‹ L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques, et autres anciens monumens depuis la naissance de NotreSeigneur, par le moyen d'une table chronologiqueChapitre 466 sur 582 · LOUIS P1SANI · texte numérisé non relu

LOUIS P1SANI

1735. LOUIS Puawi succède au doge Ruizini, le 17 janvier. L'empereur ayant accordé la franchise au port de Trieste, et le pape en ayant fait de même pour celui d'Anc6ne, le sénat, à la demande des marchands vénitiens, rend un décret, l'an

1736, qui établit aussi la franchise du port de Venise. L'ait

1737, l'empereur sollicite en vain les Vénitiens de se joindre à lui contre les Turcs. Ils gardent constamment la neutralité dans la guerre que ces deux puissances se font. L'an 1 740 , le pape Clément XII ayant excité la jalousie des Vénitiens par Péliblisxeroent d'une foire franche â Sinigaglia, le sénat rend un décret, portant défense aux sujets de Ta république, d'aller à cette foire. Clément XII, par représailles , interdit tout commerce aux sujets de l'église avec les Vénitiens. Cette affaire,

3ui pouvait avoir des suite», demeura suspendue par la mort e ce pontife, et fut entièrement assoupie sous Benoit XIV, successeur de Clément XII. L'an 174 1, le doge Louis Pisani meurt, le 17 juin, dans la *oiaante-dis> huitième année de son âge.

PIERRE GRIMANL

1741. Pimub GaiMANi est élu doge le 29 juin. L'Italie étant devenue l'un des théâtres de la guerre, occasionéc pour la succession de la maison d'Autriche , le sénat , après avoir embrassé le parti de la neutralité, prit des mesures pour se mettre a l'abri des hostilités des deux partis. Il envoya sur les bords de PAdige une armée de vingt - quatre mille hommes , dont on distribua quelques détachements dans les principaux postes sur la frontière du Mantouan, depuis Valeggio jusqu'à Ponté-Molino. Cette précaution n'empêcha pas néanmoins que l'état de Venise n'éprouvât, comme les autres états neutres a'Italie, l'incommodité du passage des troupes. Mais elle eut l'effet de les contenir dans les bornes de la modération. L'an 1745, le sénat résiste aux sollicitations que lui faisait le comte d'Holderness, pour se déclarer en faveur de la reine de Hongrie. L'an 1749, le sénat termine aimablement les contestations qu'il avait depuis long-tenu avec le saint siège , touchant les limites du duché de Ferme. La même année, ligue conclue entre le pape, les Vénitiens, le roi des Deux-Siciles et la république de Cènes, contre les corsaires d'Alger et de Tunis, qui infestaient toutes les cAtes de la Méditerranée.

Le sénat, l'an 1750 , se brouille avec le saint siège, â l'occasion du patriarcat d'Aquilée. Par une ancienne convention entre les archiducs d'Autriche et les Vénitiens, il avait été réglé que les deux puissances jouiraient alternativement du de nommer à ce patriarcat. Mais les archiducs n'avaient

joui de ce droit, par le soin que les patriarches d'Aquilée v tiens avaient toujours eu depuis ce tems-lâ , de se choisir des coadjutcurs, agréés par le sénat, et munis de bulle du saint siège , pour leur succéder. L'impératrice-reine réclama contre cet usage. Le pape Benoit XIV, choisi pour arbitre de la con-

CHRONOLOGIE HISTORIQUE

an jugement en Tonne de bref, le 19 novembre 1749, par lequel, en maintenant le sénat dans la possession où il était de nommer seul le patriarche d'Aquilée , il établissait en même tems , dans la partie autrichienne de ce patriarcat, un vicaire apostolique, pour soustraire les sujets de l'impératrice-reine a ta juridiction d'une puissance étrangère. Ce tempérament déplut au sénat, qui en témoigna son mécontentement au saint père. Mais, sans égard pour ses plaintes, Benoit XIV, par un autre bref du 37 juin 1750, créa évéque in partibut, et vicaire apostolique d Aquilée , le comte d'Artimis , chanoine de Bile. Le sénat Gt alors éclater son ressentiment : il rappela de Rome son ambassadeur, signifia au nonce, qui résidait a Venise, de sortir des terres de la république; et, résolu de soutenir sa prétention, il fil armer ses vaisseaux et ses galères, recruta et augmenta ses troupes de terre. A cet appareil menaçant, Benoît XI V n'opposa qu'une déclaration pleine de modération et de sagesse, qui mit le saint siège hors de cause , et laissa le différent à vider entre l'impératrice-reine et la république. Les rois de France et de Sardaigne employèrent leur médiation pour terminer cette affaire, qui fut enfin accommodée, l'an 17b 1 , de la manière suivante. On éteignit le patiiarcat d'Aquilée, dont on partagea le diocèse en deux archevêchés; l'un a la nomination du sénat , pour la partie du Frioul vénitien; l'autre pour le Frioul autrichien , a là nomination des archiducs. Udine fut le siège du premier, et Gorice le fut du second. L'an 175a, le doge Grimani dea- | au tombeau dans les premiers jours de mars.

FRANÇOIS LOREOANO.

175a. François Lorrdano est élu doge le 18 mars, et tersa carrière la nuit du 19 au ao mai 176a.

procu-

MARC FOSCAR1NL

176a. Marc Foscarini , chevalier de l'EtoIe d'or et rateur de Saint-Marc , proclamé doge le 3 1 mai , finit ses le 3o mars 17 63, à l'âge de soixante-sept ans.

ALVISIO MOCENIGO.

1763. Altisio Mocf.mso, chevalier de l'Etole d'or, procurateur de Saint-Marc , et ci-devant ambassadeur en plusieurs cours, né le 19 mai 1701 , est élevé au dogat le 19 avril 1763.

Règlement du grand conseil, en date du 10 octobre 1767, portant défense d'aliéner aucun fonds en faveur des corps ecclésiastiques. Le ao novembre suivant, décret du sénat, par lequel il est défendu a toutes les communautés régulière» de l'état de recevoir des novices jusqu'à nouvel ordre.

L'an 1768, ordonnance par laquelle, enlr'autres articles, t°. l'on soustrait les réguliers à la juridiction de leurs supérieur! généraux, pour les soumettre à celle des évéques diocésains; a", l'on confirme la suspension des prises d'habits a l'égard des religieux mendiants; 3*. par rapport aux autres religieux, l'on statue que personne ne pourra être admis A prendre l'habit parmi eux avant l'âge de vingt et un ans accomplis. Le 8 octobre suivant , le pape adresse au sénat un bref, pour se plaindre de cette ordonnance ou décret , comme d'une entreprise sur la droits de la puissance spirituelle. Sa sainteté, dans le même tems, écrit des lettres circulaires aux patriarches et évéques de la république, pour leur défendre de se conformer à ce décret. Quelques prélats défèrent à la. défense du saint père. Néanmoins, les réguliers prennent le parti de reconnatlie le patriarche pour leur supérieur. Le 19 novembre suivant, réponse du sénat au pape, pour justifier son ordonnance du 7 septembre dernier. Le 17 décembre suivant, nouveau bref du pape au sénat, pour soutenir celui du 8 octobre. Réponse du sénat pour appuyer celle du 19 novembre. Le patriarche de Venise commence ses visites dans les monastères. D'autres prélats de la république imitent son exemple.

Le 18 août 1760, le tonnerre tombe sur le magasin a poudre de B rescia, ville dépendante de la république, ce qui occasione une explosion si violente , que toute la ville en est ébranlée , et la sixième partie de ses édifices renversée de fond en comble. Plus de deux mille personnes périssent de cet accident. L'ia 1778, le doge Mocénigo meurt, le 3t décembre, à l'âge de soixante-dix-sept ans et un mois.

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