FRANÇOIS SFORCE
»447« François Sforce, ou Spobza , né le a3 juillet i4o>» était fils naturel de Jacques Attendolo , dit Jacomuzzo , et surnomme Sforce, qui, desimpie paysan de Cotignola dans la Romagnc , était parvenu , par sa valeur , aux dignités de connétable du royaume de Nantes et de goofalonicr de l'église romaine. François Sforce n'avait que quinte ans lorsqu'en 141 5 , il fut emprisonné à Bénevent avec son père , par ordre do Jacques de Bourbon, comte de la Marche, qui venait épouser Jeanne II , reine de Naples. Relâché, l'année suivante , il combattit, l'an 1417, à côté de son père, près de Toscanelle, contre le général Tarlaglia, et il fit , dans ce premier essai «le sa valeur , des exploits dignes d'un capitaine consommé dans le métier des armes. Son père , l'année suivante , lui fit épouser Polixène de la maison de Rufo, qui lui apporta en dot la ville de Monlalte et beaucoup de belles terres en Calabre. L'an 1 434, après la mort de son père, étant venu se présenter devant la reine Jeanne dans la ville d' A versa, il en fut accueilli avec les marques de l'affection la plus vive , et de la plus parfaite reconnaissance pour les services importants que Jacques Sforce avait rendus à cette princesse. Ce fut alors qu'elle fit prendre à François le surnom de Sforce , au lieu de celui d'Attendolo qu'il avait porté jusqu'alors. L'an i4»5, il passa au service du duc de Milan avec quinze cents cavaliers qui avaient fait leurs preuves de valeur sous Jean-Galcas. Le duc l'envoya , sur la fin de l'an 1 437 , au secours de Gènes , contre Thomas de Campofregose , et d'autres bannis qui infestaient cette ville. Mais étant entré dans les gorges de l'Apennin , plusieurs des siens y périrent accablés par Tes paysans, qui faisaient rouler sur eux des quartiers de roches du haut des montagnes; et le reste eut peine à gagner, avec lui, le château de Konco. Ses envieux se prévalurent de ce revers pour le décrédiler dans l'esprit du duc , dont ils obtinrent un ordre pour le reléguer à Mortare, où il passa deux années, sans pouvoir se justifier. On prétend même que, si le comte Guido II Torelii n'avait pris hautement sa défense, deux fois il courut risque de perdre la téte , parce qu'on le soupçonnait de vouloir aller se mettre au service des Vénitiens ou des Florentins. Convaincu à la fin de son innocence, le duc lui rendit sa faveur; et l'an t43o , il l'envoya à la défense de la ville de Lucques , dont il obligea les Florentins de lever le siège. Ce prince désirant de recouvrer liertpme et Brescia, dont les Vénitiens s'étaient emparés, fit équiper sur le Pô, contre eux, une flotte considérable à la tête de laquelle il mit François Sforce, Guido II Torelli , Nicolas Piccinino, et d'autres habiles capitaines. Après divers combats contre la flotte vénitienne , ils remportèrent sur elle une victoire complète , le a3 mai i43i. Deux ans après , d'intelligence avec le duc, Sforce enleva, au pape Eugène , la marche d'Ancône , feignant d'agir au nom du concile de Râle , qui avait rompu alors avec ce pontife. 11 eut poussé plus loin ses quêtes dans l'état ecclésiastique , si F.ugène n eût trouvé m de le regagner en le créant gonfalonier de l'église. Piccin l'ayant supplanté auprès du duc , il prêta l'oreille à l'offre que les Florentins lui firent, en >4^4« " u commandement de leurs troupes , avec lesquelles il les remit en possession de la Lunigiane que Piccinino leur avait eulevée. Le duc de Milan l'ayant in parti, sous la promesse de le faire son gendre,
CHRONOLOGIE HISTORIQUE
l'envoyai l'an i438, au secours de René* d'Anjou, qui disputait Je royaume de Naples a Alfonse, roi d'Aragon. Les Vénitiens l'ayant appelé, l'année suivante, pour l'opposer a Nicolas Piccinino , il remporta deux victoires sur lui et sur François , son fils. Il fit sa paix ensuite avec le pape, qui avait recouvré la Marche d'Aneône. Alors le duc , son beau-père , se voyant pressa de tout côté par ses ennemis, sentit le besoin qu'il avait de son bras pour leur résister. L'ayant , à force de prières et de promesse*, engagé a revenir, il le déclara capitaine général du Milanez. Les choses changèrent bientôt de face sous ce général. En peu de tems, il fit la conquête de Plaisance, de Novarre, d'Alexandrie, de Tortone, de l'arme, de Vigevano. Enfin, après la mort de son beau-père, il prétendit lut succéder; mais il eut quatre concurrents, le duc de Savoie, les Vénitiens , le roi de Naples, et < harles, duc d'Orléans, et petit-fils du duc Jcan- Galéas, par Valcntine , sa mère. Les Milanais, pour les accorder, prirent le parti d'abolir la puissance ducale, et de s'ériger en république. Ils nommèrent des régents de l'état , et donnèrent a François Sforce le commandement de leurs troupes. I<es avantages considérables qu'il remporta sur les Vénitiens justifièrent ce choix; mais ces mêmes avantages l'ayant rendu suspect aux Milanais, il s'accorda, le 19 octobre 1448, avec les Vénitiens, et se ligua avec eux contre ses premiers maîtres. L'an 1449 • après s être emparé des environs de Milan, il forma le blocus de cette ville, et vint a bout «le l'affamer. Le peuple alors s'élanl soulevé , lui fait ouvrir les portes : Sforce y entra le »5 mars t4-">o, et fut solennellement proclamé duc. Par traité fait la même année avec Borso d'Est , duc de Ferrare , il obtient les territoires de Cunio, de Barbiano, et de Budrio, dans le Ferrarais, pour étendre la juridiction de son comté de Cotignola, dont ils étaient limitrophes. (Busching.) L'an 1464, il fait la paix avec les Vénitiens, qui lui avaient déclaré la guerre en i45a. 11 s'accommoda, la même année, avec Alfonse, roi de Naples, contre lequel il avait soutenu jusqu'alors les intérêts de la maison d'Anjou. Le roi Louis XI lui ayant cédé les droits de la France sur Gênes, il envoie. Tau i4t>4, des troupes dans cette ville , dont il se fait reconnaître seigneur. L'année suivante ne fut pas moins fortunée pour lui. Ferdinand I d'Aragon, roi de Naples, ayant enlevé, au prince de Tarente, la ville et le duché de Bari, ainsi que toutes ses autres
fossessions , les donna , l'an 1 4<>5 , au duc de Milan. (Busching.) rançois Sforce gouverna ses états avec beaucoup de modération , et on a dit de lui que jamais usurpateur ne devint meilleur souverain. 11 mourut, le M mars 1466, comblé de gloire et de bonheur. Les historiens rapportent qu'il gagna , pendant sa vie , vingt-deux batailles , sans jamais avoir été vaincu. Il avait épouse, i». comme on l'a dit, Polixeke Rutta^ dont il n'eut point d'enfants; a*, l'an «441, Blanche - Maris Visookti, fille naturelle du duc Philippe- Marie , dont il laissa Galéas-Marie , qui suit ; Philippe-Marie , comte de Pavie , mort en i479î Sforce-Marie , duc de Bari , mort la même année; Ludovic-Marie , dit le More, qui fut un de ses successeurs ; Asragne- Marie , évêque de Pavie et de Crémone , puis cardinal; Octavien,qui se noya l'an 1476; Hippolyte, femme d'Alfonse, duc de Calabre, puis roi de Naples; Elisabeth , mariée à Guillaume, marquis de Monl ferrât. François Sforce laissa aussi plusieurs bâtards, dont les deux principaux furent Sforce, tige des comtes de Borgooovo, cl Jean -Marie, archevêque de Gênes : Ce fut sous son règne que fut creusé le canal Marttsana, qui vient de l'Adda se réunir à Mi canal dit il Xaoigfio grand*.