monumens depuis la naissance de NotreSeigneur, par le moyen d'une table chronologiqueChapitre 322 sur 582 · BON1FACE I · texte numérisé non relu

BON1FACE I

1060. Bohiface, fils et successeur de Guillaume, épou», t*. Marie , dont on ignore la naissance ; a". Adélaïde , fille ou petite-fille d'Adélaïde , marquise de Suze , et d'Otton , son époux, laquelle apporta en dot à Boni far e la terre de Salures, et d'autres domaines. Il eut de la première trois (ils, Guillaume, qui suit ; Ardicion et Henri ; et de la seconde , Magnifrède ou Manfrède, premier marquis de Saluées; et Adélaïde , ou Adelicic, dite aussi Adèle, mariée, i». a Roger I , comte de Sicile, qui la «répudia ; a°. a Baudouin I. roi de Jérusalem. On ne peut marquer précisément l'année de la mort de Boni face. Mais cet événement a dil être très-voisin de la fin du onzième siècle. ( Ludov. Chic», Istor. diPiemonle, pag. (ia5. )

GUILLAUME IL

1 100 ou environ. Guillaume , fils aîné du marquis Boni&ee, hérita de sa dignité. On n'a aucunes lumières sur son gouvernement. Guillaume mourut vers «126, dans un âge peu avancé, laissant de s»n épouse, dont le nom el la naissance sont inconnus , un fils , qui suit.

REINIER , ou RALNIER.

1126 au plus tard. Reipier avait succédé, l'an naC, à Guillaume , son père , comme le prouve un diplôme du 4 janvier de cette année , rapporte par Benvenuto di San-Giorgio. C'est une donation de deux pièce* de terre , faite au monastère

CflRONOLOCIE HISTORIQUE des marquis de montferrat.

de Loeedîo par Reinier cl ses deux cousins, Ardicion , fil» d'Arilirion , et Bernard, fils de Henri, lous trois qualifies marquis. Reinier mourut vers l'an u4o, laissant de Gisèle, ouGuiSLE, son épouse, fille de (iuillaume le Grand , comte de Bourgogne, et veuve en premières noces de llumbert II , comte de Maurirnor, un fils, qui suit; et une fille mariée au comte de Bbndrale. (Benvenuto di Sari-Giorgio.) Le P. Sébast. Guichenon Faoli, (CodicedipLm.) donne pour mère a ces enfanta, Bon »*

AS Se A B£.

GUILLAUME III, wt I.E VIEUX.

Vers tr4o. Guillaume, fils de Beinier et son successeur, fut surnommé le Vieux des sa jeunesse, parce qu'il montrait a cet Jrçe, dit un auteur du tems, la maturité d un vieillard. Les empereurs Conrad III et Frédéric I eurent peu de partisans plus zélés et plus constants que lui. Guillaume, l'an u4?t accompagna le premier dans son expédition de la croisade. L'an il. Sa, les Codigians, persécutés par les Milanais, eurent recours a Guillaume, pour se procurer, par son moyen, le secours de l'empereur , auquel ils envoyèrent une clef d or , que ce marquis lui présenta. Dans la diète que Frédéric tint a Humilia , Guillaume et l'évéque d'Asti lui portèrent des plaintes t> le premier contre les habitants de Cairo, qui lui refusaient l'obeiasance ; l'autre contre ceux d'Asti , qui l'avaient chassé de leur ville. Frédéric , avant mis tous ces rebelles au ban de l'empire , marcha d'abord avec une armée contre ceux de Cairo, qui s'enfuirent a son approche sur les montagnes voisines. Ce prince, en entrant dans la ville, fut surpris de la trouver déserte ; mais les maisons étaient remplies Je vivres , dont ses troupes firent provision, après quoi ils la livrèrent aux flammes. Les Astigians, qui avaient imité leurs voisins dans leur fuite comme dans leur rébellion , éprouvèrent le même chitimenl. L'an 1 1S7 , Guillaume secourut les Favesans contre les Milanais, avec lesquels ils étaient en guerre, et conjointement avec le marquis Obizzon Mal aspina , il défendit contre ceux de Milan l'importante place de Vigevano. Frédéric, i h demande de l'impératrice Béatrix, accorda , l'an 1 164, au marquis de Montferrat, par un diplôme donné le 5 octobre, au cniieau de Belforte, 1 investiture d'un grand fief avec tous 1rs droits régaliens , sur environ quarante terres dont il était composé. Par un autre diplôme du même jour, il prend sous sa protection impériale, le marquis Guillaume et ses fils, avec tous leurs meubles et immeubles présents et à venir, et confirme toutes leurs possessions , qui se montaient , par l'énuméraiion 1 qu'il en fait, a quatre-vingt-six terres. Guillaume,

1 beau "

t , a quatre - vingt-six terres, avec le comte de Blandrate , son beau-frère , et le marquis Obizzon Malaspîna , prêta la main, en 1 167 , à l'empereur, dans le ravage qu'il fit du territoire de Milan. Un revers de fortune ayant obligé ce prince , l'année suivante , a se soustraire i la poursuite de ses ennemis, le marquis de Montferrat engagea le comte de Maurienne à lui accorder le passage par ses états.

Guillaume , dit Lomgve-èyée, fils du marquis, part, en 1175, avec Heinier, son Irère, pour la Terre-Sainte, où ils se distinguèrent par leurs exploits. L'an 1178, Baudouin IV, roi de Jérusalem , fit épouser Sibylle, sa sœur, au jeune Guillaume, qu'il nomma en même tems comte de Joppé et d'Ascalon. Baudouin , se voyant ensuite sans enfants, et al laqué de la lèpre, ♦oulul se démettre en sa laveur de la royauté. Mais Guillaume refusa cet honneur, et se contenta de gouverner ce royaume comme lieutenant du roi , son beau - frère. Il était comme devant tombeau , l'an

dit empoisonné par des chevaliers d'Outremer , et sans nous anprendre s'il laissa des enfants de Sibylle, son épouse, fille à Aroauri, roi de Jérusalem. Guillaume de Tyr, dans le portait qu'il trace de Guillaume Longue - ipée (p. 1004), dit H'il était d'une taille avantageuse , qu'il avait les traita du

visage agréables , Toril vif, la chevelure blonde, qu'il se livrait facilement a la colère ; qu'il était libéral jusqu'à la prodigalité , indiscret dans ses discours , fort adonné aux plaisirs de la table t d'ailleurs d'une valeur a toute épreuve et exercée dès les premières années de sa jeunesse. L'an 1 179 , la marquise, femme de Guillaume le Vieux , se met en route pour visiter les saints lieux ; et ayant pris sa route pour s'en revenir par Cooslanti— nople, elle y assiste aux noces de Reinier, son second fils, et de Marie, fille de l'empereur Manuel , qui déclara son gendre césar , et roi de Salonich on Thessalonique.

Guillaume le Vieux, en n85, fait a son tour le voy.nge de la Terre-Sainte , pour secourir Baudouin V , roi de Jérusalem, son petit-fils, qu'il eut la douleur de voir expirer à ses yeux, l'année suivante. S'étant trouvé, l'an 1187, à la funeste journée deTibériade, il y perdit la liberté. Conrad , son second Gis, était alors en route pour venir le joindre. Ayant appris, a Constantinnple , la captivité de son père, et les progrès de Saladin , qui , déjà maître de presque toutes les places du royaume de Jérusalem , menaçait la ville de Tyr , il fait voile de ce côlé là, débarque au port de Tyr. lorsque l'armée de Saladin approchait de la ville pour en faire le siège, et y est reçu comme un ange de Dieu , par les habitants, qui l'élisent aussitôt pour leur seigneur. Conrad répondit parfaitement à l'attente des Tyriens. Saladin, étonné de sa brave défense, fait amener Guillaume le Vieux sous les murs de la place , offrant de le remettre en liberté si Conrad veut lui remettre Tyr, et menaçant de le faire mourir en cas de refus. Conrad, sans être ému ni de l'offre ni de la menace, répond qu'il sera le premier à lirer sur son père, si Saladin ne le présente là que pour mettre un obstacle à la défense de la ville : réponse fondée sans douie sur l'humanité connue du prince musulman. Saladin, effectivement , ne fit aucun mal au vicu* marquis ; mais ne voulant point consumer inutilement ses forces devant Tyr , et perdre ainsi le fruit de la victoire de Tibériade , il tourne ses armes vers les places voisines de Jérusalem. Elles firent moins de résistance , et la ville sainte ellemême tomba, le a octobre, au pouvoir des Musulmans. Conrad, cependant , avec le secours des Pisans , ayant équipé une (lotie considérable , faisait des courses sur les vaisseaux des Infidèles. Furieux de deux victoires qu'il avait remportées sur sa ilolte t Saladin revient devant Tyr , et se voit encore obligé de se re-

lui-m(*nie

l lyr,

lirer, le 3i décembre 1187, après avoir rois le feu à ses machines de guerre. Ce fut alors que pour exprimer sa douleur, et pour exciter les siens à la vengeance, il fit couper la queue à son cheval ; et c'est de là probablement, dit M. de Saint-Marc , que prit naissant* la coutume que les Turcs ont d'attacher, en signe de guerre , une queue de cheval à leur étendard. Les Tyriens, l'année suivante, vont, par ordre de Conrad, avec leurs forces navales , attaquer Azot , où ils prennent l'amiral par qui le roi Gui de Lusignan avait été fait prisonnier. Ce fut alors que Conrad recouvra son père en échange de cet officier. Guillaume le Vieux touchait alors au terme de ses jours , qu'il ne paraît pas avoir prolongé au-delà de l'an 1188 (Saint -Marc, t. VI, p. 34, col. a.) Il avait épousé, i°. Sophie, nommée Oïtbna par le P. Sebastien Paoli, fille de l'empereur Frédéric Barbe - Rousse % a*. JULIE, dile aussi Gutta , Julitk et Juoith , de la maison des marqnis d'Autriche , dont il eut cinq fils et deux filles. Les fils sont Guillaume ; Conrad , qui suit ; Reinier , que nous avons vu créé césar et roi de Thessalonique; Bonifiace, qui succéda à i onrad; et Frédéric , qui fut évêque d'Albe. Reinier n'alla point résider en son royaume, et resta à la cour de Consiantinople, où il eut part , après la mort de Manuel, son beau père, au soulèvement qu excitèrent la conduite de l'impératrice Marie d'Antioche, et celle de son -minisire, le sebastocrator Alexis. Il y mourut au commencement du règne d'Andronic Comnène. Jourdaine, fille aînée de Guillaume le Vieux, épousa le comle de Blandrale, et non le jeune empereur Alexis , fils de Manuel,

du roi , son beau - frère. Il était regarde lui succéder ; mais il le devança lui-même au 1177, suivant la chronique dAnchin, qui le

Ircrt ,

de Malaspina.

CONRAD

1188. Conrad, second fib de Guillaume le Vieux, joignit a la seigneurie de Tyr, qui lui avait élé déférée en 1187, 1

CHRONOLOGIE HISTORIQUE

«on titre de roi, par la mort de Sybille, sa femme, du chef de laquelle il le tenait. Ixs droits de cette priocesse au royaume de Jérusalem , passèrent à sa soeur Isabelle, mariée poiir Ion au conoetable Humphroi de Thoron. Conrad , veuf pour Ion de ThÈmdoiu l'Ange, ambitionnant celte faible royauté, fait casser le mariage d'Isabelle, et l'épouse. L'empereur Frédéric I s'avançait cependant par terre avec une armée considérable

marquisat de M ont ferrât , après la. mort de son père. 11 eiail dès -lors célèbre, comme on l'a vu, par de grands exploits,

que nous ne répéterons pas. Nous ajouterons seulement , qii sa première expédition fut contre Chrétien, archevêque de Mayence , que l'empereur Frédéric , après avoir (ait sa paix , en 1 177 , avec le pape Alexandre III , avait laissé en Italie avec une armée. Ce prélat étant venu , l'an 1178 , assiéger Viterbe, où l'antipape Callistc s'était réfugié, Conrad marcha au secours de la place , appelé par les nobles , et fil prisonnier l'archevêque, qu il retint deux ans dans les prisons d Aquspeudanle, jusqu'à ce qu'il eut payé sa rançon. Ce fut en 1 ittti que Conrad partit pour l'Orient. Son dessein était d'aller droit i Jérusalem ; mais les vcnls le poussèrent à Constanlinnple. Il y arriva dans le tenu que l'empereur Isaac était sur le point d être détrône par Théodore Branas, qu'un parti considérable de rebelles avail proclamé empereur. Deja celui-ci, maître de la campagne, s'avançait vers Constant 1 nople , dans le dessein de l'assiéger. Ravi de l'arrivée du marquis , Isaac le retint, et pour se rattacher, il lui donna en mariage ThÉodoua, sa soeur, avec le titre de césar, et le commandement de ses troupes. Conrad les ayant formées en ordre de bataille, se place au centre, et marche a l'ennemi. Dès qu'on fut à la portée du trait , les escarmouches commencèrent. Mais vers le midi, Conrad ayant donné le signal de la bataille , enfonce l'armée des rebelles au premier choc , et la met en déroule. Branas Lit d'inutiles efforts pour arrêter 1rs fuyards. Ni sa sois ni son exemple ne peuvent les rassurer. Désespéré de leur lâcheté, il court luimême a Conrad. La mort de ce brave guerrier eùl décidé la victoire. Il lui lance son javelot, qui ne fait que lui effleurer l'épaule. Conrad, empoignant sa pique à deux mains, la lui

Îorte au visage , et le renverse à bas de son cheval. Comme ranas demandait quartier; ne crains rien, lui dit Conrad, // ne t'en coûtera que la léle, et aussitôt il le fait expédier par ses gardes. L'empereur, qui avait assiste a la bataille, rentre triomphant dans Constant inople , faisant porter devant lui au bout de deux lances, la tète et le pied de Branas. L'an 1 «87 , tandis qu'Isaac est en marche pour aller combattre les Bulgares, Conrad s'embarque et fait route pour U Syrie . où il aborde le jour même que se donna la bataille de Tibériade. Saladin, après avoir échoué deux fois, comme. on l'a dit , devant Tyr , défendu par 'onrad, alla faire, au mois de jauvicr 1188, le siège de Tripoli. Une flotte de Siciliens étant arrivée dans ces entrefaites, ( onrad l'envoie, sous les ordres d'un brave espagnol , nommé le (.hevalier Verd , de la couleur de ses armes, au secours de la place, dont il oblige Saladin d'abandonner le liège. Conrad, de son coté, courut la mer de Syrie avec les Pisans, et remporta, sur la flotte de Saladin, les vicloirrs dont on a parle. Les affaires des Chrétiens, par la valeur du marquis, commençaient à se rétablir en Palestine Gui de Lusignan , roi de Jérusalem, fait prisonnier a la bataille de Tibériade, fui remis en liberté au mois de mars 1188. Il voulut se retirera Tyr; mais Conrad, appréhendant qu'il ne s'en reiuiit maître, 1m en ferma les portes, eL l'obligea d'aller s'établir a Tripoli II n'y resta pas oisif. Assuré d'un secours prodigieux, qui devait lui venir de toutes les parties de l'finiope, il assemble, en l'attendant, une flotte qu'il mène devant Acre, dont il entama le siège , au mois d'août 1 1N9 Conrad ne larda pas a s'y tendre, et se vil chargé, dès qu'il' parut , de la conduite de cette entreprise. Lusignan, dans ces entrefaites, perdit

vers la Palestine. Mais ce prince, arrivé en Cdicie, eut le malheur de se nover , le 10 juin 1190. Frédéric, son Gis, duc de Suabe , qui raccompagnait , ayant pris le commandement de ses troupes, les conduit à Antioche, d'où il mande à Conrad de venir le joindre pour l'amener au siège d'Acre. Conrad défère à celte invitation, et sur sa route, il reçoit, a Tyr, te comte de Champagne , qui vint y débarquer. Mais son retuui d'Antioche, avec le duc de Suabe, ne fut point sans danger. Saladin, instruit de ce qui se passait, dit la chronique de Sicard, avait envoyé l'armée que Rachardin, son frère, et Mirabal in , son fds , commandaient , occuper le district de Barutk Le duc et le marquis, pour éviter leur rencontre , se rendirent a Tripoli , continuellement harcelés , de différentes manières. >ar les Sarrasins. Ils s'y embarquèrent, et firent voile vers 'yr, d'où ils arrivèrent au siège d'Acre , dans le mois de novembre 1 190. Le marquis, a la prière du duc, reprit le commandement de l'armée, qu'il garda jusqu'à l'arrivée de Philippe Auguste, roi de France, c'est-à-dire jusqu'au 20 avril 1191. Mais quoique subordonne à ce monarque, il n'en dirigea pu moins les opérations du siège. Son influence diminua lorsque le roi d'Angleterre eut paru. Fatigué des mauvais procèdes de ce prince , il quitta le camp avec ses troupes pour s'en retourner à Tyr. Mais le besoin qu'on eut de lui , le fil presque aussitôt rappeler; nous voyons, en effet, que la place apst offert, le la juillet 1191 , de ce rendre, ce fut Conrad qui régla les articles de la capitulation. Le roi de France , qui relevait d'une graode maladie , songeait dès-lors à reprendre li roule de ses étals. Le jour de son départ étant fixé , le marqua se chargea de l'accompagner jusqu'à Tyr, où il s'embarqua, le 3 août 1191. La contestation entre Conrad et Gui de Lusignan, pour le royaume de Jérusalem, n'était pas encore décidée. Le roi d'Angleterre favorisait hautement le dernier. N'osant néanmoins trancher l'affaire d'autorité , il assembla, dans le mois d'avril 119a, les barons, pour procéder à l'élection d'un roi. La pluralité, contre son attente, fut pour Conrad, à qui Richard manda lui-même cette nouvelle à Tyr. Nais le jour même qu'il la reçut (ao, avnl), il fut assassiné par dein émissaires du Vieux de la Montagne. Tous deux ayant rte arrêtés, l'on, suivant la chronique de Nirard, fut brûlent sans rien avouer ; l'autre , pendant qu'on l'écorcfuil , confessa qu'envoyé par le Vieux , son seigneur , il avait agi par ardtt i* roi d'Angleterre. Trois jours après, la veuve de Conrad, dont il laissa Marie, femme de Jean de Brienne, fui remarie* . maigre elle, à Henri, comte de Champagne, après la mort duquel elle épousa, en quatrièmes noces , Amauri de Lus i gmi » - (Voy. le* rois de Jérusalem. )

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