‹ L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques, et autres anciens monumens depuis la naissance de NotreSeigneur, par le moyen d'une table chronologiqueChapitre 326 sur 582 · JEAN II, PALÉOLOGUE · texte numérisé non relu

JEAN II, PALÉOLOGUE

i338. Jean, fils du marquis Théodore et son successeur, homme de coeur et prudent , comme le qualifie Benvenuto, ne négligea rien pour recouvrer les terres que ses voisins avaient usurpées sur le Montferrat pendant la vacance qui suivit la mort du marquis Guillaume V. S étant allié, dans ce dessein , a la faction des Gibelins, il enleva, l'an i33g,aux princes de Piémont et d'Achaïr , la terre de Calusco , et les autres , qu'ils tétaient appropriées aux dépens de son marquisat. Les division* qui régnaient dans la ville d Asti lui servirent aussi de prétexte pour en disputer la seigneurie a Robert, roi de Sicile , qui en était revêtu. S'étanl présenté devant celle place à la tête de ses troupes, le a6 septembre de la même année , il y entra sans résistance, parce que la garnison, faute de paie, avait mis en (âge ses armes et ses chevaux. Les Goltuari , les Koiari , et les autres Gibelins qui avaient été chassés , furent aussitôt rappelés, « prirent la place des Solari et de toute la faction guelfe. , qui furent obligés de déguerpir a leur tour. Le marquis lira de l'oppression les Gibelins en d'autres villes , et rendit cette fie don supérieure dans toute la Loinbardie. Les Guelfe*, pour reprendre le dessus, eurent recours, l'an ■"i+'i, à Jeanne, reine de Naples, qui leur envoya un corps de troupes commandé

fut sa première expédition en Lombardie. S'élant rendu maître de la place , il alla se présenter devant le château de Gameoaro, occupe par les gens du marquis. 11 poussa si vivement le siège , que la garnison promit de se rendre si, dans la Saint- Georges prochaine elle ne recevait poinl de secours. Le marquis arrive dans ce terme avec une armée composée de ses sujets et de ses alliés. Il envoyé porter le gage de bataille au sénéchal qui l'accepte. On en vint aux mains; et après un sanglant combat où trois mille hommes, du nombre desquels fut le sénéchal, restèrent sur la place, le marquis, victorieux, délivra son château et s'en retourna dans le Montferral. L'an t.347, le iu juin , la ville de Valence, pour mettre fin aux divisions qui la déchiraient, reconnut, par un acte authentique, (c marquis Jean pour son seigneur. Le mois suivant , ligué avec l.uchin Visconti, duc de Milan, il combattit pour lui à la sanglante bataille que lui livrèrent le comte de Savoie , celui de Genevois cl le prince de Morée, fortifiés des secours que le duc de Bourgogne leur avait fait passer. La victoire, après un grand carnage , se déclara pour ces derniers. Mais la perte que firent . en celte occasion , le duc de Milan et le marquis, ne les empêcha pas de faire de nouveaux progrès. Le marquis acheva de recouvrer les places que la négligence de son père avait laissé démembrer du Montferrat, et rendit son allié maître d'Albe , de Novarre , et d'autres lieux. l.uchin reconnut mal ces services ; l'agrandissement du marquis lui donna de la jalousie, et le rendit ingrat. Celui-ci se trouvant , en i34H. a Milan, fut sur le point d'y être arrêté par ses ordres ; mats s'etanl aperçu de son dessein a l'air froid et dissimulé qu'il lui montrait, il prit secrètement la fuite, et ne reparut plus dans cette ville. Le marquis n'eut plus dès-lors commerce avec le duc. Il n'en eut pas davantage avec ses successeurs , et ne travailla que pour son compte dans l'usage qu'il fil de ses armes. Par un stratagème ingénieux, il leur enleva, l'an i356 , la ville d'Asti, malgré les efforts qu'ils firent pour la secourir. Il fut également heureux à l'attaque de la ville d'Albe , et vint a bout de faire révolter toutes les autres places du Piémont qui leur obéissaient. Pour se maintenir contre les Visconti , il fit alliance avec le comte de Savoie et avec la ville de Pavie , qu'ils tenaient bloquée pour lors. Après avoir délivré les Pavesans, il prit à son service un corps des grandes compagnies de France, commando

rie comte de Lando, donl le secours lui servit a s'emparer Novarre. Mais , l'an i358, il fut obligé de rendre et celte place et celle d'Albe dans une assemblée qui se tint , le 8 juin , a Milan, pour la pacification de la Lombirdie, en présence des ambassadeurs de 1 empereur Charles IV. La guerre se ralluma , l'an i36q, entre Galeas Visconti et le marquis de .Montferrat , â l'occasion suivante : Galéas , en mariant sa fille a Lionel . fils du roi d'Angleterre, lui avait donné en dot la ville u'Atbe et d'autres places en Piémont. Lionel étant mort, Edouard Spenser, qu'A avait établi gouverneur de ces places, refusa de le» rendre, et défit même une année que duc de Milan avait envoyée contre lui. Mais comme Spenser manquait d'argent , le marquis étant venu le trouver avec une bourse de vingt-six mille florins d'or, obtint , en lui prêtant cette somme, qu'il lui engageai les places qu'il retenait. I<e duc de Milan , instruit de ce traité, conclu le a? octobre i3t>g,, fait aussitôt paner des troupes dans le Montferrat pour le ravager, l e marquis, de son toié, ayant pris à sa solde Spenser ct ses Anglais, va faire le dégât dans le Novarrais. Mais se trouvant, malgré ce renfort, inférieur au duc , il augmenta de nouveau ses forces d'un corps de brigands commande par le comte Lucio, qu'il prit encore a ses gages. Les hostilités entre ces deux princes ne cessèrent qu'a la mort du marquis, arrivée, comme le prouve Muralori , entre le 14 et le îo mars 1^73. Il avait épousé, 1". (.ËCILE, veuve, suivant Oieuliart , d'Amanieu, comte d'Astarac , et Gllc de Bernard VU, comte de Comminges, dont il n'eut point d'enfants; a*. Esct-vitsioruiE , ou ELISABETH, fille de

pv Rcaforzo D*go , son sénéchal. Le siege d'Albe sur le Tanaro I Jacques Jl , roi de Majorque , qui le fit père d'Otlon , de Jean ,

CHRONOLOGIE H1STORIQUÏ

de Théodore, qui se succédèrent dam le marquisat ; de Guillaume , mort au mois de juillet ifao , et de Marguerite , femme de Pierre , comte d'Urgel. Par son testament , le marquis Jean , attendu que tous ses enfants étaient mineurs, leur donna pour tuteurs Amédée, comte de Savoie, et Olton de Bru 11 jwirk , son parent , qui avait toujours été son principal conseiller, et qui possédait plusieurs châteaux dans le Montferral, ou il avait établi son domicile avant son mariage avec Jeanne, reine dp Naples. Elisabeth survécut plusieurs années au marquis Jean II, son époux. Ce fut elle à qui Jacques III, fils de Jacques It, roi de Majorque et son héritier dépouillé, trans-

rla. par son testament, l'an 1375, ses droits sur le royaume Majorque, klisabcth , se trouvant hors d'éut de les faire valoir par elle-même, les transmit a Louis 11 , duc d'Anjou , frère de Charles V , roi de France , entre les mains duquel ils s'évanouirent ainsi que ses autres prétentions. ( Voy. Jeanne première , reine de Naples. )

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