‹ L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques, et autres anciens monumens depuis la naissance de NotreSeigneur, par le moyen d'une table chronologiqueChapitre 467 sur 582 · PAUL RENIER · texte numérisé non relu

PAUL RENIER

Paul Renier, né à Venise le ai novembre 1710, est élt doge le 14 janvier 1779, et couronné le lendemain. 11 meurt la nuit du 14 février 1789, et a eu pour successeur :

Louis Marini, né a Venise le i3 juillet 1746 , élu doge le 9 mars tjog^'el couronné le lendemain. ( Voyei pour les événements postérieurs , la chronologie qui se lrou« à la fin de cet ouvrage. )

CHRONOLOGIE HISTORIQUE

DES DOGES DE GÊNES

• L'état «le Gènes , dit M. de Brequigni , dans le plus haut

■ point de sa puissance, contenait toute la Ligurie, et s'élen- > dait le long de U Méditerranée, depuis le Var jusqu'à la Ma-

• gra L'île de Corse fut une des premières conquél es «tes Génois. » Ils s'emparèrent aussi des Iles de Chypre , de Metélin , de . Scioj ils furent maîtres de Caffa et de Péra; ils firent des

• conquêtes dans la Sardaigne et dans la SicUe ; mais ils n'ont

• conservé de leurs anciennes pourrions que la Ligurie ;

■ encore n'oot-ils pas aujourd'hui , dans la Ligurie , tout ce

• qu'ils y ont autrefois possédé. Les comtés de Nice et de Maro,

• les principautés d'Oneille et de Monaco, oe reconnaissent » plus leur domination ». ( IW. de Gtoes , aw/. )

GfafS (en latin Grnua , dite aussi Janua , et en italien Gtm*<a ) . l'émule de Venise , comme Carlhage le fut de Rome , était déjà florissante lorsque Magon , dans la quatorzième année delà *

•■M|UC lljafgVU , U4MI3 M IjIMIUlMCIUV «KIIIK

punique, auS avant Jésus-Christ , parut .

tes mers de la Ligurie (i). U serait diffi-

" difficile de débrouiller, dans l'obscurité de l'histoire, les vicissitudes qu'éprouva cette ville du tenu des invasions des Barbares, comme aussi de savoir la forme qu'avait alors son gouvernement ; et si on voulait rapporter là-dessus les opinions des historiens modernes d'Italie, on risquerait de donner une fable plut Al qu'une histoire. Le Caffaro, qui a écrit au treizième siècle, par autorité publique, les Annales de Gêne*, ne les commence qu'à la fin du onzième siècle. C'est par cet écrivain qu'on sait que la république de Gènes était anciennement administrée par des consuls, que leur charge ne durait que quatre sas, et qu'ils gouvernaient avec une autorité suprême.

L'an 1 100, les Génois ayant équipé une Botte de vingt-huit galères et de six vaisseaux, pour aller au secours de la ferre- Ssinte, mirent à la voile le i cr . août, et abordèrent au port de laodîcée, où ils passèrent l'hiver. Le CafTaro entre dans un grand détail de leurs exploits dans cette expédition. Beaudouin ,

services, que, pai

de Jérusalem, fut si content reconnaissance , il leur orrord.i It

de leurs tiers d<

quelq

plaça qu'ils l'avaient conquérir, et un quartier da

unes des dans si

(i) Le plus ancien moameat où il toit mention de Gènes, est environ de ce nvème tems. C'est une sentence gra»éc >ur une table de brans* , et rendue, vers l'an 107 avant Jeans-Christ , par deux commissaire* nommes par le sénat de Rome , au sujet de quelques dînèrent* entre les Génois et leurs voisins, par rapport aux bornes respec-

cn 1507, dans la

honorable, et ses principaux historiens n'ont pas manqué d'en

faire mention, quoiqu'avec quelque différence. Il est daté, selon les uns , du sa avril i io5 ; et selon les autres , du a3 mai de la même année. (Ubert. Folietta.) Les Génois obtinrent des concessions à peu près semblables, de Boémond, prince d'An-

tirr

de lear* territoires. Ce monument fat déterre', <- île Pol»rYrri :

et le séant de Gènes, l'ayant acheté , le fit placer dans |'é|lise de Sainfr-Laisraut, où on l'cmbàsn dans une muraille. lM.nVBre.,ui ïa ,.)

L'an 1119, le pape Calliste ayant soumis la Corse à l'église de Pise , érigée , Vannée précédente , en métropole par Gelase II, son prédécesseur (Pagi), les Génois, maîtres de cette île, qu'ils avaient enlevée, dès le neuvième siècle, aux Sarrasins , en prirent occasion de faire la guerre aux l'isans- Elle dura treize ans , et fut terminée, l'an 1 taa , par le pape Innocent 11 ,

3ui érigea l'église de Gènes en archevêché, par une bulle datée u 4 octobre 1 133, suivant le style pisan ( 1 i3a , suivant l'ère vulgaire), et lui attribua deux évlchés de la Corse, dont les trou autres restèrent à l'archevêque de Pise. (Pagi. )

L'an 1 1-»5 , les Génois entreprirent la guerre contre les Sarrasins qui occupaient l'île de M inorque et les cotes d'Espagne. Celte expédition fut heureuse : ils remportèrent sur ces Infidèles de grands avantages , et retournèrent dans leur patrie , chargés de riches dépouilles.

L'empereur Frédéric 1 étant venu , l'an ■ 1 54 • en Italie , la république de Gtnrt envoya deux ambassadeurs pour le complimenter ; mais . à leur retour, on se pressa dans la ville de fortifier ses murailles do côté de la terre, afin de se mettre à couvert des dangers que l'armée impériale avait fait subir à quelques villes de l-ombardie. Cette précaution ne fut pas vaine : Frédéric étant revenu en Italie l'an tt55, voulut éprouver les Génois , et leur fit faire de vives instances pour obtenir d'eux , par forme de tribut, quelque somme d'argent. Elles furent rejetées , et , pour soutenir ce refus, les Génois ordonnèrent à tous leurs sujets de prendre les armes ; et de mettre en étst de défense tous les eniteaux de leur territoire. Frédéric , trop faible alors pour attaquer la république , dissimula cet affront , et repassa les Alpes.

L'an 1 158 , il reparut en Italie avec de pins grandes forces , et s'approcha de Gènes dans le tenu que la circonvallation des murs n'était pas encore achevée. La république, pour éviter l'or qui la menaçait , acheta la paix , en payant à l'empereur < cents marcs d'argent , et obtint de fui qu'elle serait cons dans ses droits et possessions sous la protection de l'empire. Ce prince, l'an 116a, médita la conquête de la Sicile ; mais, n'ayant point de vaisseaux, il fit avec la république une confédération dont les conditions portaient que les Génois s'engageaient à l'aider de toutes leurs forces maritimes dans cette entreprise, et qne Frédéric , devenu possesseur de l'île, serait oblige de céder à la république, en pleine souveraineté , la ville de Syracuse , avec une portion de la vallée de Noto ; de per-

aGfl CHRONOLOGIE HISTORIQUE

mettre aux Génois le commerce libre dans toutes les villes ma- ■ ritimes de la Sicile , et de leur accorder d'antres privilèges j mentionnés dans l'acte de la convention , qui n'eut point lieu par la faute de Frédéric.

Cette même année 1 16a , nouvelle guerre des Génois contre

les Pisans; Une querelle survenue entre les marchand» de l'une et de l'autre république en fut l'occasion. Après quelques hostiles , l'empereur les engage a conclure une trêve. La Sardaigne, depuis l'expulsion des Sarrasins, était partagée en quatre justices , sous autant de chefs qui gouvernaient chacun avec une autorité absolue leur département. L'an 1164, les juges de Torre et de Caeliari ayant i se plaindre de quelque insulte que leur avait faite Barason, juge d'Arboréa ou d'Oristagno, s'unirent aux Pi sa ru pour lui faire la guerre. Barason, ne se trouvant pas en forces pour lui résister, se recommande aux Génois, les priant d'employer leur crédit auprès de l'empereur Frédéric 1 , pour lui obtenir le titre de roi de Sardaigne. Gagnés par les margnifiques promesses qu'il leur fit , les Génois le conduisent a Pavie, où Frédéric était alors. Ce prince avait besoin d'argent. Quatre mille marcs, que Barason lui offrit , le décidèrent en sa faveur; et , le '6 août de la même année , l'empereur le couronna roi dans l'église de Saiot-Syre de Pavie. Mais le beau de l'affaire , dit Muratori , c'est que lorsqu'il fallu! payer , le nouveau roi ae trouva sans le sou. Frédéric, pressé de repasser les monts , voulait l'emmener prisonnier en Allemagne ; mais Barason fit tant auprès des Génois, qu'ils avancèrent la somme. Ce fut le mime embarras pour lui, quand il fut question de rembourser. Les Génois , qui ne se payaient pas de paroles , voyant qu'il n'avait rien de plus à donner, le mirent en prison. Tandis qu'il y était , les Pisans et les autres juges ravagèrent a leur aise le département d'Arboréa. Les premiers firent plus ; après le départ de l'empereur , ils lui députèrent Ugution , l'un de leurs consuls, qui manœuvra si bien auprès de ce prince, qu'il reçut de lui , au nom de ses commettants , l'investiture de la Sardaigne. Les Génois , qui romptaient se mettre aux droits de Barason, pour s'indemniser de leurs avances, apprirent nouvelle avec un extrême dépit.

L'an u65, la guerre se rallume entre les deux républiques. Les Pisans surprennent , le ai août, la ville d'Albenga, dans l'état de Gènes , la pillent et la brûlent. Les Génois, pour se venger, attaquent la flotte pisane dans la mer de Provence La nuit sépare les combattants sans aucun succès marqué; mais une tempête submergea les vaisseaux des Pisans a leur retour. L'empereur interposa vainement sa médiation , pour les amener a un traité de paix. La Sardaigne , que les Génois revendiquaient sur les Pisans, faisait une pierre d'achoppement qu'il n'était pas aisé de lever. Les premiers consentaient a partager cette île, que les seconds prétendaient leur appartenir en entier. La guerre continua pendant six années. Enfin, l'an 1 i;5, l'empereur vint a bout de la terminer par une sentence arbitrale, qui adjugeait aux Génois deux des quatre contrées de la Sardaigne, savoir, celles de Caeliari et d'Oristagni, et le reste aux Pisans. (Caffari, Anml. ôenuent, liv. 3.J

L'an 1190, le gouvernement change à Gênes. Les consuls •ont abolis et remplacés par un podestat annuel , qui devait être étranger, pour empêcher les brigues et les fartions des ctioyens. Ils sont rétablis l'année suivante ; mais les dissensions et les querelles qui agitaient la république les obligent d'abdiquer en 1194. On élit un podestat étranger, qui rétablit le calme. La même année, les Génois envoient une flotte en Sicile, pour aider l'empereur Henri VI a soumettre cette île. Les Pisans, venus pareillement au secours de Henri, s'étant rencontrés a Messine avec les Génois, les attaquent, pillent leurs magasins et font prisonniers tous ceux qui tombent entre leurs mains. Les Génois , qui étaient restés a leurs bords , se vengent sur la flotte des Pisans, dont ils enlèvent treize vaisseaux , et mettrnt aux fers tous ceux qui s'y trouvent, Marqnard, sénéchal de l'empereur, apaise ce tumulte, va faisant consentir

les parties a ae rendre mutuellement ce qu'elles s'étaient pris. Le traité, fidèlement exécuté par les Génois, l'est très- mal par les Pisans; ce qui canseau podestat de Gênes, Ubert d'Olivano, un chagrin dont il meurt. A cette disgrâce s'en joint une autre. L'empereur, loin de reconnaître les services que les Génois lui avaient rendus, les prive des privilèges et des possessions qu'ils avaient en Sicile. L an laoi , Gênes revient aux consuls; mais ce ne fut pas pour long-tenu , et dès l'anuée suivante , on élut on podestat. » Ce fut, disent les annales de Gènes, le m seigneur Ghifridotlo Graselto , très-noble citoyen de Milan. Ce personnage, ajoutent -elles, fut orné de beaucoup de car il affermit beaucoup de choses par sa 1 lence. Plci

» vertus;

des lois et par sa prudence. Plein de probité

• de courage , il régla heureusement la cité de Gênes durant » tout le lents de sa podaslie, et procura d'heureux succès J a la république... Or il arriva que vers l'octave de Pâques, le » seigneur Ghifridotto Ghiraldo Visconti, podestat ae Pue, ■ et d'autres personnages nobles de Gènes et de Pise, sassem- » blèrent par la médiation de Bonifiée, marquis de Mont- » ferrât , et du comte Aldobrandin , a Nice , pour traiter de la > paix et de l'accommodement a faire entre les deux cités; mais » parce que tes Pisans parlèrent de beaucoup de choses el spé- » étalement du chlteau de Bonifàcio , qu'ils répétaient , ils ne

• purent s'accorder ». Bientôt après de nouvelles querelles s'élevèrent entre eux.

L'an iao4, les Pisans, a la faveur des troubles qui régnaient en Sicile, s'étant emparés de Syracuse, cette conquête excita la jalousie des Génois , qui pensèrent aussitôt a les en dépouiller. Ils se liguèrent, pour cet effet, avec Henri, duc de Malte ; et ayant joint leurs vaisseaux aux siens , ils arrivèrent, le 6 août, devant Syracuse, qu'ils emportèrent d'assaut au bout de sept jours. On fat un grand carnage des Pisans qui se trouvèrent dans la place , et l'on y rétablit l'évéque , qu'ils avaieot chassé avec ses deux frères. Les Génois gardèrent pour eux Syracuse, ou , selon d'autres, ils la donnèrent en fief a onde leurs concitoyens. Les deux républiques conclurent, l'an 1110, une trêve de trois ans , par là médiation de Pierre, comte de Célano. L'an 1316, décret de la république de Gênes, qui exclut les citoyens de la magistrature, et confie i des étranger» du voisinage l'administration de la justice. La guerre , qui durait depuis quatorze ans entre les Génois et les Vénitiens , sans aucun exploit mémorable de part ni d'autre, fut terminée, l'an 1218 , par un traité de paix.

La ville de Vintimiglia, qui s'était révoltée contre Gênes, est forcée de se rendre , l'an isaa , après un long siège qu'elle soutint jusqu'à la dernière extrémité. Autre avantage que rem-

porte, la mi'rao

cette république outremer : lés Génois

et les Pisans qui se trouvaient a Saint-Jean-d'Acre, toujours acharnés les uns contre les autres , en viennent a une bataille, où les derniers eurent le dessous. La vengeance qu'ils tirèrent de leur défaite, fut de mettre le feu aux maisons des Génois; ce qui emporta la ruine de la plus grande partie de la ville. Gènes, cependant, fait de nouvelles acquisitions dans son voisinage. Excités par leur podestat, Lazare Ghirardin de Lucques, les Génois, l'an 1*37, entreprennent de réduire Albenga et Savone, qui s'étaient soustraites a leur domination. Le sié^e >le Savone fut poussé avec Uni de vigueur, qu'en peu de jours toutes les fortifications extérieures, que les babitants avaient fait construire, furent emportées; alors elle fut obligée d implorer la miséricorde des assiégea ni s. Le prince Amédee, (ils Je Thomas , comte de Savoie , qui était entré dans la place pour la défendre, prit la fuite en diligence avec ses Sav-ovards. Albenga fil moins de résistance, et demanda, dès qu'elle se tuler. Cette guerre étant terminée, les

vit assiégée, 1 capituler. (Jette guerre étant terminer, Milanais s'entremirent pour finir celle que les Alexandrins avaient suscitée aux Génois , en s'emparant de Capnata , que ces derniers prétendaient leur appartenir. Les arbitres choisis ayant remit les Génois en possession de la place , le* Aletao-

DES DOGES

drini s'y jetèrent de fureur et la renversèrent de fond en comble. La pais , néanmoins, se fit , en ta îo , a l'avantage des Génois. Les Génois , avaient perdu , l'année précédente , la ville de Nice, dont Raymond Bérenger IV, comte de Provence, s'était rendu maître. Deux ambassadeurs de l'empereur Frédéric II, arrivent a Gênes, l'an »a58, pour demandera la république le serment de fidélité. Les Génois envoient a ce prince une deputation qui Ini prête ce serment. Frédéric renvoie deux mires ambassadeurs pour demander l'hommage. Les Génois le refusent; et pour se mettre en état de défense contre l'empereur en cas d'attaque, ib se liguent avec le pape Grégoire IX et La seigneurie de Venise.

Les Génois, l'an 1241 , fournissent des vaisseaux pour transporter à Rome les prélats français que le pape avait appelés ta celte ville pour le concile qui devait s'y tenir. L'empereur, prévoyant que celte assemblée aurait pour objet sa déposition, taisait tous ses efforts pour l'empêcher. Une flotte , que les Siciliens et les Pisans lui avaient fournie, croisait dans la Méditerranée , afin d'arrêter les prélats sur leur passage. Elle rencontre , le 3 mai , celle des Génois a la hauteur de la petite fie de Mélora, l'attaque et enlève tous ses vaisseaux, a l'exception de cinq qui prennent la fuite. Les prélats qui tombent entre les mains de l'ennemi , sont envoyés prisonniers en divers châteaux du royaume de Naples. Cette victoire plonge la cour Je Rome dans le deuil et anime l'empereur à poursuivre sa vengeance contre les Génois. D'un côté , il envoie quarante ealeresdans La mer de Gènes; de l'autre, il fait marcher cootre U république une armée de terre , composée de différents peuples de Lombardie. Les Génois, sans s'effrayer, opposent a ce double armement cinquante—deux vaisseaux et deux bonnes armées de terre, qui rendent inutiles les efforts de l'empereur. Les Génois, les Florentins et les Lucquois, ayant fjit une ligue , se mettent en marche, l'an 1248, contre les Pisans. La première attaque est livrée par les Lucquois, qui sont mis en déroute. Mais les Florentins étant venus a leur secours, défont a leur tour les Pisans, près du Serchio, et les poursuivent jusqu'à Pise, qui fut en danger. Les Génois, dans le même lems, enlèvent a ceux-ci le rh^ieau d'Ilice; ce qui

les oblige, vu leur faiblesse, à demander U paix. Ils l'obtiennent, moyennant la restitution de Motron aux Lucquois, la ''"molilioo du château de Corvara , et l'abandon de celui de Massa au marquis Boniface Malespina.

Le peuple de Gênes s'étant soulevé, l'an ia5y , contre la noblesse, qui ne lui donnait aucune part dans le gouvernement, >'atsetnble eu tnmnlte dans l'église de Saint-Syrus , et y prodame sur-le-champ capitaine du peuple, Guillaume Boccanégra. 1-e lendemain , on choisit trente-deux personnes du corps du peuple pour servir de conseillers au nouveau chef, a qui l'on force le podestat de prêter serment d'obéissance ; et quelques jours après, on décide, dans un grand conseil, que le pouvoir (tu capitaine du peuple durerait dix ans.

Les Vénitiens et les Génois , qui possédaient chacun un tiers de U ville d'Acre , se brouillèrent , l'an ia58 , pour une querelle de deux particuliers de l'une et de l'autre nation. On en vient a une guerre ouverte. Venise s'étant liguée avec les Pisans et les Provençaux, envoie une flotte considérable au secours des tiens. Gênes en fait partir une à-peu-près égale de son côté. Les deux armées navales s'étant rencontrées , le 24 juin , a la vue du port d'Acre, se livrèrent un combat furieux, qui se termina par la déroule des Génois, a qui les Vénitiens enlevèrent vingt-cinq galères. Les vaincus virent bien qu'après celte perte, il fallait quitter la partie, lis sortirent d'Acre, et les Vénitiens ruinèrent leurs maisons, leurs magasins et leurs fort,. Le pape Alexandre IV , considérant combien de pareils événements nuisaient aux affaires des Chrétiens en Syrie, interposa son autorité pour réconcilier Venise, Pise et Gènes, et réussit à leur faire conclure un traité de paiij mais les esprits demeurèrent toujours aigris , et la guerre , plutôt suspendue

DE GÈNES. afig

que terminée , n'attendait , pour renaître , que le plus léger prétexte.

Les nobles de Gênes , irrités de la conduite despotique de Boccanégra , se soulèvent, l'an 1*62, lui, et le forcent de se démettre. Alors on rétablit le podestat, ei la charge de capitaine du peuple est supprimé*. La guerre avait déjà recommence entre les Vénitiens et les Génois. Dès l'année précédente, ceux-ci avaient fait avec l'empereur Michel Paléologue, avant qu'il reprit Constanlinople surlesFrancs, un traité par lequel ils s'obligeaient à lui Fournir une Botte, pour l'opposer aux vénitiens, ses ennemis. Michel, par reconnaissance, leur céda le faubourg de fera à Constanlinople , mais après ea avoir fait détruire les fortiûcations , afin qu'ils ne pussent s'y maintenir en cas de rébellion. Le pape Urbain IV, instruit dé celte manœuvre des Génois, les excommunie; mais ils n'en continuent pas moins de faire tout le mal qu'ils peuvent aux Vénitiens. (Voy. r«u*.)L'interdit de Gênes fut levé, l'an 1268, par le pape Clément IV, qui s'attendait à ramener par là celte vide à des sentiments de paix : il se trompa ; cette grâce ne fil point cesser les hostilités. En vain les ambassadeurs des rois de France et de Sicile se rendirent , avec le légat , à Gênes , pour engager la république à se réconcilier avec Venise , afin que les deux peuples pussent concouru* au succès de la nouvelle croisade que saint Louis méditait. Les Génois, loin de les écouler, armèrent vingt-cinq galères, avec lesquelles, étant arrivés devant Acre , ils prirent la tour des Mouches et assié-

étant survenue au port d'Acre , donna la chasse aux vaisseaux génois, après en avoir enlevé cinq. Gênes, cependant, ne laissa pas de fournir un secours considérable d'hommes et de vaisseaux à saint Louis pour la croisade ; mais la flotte des croisés étant revenue d'Afrique en Sicile après la mort de ce monarque, eut le malheur d'être presque toute détruite à la vue de '1 rapani. Pour surcroit d infortune, ce qu'on put recueillir du naufrage, fut confisqué par le roi de Sicile, Charles I, malgré les remontrances des Génois. Ce prince avide leur allégua la coutume qui adjugeait aux souverains les débris des qui échouaient sur leurs cotes , et les lois

prédécesseurs à ce sujet. Les Génois, humiliés par cette perle, conclurent enfin, l'an 1270, la paix pour cinq ans, avec les

la rnci ; niais

la

uu pape et ne Philippe le Hardi , guerre extérieure succédèrent le*

Vénitiens, par roi de France ; troubles domestiques.

J* 38 octobre 1270, les Doria et les Spinola , deux familles très -puissantes à Gènes, après avoir rassemblé leurs amis et leurs partisans , prennent les armes contre les Grimaldi et les Fiesques, leurs émules, et s'emparent du palais du podestat, qui les protégeait. Celui-ci se réfugie dans 1 hôtel de Fiesque , où , ayant ele poursuivi , il est pris et congédié , après avoir reçu les honoraires qui lui étaient dus pour son année de service. Le même jour , on proclame capitaines de la liberté génoise, Obert Spinola et Conrad Doria, avec un pouvoir absolu. Us se déclarèrent Gibelins, c'esl-à-dire du parti de l'empereur, et il n'y eut aucun lieu dans l'état de la république, qui ne reconnut leur autorité ; ce qui rétablit le calme dans Gênes, (Muraturi )

Les Fiesques et les autres familles chassées de Gênes par les Doria et les Spinola , obtiennent , l'an 1272, de Charles I , roi de Sicile, du secours pour rentrer dans leur patrie , après avoir promis à ce prince de faire tous leurs efforts pour y établir sa domination. Plusieurs villes de Lombardie s'élanl jointes à eux , ils font, pendant quatre ans, le dégât sur les terres de la république. La paix se fait enfin, l'an 1276, entre le roi de Sicile et les Génois, par la médiation du pape Innocent V, et les exilés sont rappelés. ( Cafjuro Annal. Cenuens , iiv. cl)

Obert Dona gagne , le 6 août 1 284, près de 111e de Moléra ,

une grande bataille navale sur les Pisans, qui , depuis 1377, avaient recommencé la guerre contre les Génois. Les deux républiques font la paix le i5 août ia68 ; mais elle fut de peu de durée. On reprit les armes de part et d'autre en layo , et les fortifications du port de Pi se furent fort emfommagées par les Génois.

L'an tagi , Spinola et Doria se démettent de la charge de capitaines, le 28 octobre, pour calmer les murmures que les Fiesques avaient excités contre la longue durée de leur gouvernement. On tient une assemblée , dans laquelle il est réglé que disque année on créera un capitaine, dont les officiers seront tirés par moitié de la noblesse et du peuple ; et l'on continue de créer, comme à l'ordinaire, un podestat étranger et subordonné au capitaine.

La guerre, l'an laoS, se rallume entre Venise et Gènes. Il ne tint qu'a la première de l'éviter. Llle s'était formalisée dr la prise de quatre de ses galères , faite par sept galères génoises. Le sénat de Gènes desavouant cet acte d'hostilité t fait au préjudice de la trêve établie entre les deux puissances , envoya des députés a la seigneurie pour lui offrir toutes les satisfactions qu'elle pouvait désirer. Ce» offres furent rejetées , et l'on eut heu de s'en repentir. Pendant six ans que dura la guerre, les Génois eurent presque toujours l'avantage, et ruinèrent la marine de leurs ennemis. ( Voy. Venise. ) Celle guerre élran-

fère n'étouffa point, dans Gènes, les dissensions domestiques. Iles éclatèrent de nouveau et avec plus de fureur que jamais, au commencement de l'an isofi. Les Grimaldi et les Fiesques , à la tête des Guelfes , attaquèrent les Doria et les Spinola. On en vint aux mains : le parti gibelin eut l'avantage ; 1rs Guelfes furent chassés ,el l'on créa capitaines du peuple, Conrad Doria, qui l'avait été précédemment, et Conrad Spinola, fils d'Obert Spinola , qui avait aussi rempli cette dignité. Ce furent les seuls chefs de l'éut , et il n y eut point de podestat

CllUONÛLOGlR HISTORIQUE

confié à

La paix est signée, l'an 1399, avec les Vénitiens: elle Test iissi , dans la même année , avec les Pisans. Les Doria et 1rs Spinola se démettent alors du gouvernement , et l'on reprend l'usage de choisir parmi les étrangers un podestat et un capitaine du peuple.

L'an i3ob, les Gibelins se divisent entre eux, elle plus

Îrand nombre se réunit aux Cuelfes pour abaisser les Spinola , ont le grand crédit commençait à donner de l'ombrage. On se bat dans la ville le jour des Rois jusqu'à la nuit. Les Spinola sont vainqueurs et obligent leurs ennemis de sortir de Gènes. Le lendemain, Obizzon Spinola est fai t capita ûjfr-dtf 1 peuple avec un pouvoir illimité. On lui donne pour associé Barnabe Doria, et on laisse subsister les vains noms de podestat et d'aUe du peuple. Cette dernière dignité avait été imaginée , dès l'an 1370, pour leurer le peuple, en lui nommant un chef, a qui l'on avait accordé palais, nonneurs, revenus, et tout, hors le pouvoir. L'an 1^07 , les Guelfes sont rappelés a Gènes. Obizzon Spinola les chasse de nouveau l'an i3og, tait déposer solennellement son collègue Barnabé Doria , après l'avoir enfermé la veille dans le palais de l'abbé du peuple, et réussit à se faire déclarer seul gouverneur de Gènes pour toute sa vie. Mais à peine conserva-t-il un an celle dignité.

Doria s'étant échappé de sa prison , se sauve à Sassello, où il est joint par quantité de génois de la faction des Guelfes, et s'avance a leur tète , le 10 juin i3io, vers Gènes. Spinola vient a sa rencontre avec une armée de dix mille hommes de pied «t de cinq cents chevaux. Ils se livrent a quatre milles de Gènes, une longue et sanglante bataille où la victoire se déclare pour les Guelfes. De retour à Gènes, les vainqueurs saccagent et détruisent les maisons de Spinola et de ses principaux adhérents, les condamnent a l'exil et confisquent leurs biens; puis, sans convoquer le peuple et de leur propre autorité, créent un conseil composé de dix personnes , pour gouverner l'état jusqu'au

, dont six sont tirées du peuple , et su du corps des nobles.

L'an i3u , l'empereur Henri* VII passant par Gènes, en allant se faire couronner a Rome, y rétablit la paix autant qu il est en lui. Les Génois , par reconnaissance, se soumettent à ce prince pour vingt ans ; mais il meurt le 24 août i3i3. ]<es troubles renaissent a Gênes après sa mort. Les Spinola et les Doria recommencent a se faire la guerre. L'an i3i4 , on crée un conseil de vingt-quatre, le podestat à la téte. Ce conseil dure jusqu'en 1317. Alors Charles de Fiesque et GaiparJ Grimaldi se font nommer capitaines du peuple le 10 décembre.

Les Spinola et les Doria s'étant réunis contre les Guelfes, viennent mettre le siège devant Gènes lea5 mars i3i8. Robert, roi de Naplrs, vient au secours des assiégés , qui le reconnaissent pour dix ans chef de l'état. Le 34 février i3iq , il fait une sortie sur les assiégeants, qui les oblige a lever le siège. Robert s'en retourne, et le 27 juillet suivant , les Gibelins recommencent a assiéger Gènes par mer et par terre. Ce nouveau siège fut beaucoup plus long et plus meurtrier que le premier; il ne finit que le 17 février i3aa, par une sortie que les assiège» firent avec tant de succès , qu ils obligèrent les assiégeants i prendre la fuite, après leur avoir tué beaucoup de monde «t fait un plus grand nombre de prisonniers.

Le roi Robert étant revenu à Gènes, le 33 avril i3i4« avec son fils, on lui prolonge son administration pour six ans. Ce prince, l'an i33t , rétablit la paix entre les deux partis, qui, d'une commune voix, consentent à être fravant par un vicaire qu'il nommerait.

L'an i335 , le 4 février, les Gibelins

vicaire cher-

chait a rabaisser, se révoltent et le chassent avec la plupart d>'t Guelfes. On crée deux capitaines pour deux ans , et ensuite pour trois , avec un podestat et un abbé du peuple.

Nouvelle révolution, l'an i33g , a Gènes. Les capitaines s'étant attribué la nomination de l'abU du peuple., le peuple veut le nommer lui même. On s'assemble pour cet effet le s3 septembre; mais sur les remontrances de quelques particuliers, au lieu d'un abbé, l'on veut un doge, et l'on nomme, pour cette dignité, Simon Boccanégra. Dans la même assemblée, on forme un conseil au nouveau doge, on exclut les Guelfes ou gouvernement, et on ordonne même à <|uel(}ue!s-uns des Doria et des Spinola de sortir de la ville. Ainsi , dit AL de Brequieni , le gouvernement fut transmis des nobles au peuple , et foré tout entier au parti gibelin.

L'an i34i , le doge ayant obligé le marquis de Final , Georges de Cavretto , qui avait fait des courses sur les terres de la république , a venir fui faire excuse en personne, le confine dans une prison obscure, où l'infortuné marquis remet à l'état de Gènes tout ce qu'il possède , dans l'espérance de recouvrer sa liberté^ mais cet abandon ne peut fléchir le doge, qui ne le tire de cette prison que pour 1 enfermer dans une cage de fer qu'il avait fait faire exprès.

Boccanégra, le a3 décembre i344, ** démet du ëoeat quîl avait rempli cinq ans avec honneur , et se retire S Pïse. il cotnp^ lait , par sa démission et sa retraite , satisfaire les exilés qui étaient en armes aux portes de Gênes ; il se trompa. Les propositions de paix qu'on fit dire a ces mécontents furent rejetées; ils voulaient dominer a Gênes. Le peuple aussitôt prend le parti d'élire un nouveau doge. L'élection qui fut laite le jour de Noël de la même année, tomba sur Jean di Mvkta, citoyen pai»ibl<*, sage et prudent.

L an i34S , Luchin Visconti , seigneur de Milan , choisi pour arbitre , par les deux partis, fait la paix entre le peuple et 1rs exilés , qui sont reçus dans Gênes , à l'exception d un petit nombre.

Les Génois ayant débarqué, le 16 juin i346, dans Ifle île Scio , se rendent maîtres du château, le 3 septembre: ils s'em-

premicr juillet suivant. Ce terme expiré , le gouvernement est ' parent ensuite de Vogua-la- Vieille et de Foglia-la-Nerwe, et

DES DOGES DE GÊNES : fait de plus grands progrès , sans une révolte de la Chiourme.

Le doge Murla finit ses jours au commencement de janvier i35o , emportant , dans le tombeau , les regrets bien mérités des Génois. On élit a sa place , le 9 février , JeaS de Valent! La même année, nouvelle rupture entre les Vénitiens et les Génois. Ceux-ci , maîtres de lafla dans la Crimée , prétendaient interdire aux Vénitiens , la navigation sur la mer Noire: en conséquence, ils saisirent les vaisseaux de la seigneurie qu'ils rencontrèrent, et en confisquèrent les marchandises. Les Vénitiens, après avoir inutilement demandé satisfaction de celte insulte, arment en mer, attaquent, près d 1 Al castra, la flotte génoise , lui eulèvent une partie de ses galères , et oblige ni lu autres a se sauver a Scio.

La flotte génoise , sous le commandement de Paganin Doria , entre, l'an i3Si , dans le golfe de Venise, au mois de juillet,

et , après avoir ravagé plusieurs lieux , tait voile vers le Négrepont, dont elk assiège La capitale. La place, emportée (lassant , fut saccagée et livrée aux flammes.

La flotte vénitienne , combinée avec celle des Grecs et des Catalans, attaque, l'an s35a, la flotte génoise dans le détroit de Constant inople, le i3 février? après un combat tris -opiniâtre et très-sanglant , les Génois restent vainqueurs , et em mènent huit cents prisonniers avec vingt-six galères. Irrités contre l'empereur Jean Canlacuzène , qui avait pris le parti de Venise , ils vont mettre le siège devant Constantinoplc , ci obligent ce prince , le 6 mai , a demander la paix ; elle lui fut accordée , mais a condition qu'il chasserait de Constantinoplc , a la honte du nom chrétien , lea Vénitiens et les Catalans , leurs alliés.

Antoine Grimaldi, nouvel amiral des Génois, est battu , le 39 août i353 , par les flottes réunies des Vénitiens et des Ca- , i la hauteur de Cagliari. il perd trente galères et en- ! hommes , sans compter deux mille cinq cents prisonniers, du nombre desquels étaient plusieurs des principaux de Gènes. Les Génois furent d'autant plus consternés de celte défaite, qu'elle les mettait hors d'état de tenir la mer

K)ur se procurer les vivres dont ils avaient un besoin extrême, ans cette détresse , ils prirent le parti de se donner à Jean Visconti , archevêque et seigneur de Milan ; à quoi ils furent comme nécessités par la défense que le prélat avait faite de transporter du Milanez , des denrées dans l'état de Gènes. Le ■o octobre, Guillaume, marquis de Pallavicini, arrive a Gènes, prend possession de l'état au nom de l'archevêque de Milan, et y reste en qualité de gouverneur.

L'an i354 , Paganin Doria, ayant repris le commandement de U flotte génoise , se met en course , d'abord contre les Catalans, ensuite contre les Vénitiens , dont il attaque inopinément la {lotte , le 4 novembre, dans le port de Sapienza, près de Modon. La bravoure avec laquelle il ouvrit le combat , étonna si fort le Vénitiens , qu'ils se rendirent après une légère défense. On amena soixante-un bâtiments des ennemis à Gènes , avec cinq mille prisonniers , du nombre desquels était le général Nicolas Fisant.

L'an i355, la paix se fait, le 1". juin, entre les Vénitiens et les Génois. Au mois de juin suivant, ces derniers sa rendent maîtres , par trahison, de Tripoli en Barbarie. Après avoir fait sept mille prisonniers dans la place , et en avoir em porté pour un million huit cent mille livres d'effets , ils la t , pour cinquante mille doubles d'or, à un riche sarra-

vant. U rendit la paix à l'état, en bannissant les principaux des nobles et du peuple , et en désarmant le reste. Les Visconti le firent empoisonner en i363.

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