POMPONIO
iS45. Pomponio, né vers i53o, resta sous la tutelle de Béalrix Pic de la Mirandole, sa mère, et du cardinal Augustin i'rivulce, qui, cédant tous deux aux sollicitations de Ferrant de Gontague , lui aliénèrent , le it octobre i545 , les droits que leur pupille conservait sur Guaslalle , et dont le comte Paul, son père, n'avait jamais voulu traiter. Elevé au sein de I université de Padoue , Pomponio y fit les plus grands progrès. Voyageant ensuite dans le midi et dans le nord de l'Europe, chose rare dans ces tems-là, il laissa partout des marques de son érudition et de son esprit. La mort % de ses frères le rappela à Moutechiarugolo ; ce fut là qu'il composa ses poésies latiaes et ses rime omoruse , fruit de sa jeunesse. En i566, il accompagna , en Flandre , Marie de Portugal , destinée au prince Alexandre Farnèse. A son retour, le cardinal Alexandrin (1) lui fit épouser Isabella, Bo3ELLt , sa sœur, petitenièce du pape Pie V , qui , dans cette occasion , ne fit rien
S «or elle , disant qu 'Isabelle avait asset de ses vertus* Pomponio tonna bienlrtt tous ses soins à l'académie des Innominati , qu'il avait , conjointement avec le docteur Eugène Visdomini , engagé le duc ùr Parme à fonder en 1 5;4. Le surnom qu'il y adopta, suivant l'usage , fut il l'erduio. Il y donnait des leçons »ur le droit naturel , science alors au berceau , et sur la poétique. Mais des occupai ions plus sérieuses l'enlevèrent a ses travaux littéraires. Alexandre Farnèse voulant tenter d'obtenir U restitution de la citadelle de Plaisance, demanda, dit M. de rbou, au duc son père, quelqu'un à qui sa naissance et la connaissance des alfaires pût donner quelque poids auprès du roi d'Espagne. Le duc Octave ne vit que Pomponio Torelli capable de conduire cette négociation délicate. Hmancc était tombée , comme on l'a vu . entre les mains de Charl. s V, après la mort funeste de Pierre-Louis. Elle fut rendue aux Fan
(■) 11 fui légal en France, en Espagne et en Portugal. Ce fui par «j «oint que te conclut . le ao mai i5; 1 , la fameuse ligue contre le» Turcs, dont U victoire de Upante fut U suite.
comte trouva rntiippe 11 a uarceionne. s* de gagner ses bonnes grâces, et il y mit t.
le roi prêtant l'oreille à ses propositions , de Granvelle et don Juan d'idiaguez, si
pour prendre celui de médiateur, et
leur fit entendre langueur.
iOU-
» teu
■ qu'il était dangereux de traîner trop cette affaire » parce que , quoiqu'il n'eût aucun lieu de le croire , il p
■ vait cependant arriver que , de son coté , le prince de Pai » tirerait aussi le siège d'Anvers en longueur, ce qui appor- » terail un très-grand préjudice au succès que S. M. C. avait
• lieu d'espérer ». Os paroles rapportées au roi , firent une impression terrible sur son esprit , et le décidèrent à la restitution de la place. Mais le roi ne voulait la remettre qu'au prince de Parme , Alexandre Farnèse , qui lui avait rendu de si grands services , et qu'il désirait obliger. Le duc , que le roi était bien aise d'humilier, ne pouvait, de son cdté, souffrir qu'on lui donnât cette mortification. Il fallut tout l'art et l'esprit de l'omponio, pour ramener le monarque espagnol sur ce point, qui tut enfin obtenu. Le duc de Terra Nova , gouverneur du Milanez , remit alors la citadelle de Plaisance, le i5 juillet
• 585, à Ranuce Farnèse, qui la reçut au nom d'Octave, son aïeul. ( Voy. Air/, univers, de M. de Thou , tom. IX , pag. 44» et suivantes. )
A Parme , on avait cru la négociation manquée : la joie que son heureuse réussite occasiona, fut si grande, que le peuple allant en foule au devant de Pomponio, l'enleva , malgré lui, de dessus son cheval , et le porta en triomphe sur ses épaules , jusques dans l'appartement même du duc Octave. ( Poggiali, Memor. Istor. di Piace/ua , tom. X , pag. aa8. ) Pomponio , aimé de ce prince, chéri d'Alexandre, son fils, craint et respecté de Ranuce Farnèse, qui était incapable d'aimer personne , remplaça ce dernier comme président de l'académie
des Innominati , et fut en
tems reçu à celle des Rico-
orati et des Fecondi, de Padoue. Il fit un voyage à Rome , en i5îW, pour voir Sixte -t^uint. La mort l'enleva, le la avril 1G08 , à Parme : son corps fut déposé à l'église de l'Annuuziata de celle ville , dans une chapelle de sa maison. Bernardino Baldi, son ami, fit ce distique pour mettre sur sa tombe :
Partere si mtrilis hominum mon impnia tellel, Mou le, Poafaai , eUudenl iste Upii.
D'Isabilla Bon ELU , née à Bosco, le 8 mai i554, qu'il avait épousée le a4 novembre 1S7H, morie l'an i5gi , Pompouia laissa , i°. Paolo , ne l'an 1676 , qui renonça a ses droits d'aînesse pour suivre l'cglise ; prélat vertueux et savant , employé comme légat dans diverses missions difficiles , archevêque de Kossano, grand-inquisiteur de Malle, mort à Rome en avril i63o ; a*. Pio , qui suit ; i". François , grandchambellan du grand-duc de Toscane, dont la postérité est éteinte; 4 U - Marsilio , chevalier de Malte, en i.îS-J, mort avant ifioS; 5°. Ponipilio , aussi chevalier de Malte, mort t jeune; 6°. Salinguerra, né en 1587, souche de* branches de
Pologne et de France (i). Le* filles sont , i». Clélie, mariée, en i«o4, à J. B. Masi , comte de San • Michèle , décapite a Parme, en 1613 ; 2: Flavie , mariée au corn le Girolamo Ber-
CHRONOLOGIE HISTORIQUE
nieri, neveu du cardinal Sant-Angelo: 3». Ersilie , alliée au tomte François Anguisciola , de Plaisance. Oulre ces enfants, il avait eu , avant son mariage, d'une villageoise appelée Ca-
(l) EU ANCHE DE FRANCS.
1587. Gii-Sevehe S*LiMcura»A , dit Sauxoceiia IV, sixième fils du romte Pomponio Torclli , ne à Parme, le 3 lévrier i58», élevé à Rome, épouse, à Montechiarugolo , le a5 août 1610, Pii'dekce I.ANraA>CHl, d'une maison illustre de Pi»e. Apre» avoir eu quelques dilTérenU avec tes frère», au sujet de ion apanage et de la primogéni lure établie en faveur du romte Pio , il alla « f,„ r à Bo»co, prè d Alexandrie, ihex >e> parents maternels, les Honclli , marquis de Cassano. Il était dans le Parmesan, lorsque Pio Torclli fut décapité , et le bonheur de n'être qu'apanagé le sauva d'être impliqué dans le procès de son malheureux frère ; mais il y perdit ses biens. Entré au service du duc de Savoie, qui le distinguait beaucoup, il fut lié d'amitié av«r le célèbre cavalier Manno cl le Tassoni, auteurs des pommes de V Morne et de la Seechia rapila. Blessé ensuite grièvement au siège d'Asti . et ayant reçu dans une autre affaire une contusion à la tête , dont sa raison resta quelque lem, altérée , i! mourut à Bonco, des suites de cet accident , en ir>i5. Sa femme le suivit au tombeau . le a8 décembre 1618 et leurs cendres réunies, fuient déposées dan* le sépulcre des Bonelli Us laissèrent de ce mariage , Philibert, qui suit ; et /ose de la branche de Poli
MANCHE DE FJUNCE.
PHlUMtT, fils puîné de Salinguerra IV, et pelit-fils de Pomponio Torclli, comte de Montechiarugolo, né à Bosco, le 3o décembre i6i3 tenu sur les fonts de baptême le a janvier 1614. au nom du prince Ern^ manuel Philibert de Savoie et de la durh.»e de Mantoue , resté orphelin en 1618, fut élevé par le» marquis Bonelli. Il entra au servi e du mi d Espagne Philippe IV ; séjourna quelque, années a Naples • passa ensuite en France, et de là a Turin. Marié , en 1643, a Clodu r keez* , issue d'une maison ancienne de Napies, femme d'un esprit rl d'une beauté célèbres, il transigea, le août 16^6. avec le comte Adrien 1 orelli . son cousin , au sujet de» biens de Gualliéri , et tenla par la protection de la maison de Savoie, de rentrer dans ceux qui lui avaient été confi-qué* dans le Parm, »an ; mai, le duc Charles-Emma nuel il I , se disposant à marier Marguerite Yolande de Savoie à Rai-
a" C L-L •J 1 , 1 " de *" ô . k: '', a,W ,,e ,a '««i'ulion des biens
de Philibert, qui déplaisait au dur de Parme. Philibert, aigri par celte contrariété , eut le malheur d'oublier ce qu'il devait à ses bienfaiteur. Comme il s échappait, pour se réfugier en France, il lut assassiné au pied du Mont-Ceni», en 1659. Sa femme . inconsolable , ne lui survécut que peu de tem», et finit ses jours à Turin l'année suivante Dans son testament, fait a Parme, en ib T 6, Philibert, a défaut du comte Joseph. ,on fils unique . rappelait , pour »« héritier», les branches
outre deux filles Joseph-Philippe et Claude, qui suivent.
Joseph-Philippe , né à Paris, en 1697, élevé à Rome , fut quelques années au service du pape , qu'il quitta pour passer en France en 1733. Aux talents pour la poésie , dont il fut doué comme ses aïeux . il réunit de grandes vue» politiques qui réearrrent. Il épousa, en 1748, Axxl- Tnï«isE-Mo»ME»Qi.E dk BAZoncorar, d'une famille noble, originaire de Champagne; et de ce mariage, sortirent quatre enfanls, Claude-Philibert, Cyr-Gabriel, Isaac Joseph, et une fille nommée Adélaïde. "
Clac de , deuxième fils de Joseph 1 , né à Paris en 1699, élevé avec son frère à Rome, fut d'abord destiné a l'églite, et reçut les ordres mineurs. Ensuite étant entré au service de France dans la cavalerie, il fut obligé de le quitter, quoique fort jeune , à cause des violent» accès de goutte dont il était tourmenté, Du courage pour supporter da grandes infortunes, des verlus intérieures et chrétiennes , et de bonnet achons ont rempli «a longue et estimable carrière, terminée en 1783, a l'age de quatre-vingt-quatre an*. Il avait cultivé les bello-leltre» et les mathématiques. On a de lui un traité de fortifications, écrit en it; "
Turin, le a6 septembre 1645, après avoir fini , pas*a à Naples. Il fut sneressivement au service pagne, et de» durs Je Savoie , qu'il quitta en- Hongrie , la Turquie , d'une mémoire et d'une
Joseph I , né ; son éducation a Rom< de Charles II, roi d'Esp:igne, et suit* pour parcourir l'Italie, l'Allemagne les Pays-Bas , l'Angleterre et la France.!)
activité incroyables, il embrassa avec ardeur le» éludes de toute esuére A la conna.ssanre de la plupart de. langue, de l'Europe, il joignait une érudition vaste ; mais ce génie ardent était malheureusement porté à la satire. En avant usé »urres,ivemrnt contre le, ducs de Parme, et contre Victor Amedce Il qu, I avait protégé d'abord , et ensuite abandonné, il fut lorre de se réfugier en Franre pour sauver sa tète mise à prix et dy vivre ignoré quelque terns. Charles IV de Gonxague, dernier duc de Mantoue, aimait particulièrement . et les espérance, qu'il lui avait donnée», de le f nre rentrer dans le, bonne, grâce» du duc Fiancoi» farnèse, et d engager ce prince i le rétablir à Montechiarugolo, ,'étanl évanouie», Joseph Mantoue, il enfants
on fait cas, mai» qui n'a jamais été imprimé. De Clafbe- I.ocise MoaxiEaQDE , qu'il avait épousée en 1755, morte le 9 février 1790, il a laissé un fils unique, Joseph II , ontième comte du nom, né a Pari», colonel de cavalerie an service de France , et chevalier de l'ordre de Saint-Stanislas.