PAUL
i5i8. Paul, fils de François Torelli, lui succéda en bas âge sous La tutelle de Trivulcia , sa mère. Cette dame , pendant sa régence, fonda, Tan iSaa , suivant les intentions de son époux , un couvent de Récollets , nommé Saiale- Man'e-les-Grâres , hors des murs de Montechiarugolo. Tandis qu'elle travaillait aux édifices de cet établissement , qui ne furent achevés qu'après sa mort, arrivée en i5a8, le comte Paul , son fils , se rendit a la cour de Vienne pour faire sa cour a Charles-Quint , passa ensuite a Cracovie (1) sur l'invitation de Bonne, reine de Pologne, fille de Jean Sforce, duc de Milan et femme de Sigismond I. Cette princesse, qui se ressouvenait que sa maison devait son élévation a Gui 11 Torelli , fit, au comte Paul, l'accueil le plus distingué, et engagea son époux , entr'autres marques d'honneur , à le déclarer noble polonais ; titre qui parait avoir été renouvelé ou confirmé a ses descendants. Le comte, pendant son séjour dans ce royaume , fut chargé secrètement des intérêts do pape Clément VII.
De retour a Rome, il rendit compte au pontife de sa négociation ; après quoi, il s'occupa à défendre ses droits sur le comté de Guastalle , que Ferrant de Gonzague était sur le point d'acheter de la comtesse Louise Torelli , dernière héritière de sa branche. Ën vain Clément VII le rerom manda- t-i 1 , par un bref du 6o mars i5a8, au duc de Milan; en vain la reine Bonne écrivit-elle a ce prince pour l'engager à se montrer favorable à Paul , le crédit qu'avait Ferrant de Gonzague auprès de Charles V l'emporta. I.es Guastallais, se sentant soutenus, allèrent jusqu'à refuser au comte Torelli sa pat t des impositions et des droits régaliens. La cour impériale accueillit mal ses plaintes i ce sujet. Alors le pape Paul III, auquel il s'adressa, prit sa défense, et mit, en i5v>, la ville de Guastalle sous un interdit, dont elle ne fut relevée qu'en 1S41. Ce pape n'avait pas plus le droit de se mêler des affaires temporelles de Guastalle, que le duc de Milan et Charles V, tandis que les héiitiers naturels existaient , d'autoriser la comtesse Louise Torelli à vendre un fief substitué dans La ligne masculine , aux termes des investitures, qui rappelaient les agnats jusqu'à l'infini. Paul, désolé devoir ainsi le comté de Guastalle lut échapper et sortir pour toujours de sa maison , ne voulut jamais vendre à Ferrant de Gonzague les droits qui lui restaient. Peu d'années après, il eut encore le chagrin d'elre sur le point de reconnaître pour suzerain Pierre- Louis Farnrse qu'il haïssait , au lieu au duc de Milan et du pape auxquels il était mtraiiétés l'affectèrent et avancèrent ses janvier 15^5, six mois avant que le duc Pierre-l.ouis reçut l'investiture de Parme.
' deux fois. De la comtesse Isabelle Contbari,
attacha jours ;
Toutes ces c< il mourut le a
Paul fut
(1) Paul , en Pologne , fut étroitement lié avec Samcel MjcIeiowski , fil» de Buiîiaab de Macimow, raateIJan de Lublin, évéque de Cracovie. et grand chancelier de la couronne, qui croyait de»rendre des Torelli d l ta ie Ugn»iu», en effet {Hist Polo* , p 7^h). en parlant d'Aaoai ClOLICK. évéque de Ploltk, dit Ptmfatos aatem siat'rroi génère aoiiln eratJe Domo Taurorum Hzax akd M aciiiowssi, neveu de Samuel, qui avait fait »«» élude» a Rome, et devint d. pu» éveque de Cracovie. airhrv*q>ic de Gnesnc, et cardinal, fut aussi l'ami intime du comte Pomponio, rhe» lequel il Ajourna plusieurs fois igolo , en allant a sci ambassades. Ce furent re» liaison» depuis I.. Iran plantation en Pologne d'une branche de. comte» de G.i»»lalle et " ' Salinguerra ToaELLl royaume , apre» avoir epe tendant occupe aujourd bui (1785) le troue.
>i» I . Iran plantation en Pologne d une branche Je. ! et de Montechiarugolo, en la personne de Jcepli Ll (en Poloaaii Cioleck), qui s établit djo.ee >ir épouse Semis Poxiatowsju , et dont un dea-
u première femme , il n'eut qu'un fils , François , qui , étant passé en France, fut aumônier du roi Charles IX, et abbé commendataire de Leswt. Sa seconde femme , qu'il épousa vers i5lo, fut Beatkjx, fille de Jean-François-Ptc , comte de la Mirandole et de Jeanne Caralfa , nièce du pape Paul IV. ( Le fameux Jean Pic , surnommé le Phénix de son siècle , était son oncle. ) C'est du rhef de Béalrix que cette principauté se trouva dévolue a la maison Torelli , vers la fin du siècle dernier. Paul eut de ce second lit trois fils et deux filles; i°. Pompouio qui suit ; a*. Paul-Camille, qui , étant passé au service de France , sous Henri 11 , se distingua beaucoup au siège de Metz, en i55a, fut fait colonel dans les guerres d'Italie , en thSj , sous le duc de Guise , et mourut jeune; 3°. Adrien, colonel d'infanterie au service d'£spagne, ensuite de cavalerie au service du pape , puis , dans le même grade , au service de France, mort a Niort, au retour du siège de Saint- Jean-d'Angcli. Les deux filles furent N., religieuse aux sœurs Blanches de Rcggin, et Angiola, mariée, eu i566 , a Frédéric, comte de Coè'nzo, mort vers 1570. Paul cultiva les lettres et les mathématiques avec succès. Il jouissait d'une haute considération personnelle. Il reçut à la fois à Montechiarugolo, le pape Paul 111, six cardinaux, le duc de Ferrare et toute leur cour, et pendant plusieurs jours, leur y donna des fêtes. 11 aimait beaucoup la magnificence et les arts. Ayant réuni des biens allodiaux très-considérables pour ces tems-là , ses dépenses de luxe ne l'empêchèrent pas de faire des établissements très-utiles pourses sujets, qu'il ne foula jamais, et dont
DES COMTES DE MONTECHIARUGOLO. aai par Philippe II, en i55G; mais ce prince s'éiant réservé la citadelle , où il avait mis une forte garnison , qu'Octave devait payer, le tenait toujours en échec par ce moyen. H était difficile au duc de Parme , sans forces, d'obtenir la remise de cette place d'un monarque tout-puissant , et dans le fond du coeur, son ennemi.
Muni de ses pleins pouvoirs , le iq octobre 1 S84 , Pomponio alla joindre Alexandre Farnèsesons Anvers. Ayant passé quelque tems avec lui à Beveren, pour prendre des instructions plus détaillées, il le quitte , le 14 novembre , et après s'être arrêté quelques jours à la cour de France , arrive en Espagne. Le comte trouva Philippe 11 à Barcelonne. Son premier soin fut
tant d'habileté, que chargea le cardinal secrétaire d'état, de
traiter avec lui sur cet objet, désirant que ses autres ministres l'ignorassent. Au bout d'un an , Pomponio s'aperçut que , suivant l'usage d'F-spagne , on cherchait à l'amuser et a gagner du tems. « Alors il quitta le personnage de négocia-