DOMINIQUE MOROSINI
Dominique Mo rosi m devient, dans un Age avancé, doge de Venise. L'an ii4li ■> les flottes combinées des Grecs et des Vénitiens, forçent enfin l'île de Corfou a se rendre. Le doge , l'année suivante , ayant fait armer cinquante* galères , en donne le commandement à Dominique , son fils , et a Marin Gradenigo , pour aller reprendre plusieurs villes d'Istrie , dont les corsaires s'étaient emparés. Cette expédition fut heureuse. Les corsaires furent chassés de Pôle et des autres villes où ils s'étaient établis , après quoi l'on alla réduire Parenzo, Rovigno, Urmago et Emonia ( aujourd'hui Citta-Nuova ) , qui avaient secoué le joug de la seigneurie. L'an i i5a , le doge conclut une alliance défensive avec Guillaume, roi de Sicile , a des conditions très favorables au commerce de la seigneurie dans les ports de celte île. L'an n56 fut le terme des jours du doge
VITAL MICHÉLI IL
n56. Vital Micbéli II parvient au trône ducal, et, peu de tenu après, fait la paix avec les Pisans, qui, sous le règne précédent, sans être en guerre ouverte avec Venise, insultaient son pavillon dans leurs courses mari limes toutes les fois qu'ils le rencontraient. L'an n63, Ulric, nouveau patriarche d'Aquilée , ayant fait une invasion dans l'Ile de Grado , les Vénitiens y accourront avec une flollc de galères , font prisonnier le patriarche avec plusieurs nobles du Frioul , le jeudi Je carnaval (3i janvier) et les envoient dans les prisons de Venise. Le prélat , pour recouvrer sa liberté, s'obligea d'envoyer tous les ans a Venise , le dernier mercredi-gras avant le carême , un taureau , douze porcs gras et douze gros pains , en mémoire de cette victoire et de sa délivrance. Alors on fit a Venise un statut , partant qu'à l'avenir tous les ans , le jour du jeudi-gras, on couperait la téte, dans la place publique, à un taureau et à douze porcs, usage qui subsiste encore, pour le taureau, dans cette ville. Le peuple s'imagine , dit Muralori , que cela fut établi pour marquer qu 'on avait coupé la tète au patriarche et à doute de ses chanoines; mais les gens instruits savent le contraire. L'an 1 164, les Vénitiens, élant entrés dans la ligue des villes de Lombard ie contre l'empereur Frédéric I, obligent ce prince à reprendre la route d'Allemagne. Le dogs, l'an 1171 , reprend Zara, qu'Etienne III, roi de Hongrie, avait enlevée a la seigneurie. Les cités commerçantes drltalie, Gênes, Pis*, Florence et Venise, avaient alors des comptoirs à Constaotinople ; mais la dernière était la plus favorisée. Depuis la guerre de l'empereur Alexis contre Robert Guiscard, les Vénitiens jouissaient de grands privilèges dans tout l'empire. Ils possédaient «hiis Constantinoplc une rue entière qui leur avait été donnée
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