JEAN CORNARO
1709. Jka.ii Corkaho monte fur le siège ducal dans le mois de mai. L'an 1711 , le comte de Schullembourg , après avoir servi glorieusement en Pologne
DES DOGES DE VENISE. aCi
celle-ci est sans liaison avec les Turcs. L'an 171a , le doge Cornaro meurt le îa août , âgé de 1 "
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ou il est reçu avec les marques d'estime que ses grands talents méritaient. La seigneurie lui donne dix mille sequins par an et le commandement de ses forces de terre. Les Turcs, l'an 1714, «i« c tarent la guerre aux Vénitiens, dans le dessein de reprendre laAforee. Le ao juin , le grand-visir arrive avec une flotte formidable dans l'isthme de Corinthe. Il attaque la ville et la force tic capituler après cinq jours de tranchée ouverte. Malgré la capitulation , les soldats de la garnison et presque tous les habitants sont massacrés. Naples de Homanie tombe , dans le mois suivant , au pouvoir des Ottomans. L'an 1715, les Turcs font dans la Moreedes progrès si rapides, qu'on a peioea les concevoir. Dans l'espace d'un mois, ils achèvent le recouvrement de ce royaume qui avait coûté aux Vénitiens tant de peines et de dépenses a conquérir. La plupart des places se rendirent a la première sommation.
L'an 1716, descente des Turcs, au nombre de quarante mille hommes, dans l'Ile de Corfou, dont ils assiègent aussitôt la capitale , secondés par une flotte nombreuse. Le pape , le roi de Portugal , le grand-duc de Toscane et le grand-maître de Malle envoient du secours aux assiégés. L'empereur , craignant pour ses états de Naples , dont l'île de Corfou est comme Pavant-mur , conclut une ligue offensive et défensive avec les Vénitiens, le a5 mai, et ne tarde pas a déclarer la guerre aux Turcs. Cependant le siège de Corfou se poussait avec vivacité. Le comte de Schullembourg, qui commandait dans la place, et la garnison , sous ses ordres , faisaient , à la vérité , la plus belle défense : mais il était aisé de prévoir que , privée de secours (l'armée navale des Vénitiens et de leurs alliés étant trop faible
5 our attaquer celte des Turcs), tôt ou tard lu place serait obligée c se rendre. La main da Tout-Puissant fit ce qu'on n'osait espérer. Les Turcs ayant été battus, le 5 août, en Hongrie, par le prince Eugène, la nouvelle de celte victoire répandit une si grande terreur dans l'armée qui assiégeait Corfou, qu'elle leva le siège aussitôt, abandonnant artillerie, chevaux, bagages et munitions pour regagner ses vaisseaux , comme si elle eût eu l'année autrichienne a ses trousses. Les Vénitiens, apris la retraite des Turcs , reconquirent Sainte-Maure et Butintro.
Les Vénitieos, l'an 1717, reprennent Vonizza, Prévesa et d'autres places que les Turcs leur avaient enlevées.
L'an 1718, la paix est signée, le ai juillet (Muratori dit le «7 juin ) , a Passarowitz , entre l'empereur , les Vénitiens et les Turcs. Ceui-ci abandonnent aux Vénitiens Vonizza, Butintro, Prévesa, les lies de Cerigo, et gardent la Morée. L'article vingt-troisième de ce traité porte littéralement : ■ Si les naa vires de ce sublime empire ( de la Porte ) abordaient en tenu
> de guerre avec d'autres puissances des cotes du Golfe , non a appartenantes aux Vénitiens, les flottes vénitiennes se tiena draieot dans les limites du repos et de l'amitié , s'abstenanl a de tout mouvement ou secours qui pussent être nuisibles a aux flottes du grand-seigneur. Beaucoup moins encore les a Vénitiens recevront-ils dans leurs ports les vaisseaux d'une
> puissance ennemie de ce sublime empire, a Cet article suffit pour réfuter les écrivains qui ont avancé qu'il n'existe qu'une
la ai mai 173*.
SÉBASTIEN MOCÉNIGO.
Sébastien MociKiGo est élu doge le 28 août. Il
CHARLES RUZZ1NI.
i73a. Ch&bxkj Ruzzini, personnage qui s'était fait
haute réputation de capacité dans diverses ambassades et
plusieurs négociations importantes , né le a5 décembre 1653, "^le * juin , à la dignité ducale. Le 6 janvier 1735 fut
est élevé le
trêve entre la Porte ottomane et la république de Venise, et que