‹ L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques, et autres anciens monumens depuis la naissance de NotreSeigneur, par le moyen d'une table chronologiqueChapitre 386 sur 582 · DES COMTES DE MONTLCHIARUGOLO · texte numérisé non relu

DES COMTES DE MONTLCHIARUGOLO

il passa au service du pape Sixte IV, et de Ferdinand , roi de Njples , après avoir mis dans son traite avec ces puissances , <l>rd ne porterait jamais les armes contre les ducs de Milan vt de Mantoue.

Lorsque les Rossi , soutenus par la république de Venise, te révoltèrent contre le duc Jean-Galéas, les comtes de Muotccliiarugolo se divisèrent. (Affo , /*/. di Guast. , toro. Il , r>ag. 94.) Gui et Amurath , frères de Marsilio , embrassèrent le parti des Vénitiens ; et ce dernier leur rendit de si grands services, qu'a sa mort , arrivée en 1*83, la république fit écrire à ses frères pour leur témoigner son regret de la perte de ce grand homme , et donna le commandement des troupes qu'il avait sous ses ordres , a Gui, alors protonotaire aspostolique. (Angeli, Isl. di Parnux, pag. $18.) Mais le comte Marsilio ei Ctacomazzo restèrent fidèles au duc, qui, justement irrite de U défection d'Amurath , confisqua ses biens et en investit Marsilio le 10 septembre 1483, Ce prince, voulant donner de nouvelles marques de sa confiance a ses deux fidèles vassaux , les nomma, par lettres du 18 septembre i483, pour commander tous deux dans le Bressan. Pendant le siège de Gènes, Marsilio , aidé par François Secchi d'Aragone , et quelques troupes d'élite que Frédéric Gonzague lui avait envoyées , introduisit dans la place Batlistino da Campo-lregoso , son beau frère, doge de cette république, le même qui, en novembre de la même année , fut fait indignement prisonnier par le cardinal Paul Fregose , archevêque de Gênes , dans une visite qu'il rendait a ce prélat , et tut obligé de lui céder la charge de doge pour sauver sa vie. (Aim. d'il., tom. X, i4tâ) Rappelé par Ferdinand I , roi de Naples , Marsilio mérita l'affection de ce prince, qui l'admit dans son conseil d'étal, et le combla de bienfaits. Il lui rendit de grands services pendant la guerre contre les barons (< amillo Portio , Con fitira dit Baroni , fol. 5a et S4) , et mourut d'une lièvre tierce , à Tlielti , dans l'Abruzze , le i5 août i+yo. Le comte Secchi d'Aragone, général célèbre et favori de Frédéric, troisième marquis de Mantoue, qui avait épousé Catherine de Gonzague, (for- Louis de Gonzague, deuxième marquis de Mantoue ) soeur naturelle légitimée du duc, son maître , eut de celte alliance une fille unique, nommée Pailb, qu'il maria au comte Marsilio. Elle laissa a la maison Torelli , par son testament lait a Ferrare, le aa octobre de l'an idoo, des biens considérables, que recueillirent ses enfants. Marsilio laissa de relie union Christophe et François, qui suivent, une lille nommée Orsina, donnée en mariage au comte François Sforce , des comtes de Santa-Fiore , seigneur de Caslel - Arquato , point d'enfants, morte a Reggio, le 32 iuillc

ni,

de plus un fils natun di Miiano : Cronica

I, nommé Hector di Parma del di Parma.')

dont elle n'eut i53i. Il ( y uy. Corio , Iilor.

£<ba | Itlçr. manuscripta

CHRISTOPHE II rc FRANÇOIS I.

jigo. Christophe et FtiAnçois , étant près de leur majorité, restèrent sous la curatelle de Paule Secchi , leur mère, qui défendit leur droit sur les impositions du comté de Guastalle, que la comtesse MaJelaine del Caretlo et Pierre-Gui II lui disputaient parJevaul le duc Louis-Marie Sforce. La comtesse Paule et ses enfants furent cooGrmés dans ce droit par ctkf lettre du duc du 5 mai i4')4 * et par une sentence rendue en sa faveur, en i5oi, où elle fut réintégrée dans les biens même confisqués au comte Christophe , son fils , qui avait déjà encouru la disgiice du duc de Milan. H avait appelé a son secours , lorsqu il perdit ses états, son oncle. Gui le Protonotaire, qui, avec, (es troupes que Jean Bentivoglio lui avait en vûvcés de Bologne , était parvenu à reprendre Montcchiaru- K<Jo, et à le restituer a son neveu. (Voyez Diario Femme, ■497 » 7 février et aa juin ; Muralori , Rer. Itai. , IV.) Christophe ne fui pas heureux dans le choix

des partis qu'il embrassa. Devenu gendre de Robert San-Severino , l'un des plus zélés défenseurs du duc de Milan , il se rapprocha de ce prince et s'attacha a sa fortune. Apprenant qu'il revenait d'Allemagne pour recouvrer le Milanez, Christophe fait enlever , par Thomas Canlelli , le 1 1 février de l'an iooo, le pavillon français qui flottait sur les remparts de Parme, pour y substituer celui du duc: ce qui occasiona de grands tumultes dans cette ville, et coûta la tête a < anlelli, le a3 mars de l'année suivante. Mais déjà Jean-Jacques Trivulcc, qui venait de remplacer le maréchal de Chaumont , dans le commandement de l'armée du roi Ixiuis XII, s'avançait. Il avait pris Concordia; Bologne lui ouvrait ses portes; le ai mai, Parme suivit le même exemple ; et Montechiariignlo assiégé , quoique vaillamment défendu , fut pris par les Français dans les premiers jours de juin, confisqué et donné, en récompense de leur service, a MM. de Prie et de Girael. Ce dernier fut quelque tenu commandant à Parme. L'auteur du Diario Femarese(pag. 386), dit que la prise de la forteresse de Montecliiarugolo coûta aux Français sept chariots remplis de morts ,

3ue l'on rapporta à Parme pour les y ensevelir. Christophe , épouillé de ses états , servit les Florentins , puis l'empereur Maxirailien , avec lequel il ne fut pas non plus très-fortuné. François IV, marquis de Mautoue, lui confisqua, le 37 juin i5o6, les biens qu'il pouvait avoir dans le Manlouan, ainsi que ceux de François , son frère, pour les punir d'avoir fait des irruptions a main armée dans ses étals , et en investit Françoise Bentivoglio, femme de Gui le Protouotaire , leur oncle. Lorsque le comte François eut racheté Montechiariigolo, en ii>o3, Christophe se relira a Coënzo, fief donl il fut investi par Maximilien 1. Absout et rétabli dans ses biens allodiaux , par Louis XII , suivant les lettres-patentes de ce prince, expédiées de Blois au mois de janvier iSoH, il vint habiter Parme, et vécut jusques au-delà de l'aunée i5*a. On ignore celle de sa mort, il avait épousé Ippolita , fille de Robert San-Sevcrino, général célèbre. , lue en 1487, qui se trouva à presque toutes les affaires de son lems. Il en eut Marsilio et Frédéric , comte de l.oë'nzo , dout la postérité s'éteignit peu après , et dont les biens furent recueillis par le comte Pomponio Torelli. Marsilio l'aîné eut entr'autres enfants Barbara , célèbre en Italie par ses poésies comme par sa beauté , mariée en premières noces , avant le mois d'octobre 1491 > a Hercule Bentivoglio, noble bolonais et ferrarais , et poète lui-même. l' Ile fut tendrement aimée d'Hercule Strozzi , également noble et poëte ferrarais, qui l'épousa, en i5o8, après la mort de son premier mari. Mais un rival, jaloux de cette union , poignarda son époux treize jours après ses noces. Barbara fut inconsolable de sa perte. Elle fit un sonnet touchant à ce sujet, qu'on trouve dans les Rime scelle de Poeli Ferraresi de Bergatli : il est rapporte ci-dessous (1). Après avoir fait son testament à Bologne, le del'

novembre de l'an i533 Parme dans des senlime

elle vint fini its chrétiens.

peu après, ses jours

(1) Spetita * d'Amor la face, il dardo è rollo, E l'areo , e la faretra , e ogni sua pow» , Poi eh" ba Morte rnidel la pianta irma, A 1a cui ombra cbeta io dormia sotlo.

Deb ! perrh* non pou' io la brève fowa Sern entrar do»e ballo il destin condotto, Colui , cbe appena cinque giorni , et olto Amor lego pria délia ara» pertossa î

Vorrei eol foco mio quel freddo ghiaceio lnlepidire, e rimpastar eol pianlo La polve, e ravvivarla a nuov» rita j

E vorrei pnseia baldantoM , e aedila

Moslrarlo a lui , rte rnppe il earo lacelo, E dirgli : Amor (mostro crudel ! ) pub taoto ( Ce sonnet m trouve aussi dans Borsetli , Hist. G) mnaùi. )

FRANÇOIS , seul.

CHRONOLOGIE HISTORIQUE

raît par un bref d'absolution du 34* août i5i7Î qu'il obtenu i ce sujet du pape Léon X ,

i5o3. Fbahçois Torelli, SU du comte Marsilio, commença par servir sous le général Paul Vitelli , décapité depuis en 1491s. Il eut ensuite une compagnie de cent hommes d'armes sous Charles V1U ; et sous Louis XII, il se distingua, comme on Ta vu, au siège de Milan. Ayant racheté Montechiarugolo de MM. de Gimel et de Prie, il rentra, eu avril iSoi , dans cette forteresse, où il trouva son palais entièrement dévasté. Le maréchal Trivulce, sous lequel il avait combattu , et qui l'aimait beaucoup, lui donna en mariage Damigella, sa nièce (1), nue les historiens ont tant célébrée , et dont l'esprit et l'érudition étaient regardés comme un prodige : ut poliùs prodigium quant famina existimetur. C'est l'expression de Philippe de Bcrgame, auteur conlemporain , qui la voyait souvent. (Voy. l)e claris seler.fisque Mulieribus.)

François donna au roi François I , lors de son arrivée en Italie , des preuves de son attachement a ses intérêts, en conduisant a son service tout ce qu'il put ramasser de troupes. 11 paraît qu'il combattit avec lui à la bataille de Marignan. Le roi Je prit tellement en affection, qu'à son passage à Parme, en décembre de la même année, il daigna l'aller voir à Montechiarugolo , où le comte eut le bonheur de le recevoir et de le traiter ainsi que toute sa cour. Ce prince, donna cette année, au comte François , le gouvernement de Parme. Ayant besoin de renfort, Torelli y 6t venir , le 6 avril i5i6, trois compagnies d'ordonnance de gascons ; mais elles y causèrent tant de desordres et de pillage , qu'il fut obligé de les renvoyer, pour empêcher les habitants de se révolter. Les soins qu'il prit pour contenir les Parmesans , la sévérité dont il fut obligé d'user envers eux , son zèle i protéger les Français et à soutenir les intérêts du roi, l'ayant rendu odieux, la ville envoya, le 4 mai, Damien Cornazzano l'accuser a Milan , et le comte jugea a propos de s'y rendre le 18 pour se justifier. Au mois de mai 1017, François secourut le comte de Movellara, qu'Achille, comte de Guastalle , voulait attaquer. Craint de ses ennemis , aimé de ses sujets , considéré d«s souverains, heureux dans son intérieur , il s'occupait avec sa femme des sciences et des lettres, lorsque la mort l'enleva dans la force de l'âge , le ti septembre i5i8. On lui fit les funérailles les plus magnifiques qu'on eut vues à Parme , a ce que disent les historiens. François laissa de Damigella Tmvvlxia , Paul, qui suit; et quatre filles : Angiola , femme du comte Wiocrslas Kangonc ; Paule , mariée, le ib pin i5i8, au comte Jean-Pierre Belgiojoso ; Orsine, et Nastasie. Il eut dans sa jeunesse un bâtard, nommé Gaspar , qui se 6t un nom par ses poésies.

François augmenta les faubourgs de Montechiarugolo, rétablit les fortifications de la forteresse , qu'il garnit d'une belle artillerie de bronze toute a ses armes, (fcllc fut depuis emportée par les Allemands a l'arsenal de Manloue , et vendue au milieu de ce siècle.) François avait considérablcles impositions sur Guastalle, comme il pa-

(1) Damioula Tmtuci», née ver» ii 79 , /lait Elle de Jean Trivulce . seigneur milanais , et d'AngelIe Mariininguc de Bresria. De» l ige de doute an*, elle était un objet d'admiration, et aa mémoire fut citée comme une chose extraordinaire ; elle rompou du harangues, de» épilre» et de» poéjie» grerque» et latines. Sa réputation s'étendait dan» presque toute l'I-.urope. Detinelli, Hiiorgimenlo * liai., part, a , eap. a ; Quadrio , S tarie e ragioae d'ogat aoeiia , vol. 7, p*g. 70 cl 71 ; Tirabosrhi, S ton a delta littéral, liai, tome I, part, a, pag ta, et nombre d'autre» auteur» en parlent avec éloge. Devenue veuve . en U18, elle te livra toute entière a l'éducation de ton fil», à I étude et à

^"t %\ V> Y' 1 ^ >C * mm l5a *' L Aric,le la «<kb»*»

l r ft° tppolito S farta , e la aodrita.

DamUttila Trient tim al tatro Speta.

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