‹ L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques, et autres anciens monumens depuis la naissance de NotreSeigneur, par le moyen d'une table chronologiqueChapitre 47 sur 582 · CHRISTIERN I · texte numérisé non relu

CHRISTIERN I

i45g. Chbistibhh , ou Chrétien, né l'an i4a6, de Thierri, comte d'Oldenbourg, et d'Hedwige, sœur d'Adolphe , élu roi de Danentarck l'an i44&» roi de Norvège en 1440, roi de Suéde en i455, succéda, l'an 14% r * son oncle Adolphe, dans le comté de Holslein et le duché de Sleswick. Ollon , comte de Schauenbourg , descendant , par les miles , des premiers comtes de liolstein , avait dispute , d'abord après la mort d'Adolphe , ce comté à Christicrn , sur ce qu étant un fief masculin , il y avait plus de droit que ce monarque , qui n'appartenait a la maison de Holslein que par une leinmc. Il alléguait , de plus, le pacte de famille conclu, l'an liyo, entre les deux maisons de Holstcin et de Schauenbourg , en vertu duquel l'une des deux venant a s'éteindre, l'autre devait lui succéder. Mais les états de Sleswick et de Holslein sciant réunis , donnèrent la préférence a Christiern , moins par conviction de la justice de sa prétention , que par la crainte de ses armes. Cependant Christiern, sentant bien qu'on ne saurait jouir avec une juste tranquillité, que de ce qu'on possède légitimement , crut devoir accorder un dédommagement au comte de Schauenbourg. On tint, pour cet effet, une conférence a Udeslo , dans la Wagric. Les ministres du roi y convinrent , avec ceux du romte, que ce dernier ferait a Christiern une cession générale et irrévocable de tous les droits qu'il pouvait avoir sur le Holstein, en reconnaissance de quoi , le roi lui promenait une somme de quarante-trois mille florins , et lui aesurait la possession tranquille de trois bailliages du Holslein ; c'étaient ceux qui composent le comté de Finneberg d'aujourd'hui , comté qui. bien qu'enclavé dans le Holslein, en est une partie distincte. Christieru voulant aussi satisfaire Gerhard ei Maurice, ses frères, qui revendiquaient leur part dans le Holslein et te Sleswick , leur céda le tiers qui lui appartenait dans le comté d'Oldenbourg. Cela fait , il reçut l'investiture du Holstein, des mains de l'évéque de Lubeck , à qui l'empereur axait accordé le privilège de la conférer en son nom. Christiern, ayant rempli de la sorte ce qu'il devait a ses concurrents et a son suzerain , se rendit a Hambourg , pour y recevoir a son tour l'hommage de celte ville , comme d'un fief mouvant du Holstein ; ce qui ne souffrit point de difficulté.

L'an 1474, Christiern, dans une entrevue qu'il eut avec l'empereur Frédéric 111 , en allant a Rome , obtint de lui , par lettres du 14 lévrier, l'érection du Holstein en duché, avec les honneurs el les droits attachés à la qualité de duc ou de prince de l'empire. Dans ce duché, l'empereur comprenait le pays des Diilim^raes, qui jusqu'alors avaient vécu dans l'indépendance, et dont il laissait la conquête à faire au nouveau duc. Christiern n'osa La tenter, parce que l'accès de cepaysetail difficile, et que d'autres soins le détournaient de cette entreprise. Il se contenta de sommer, mais en pure perle, les Dithmarses de lui rendre hommage. Christiern mourut le aa mai 1481. ( Voy. les roitdt

JEAN et FRÉDÉRIC I.

1481. Après la mort de Christiern 1 , ses deux fils, Je A*, roi de Danemarck , et Frédéric, prétendirent, a l'envi l'un de l'autre , lui succéder aux duchés de Sleswick et de Holstein. Les états du pays étaient pour Frédéric , appuyé d'ailleurs par la reine , sa mère. On tint plusieurs diètes sur ce sujet , sans pouvoir rien conclure. Enfin , l'an 1 4^4 1 Jean , possesseur des trois couronnes du Nord , étant entré à main armée dans le &letYvkk , on convint , sur U fin de L'année , dans l'assemblée

ue Le vensaw , que les deux frères jouiraient ensemble de l'un et l'autre duché. Mais il ne s'en fit alors aucun partage. L'an t4Mq , ils reçurent l'hommage des Hamhnurgcois sur le même pied qu'il avait été prêté a leur père. S'ctant assemblés, l'an 1490, a Gollurp , avec la reine leur mère el leurs principaux conseillers, ils partagèrent entre eux, le 10 août, le Holstein- Sleswick, mais de manière que les possessions des deux princes restèrent fort entremêlées les unes avec les autres, que les nrélats et la noblesse furent exceptés du partage , et qu'enfin Ira deux frères conservèrent encore en commun leurs prétentions sur la Dithmarsie et leurs droits sur Hambourg. L'an i409» se trouvant en forces a-peu-près égales, Jean et Frédéric se concertent pour faire la conquête de la Dilhmarsie. Ce pays , de vingt milles d'Allemagne au plus en surface , situé entre l'Elbe et 1 Eyder, excitait la cupidité da ces princes par son extrême fertilité. Mais, environné de digues et entrecoupé de canaux pour le défendre des inondations, il était presque impraticable pour la cavalerie, el même difficile à tenir pour l'infanterie étrangère. Maigre ces obstacles, les deux princes entrèrent avec une bonne armée, vers la mi-février de l'an i5oo, dans la Dithmarsie. Meldorp, la seule ville qu'il y eût dans cette contrée , céda en peu de jours aux attaques qu'ils lui livrèrent. Mais, ayant voulu ensuite avancer dans le pays, ils se trouvèrent toul-à-coup investis parles eaux, dont les Dithmarses avaient inondé la plaine, en lâchant leurs écluses. Alors ces peuples, tombant sur eux, leur livrèrent un combat si funeste, que plus de dix mille danois et holsienois furent taillés en pièces ou se noyèrent. I<e roi et son frère échappèrent avec peine , et reprirent en diligence la route du Holstein , avec les débris de leur armée, fis ne laissèrent pas néanmoins , après une retraite si honteuse , de menacer d'une nouvelle expédition leurs vainqueurs. Mais les villes anséatiques s'éiant rendues médiatrices, on fil a Hambourg une convention par laquelle les princes conservaient leurs prétentions et les Dithmarses leur indépendance , les uns et les autres d'ailleurs se promettant de vivre en paix.

Le roi Jean étant mort le ai février i5i3, Christiern II, son fils et son successeur, se rend , La même année , a Flensbourg , après y avoir convoqué les états de Sleswick et de Holslein, pour prendre possession de la partie de ces duchés qui lui était échue. ■ Les grandes sommes avancées au roi dé—

■ funt, par le duc Frédéric , oncle du nouveau roi, et le droit « de libre élection, que s'attribuèrent les états des duchés ,

• donnèrent d'abord lieu a quelques contestations, qui n'eurent

■ cependant aucune suite. Christiern sentait la nécessité de » plier sa hauteur naturelle à ce que demandaient les conjo

• tures toujours critiques d'un commencement de règne: il » paver le duc Frédéric, son oncle, de belles paroles, et ne a s'obstina point à contester un droit d'élection qu'on n'exerçait a point au fond , quoiqu'on ne cessât de le réclamer ». (Mallet.) La paix, depuis ce tems, régna plusieurs années entre Christiern et le duc son oncle. Mais le premier ne perdait point de vue le projet de s'assujétir le second. Dans un voyage qu il fit , en i5a 1 , à la cour de 1 empereur Charles - Quint , son beau-frère, en Flandre, ayant obtenu de ce prince le droit d'investir les ducs de Holslein , il voulut en faire usage a son retour. Frédéric par lui sommé , l'an i5aa, de venir lui rendre hommage, éprouva un refus. Christiern use de dissimulation, et ayant attiré son oncle a Colding, dans le Julhland, il veut emporter de force , ce qu'il ne peut obtenir de gré. Frédéric , toujours ferme dans son refus , fait de son côté diverses demandes à son neveu. Les choses en demeurèrent là pour lors. Mais l'occasion se présenta bientôt a Frédéric, de faire oublier a Christiern ses prétentions. L'an i5a3, la couronne de Danemarck lui est déférée par les étals de Juthland , et ensuite par toutes les provinces de ce royaume, où La tyrannie de Christiern avait excité un soulèvement universel. Frédéric accepte l'offre , et, par sa valeur, demeure possesseur du Danemarck jusqu'à sa mort , arrivée le

CHRONOLOGIE HISTORIQUE

3 avril i533. Il continua cependant de faire sa demeure à Gollorp , capitale de son duché , où il établit le Protestantisme. D'Anne de Brandebourg , sa première femme , il laissa un fils , qui suit , avec une fille. Sophie de Pomerasie, sa seconde femme, lui donna trois fils, Jean, ne rn i.îai, mort sans alliance, le a octobre i5Ho; Adolphe, lige de la branche de Holslein-Gollnrp, qui viendra cii-après; rl Frédéric, né en iSao,, évêque d'Hildesneim et de Sleswick , mort le a; octobre i556; avec deux filles. (Fo/. Frédéric, roi de Danettarck.)

Page 1