‹ L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques, et autres anciens monumens depuis la naissance de NotreSeigneur, par le moyen d'une table chronologiqueChapitre 498 sur 582 · ET WELPUE, «OR ÉPOUX · texte numérisé non relu

ET WELPUE, «OR ÉPOUX

1076. Matuilde, appelée la Ghakds Comtesse , fille de Boniface et de Béatrix, née vers l'an 1046, avait épousé, soit du vivant de son père , soit peu après sa mort , Godefroi le Bossu , duc de Lorraine , dont elle demeura veuve dans le mois de février 1076 : deux mois après, elle succède a Béatrix, sa mère. On connaît le zèle avec lequel Mathilde soutint les intérêts des papes Grégoire VII, Urbain 11 et Pascal II, contre l'empereur Henri IV , dont elle était cousine. L'an 1077 ,

e , Mathilde lui nroosse. Ce fut alors qu elle fit , mais en secret , donation de tous ses biens au saint siège. Il est à propos de remarquer, avec M. Pfeffel, que cette donation comprenait non - seulement les terres patrimoniales qui appartenaient a Mathilde, en franc-alleu, et dont elle pouvait librement disposer, mais aussi les fiefs qu'elle possédait sous la directe de la couronne d'Iulie. Les papes ne firent point celle distinction , et s'arrogèrent également les uns et les autres, tant en souveraineté qu'en propriété. De leur cê

«"•fi

mre fiant

poursuivi

par ce peine

cura un asile dans son château de Canot

côté,

les empereurs s'opposèrent de tout leur pouvoir à une usur-

r pouve droits

de l'emnire; et

DES DUCS , MARQUIS, GOUVERNEURS ET GRANDS-DUCS DE TOSCANE

les cruels différents qu'elle excita, ne Gnirent qu'après une révolution de deux siècles. Mathilde, l'an 1080, envoie des troupes pour chasser de Ravcnne , l'antipape Guibert : elles •ont battues par celles de Henri, a la Volta, dans le Mantouan, le i5 octobre, c'est-à-dire le jour même Je la bataille de Wolkhein , où Rodolfe , compétiteur de Henri , perdit la vie. La ville de Florence fut constamment attachée à la princesse Mathilde et au pape Grégoire VII. L'empereur, excite par les Schismaliques , entreprit de lui enlever cette ville , di>nt il forma le siège , qui dura , selon les écrivains du pays , depuis le mois d'avril ioSi , jusqu'au mois de juillet suivant : mais VilUni le dit terminé sans succès, dans le même mois où il fut commencé, te qui est certain , c'est que , vers la Pentecôte de cette année, Henri parut sous les murs de Home, avec son antipape. ( Cardin, de Aragon- VU. Gregor. VU. ) revint encore l'année suivante en Toscane , et lit le

1 aplifli-

Henri

tli-g.lt dans le pays , sans pouvoir emporter aucune pl-ice.

L'an 1084, ('armée de Mathilde surprend et met en fuite, au mois de juillet , celle de Henri , qui faisait le siège du château de Sorbara , dans le Modénois , sous les ordres du marquis Otbert. Mathilde, l'an 1083, après avoir refusé la main de Robert , fils ainé de Guillaume le Conquérant , roi d'Angleterre, épouse en secondes noces, a la persuasion du pape Urbain II, Welphi., fils de Welphe I du nom, duc de iiavière IV , ( dans la généalogie de sa maison) , et petit fils d'Albert-Axzon ou Alton, marquis d'Est. L'an 1091 , l'empereur, le 11 avril, jour du vendredi-saint, enlève a Mathilde, (a vilie de Mantoue, qu'il tenait bloquée depuis le mois de juillet de l'année précédente. Cette conquête (ut suivie de celle

beaucoup de monde , fait un grand nombre de prisonniers , et met le reste en fuite. Hugues II, marquis d'Est, qui commandait ces troupes, fut des premiers à fuir; sur quoi les historiens du tenu, l'accusent de trahison. (Cet Hugues est le même nue les Manceaux avaient appelé deux fois d'Italie, pour être leur comte, comme on l'a dit ailleurs. ) Henri , après rette victoire, étendit ses conquêtes dans les terres de Mathilde. Les vassaux de la comtesse, voyant le mauvais succès de ses armes , se réunirent alors , pour l'exhorter a la paix que l'empereur lui proposait : mais encouragée par un abbé moins éclairé que pieux, elle rejeta tout accommodement. L'empereur, étant parti la même année pour retourner en Allemagne , avait laissé le commandement de son armée a son fils Conrad pour continuer la guerre en Italie. Mathilde et son époux , ne se font point de scrupule de corrompre la fidélité de ce jeune prince, et de l'engager à se révolter ouvertement contre son père. La fausse dévotion va souvent plus loin dans le crime que le libertinage, parce qu'elle s'y porte arec plus d'ardeur et de sécurité. (Voy. Henri IV, empereur.) Welphe , dégoûté de Mathilde, qui le méprisait , surtout depuis que les affaires de l'empereur avaient commencé a prendre une mauvaise face, se détermine, l'an io ;( 5, à la quitter pour retourner en Bavière. On soupçonne qu'une des principales causes de ce divorce , fut la connaissance que Welphe eut alors de la donation que Mathilde avait faite de tous ses biens au saint siège ; par où se voyant frustré de l'espérance qu'il avait, en épousant cette princesse, de recueillir son immense succession , il crut n'avoir plus rien a ménager avec elle. Quoi uu'il en soit . Mathilde le

iver elle. Quoi qu'il en soit , Mathilde le vit partir sans regret. Welphe et le duc, son père, abandonnèrent de dépit le parti du pape, et rentrèrent dans celui de l'empereur. Ils vinrent en Italie , pour faire la guerre à Mathilde ; mais ce fut sans succès. L'an moi, dans l'automne, elle marche, à la tête de ses troupes, pour réduire Ferrare , qui, plusieurs années auparavant, s'était révoltée contre elle. Les rerraxais, a la vue de cette année, et des vaisseaux que les

Vénitiens et les Kavennates amenaient a Mathilde , pour ar puyer par mer le siège de la ville, ne firent aucune di culte de se rendre. L'an 1103, le pape Pascal H, feignant rjue l'acte de la donation faite par Mathilde, en 1077, à I église romaine, s't-tail égare pendant les derniers troubles, charge le cardinal Bernard, abbe «le Vollombreuse, qui résidait en qualité de nonce auprès de la comtesse, de lui demander le renouvellement de cet acte. Mathilde, sans se faire prier, lui accorde un nouveau diplôme, confirmatif du précèdent , en date du 17 novembre 110a, au château d» Canosse.

Le cardinal Bernard étant a Parme l'an 1104, y fait, le jour de l'Assomption, pendant les saints mystères, un sermon, dans lequel il parle de l'empereur Henri IV avec beaucoup de mépris, parce qu'il était excommunié. Grand nombre des assistants , extrêmement affectionnés à ce prince , aussitôt aprè* le sermon , mettent l'épéc à la main , et s 'avançant vers le prélat, le prennent et le conduisent en prison, après quoi ils pillent sa chapelle. Mathilde était alors a Modène : informée presque sur-le-champ de ce désordre , elle rassemble ce qu'elle peut de troupes, avec lesquelles elle marche le troisième jour a Parme. Les Parmesans épouvantés n'avaient pas attendu son arrivée ; ils avaient remis entre les mains des vassaux nobles de la comtesse le cardinal et toute sa chapelle; et Mathilde, dit Donizon , a la prière de Bernard , leur pardonne.

Mathilde, qui s'était brouillée avec Henri V comme avec le père de ce prince, dès qu'il l'avait été lui-même avec le pape, consent colin aux propositions de paix qu'il lui (ait faire après son couronnement impérial. Pour consommer l'accommodement, elle se rend de Canosse à Bianello, où elle reçoit, le ai un, l'empereur , qui passe trois jours avec elle. Donixon remarque , dans la vie de Mathilde , que , dans les entretiens qu'elle eut avec l'empereur, elle parla toujours allemand. Enchante des honneurs qu elle lui fit rendre, Henri l'appelait sa mère ; et pour lui prouver l'estime qu'il faisait de sa rare prudence , il la déclara vice-régente ou vice-reine de L»iubardie :

Cui Ligarit Ht gui régi me m Mit ia rite Régit, A'ominc jeam mstrit reriit Claris lacitttfil.

L'an nt4, Mathilde se met en devoir de faire rentrer la Ile de Mantoue sous sa domination. Mais, dans le lems qu'elle se préparait a faire le siège de cette ville , étant tombée malade a Mont-Raranzon , dans le Modenois, et le bruit de sa mort ayant couru , les Mantouans , qui se croyaient délivres de la crainte de ses armes, vont mettre le siège devant son château de Ri pal ta , qu'ils prennent et livrent aux flammes. La comtesse , étant relevée de sa maladie , donne ses premiers soins à tirer vengeance de l'insolence des Mantouans. Ils n'attendirent pas l'effet de ses menaces, et la ville se rendit sur la fin d octobre. Mathilde meurt, le o4 juillet tti5 (1116 suivant le calcul pisan ) , â Bondeno , dans le diocèse de Reggio. Son corps fut inhume a l'abbaye de Saint - Benoit de Polirone, dont elle était bienfaitrice insigne , d'où il fut transporté, l'an i6.35, dans la basilique du Vatican, par les soins du pape Urbain VIII , qui lui fil ériger un superbe mauiolée. { Voyet l'empereur Henri IV.)

La succession de rette princesse , dit Muratori , fut une source de nouvelles querelles entre les papes et Us empereurs ; rt nous la trouvons disputée entre eux pendant un çrund nombre d 'années , jusqu 'à ce ou 'enfin le teins , médecin de beaucoup de maladies politiques, mit fin à leurs contestations. On sut bientôt, en Germanie , ta nouvelle de la mort de cette fameuse princesse ; Cl l'abbé d'Usperg dit : « Comme personne , dans notre tems , ne fut » plus riche et plus célèbre que celte dame, de même per- » sonne de profession laïque ne fut plus illustre par ses vertus et » sa religion.. L'eru|>ereiir Henri V fut excité par ses ministres, et même invité, par les lettres de ses parlisanls, à venir prendre possession de tous les biens de Mathilde. « On ne voit

CHRONOLOGIE HISTORIQUE

» pas bien clairement , dit Muratori , a quel titre. Tant qu'il » n'y prétendit que les biens régaliens et féodaux, comme la » Marche de Toscane , Mantoue et d'autres villes , on conçoit ■ qu'il avait raison : mais il prétendit aussi les biens allodiaux s cl patrimoniaux , dont on le verra se mettre en possession. m Probablement les princes d'Est, de la branche allemande, m c'est-à-dire Welphe V et Henri le Noir, son frère, duc de » Bavière, ne durent pas, dans cette ronjoncturc, garder le silence, puisque, par les conventions matrimoniales de ce même Welphe avec Mathilde , il devait hériter de tous les biens de cette comtesse. Il est certain que, sous l'empire de Frédéric I , il leur fut rendu justice sur ce point. Or, l'empereur Henri, très-empressé de recueillir cette riche succession, se tint prêt a passer en Italie aussitôt que l'état de ses » affaires le permettrait ».

Après la mort de Mathilde , la Toscane cessa pour un tenu d'avoir des ducs , parce que la ville de Lucques , suivant la remarque de M. de Saint-Marc, commença dès-lors 4 se gouverner par elle-même, et que c'était proprement a cette ville qu'appartenait le titre de comté-duché. Celle de Pite se rendit pareillement indépendante. Durant les dis -huit années qui suivirent la mort Je Mathilde , c'est-à-dire pendant le reste du

de Lothaire H

règne de Henri V et une partie de ce!

successeur , on ne voit que des gouve Toscane, sous les titres de présidents

R atbob est le premier de ces gouverneurs que Ton Il ne l'était plus en 1119.

son

amovibles de la

Conrad , duc de R< Toscane, par l'empereur nienrèrcnl ces fameusi'*

nne , fut fait président et marquis de Henri V, en 1119. De son tems comguerres que la rivalité (il naître entre les Pisans et les Génois, et qui se renouvelèrent durant plusieurs siècles. (Voy. l'art, de Gènes.) Conrad mourut ou cessa de gouverner la Toscane, en 1 i3i , au plus tard.

Ramprett se montre avec les titres de président et marquis de Toscane, en n3i. H doit être mort vers la fin de mai 116%.

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