‹ L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques, et autres anciens monumens depuis la naissance de NotreSeigneur, par le moyen d'une table chronologiqueChapitre 338 sur 582 · DES DUCS DE MILAN. 18S · texte numérisé non relu

DES DUCS DE MILAN. 18S

être étranglé. On vit avec hor- de Milan. Ce fut alors qu'il quitta le titre de comte de Tertus ,

qu'il avait porté jusqucs-là. Par un autre diplôme du i3 octobre i3y6, Wenceslas lui abandonna l'autorité souveraine sur presque toutes les villes de Lombardie, qui relevaient de l'empire, telle double faveur, accordée sans le consentement des électeurs, les indisposa contre Wenceslas, et fut un des motifs qu'on allégua, quelques années après, pour sa déposition,

L'an 1397, Jean-Galéas déclare la guerre a François de Gonzague , seigneur de Mantoue. Deux batailles qu'il perd dans le même jour (28 août de cette année) , l'une navale, sur le Pô, l'autre par terre, ne le déconcertent point. 11 envoie , dans le Mantouan, de nouvelles forces qui le rendent maître de plusieurs places. Mais apprenant que les Vénitiens se préparent a venir au secours de Gonzaguc et des Florentins, ses confédéré*, il fait proposer une trêve, qui fut acceptée et signée le 11 mai de l'année suivante. La puissance de Jean-Galéas va toujours en croissant. L'an i3ga, il acquiert, pour deux cent mille flo- , de Gérard d Appiano, la ville de Pise, au mois de ' piton. ) Celle de Sienne , qui l'avait leur , le proclame de m*me son seigneur au mots uaoul. Sommé, l'an 1401 ? par l'empereur Robert, de restituer, au domaine de l'empire, le duché de Milan , il répond fièrement qu'il le possède par la concession de l'empereur légitime et par une investiture conforme a l'usage et aux lois. Robert, sur cette réponse, à laquelle il devait s'attendre, lève une armée dont il donne le commandement à. François Carrara , italien, général expérimenté; ce qui cause un vif dépit k Léopold, duc d'Autriche , surnommé le SuprrU. Galéas, apprenant cet armement, emploie Pierre de Tusiman, son médecin, ami d'Uerman, premier médecin de l'empereur, pour engager celui-ci a faire périr son maître et ses fils par le poison. Le complot est découvert à Sulzbach, le 20 avril, avant qu'il eût son exécution. Robert passe les Alpes avec son armée dans le mois de septembre, et arrive, par le Trentin , dans le territoire de Brescia, dont il se disposait a faire le siège. Facino Cane, chargé par Galéas de défendre cette ville , voyant l'empereur campé non loin du lac de Garde, fait une sortie pour venir l'attaquer. C'était l'usage alors , qu'avant d'eng.iger une action générale, les chefs respectifs des armées préludassent entre eux par des combats singuliers. Théodore, marquis de Mootferrat, du cdlé de Galéas, attaque Frédéric, burgrave de Nuremberg, et d'un coup de lance le désarçonne; ce qui met le trouble dans la troupe qu'il commandait. Le duc d'Autriche s'étant avancé, est également renversé par Charles Malatesta, seigneur de Rimini, pris et emmené prisonnier. Mais Jacques Carrara, fils de François, désarçonne a son tour le vainqueur de Léopold , et rétablit en partie le combat. lies Impériaux t cependant, méditaient la retraite. Facino, qui se croyait vainqueur par la prise de Léopold, ne poursuivit pas ses avantages , et reprit la route de Brescia. Cette bataille, ou plutôt celte escarmouche, est du 17 octobre, suivant M. SchoepQin (Act. Acad. Palat., t. Il, p. aoi ), et du 21 , selon Muratori. Trois jours après, on vil revenir' au camp le duc d'Autriche, sain, sauf et entièrement libre. L'empereur témoigna de la joie de son retour. Mais Carrara reçut une lettre de Brescia t par laquelle on lut mandait que Léopold n'avait obtenu sa liberté qu'en

marie, comme avec Yolande, sa cousine , fille de Galéas , et eut de son père la seigneurie de Lodi. Raoul , le troisième , fut créé par son père , seigneur de Bergame. Charles, le quatrième, seigneur de Parme, épousa l'an i38a, Béatrix, fille di Jean 11 , comte d'Armagnac Maslin , le cinquième, seigneur de Rrescia , prit en mariage Antoinette de la Scala. Viridc l'aînée des filles de fiernabo, fut alliée a Léopold 111 , duc d'Autriche. Thaddée , la deuxième, épousa Etienne, duc de Bavière - Ingolstadt. Agnès , la troisième, fut accordée à François de Gonzague. Anglaisie, U quatrième, épousa Frédéric, burgrave de Nuremberg. Valenline, la cinquième, donna sa main a Pierre 11 , roi de Chypre. Antoinette, la sixième, devint femme d'Eberhard II , comte de Wurtemberg. Catherine, la septième, fut mariée a Jean-Galeas, son cousin , duc de Milan. Madclaine, la huitième, épousa Frédéric, duc de Bavière , a Landsbut. Elisa belb, la neuvième, eut pour époux Ernest , duc de Bavière.

Lucie , la dixième, fut mariée a Edmond Holland , comte de Kent. ^

La lubricité de Bernabo le cédait guère à

ne

son avarice.

De quatre maîtresses, il eut treize bâtards qa'il pourvu!

avantageusement , sept filles et six fils , dont les deux plus remarquables sont Hector, qui prétendit au duché de Milan , et fut tué l'an 1412 ; et Saeromor, tige des comtes de Seze.

. et mourut , peu , de jours après , de ses blessures ôu de poisorj. ( Vqyet les comtes tl Armargnac.) On fil, au mois de janvier suivant , une trêve de cinquante ans, au moyen de laquelle François Ngvelto Carrara fut remis en possession de Padoue, en s'obligeant de payer cinq cent mille florins à Jean-Galéas , dans le cours de cinq anuces. L'an i3g5, Jean-Galéas obtint un honneur que ses préd« tueurs avaient vainement sollicité. A l'appât de cent mille florins d'or qu'il offrit a Wenceslas. roi des Romains , ce prince lui accorda, par un diplôme du premier mai , le titre de duc

promettant de le livrer aux ennemis. L'i

sur cette

nouvelle, envoie Carrara a Padoue, pour le mettre à couvert des embûches qu'on lui dressait , et va l'y joindre ensuite , après avoir licencié une partie de son armée. De U il se rend i Venise, d'où, après quelques jours, il retourne en Allemagne, voyant que les Italiens craignaient encore moins la domination des Visconti que celle des Allemands. L'an i4oa, la ville de Bologne, ^ limitation de celle de Pérouse, choisit, le 10 juillet, Galéas pour son protecteur , après une victoire qu'il avait remportée, le 26 juin précédent, sur les Bolonais et les Florentins; victoire dont fut la victime Jean Bentivoglio , seigneur de Bologne , que ses sujets massacrèrent le 28 du même mou. (Murât,

CHRONOLOGIE HISTORIQUE

Ann. , t. IX. p. 9.) Maître de celte ville, Jean-Galéas ne larda élever nne ci

as d'y faire élever nne citadelle ; ce qui mortifia beaucoup les olonais. Mais les Florentins eurent bien lieu de trembler pour eux-mêmes, en se voyant entourés de tout coté, dit Muratori , par ce grand serpent, maître de la Lunigiane, de Pise, de Sienne, de Pérouse et de Bologne. Leduc, néanmoins, calma leur frajeur par un traite de paix et de confédération qu'il fit avec eux. Ce qui dut encore plus les tranquilliser, ce fut la mort de Jean-Galéas qui suivit de près ce traité. S'ctant transporté de Pavie, où la peste régnait, à Marignan , il y tomba malade, sur la fin d'août i4"i, et y mourut le 4 septembre suivant, laissant de Catherine , sa femme, deux fils : Jean- Marie , son successeur au duché de Milan ; et Philippe-Marie, qu'il fit comte de Pavie, Verceil, Alexandrie, Tortone, Vérone, Viccnce , et d'autres villes ; avec une fille, Valenline, dont on vient de parler. (Corio. Mural.) A Gabriel, l'un de ses fils naturels , qu'il avait fait légitimer, il laissa Pise et Crème. Jean- Galéas fut le plus célèbre des Visconti ducs de Milan. Il protégea les arts et les lettres; il fixa, dans l'université de Pavie, les hommes les plus célèbres de son tems ; les deux Raphaelli , Fulgnso , le Comasco , Hugues Siesmc , Biaise Pelacarne, Antonio Vacca , Emmanuel Chrysolore , Pierre Phi large , depuis le pape Alexandre V. 11 établit l'ordre dans l'administration de ses étals ; chose inconnue avant lui : et la diplomatique lui fut redevable d'avoir le premier rassemblé avec ordre, dans les archives, les litres et les acles publics. Ce fut lui qui ramena l'art militaire en Italie. la cathédrale de Milan , qui n'est pas encore achevée, la citadelle de Pavie, le pont du Tesin, et la chartreuse de Pavie, où il est enterré, sont ses ouvrages. Il enrichit sa patrie, en y rétablissant l'agriculture, et faisant creuser des canaux qui en font encore la richesse. «Ses conquêtes l'avaient conduit au point d'aspirer a se faire roi d'ilalie ; et s'il eût vécu plus long-tetns, il pouvait en venir a bout. Il fut sévère pour faire observer a ses su)ets la justice qu'il violait impunément lui-même. Je veux, disait-il, qu'il n'y ait point d'autre voleur que moi dans mes états. ( Lalande, Foyage d'Italie.) Sa veuve Catherine lui survécut.

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