OTTON
1373. Otto», dit aussi Seconootto, fils aîné du marquis Jean II , lui succéda seul au marquisat de Montferral ; ma 11 il posséda, par indivis avec ses frères, la ville d'Asti, comme son père l'avait ordonné. Les Visconli convoitaient toujours cette place avec ardeur. La voyant possédée par des mineurs, ils crurent l'occasion favorable pours'en rendre maîtres. Galeas, peu de mois après la mort du marquis Jean, vint en faire le siège. Olton de Brunswick essaya vainement de conclure avec lui un traité de pais. Voyant qu'il ne voulait rien relâcher de ses prétentions escessives , il implore le secours d'Amédee VI , comte de Savoie , pour la défense de ses pupilles. Le comte se trouva dans un grand embarras; il était à la fois parent des jeunes princes et des Visconli. Mais lorsqu'il vit le marquis de Saluces entrer dans l'alliance de ces derniers, la craiutc que leur agrandissement ne tournât à son propre désavantage , lui fit prcndic le parti de la maison de Monlferrat. Il forma lointaine une ligue contre les Visconli , dans laquelle il fit entrer le pape, le marquis d'Est , François de Carrara , et les Florentins. Cependant Galéas continuait le siège d'Asti. Amédée envoya aux assiégés des troupes qui en vinrent souvent aux mains avec les assiégeants. Enfin Otton de Brunswick pourvut si bien â la défense Je la ville , que Galéas échoua dans son entreprise, et fut obligé de se retirer. L'an 1^77 , le jeune marquis , autorise de son tuteur, termina, le i5 juin, ses différents avec Jean Galéas Visconli , comte de Vertus , par un traité portant qu'il épouserait Yolande , sosur de ce dernier et veuve de Lionel , duc de Clarence, et que Jean-Galéas , en considération de celte alliance , lui céderait , après la mort de Galéas , son
Iiii*. , les villes de Casai et d'Asti. Le mariage s'accomplit efectivement a Parie , le 3 du mois d'août suivant. Mais Jean- Galéas , comptant pour rien ses serments, retint Casai, et faisant semblant de rendre Asti , il obtint artificieusement de son beau-frère , qu'il le garderait a litre de gouverneur. Le marquis ne larda pas â s'apercevoir qu'il était joué. En vaiu il voulut se rendre maître d'Asti; Jean-Galéas refusa constamment de désemparer. La guerre était prêle â se renouveler entre les deux beaux frères, lorsqu'un accident imprévu la prévint. Le mar-
Îuis Otton était d'un caractère féroce et sujet â des accès de rénésie, dans lesquels il comptait pour rien la vie de ceux qui étaient auprès de lui. L'an 1^78, étant â Langirano, dans le pjntiesan , au mois de décembre , un léger manquement d'un valet le met tout-a-coup en fureur. Il se jette sur lui , et veut l'étrangler. Un Allemand , compatriote de ce malheureux , pour lui sauver la vie, tire son sabre , et en décharge sur la té te du marquis, un coup dont il mourut quatre jours après, laisser de postérité. 5a veuve se remaria à Louis Yisconli , de Lodi , et mourut eu i3Ua.
1378. JKAW fut le successeur d'Otton, son frère, an marquisat de Monlferrat. Comme il n'avait pas encore l'âge de vingtcinq ans , marqué par son père pour la majorité de ses enfanta, Otton de Brunswick, élan! revenu de Naples, reprit le gouvernement de ses étals. l.oin d'y former opposition, Jean , lui-même, le chargea de la régence, par un acte pisté publiquement â Monralvi , ou Montecalvo , le 3 janvier 1S79. Le recouvrement d'Asti fut le premier objet des soins <Ti régent. Jean-Oaléas , pour amuser Otton et son neveu , consentit â prendre pour arbitres de la querelle, le pape Clément VII, et Amédée VI, comte de Savoie. L'acte de compromis fut dressé, le aa janvier 1*7;), dans la place publique de Sainte- Agnès , au diocèse de Verceil , et signe par les procureurs des parties, qui conclurent en même teins une trêve de deux ans et deux mots , en attendant le jugement des arbitrei. (Benvenuto, pag. 600. ) Chazot dit que le jeune marquis, voyant qu il ne pourrait recouvrer Asti par la force , s'oceommoit avec J e wi -G a/rus , et en reçut , par dédommagement , quatrt mSk florins d'or. Nous ne voyons pas où il a puisé cette anecdote inconnue à Benvenuto dit San-Giorgio , ainsi qu'à Muraiori: la suite même en fait voir la fausseté. L'an i38i , le marquis Jean étant allé avec Otton au secours de la reine de Nsples, fut tué, le s5 août , dans une bataille livrée contre Charles*!* la Paix , compétiteur de cette princesse.