JEAN-MARIE VISCONTI
i4oa. Jean-Mabie, fils aîné de Jean-Galéas, né le 7 sep tembre |388, fut son sucesseur au duché de Milan. Comme il était mineur, il demeura sous la tutelle de Catherine, sa mère, et sous la régence de Pierre de Candie, archevêque de Milan , de Charles Malatesta, seigneur de Rimini et de Jacques de Verme. Le peu de sens de la duchesse Catherine donna lieu aux factions des Guelfes et des Gibelins, que l'attention de Jean-Galéas avait comme assoupies , de se reveiller. Plusieurs villes se retiri-rent de l'obéissance du jeune duc. Le cardinal Ballhasar Cossa, légat du pape Boni face IX, attisait le feu de la révolte, et faisait, de son côté , des conquêtes dans le Bolonais. Les régens du Milanez, pour empêcher la ruine entière de leur maître , prennent le parti de faire la paix avec le pape, a qui ils cèdent, par traite du aâ août 140 3, Bologne , Assise et Pérouse. Sienne, dans le même tems , recouvra sa liberté. Le duc Jean Marie, s'étanl brouillé avec sa mère, la fait enfermer, l'an 1404, dans le château de Milan, où elle mourut le i5 septembre de la même année. Philippe- Marie, frère puîné du duc, et comte de Pavie, est, dans la même année, emprisonné par un citoyen puissant de Pavie, nommé Zacheria , et perd, durant sa captivité, Verceil, Novarre, et d'autres terres qu'il possédait en Piémont. Voilà donc cette puissance des Visconti, dit Muratori, si formidable jusqu'alors . entièrement culbutée. Le duc Jean-Marie voyaut les factions des Guelfes et des Gibelins également soulevées contre son gouvernement, se détermine , Tan i4"o\ par le conseil des amis de sa maison, a nommer gouverneur de Milan, que ces factions déchiraient a l'cnvi, Charles Malatesta, sei-
gneur de Rimini , l'un des plus sages et des plus braves seigneurs d'Italie. Mais l'année suivante, les Milanais s'étaut donnés au maréchal de Boucicaut, déjà gouverneur de Gêne», il se retire. Boucicaut perd, l'année suivante, l'un et l'autre gouvernement. Sa retraite forcée, qu'on regarda comme l'ouvrage de Facino Cane, augmenta considérablement le crédit et le pouvoir de celui - ci , son ennemi capital , qui , étant en guerre avec le duc, fit une trêve, et ensuite, le 3 novembre i4oç), un traité de paix avec lui. La nouvelle de cet tenl causa une joie inexprimable a Milan, où Cane entra, comme en triomphe, à la tête de ses troupes. Mais, dès le mois d'avril suivant, une querelle qui s'éleva entre ses gens et ceux du duc, le mit en danger de perdre la vie, et lui laissa à peine le tems de se sauver à Bosate. Son absence fut courte, et le 7 mai suivant, il revint a Milan, où il fat décoré du titre de gouverneur. Le duc et lui , bientôt après indi posés contre Phdppe-Marie , frère du premier et comte de Pavie, le contraignirent, les armes à la main, de se re trancher dans le château de celte place , qu'un siège vigoureusement poussé, l'obligea de rendre l'année suivante. I* duc Jean-Marie triomphait de cette conquête, sans »'*[*'revoir qu'il travaillait à la ruine de sa maison. A mesure qu'il avançait en Age, il développait la férocité de son caractère. Elle était montée au point que, dans les dernières année* de sa vie, il faisait dévorer par des chiens affamés ceux qu'.l haïssait, et qu'il avait condamnés au dernier supplice. Ce prince repaissait ses yeux de cet affreux spectacle. Le ministre de ses vengeances, chargé de cette meute sanguinaire, s'appelait Squarcia Girarao. Tant de cruauté et d'avarice devenant a la fin insupportable , deux frères, André et Paul Baucio , qui servaient dans sa maison , François Maino , *t trois hommes illustres par leur naissance , les deux Pusterli , et Aconcio Trivulci , se mirent a la tête de trente autres conjurés; et comme le duc allait à l'église de Saint-Gothai J, le 16 mai i4ia, les deux frères Bauci et François Maino le poignardèrent. Facino Cane , avec qui Jean-Marie s'était reconcilié, éuit à toute extrémité, lorsqu'il apprit la mort da duc. Il pria les officiers oui l'entouraient de la venger, et Je se réunir sous Philippe-Marie , son successeur; il mourut loimême quelques heures après. Jean-Marie avait épousé , le 8 juillet 140S, AjcroiXBTTE , fille de Malatesta, seigneur de Césène et de Rimini, dont il ne laissa point d'entants. ( Mont. Annal. Itat., 10m. IX.)