‹ L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques, et autres anciens monumens depuis la naissance de NotreSeigneur, par le moyen d'une table chronologiqueChapitre 333 sur 582 · DES SEIGNEURS . PUIS DUCS DE MILAN · texte numérisé non relu

DES SEIGNEURS . PUIS DUCS DE MILAN

MlLAH, ville de l'Insubrie, fondée par les Gaulois, qui , sous Yellovèse , s'établirent en Italie vers l'an de Rome 170 (584 jv.-nt Jésus-Christ ), devint la capitale d'un royaume, dont Viridumar fut le dernier roi (aaa avant Jésus-Christ). Milan alors, avec toute l'Insubrie, passa sous la domination des Romains. Les Huns, les Goths, les Lombards, conquirent successivement cette ville avec son territoire , dans les cinquième et siiième siècles de l'église. Après la ruine du royaume de ces derniers , elle tomba sous la puissance de Charlemasne, et fut romme incorporée dans la suite au nouvel empire d Occident. Mais depuis que cet empire eut été transporté en Allemagne, la ville de Milan ne pouvant s'accoutumer à la dureté du gouvernement germanique, travailla à se mettre en liberté, toutes les fois que la faiblesse, ou les embarras des empereurs lui en fournirent l'occasion. Klle ne le lit pas toujours impunément. On a vu. a l'article de l'empereur Frédéric I, le traitement affreux qu'elle s'attira, l'an îifîa, par sa révolte. S'étanl rétablie peu de tems après, le souvenir de ses malheurs ne la rendit que plus disposée à secouer le joug des Allemands : elle s'en affranchit insensiblement , a la faveur des troubles qui s'élevèrent entre le sacerdoce el l'empire. Mais incapable de se former eu république, par la division des habitants, elle eut pour maître 1rs chefs des factions qui se formèrent dans son sein. Trois familles dominèrent l'une après l'autre a. Milan , les Torriani , ou délia Torre (de la Tour) , les Visconli et les Sforces. Nous trancherons court sur la première, parce qu'elle n'eut qu'une autorité chancelante a Milan , et qu'elle n'y établit point un gouvernement Gxe.

L'an fjSy, Martin DELL* Tohre, s étant mis a la têle d'une sédition qui s'était élevée dans Milan, chasse de la ville l'archevêque Léon Perégo , avec tous les nobles, et prend en main le gouvernement. Le 4 avril de l'année suivante, l'archevêque et les nobles rentrent a Milan, en vertu d'un accommodement conclu par le légal Philippe de Fonlana ; mais cette paii, nomruée la paix de saint Ambroise , fut de courte durée. Le ag juin de la même année, l'archevêque et les nobles sont de nouveau chassés. Martin et les Milanais accèdent, l'an ia-^9. a la ligue formée , le 1 1 juin , entre le marquis Obcrt Pallavifiiii, le marquis d'Est, les Ferraraiï , les Mantouans et les Padouans, contre Kccelin, tyran chassé de Padoue , qui désolait la Lombardie par ses brigandages et ses cruautés. S'etant mis en campagne pour aller joindre les confédérés, Martin apprit, par ses espions, le 17 septembre, qu'Eccelin venait de passer l'Adila, et dirigeait sa roule vers Milan. A cette nouvelle, il se hâta d'y retourner. Ëceelin, voyant par la son coup ma 11 ué, se venge sur Monta, dont il brille tes faubourgs. Vers la n de la même année, Martin s'empare de I^odi , où s'étaient réfugiés les nobles bannis de Milan. Mais considérant la forte

haine de ses ennemis , et craignant d'en être la victime tôt ou lard, il persuade au peuple de Milan de conférer, pour cinq ans seulement, la seigneurie de leur ville au marquis Obert, espérant de conserver son autorité a l'ombre de celle du marquis. Obert accepta l'offre ; mais loin de remplir les vues de la lamille délia Torre, son principal soin fut de l'abaisser. Cependant, il ne put ruiner le crédit de Martin, qui posséda toujours la confiance du peuple. L'an 1360, les bannis de Milan s'etant emparés du château de Zubiago , Martin court aussitôt l'assiéger , force les défenseurs à se rendre , et les emmène tous enchaînés a Milan. Le peuple veut les faire mourir; Martin s'y op|K>se : Je n'ai jamais su faire un homme , dil-il , ni me donner un fils ; et par relu raison , je ne veux défaire aucun homme. Ils sont exilés en divers endroits. L'an ia63, le marquis Obert et Martin délia Torre vont assiéger, au mois d'avril , dans Arona, Oiton, Vijronti, nouvel archevêque de Milan, sacré malgré eu* par le pape , prennent la place, et obligent le prélat de retourner à Rome. Martin, la même année, finit ses jours le 18 décembre. Otton Visconli, suivant les annales du Milanez, fut nommé, celle année, archevêque de cette ville par le pape Clément IV, contre le gré du peuple, qui connaissait son attachement pour ta noblesse. Le pape , apprenant qu'on refusait de le reconnaître , et qu'on lui enlevait ses domaines , frappa ta ville d'interdit , espèce de châtiment qui dura l'espace de quatre ans. Elle n'empêcha pas Prit lippe deixa Torrr, frère de Martin et son successeur, d'ajouter a son domaine les villes de ( âme, de Novarre, de Vcrrril et de Ix»di. Il était sur le point de passer a Brescia , pour soutenir la révolte de cette ville contre le marquis Obert Pallavicini , son seigneur, lorsque la mort l'enleva, dans le mois d'août ia65, au grand regret de son peuple, si l'on en croit Paul Jove; ce qui ne s'accorde guère avec les actes de violence et de tyrannie que d'autres lui imputent.

iat>5. Napoléon della Torre se fit proclamer seigneur de Milan aussitôt après la mort de Philippe, son parent. H commença son gouvernement par se déclarer contre les nobles, donl plusieurs furent emprisonnés, et quelques-uns misa mort par ses ordres. L'interdit jeté sur la ville de Milan durait toujours, au grand regret des citoyens et de Napoléon lui-même. S'étanl concertés ensemble, ils députèrent a la cour pontificale, pour le faire lever. L'audience ayant été refusée a leurs ambasadeurs, ceux-ci eurent recoursa Charles, roi de Sicile, qui, voulant attirer dans son parti les Milanais, joignit à leurs ambassadeurs les siens propres, qu'il chargea d'une lettre trèspressante et très-ferme pour le pape, qui était alors â Viterbe. L'audience alors leur ayant été accordée, ils exposèrent, au saint père, leurs moyens de défense, en rejetant sur l'archevêque et sur les nobles qu'ils avaient bannis , tous les désordres

tffa {tassés.

CHRONOLOGIE HISTORIQUE

i le mois de novembre i abn, exigea des Milanais , pour les recilier avec le sainl siège , qu'ils reconnussent Olton pour leur eur légitime ; qu'ils lui accordassent l'entrée et la résidence i leur ville; qu'ils lui restituassent les domaines qu'ils lui

Le prélat qui était présent , s'étant alors levé, plaida sa cause avec tant d'énergie , et dépeignit si vivement l'atrocité de la conduite des Torriani envers les nobles , qu'il émut a compassion toute l'assemblée. Les députés de Milan , voyant qu'ils ne pourraient y faire rétablir le service divin qu'en recevant l'archevêque dans leur ville, promirent de se conformer a la volonté du pape. Mais, pour s'assurer de la sincérité de leur promesse, on envoya sur les lieux un légat, qui, étant arrive dans le mois de novembre 1 268, exigea des Milanais , pour les ré concilier avec le pasteur dans le__

avaient ravis, et qu'ils ne missent plus a contribution le cierge. Tout cela ayant été consenti , le légat retourne a Rome pour ramener Olton a Milan , cl le rétablir sur son »iége. Mais Clément IV étant mort dans ces entrefaites , les Torriani ne tinrent compte de leurs engagements. Grégoire X , successeur de Clément IV, étant venu vers la mi-novembre a Milan , les Torriani lui firent tant d'honneurs et de caresses qu'ils le détachèrent des intérêts d'Otton , qui , se voyant abandonné par le pape , se retira à Birlla, dans le Piémont. Les baonis de Milan l'étant venu joindre, l'aidèrent a former une armée, avec laquelle il livra bataille, le ai janvier 1276, aux Torriani qu'il mit en déroute, et fit prisonnier Napoléon avec Mosca, son Ûls, et plusieurs de ses parents. Apres cette victoire éclatante , Otton Yisconti fait son entrée a Milan, où il prend possession de son aiége, et en même tems il est proclamé seigneur temporel de la ville par le peuple et les nooles. Les Torriani, chassés de Milan, vont chercher une retraite dans le Frioul, où ils sont favorablement accueillis par Raymond, patriarche d'Aquilée, leur parent. ( Chrun. Plattntiiu) Ils n'y restèrent pas oisifs. Le plus brave d'entre eux , Casson délia Torre, fils de Napoléon, s étant misa leur tête, en ia;8, va, dans le mois de mai, s'emparer de Lodi. A cette nouvelle, les Milauais et les Pavesans accourent chacun avec leur caroccio pour faire le siège de Lodi. Mais Raymond délia Torre , patriarche d'Aquilée , étant venu au secours de la place avec un corps de cavalerie et d'arbalétriers, auxquels se joignirent les Parmesans, les Crémoiiais, les Modénois, et ceux de Reggio, cette armée nombreuse obligea les Milanais a lever le siège. Ce fut alors que ceux-ci , pour réparer cet échec, élurent, pour leur capitaine, Guillaume, marquis de Montferrat. Guillaume , les ayant ramenés avec leurs alliés , au mois d'août suivant , devant Lodi , Gt le dégât aux environs. Mais apprenant que les Parmesans , les Crémonais et les autres partisans des Torriani venaient a lui avec des forces supérieures , il prit le parti honteux de retourner a Milan. (Goh. flam. Manip. fior.) I.a voie de négociation qu'il employa l'année suivante, eut un meilleur succès. Ayant tait

S reposer aux Torriani de leur restituer tous leurs biens allo- ■aux et tous les prisonniers qu'on avait faits sur eux , a condition de rendre aux Milanais ce qu'ils leur avaient eolevé ; il les engagea par la à conclure , au mois de mars , un traité de paix Mais après qu'ils curent exécuté leurs engagements , il refusa de tenir les siens, ta guerre recommença , et se lit avec des succès variés. Cependant , Napoléon était toujours en prison. H y mourut , l'an iaH.3, au plus tard. Cette même année, l'archevêque Olton trouva moyen de se défaire du marquis de Montferrat , qui travaillait , à la faveur de son titre de capitaine de Milan , a s'y rendre sooverain. Ayant saisi l'occasion où des affaires l'avaient attire a Verceil , il chassa de la ville son vicaire, et lui eu substitua un de sa façon ; ce qui ferma le retour au marquis. ( Voyez Guillaume, marquis de MoottV rrat. ) L'an 128b, l'archevêque Olton fit la paix avec les Torriani, et leur rendit leurs biens, a condition qu'ils s'éloigneraient de Milan. Ce prélat finit ses |>>urs, â l'âge de 1^7 ans, le 8 août layX ( Muratori , Am. d'IlaJ. , tom. VII , pag. 367 , ij3 , 078 , 66j, &J7i 3 tr9» 4<>7» 4>'i 4»8»

MATHIEU V1SCONTI , »rr LE GRAND.

i»95. Mathieu Viscohti , neveu de l'archevêque Otton, et descendant d fclipiand, que Charles le Gros avait nomme vicomte de Milan, fut reconnu seigneur de cette ville après la mort de son oncle , qui, l'an latta, l'avait nommé son vicairs temporel , et, l'an ia;j4, l'avait fait nommer par l'empereur, vicaire de l'empire en Lombardie. Les principaux nobles de Milan, jaloux de son élévation, pensèrent a vouloir faire revenir les Torriani, pour contre balancer son autorité. Mais ce rappel n'eut lieu qu'en i3oa, suivant la chronique de Plaisance. Plusieurs villes de Lombardie s'étant liguées, en njfl, avec Azzon , marquis d'Est, déclarèrent la guerre a Mathieu. Sa bonne contenance les intimida : la paix se fit la même année ; mais elle ne fut point durable. Les amis ne lui manquaient pas. Il était lié surtout avec les Parmesans et avec Azzon, marquis d'Est, seigneur de Ferrare , de Modène, de Kcg^io , de itovigo , etc. , dont la fille était devenue sa bru. Mais son alliance avec Azzon était ce qui animait le plus ses ennemis , dans la crainte que ces deux seigneurs ne réunissent leurs forces pour envahir toute la l>ombardie. Le plus envenimé de tous ceux qui avaient conjuré sa ruine, était Albert Scotto, seigneur de Plaisance, parce que Béatrix, soeur d'Azzon, lui ayant été destinée, Mathieu l avait obtenue pour Galéas, son fils. Scotto fui proprement l'âme de la conjuration dans laquelle il fit entrer Philippe, comte de Langusco et seigneur de Pavie, Antoine de Fisiraga, seigneur de Lodi, les Avocat i de Verceil, les Brusati de Novarre, le marquis de Montferrat , les Alexandrins , les Comasques , les Crémonais , et d'autres peuples de Lombardie. Les Torriani entrèrent aussi dans la ligue. Mars ce au'il y cul de pire fut que les nobles de Milan , l'oncle même de Mathieu, et d autres de ses parents , se joignirent aux conjurés. Scotto qui , jusqu'alors , avait feint d'être l'intime ami île Mathieu, avant une armée formidable , vint, au mois de juin i3oa, asseoir son camp dans la terre de Saint-Martin au comté de Lodi. Mathieu , avec les forces qu'il avait pu rassembler, vint a sa rencontre. Mais tandis qu il attendait l'occasion de livrer bataille , il apprit qu'A Milan il venait d'éclater une sédition du peuple qui avait chassé Galéas, son fils, qu'il y avait laissé avec une garnison parrnesane. 11 vit de plus Conrad , son gendre , sci^rieur de Come, sur le secours duquel il comptait , se déclarer hautement contre lui. Alors se trouvant bon d'état de iaire face a tant d'ennemis, il prit le parti d'aller se remettre, le l'i juin, ou le lendemain, i4oa, entre les mains d'Albert Scotto , qui , faisant semblant d'être toujours son ami, se portait pour médiateur entre lui el les conjurés. Mathieu, enfui remettant le bâton de la seigneurie de Milan, lui demanda la conservation de ses biens propres ; ce qui lui fut promis. Mais au lieu de lui tenir parole , on le conduisit comme prisonnier a Plaisance , d'où il ne fut relâché qu'après avoir consigne , entre les mains de son vainqueur , le châieaa de Saint-Colomban. S'étant, après cela, retiré i Borg" san- Donnino , il y attendit le retour de la bonne fortune. Le* Torriani étaient déjà rentrés à Milan, où ils s'étaient remis en possession de leur ancien patrimoine. Mais , voulant encore recouvrer la seigneurie de celte ville , ils éprouvèrent de grandes oppositions de la part des nobles, qui voulaient s'ériger en république. Albert Scotto tint, a celle occasion, dam Plaisance, un parlement où se trouvèrent les députes de II plupart des villes de Lombardie; mais il ne parait pas que rien y ait été conclu pour le gouvernement de Milan. Mathieu Visconti faisait crpt-ndanl des tentatives pour retourner en te lté ville ; el Scotto, niécoolent des Torriani, favorisait son dessein. S'étant dèlaehe de la ligue, il entra en campagne avec une armée considciable pour reconduire Mathieu Visconti à Milan. Mais les Torriani, appuyés par le marquis de Mnniferral ei plusieurs villes de JLÂmbardie, rendirent ses efforts inutiles; «

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