‹ L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques, et autres anciens monumens depuis la naissance de NotreSeigneur, par le moyen d'une table chronologiqueChapitre 497 sur 582 · HUGUES LE GRAND · texte numérisé non relu

HUGUES LE GRAND

L'an 961 au plus tard , HrcUES , surnommé le Grakd , fils do marquis Hubert , le remplaçait en Toscane l'an 961 : on le voit aussi duc de Spolelte en 989 , et marquis de Camerino en «>$. L'an 993, ayant reçu de femnereur Otlon III un ordre daller venger la mort de LandenuUe , prince de Capoue , que ses sujets révoltés avaient assassiné , il se met en marche avec tn troupes pour aller faire le siège de cette ville. Frasimond , comte de Chieti , 1 elant venu |oindre avec les siennes , ils obligent les Capouans à leur livrer les meurtriers de leur prince, dont ils font pendre les six plus coupables , et condamnent les autres à différentes peines. C'est la seule action connue du duc et marquis Hugues , qui dut en faire bien d'autres du même éclat, pour mériter le surnom de Grand. Il mourut au plutôt , ror la fin de l'an toot , sans laisser de postérité. On ignore «fuel fut l'héritier de ses biens allodiaux. Muratori soupçonne que cette immense hérédité vint par quelque femme , sœur , ulle ou tante, aux ancêtres de la maison d'Est , et qu'ils détinrent par-là seigneurs de Uovigo , d'Est , et de plusieurs autres terres situées entre Padouc et Ferrare.

AD ALBERT III

&BAUERT ou Alrert III, fils aîné du marquis Albert, succède ( on ne sait en quelle année ) à Hugues , dans le gouvernement de la Toscane. Le tems de sa mort n'est pas mieux connu. On a de lui l'acte d'une vente de biens , faite quelques mois après la mort de Hugues , le i3 mars 1002 , dans lequel il

•equaufie

n'avait pas même l'honneur d'être admis » U u luaiuu» , son seigneur. Il obéit ensuite , après en avoir obtenu la permission de Boniface. ( Doniio in eira Malhiidis. ) Muratori remarque, à cette occasion, qu'il n'y avait pas de ville d'Italie en se tems-là qui n'eût un comte ou gouverneur, et un vi-

martjuis de Toscane, « Cet Adalbert, dit 1 comte; etde-là sont venues , dit-il , quantité de familles noble»

«lait

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du nom de VUconti. Ronifàce, suivant le un grand usurpateur des ecclésiastiques. H en 6t pénitence dans la suite , après avoir fait sa confession entre les mains de Gui, abbé de Compose , qui lui donna , suivant Donizon , une sanglante discipline ; sans doute en l'obligeant de restituer ce qu'il avait usurpé : il fut tué le 7 mai 10S2, par des assassins, en traversant une forêt , et fut inhumé a Mantoue. Il avait épouse, Tan 1016, au plus tard, Richilde, ou Ricahde , fille de Giselbert , comte du sacré palais , en Italie ( et non pas de Giselbert, frère de l'impératrice Cunégonde, comme quelquesuns le prétendent). Devenu veuf de cette princesse, sans en avoir eu d'enfants, il donna sa main , en io36, à BÉATRIX , lille de Frédéric , duc de la haute Lorraine. On a peine à concevoir le luxe qu'il étala pendant trois mois que durèrent ces noces : elles furent célébrées à Marégo, ville du Mantouan. Les moulins situés sur les rivières voisines, broyaient , dit-on , au lieu de blé , des graines aromatiques , qui parfumaient l'air aux environs ; le vin le plus exquis se puisait comme l'eau dans les puits ; les seaux dont on se servait étaient attachés à des chaînes d'argent, et ces chaînes pendaient à des cordes tisssues d'or et d'argent ; toute la vaisselle dont on couvrait les tables était des mêmes métaux. La musique et les spectacles concouraient a l'agrément de ces fêles , et toutes les personnes qui s'y trouvaient, éprouvèrent la libéralité de Ronifàce , qui les renvoya chargées de présents. ( Anecd. d'Ual. ) Ronifàce termina ses jours d'une manière funeste : comme il allait de Mantoue à Crémone, en traversant une forêt épaisse , il fut frappé d'une flèche empoisonnée, dont il mourut, suivant Arnoul de Milan, auteur contemporain : Dum ntmiu transirtt opucum , dit cet écrivain , inùdiïs ex obUifuo laUnliùus , ttrienatu figitur jaculo. Heu senex ar. plenus dierum maturam morlem exiguo pretorupuvil ( Hist. Mediolan. , liv. 3 , c. 3. ) Le Fioreutini se trompe donc ( Mem. de MalUdi. , liv. 1 ) , lorsqu'il dit que ce prince mourut peu avancé en âge; car si on le voit, dès l'an 1004, marquis de Toscane, il faut dire qu'en terminant ses nombre des vieillards. Donizon ( Cita Mal/iild. , liv. 1 ) marque le lems précis de sa mort , sans en dire néanmoins le genre , en ces termes :

If te dit texlà maii most tuifft kalemJat Deteruii terram , </uem Chriitui ducat ad astra ;

Qua*da dt/anctms, Urta datât ej/fn* ittullus , Tuât tuiB<jiiag,nla duo tempora mille Dti lléMt.

C'est-à-dire qu'il mourut le 7 mai io5a. Ce prince eut de »on second mariage, Frédéric, qui suit; Béatrix, morte avant aon frère ; et Mathilde , qui viendra q-après.

FRÉDÉRIC, dit aussi RONIFACE.

io5a. FnÉDÉntr. , dit aussi BoSiPACE, par le continuateur d'Herman le Contran, succède, en bas âge , à son père Bon face le Pieux, sous la tutelle de Béatrix, sa mère. Cette prin cesse, s'ètanl remariée, sur la fin de to5i, à Godefroi le Barbu , duc de la basse lorraine, l'empereur Henri III, dans un voyage qu'il fit en Italie, l'an ioi>5, la fit arrêter avec son fils , sous prétexte que ce mariage s'était fait sans son con seulement. Il emmena Béatrix en Allemagne, et laissa F ré déric , parce que ce jeune prince élait attaqué de la raaladi dont il mourut peu de tenu après. L'époux de Béatrix, indien du traitement fait à sa femme contre la foi d'un sauf-condui

que l'empereur lui avait donné, se basse Lorraine, bien résolu de tirer à la première occasion.

son duché de de cet affront

BÉATRIX et GODEFROI LE BARBU.

io55. Béatrix, après la mort de Frédéric, son Gis, est propriétaire usufruitière de la Toscane et de tous

les biens de son premier époux, contre la loi des fiefs, lesquels , au défaut d'hoirs miles, étaient réversibles au suzerain. M. de Saint-Marc présume que celte prérogative extraordinaire était une clause du mariage de Béatrix avec Ronifàce; clause qui dul avoir été autorisée par l'empereur Henri 111 , pour donner quelque satisfaction à Frédéric , père de Béatrix , qui avait des prétentions sur le royaume de la haute Bour- I ;ogne. Béatrix était cependant toujours retenue en Allemagne, .'an 10S7 , après la mort de Henri, l'impératrice douairière a rendit au duc Godefroi, son époux. Béatrix, de retour en Toscane, administra ce duché conjointement avec Godefroi, propriétaire usufruitière , et comme tutrice de Mathilde, sa fille.

L'an 1066 , l'empereur Henri IV , ayant entrepris le voyage d'Italie, dans la vue de retirer des mains des Normands Les terres du saint siège, qu'ils avaient envahies, et de se faire couronner par le pape Grégoire VII , arrive jusqu'à la ville d'Aoste. Celait l'usage , lorsque le chef de l empire passait es monts, que le marquis de Toscane vint au-devant de lui : mais Godefroi le Barbu , qui possédait alors ce marquisat , ne sciant point présenté, ni personne de sa part* Henri, choqué de ce manquement, et se défiant de la fidélité du marquis, abandonne son expédition et retourne en Allemagne, liodefroi, néanmoins, pouvait être excusé, parce qu'il était alors avec son armée , dans la campagne de Rome , occupé a réprimer s entreprises de Richard, prince de Capoue, qui voulait envahir les terres du saint siège. Telle était la réputation de Godefroi et telles étaient ses forces, qu'à son arrivée, Richard avec ses troupes, abandonna la campagne de Rome; mais .î o 1 it'i l.v. :i , son fils , s'etant retiré dans la ville d'Aquino , s'y fortifia pour faire téte a l'ennemi. Godefroi le suivit de près, accompagné du pape et des cardinaux , et resta campé pendant dix-huit jours devant Aquino. Dans cet espace de teins, il y eut plusieurs faits d'arme, de part et d'autre, plus brillants que décisifs; mais , par la médiation de Guillaume Tite-hardU , comte de Bourgogne , on en vint à un pourparler , entre Godefroi et Richard, près du pont de Saint-Ange de Todici, ou Richard, au moyen d'une grosse somme offerte à Godefroi, lui persuada de plier ses tentes et de retourner en Toscane. (Murât. Annal. I. VI, page ai 1.)

L'an 1070, Béatrix devint veuve, par la mort de son époux, arrivée la nuit du 24 au a5 septembre. L'an 1076 (et non 1069), elle meurt le 38 avril, sans laisser d'autres enfants, que Mathilde. Elle est inhumée dans la cathédrale de Pise.

MATH1LDE, Mtuh LA GRANDE COMTESSE,

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