‹ L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques, et autres anciens monumens depuis la naissance de NotreSeigneur, par le moyen d'une table chronologiqueChapitre 518 sur 582 · DES COMTES ET DES PRINCES DE CAPOCE · texte numérisé non relu

DES COMTES ET DES PRINCES DE CAPOCE

'lé son collègue. En prenant le* rênes de la principauté de Capoue, il s'associa son fils Landulfe V. Le pape l-eon IX était

que les Normands fai-

trèa- mécontent des — w.t en Italie, cl sollicitait les secours des princes de Capoue, de Salerne et de Bénévent pour les chasser de ce pays. Après on voyage (ait, en io5o, au Mont-Cassin, il vint, pour la seconde fois , l'année suivante a Capoue, et de la étant passé à Bénévent , il en déclara les habitants absous des censures dont son prédécesseur Clément 11 les avait frappés. Léon crut avoir mis par là dans ses intérêts les Bénéventains. Il se flatta pareillement d'avoir gagné les Salernitains dans un voyage qu'il fit ensuite chez eus ; après quoi . plein de belles espérances , il alla trouver l'empereur en Allemagne. Etant revenu avec une année nombreuse , il la renforça encore des troupes du pays ; après quoi il dirigea sa marche, l'an io&3, vers la Fouille pour faire la guerre aux Normands. On en vint au» mains la même année, et la victoire se déclara pour ceux-ci : mais loin de s'enorgueillir de cet avantage, ils prirent part au malheur du ponlife; et Humphroi, leur capitaine, l'étant venu trouver, le reçut prisonnier sur sa parole. Le pontife étant arrivé avec lui a Béné— vent, le a3 juin, y tomba malade et demanda d'être conduit à Capoue , d'où, après un séjour de douze jours, il se fit trans—

rorter a Rome. Ce fut le terme de ses voyages et de ses disgrâces. I mourut en cette ville le 19 avril io54< (. Léo Ostiens., fiv. 11, c ttt et 86. )

Camille Pellegrini pense que Richard, comte d'A versa , fût

n usant l'attendre , prirent le parti de se retirer. ( Voyet lu ducs de Toscane. )

Robert Guiscard, duc de la Pouille, ayant dessein de chasser de la Campanie les Lombards, engagea Richard à se joindre à lui, pour enlever Salerne an prince Gisulfe 11. La place, as siégée par leurs troupes combinées, fut contrainte, par famine, à se rendre l'an 1 07 5. ( Léo Ost. , 1. tu , c. 44- ) Gisulfe , s 'étant retiré auprès du pape Grégoire VU,

agne de dessei-

•eçut la

alors , du pontife , rainpagne de

crée

■éé prince de Cano ue, l'an 10S8, avec son fils Jourdain «1 bien certain a la vérité, dit Muratori, que le pape Nicolas II lui accorda, l'année suivante , l'investiture de cette principauté. Mais il ne paraît pas qu'alors il en ait pris possession, du moins pour la totalité. Léon d'Ostie (liv. 111 , c. iti), rapporte au contraire que Richard voulant en faire la conquête , vint mettre le siège devant la ville de Capoue , au tour de laquelle il fit élever trou bastions; mais que le prince Pandulfe VI , qui était dans la place, vint a bout, en lui offrant sept mille ecus d'or, de l'engager a se retirer. Pandulfe étant mort ensuite (on ignore en quelle année ) , eut pour successeur son fils Làkdclfb V. Alors Richard étant venu se présenter de nouveau devant la place, la serra si étroiteracot , l'an 106a, qu'il l'obligea d'en venir a une capitulation, dans laquelle il fut convenu que les citoyens resteraient maîtres des tours et des portes de la ville. Richard dissimula cet article pour le moment ; mais ayant fait, dans le cours de trois mois, la conquête de toutes les villes et de tous les châteaux de la principauté , il commença pour lors a signifier aux Capouans qu'ils eussent à lui remettre les tours et les portes de la ville ; et sur leur refus , il en reprit le siège pour la troisième fois. Dans celte détresse, les Capouans députèrent a l'empereur leur archevêque pour obtenir du secours ; mais ce prélat n'ayant rapporté que de belles paroles, les assiégés se virent contraints, par la faim, de subir la loi de Richard : Anno Domùu'cet IucamaJionis MLXJI ; yusun jam per decem drei/er aiutorum cunicula Normannis virikUr répugnassent , dit Léon d'Ostie , liv. 111 , c. 6. Ainsi, quoiqu'on ait des diplômes par lesquels il conste que, dès l'an 1008 ou loSg, Richard prenait le titre de prince de Capoue , néanmoins il est certain que ce ne fut qu'en 106a qu'il acquit la libre et pleine possession de celle principauté. Ce fut donc alors que cessa de régner la race des Lombards, et que l'on vit s'élever sur leurs ruines la puissance des Normands. Peu de tems après, le feu , par un dessein vraisemblablement prémédité , ayant pris durant la nuit a la ville de Téano, Richard y accourut de grand matin , et profita de la fuite de ses comtes pour s'en rendre maître. Romuald de Salerne, dans sa chronique, dit que la même année , Richard étant entré dans la Campanie , assiégea Céperano , et pénétra , en saccageant tout sur sa route , jusqu'à Sora. son

La petite chronique d'Amalfi nous apprend que Godefroi s'a- plus tendre, lui succéda l'an 1091. Mais les Lombards de Cavanra, l'an 1066 , vers Rome pour réprimer l'insolence de I poue , considérant sa jeunesse, le chassèrent presque aussitôt, Richard et de ses Normands qui menaçaient Rome , et qui, I et mirent en sa place Laiwox de la race des comtes de Téano.

en dédommagement , une' petite terre dans Rome , avec l honneur d'être inscrit dans la gneurs romains. (Guillcl. Puglien., 1. m.)

Richard et Robert Guiscard étendirent ensuite leurs conquêtes dans la Campanie, et par-là donnèrent l'alarme au pape Grégoire VII , qui , ne pouvant les arrêter, les sépara l'un et l'autre de sa communion. Alors s'étant retirés tous les deux à Capoue , ils y concertèrent de nouvelles entreprises qu'ils partagèrent entre eux. Robert alla faire le siège de Bénévent , tandis que Richard était cq nidrehe pour (aire celui de Naples. Mais ni l'une ni l'autre expédition ne réussit Richard , tandis qu'il poussait le siège de Naples avec la plus grande ardeur , fut attaqué d'une maladie qui l'emporta le o avril de l'an 1078. Il avait eu deux femmes, dont la première, nommée Frédesme, était soeur de Drogon, comte dé la Pouille : ce fut la mère de Jourdain. Le nom de l'autre femme n'est point connu.

Jourdain fut à peine en possession de la principauté de Capoue, qu'il prit querelle avec Robert Guiscard. A I appât de quatre mille cinq cents pesants qu'il reçut des Bénéventains, dont la ville était toujours assiégée par Robert , il détruisit tous les ouvrages que celui-ci avait formés autour de la place. S'étant ensuite confédéré avec les comtes de la Pouille, il trama une conspiration pour lui enlever ce duché. Robert , qui était alors en Calabre, instruit de ce dessein, part à la tête de quarantesix mille combattants pour retourner à Bénévent ; et après avoir emporté de force les villes d'Ascoli et d'Ariano , il vint , en longeant le fleuve de Sarna , se poster vis-à-vis du camp du prince Jourdain. Ce fut alors que Didier, abbé du Mont-Cassin , vint trouver le duc de la Pouille pour l'engager à faire la paix

pour rengager

avec le prince de Capoue. Robert , après avoir montré beaucoup de répugnance, consentit à la Gn à s'accommoder arec Jourdain. Celui-ci, vers le même tems, voulant à toot événement pourvoir à ses intérêts, vient trouver l'empereur ou roi de Germanie, Henri IV, qui était alors en Italie, pour recevoir de ses mains "investiture de sa principauté. Il l'obtient moyennant une grosse omme d'argent, mais Henri en avait distrait le monastère du Mont-Cassin , comme devant être du domaine des empereurs et sous leur protection. ( Saint- Marc )

Le même abbé Didier, dont on vient de parler, ayant suc* cédé, l'an 1086 , à Grégoire VII sous le nom de Victor 111 , le mnee Jourdain loi montra le même attachement qu'il avait témoigné à son prédécesseur, sans négliger toutefois ses propres intérêts. Désirant d'ajouter la campagne de Rome à ses étals, il l'avait déjà presque entièrement envahie , lorsque la mort mit fin à ses conquêtes et à ses usurpations , dans la ville de Piperno, le 19 ou le ao de décembre de l'an 1091, et non 1090, comme le marque Pellegrini d'après l.oup Protospata. (Mur. , Annal. , tome VI , page 3o4>) Son corps, transporté au Mont-Cassin, dont il était un insigne bienfaiteur, y fut inhumé près de l'église de Saint-Pierre. Il avait épousé Gaitelorimk , soeur de Gisulfe Il , prince de Salerne, qui lui avait apporté en dot Noie, Marigliano , Palma , Sarno et d'autres lieux voisins. De ce mariage sortirent deux fils, Richard et Robert.

Richard II, fils atné en 1080, à la

du prince Jourdain , principauté de Capoue

îsocie, par lès l'âge le

CHRONOLOGIE HISTORIQUE

Richard , obligé de se retirer avec sa mère dans la ville d'Aversa, y resta dans T'exil jusqu'en ioq8. Alors, réfléchissant sur les torts que ses ennemis lui avaient causés, et résolu île s'en venger, il implora la secours de Roger, comte de Sicile, son oncle, par une députai ion qu'il lui lit. D'autres députés qu'il envoya vers le même tems à Roger, duc de la Pouille, pour le mémo objet , offrirent , de la part de leur maître, de se rendre homme-lige de ce duc, chose que Robert Guiscard n'avait ja mais pu obtenir de Jourdain , ni par caresses ni par menaces. Le duc Roger était alors occupé à faire le siège de Troja. Après avoir terminé heureusement cette expédition, il pensa à rétablir le prince Richard dans ses états. Dans ce dessein, il fit partir Adèle , sa femme , pour aller prier le comte Roger de venir

Îiromplement à son appui. L ambassadrice , par ses discours lalteurs, obtint ce quelle demandait, c'est-à-dire un bon corps de troupes, ajouté à celui que Roger avait déjà fait partir au commencement d'avril de la même année 1098. Lui-même , peu de teins après, ayant passé le Phare de Messine, vint se joindre au duc. Mais, avant d'en venir aux actes d'hostilité contre les Capouans, il leur envoya des amltassadeurs pour les engager à rentrer sous l'obéissance de leur légitime souverain , offraqt de s'en rapporter à des juges choisis de part et d'autre pour décider entre Richard et Landon, son compétiteur. Mais ces rebelles, gagnés par ce dernier, refusèrent de se rendre à cette invitation. Le comte , voyant leur obstination, partit de Bénévent, où il était alors, et fit si grande diligence, que., de grand matin , il parut inopinément au milieu de Capoue, à la télé de mille cavaliers qui firent un grand nombre de prisonniers. S'élanl retiré ensuite pour rejoindre son armée, il forma, le lendemain , le siège de la place et tira des lignes de circonvallation aboutissant au Volturne. Le duc et le prince se postèrent de l'autre côté du fleuve ; et pour ouvrir la communication de leurs armées respectives , ils construisirent sur le fleuve un pont de bois, ce qui ferma l'entrée et la sortie de la place. Le pape Urbain, cependant , ne désirant que la paix, se rend sur les lieux avec saint Anselme , archevêque de Ccntorbcry, réfugié pour lors en Italie ; et s'étant abouché avec les trois princes, il les fait convenir de s'en rapporter à son jugement et à celui du prélat , pourvu que les assiégés veuillent y consentir. IÀdessus, le pontife étant entré dans la ville , y trouva les Lombards entièrement opposés à ses vues. Alors, plein d'indignation , il exhorte le comte à poursuivre son expédition , et part pour se rendre à Bénévent.

Tandis que le comte , sur lequel, comme le plus ancien et le plus expérimenté, roulaient toutes les opérations du siège, n'épargnait ni soins ni veilles pour accélérer la prise de la place, il courut un grand danger de sa personne par la perfidie d'un grec qu'il avait pris à sa solde. Ce traître, ayant pris langue avec Landon , sVlait engagé , moyennant une bonne somme d'or, à surprendre de nuit le comte. Mais Roger, prévenu dans un songe, par saint Bruno, du coup qui le menaçait, dit l'auteur de la vie de ce saint, sut le parer et ne poussa le siège qu'avec plus d'ardeur. Les Lombards, voyant les machines que l'on préparait pour battre la place, commencèrent par se moquer des travaux des assiégeants. Voyant néanmoins , ensuite, qu'on approchait de leurs murs , ils offrirent au comte de se rendre, à condition que la place resterait entre ses mains ou celles du duc Roger, l.e comte, ayant rejeté cette offre, exigea qu'ils rentrassent sous la domination de Richard, leur ancien souverain. C'est à quoi ils se virent réduits, le 19 juin 1038, après un siège qui avait commencé au premier mai précédent. Le comte eut la générosité de leur pardonner, et Richard fit son entrée triomphante à Capoue, après avoir fait les plus sincères et les plus tendres remercîments au comte et au duc. L'usurpateur Landon , de dépit , se fit moine, et mourut on ne sait en quelle année.

A l'égard du prince Richard, après son entrée dans Capoue, il obtint , des habitants , les forteresses qu'ils avaient eu tant de

peine à lui céder ; après quoi il fut sacré suivant l'ancien ttsan. Geoffroi Malaterra (1. III, c. a), par aversion pour les Capouans, l'appelle toujours prince d'Aversa, comme aussi Jourdain 1, son père, et Richard I, son aïeul. Ollavio Rinaldo met sa mort au mois de janvier 1 loti , et remarque en môme tenu, que, dans le supplément ajouté par Muratori à la chronique de la tava, cet événement est rapporté sous l'an no5 ; ce qui vraisemblablement vient de la différente manière de commencer l'année.

Robert I, frère du prince Richard, après Capoue en qualité de son procureur, s'étant révolté contre lui, et le voyant près de mourir, était entré par force dans Capoue et l'avait livrée aux flammes. C'est par ce trait de cruauté qu'il se mit en possession de la principauté. L'an 1106, il reçut dans sa capitale le pape Pascal 11 , qui s'y était rendu pour consacrer l'église de Saint-Benoît. Le pontife y étant revenu l'an uio, y rassembla plusieurs princes et seigneurs, au nombre desquels étaient Robert, tous les comtes de la Pouille et Je la Calabre et grande quantité de barons, avec lesquels il tint onc espèce de concile contre les investitures que l'empereur Henri V voulait lui extorquer. De retour à Rome, Pascal engagea, sou» la foi du serment , les barons romains à le défendre contre ce même empereur , qui s'avançait en diligence avec une armée considérable vers l'Italie. Ce prince, au mois de février 1111, étant près de Rome, Pascal lui envoya demander, pour sûreté de sa personne, des otages; ce qui ayant été accordé, l'empereur fut reçu dans la ville au milieu des acclamations. On en vint ensuite à une conférence où commencèrent les débats. Henri , ne pouvant obtenir du pape la couronne impériale de la même manière que Charlemagne et ses successeurs l'avaient obtenu*, c'est-à-dire sans aucune condition, l'arrêta prisonnier et 6t main-basse sur les enfants et les clercs «pi étaient venus audevant de lui avec des (leurs et des palmes : plusieurs furent dépouillés et d'autres frappés de verges. Ces traitements irritèrent le peuple , qui , touché surtout de compassion pour le pape , se jeta sur les Allemands et les chassa de la ville. On n'épargna pas même la personne de l'empereur , qui , se voyant frappé au visage, s'écria : Me œrret-vous mourir, mes brm'ts soldats , sans penser à me défendre ? Ces paroles furent suivies d'un rude combat , où les Romains perdirent beaucoup de monde; ce nui n'empêcha pas néanmoins Henri de prendre la fuite, et d emmener avec lui le pape qu'il tint soixante jours en prison, l.e prince de Capoue crut de son devoir de venir au secours du pontife si indignement maltraité. S'étant rendu à Patenaria.il envoya de là trois cents soldats au secours des Romaini. Mai» étant arrivés à Ferentino, ils y rencontrèrent Tolomeo et d'autres seigneurs romains du parti de Henri, qui s'opposèrent a leur marche. Henri, de son côté, quoiqu'il eût déjà passe e Tibre , n'ayant pu rentrer à Rome , les Capouans reprirent la route de leur pays. ( Ottav. Rmal., tome II , page ii5.)

Dans cet état des choses arriva la mort du duc Roger, qm fut de près suivie de celle de Boémond , son frère ; double événement qui mit la consternation parmi les Normands et accrut l'orgueil des Lombards et des Allemands. Ceux-là, redoutant les approches de Henri , choisirent les lieux les plus propres par leur assiette à les défendre , et y élevèrent à la hite des forteresses. Mais le prince Robert, par le conseil des siens, jugea plus convenable pour lui de demander la paix au monarque, e l'obtint par le moven des ambassadeurs qu'il lui envoya.

Après la mort de Pascal 11 , arrivée au mois de |anvier 1 1 Gélase H lui ayant succédé, le prince Robert et Gu. launw, duc de la Pouille, se réunissent pour aller à Guèïc hommages au nouveau pape , et lui prêter serment cle twci • De là ils l'amenèrent à Capoue, où il tint un conc.le dans il excommunia l'empereur et son antipape Burdin. ' lébra dans cette même ville la fêle de Piquet, ayarU sur «ait pendant les saints mystères, la couronne impeiw* *

voulut accompagner le pontife a son départ. Mais apprenant au Mont Cassin que l'empereur faisait le siège de Turricola, il n'alla pas plus loin et revint à Capoue. (Petr. Diae. , I. IV, c. 64.) Le prince Robert termina ses jours le 3 juin nao, suivant Falcon de Bénéveut , laissant un fila qui suit.

Richard III, fils du prince Robert, fut proclamé prince de Capoue le jour de l' Ascension, 27 mai nao, dans un âge tendre , lorsqu'on désespérait de la vie de son père. Aussitôt il fut sacré par l'archevêque de celte ville, dans uuc grande assemblée de prélats et de seigneurs du pays. Mais la mort avant enlevé Robert huit jours après, Richard le suivit au tombeau le surlL'iiJemaia.

DES COMTES ET DES PRINCES DE CAPOUE. 3i a

la Pouillc, avec promesse de la lui conférer dans la \ille de Rcnévent. Roger ue demandant pas autre chose, s'accorda facilement avec Te pape. Tandis qu'Honoré se rend à Rcnévent pour celte fonction, Roger, qui le suit de près avec un bon corps de troupes, arrive au Mont-Saint-Félix , près du rendez» vous,] et prétend que c'est là où le pape doit l'investir. Honoré soutient au contraire que c'est dans la ville nième que cite cérémonie doit se faire- Mais le rusé sicilien , qui se défiait du pape, persiste à dire que c'est hors de Rénovent, et non au dedans, qu'il doit recevoir l'investiture. On s'accorde enfin ,

Jourdain II , oncle du prince Richard III , devint son successeur, et fut sacré le 7 de juillet nao, suivant Falcon de Bénévent. Sous le gouvernement de ce prince, il s'éleva plu sieurs contestations pour des droits temporels entre les moines du Moot-Cassin et d autres monastères, rapportées par Rinaldo ; nuis, a notre avis, trop peu importantes pour être mises sous les yeux de nos lecteurs. Son règne fut d environ sept ans. 11 mourut, suivant l'anonyme du Mont- Cassin et Pierre Diacre ( L IV, c. </i ), le 16 décembre 1 1*7.

Robert II , fils de Jourdain II , fut son successeur dans la principauté de Capoue. Le art décembre 1127, arriva, de Ré tifveni a Capoue, le pape Honoré H, que le prince reçut avec les plus grands honneurs. Ce pontife avait invité d'avance un grand nombre d'évéques et d'abbés à se trouver au sacre d< Robert. I.a cérémonie se fit par les mains de l'archevêque

de Capoue, dans le mois de janvier u ai, avec la plus grande solennité. Robert y reçut l'investiture du pape, après lui avoir fait serment de fidélité. Honoré étant ensuite monté en chaire, y détailla ses griefs contre Roger, comte de Sicile, par rapport à la guerre qu'il faisait aux Bénéventains , et touchant l'usurpation qu'il avait faite de plusieurs places de la Pouillc, qui appartenaient au saint siégé. Impatient de les recouvrer, il exhorta les assistants à s'armer pour sa défense, et pour les y déterminer, il ne fit pas difficulté d'accorder indulgence pléaière à tous ceux qui mourraient dans celte expédition : mnyen étrange , dit Muratori , qui commença pour lors a devenir à la mode , pour appuyer des intérêts temporels. Le prince Robert, Rainulfe, comte d'Alife ; Grimoald , seigneur de Biri , Tancrède de Conversano, comte de Brindes ; Roger, comte d'Oria , et d'autres seigneurs et barons se déclarèrent alors, avec des promesses magnifiques, les vengeurs des droits du saint siège , et se préparèrent à marcher contre Roger. Le pape, avant de partir, confirma l'excommunication dont il l'avait frappé , ce qu'il renouvela a Troia , où de là il s'était rendu. Le prince Robert et le comte Rainulfe se montré renl les plus ardents pour la défense d'Honoré. Ce pontife les chargea daller, à la léle de deux mille bénéventains , faire le siège du château de la Pelouse, qu'ils commencèrent le 29 janvier. Mais •I* échouèrent devant celte place; ce qui causa un tel dépit au pape, qui était alors à Monle-Sarchio , qu'il en partit pour aller dans le duché de Rome.

Le comte Roger ne demeurait pas cependant oisif en Sicile. Il y assemblait une armée avec laquelle il passa le détroit au printemps, et s'empara de Tarente, d'Olranie et d'autres places appartenantes à Boémond, prince d'Antioche. Effrayé ces conquêtes, le pape s'en retourne à Bénévent , d'où il envoie trois cents cavaliers au prince de Capoue et au comte dAlife, pour s'opposer aux progrès des armes de Roger. Mais les chaleurs de l'été ne permettant point à Robert de tenir la

et le pape s'étaul rendu sur le grand pont du Volturne, dans l'octave de l'Assomption , y investit Roger du duché de Pouillc et de CaJabre, dans la même forme que Robert Guiscard l'avait été avec son fils. Les barous et les villes qui tenaient le parti du

par k'U

pe, se plaignirent beaucoup de cet accommodement fait sans ur participation , parce qu il les mettait à la discrétion de Roger.

Après avoir assuré de la sorte ses droits et ses prétentions, Honoré s'en revint à Rome. 11 n'y était pas encore arrivé, lorsqu'une partie des Bénéventains s étant jeté sur Guillaume, que le pape avait nommé gouverneur de leur ville , te massacra cruellement. Irrité de ce traitemeut, Honoré s'exhala en menaces, cl envoya le cardinal Gérard pour remplacer Guillaume. Mais Gérard , à son arrivée , trouva que les Rénéventains s'étaient érigés en commune , sans toutefois renoncer à l'obéissance du pape.

Le prince Robert , voyant la puissance de Roger s'accroître au point que tous les grands et les seigneurs du pays s'empressaient de venir lui rendre hommage, saisi de crainte comme eux , voulut aussi fc rendre son homme-lige. Roger voyant alors un prince devenu son vassal, dédaigna les titres de comte et de duc, et ambitionna celui de roi. Le saint siège était alors disputé entre le pape Innocent et l'antipape Anaclet. Roger s'élant attaché au dernier, obtint de lui, lan n3o, un diplôme daté du 26 septembre, en vertu duquel , le jour de Noël suivant, il fut couronné dans la cathédrale de Palerme. Les ministres de cette fonction furent Philippe , archevêque de Capoue ; Roger , archevêque de Bénévent, et Jean, archevêque de Salerne. Ce fut le prince Robert qui lui imposa la couronne royale , service dont il fut bien mal récompensé , comme on va le voir.

Au milieu de ses conquêtes, Roger s'était vanté qu'il dépouillerait de leurs états et le prince Robert , et Rainulfe , comte d'Ariola et d'Avcllino, quoiqu'il fût son parent et mari de Malhilde, sa sœur. Mais ce qui devait former le lien d'une étroite amitié entre Roger et le comte, fut la cause de leur désunion. Rainulfe s'elant brouille avec sa femme, la traita avec une extrême dureté. Roger, dont elle était tendrement aimée , informé de ce traitement , l'appela auprès de lui , et l'ayant consolée le mieux qu'il put, l'envoya en Sicile avec son fils. Ce fut alors qu'il prit les armes contre Rainulfe, auquel il enleva promptement Avellino et Mercogliano. Rainulfe avait un frère nommé Richard, qui s'était attire la haine de Roger pour des propos hardis qu'il tenait sur son compte. L'ayant en son pouvoir, il lui fit crever les yeux et couper le nez. Rainulfe , ayant appris à Rome où il s'était retiré , ce malheur , vint trouver le pnnec Robert pour le déplorer avec lui. L'un et l'autre ayant rassemblé trois mille cavaliers et quarante mille fantassins, se mirent en campagne pour faire la guerre a Roger, et vinrent camper à Monte-Sarchio Roger, apprenant à Renévent , où il séjournait alors , ces mouvements , leur envoya demander , par des députés , pourquoi ils avaient pris les armes contre lui. Robert, dans une audience publique, leur répondit en ces termes : Dites à votre maître que nous ne Jerons ni paix ni tripe avec lui quil naît rendu au comte Rainulfe sa

femme , aver. la «die d '/ivellino et le cltâteau de Mercogliano , ....'.•> 1 - j 1 ... ...... 1 „ m ,i;.l. :i .„

campagne, il reprit la route de < apoue, et sa retraite entraîna ,

" désertion de ses troupes. Mais Honoré ne voyant que déshon- j qu 'il leur a injustement enlevés. Les ayant ainsi congédiés , il se

"furet perles pour lui en luttant contre Roger, lui envoyai mil promptement en ordre de bataille, pour n'être pas surpris wncio Frangipani , pour lui offrir l'iuyealiture du duché de 1 par l'ennemi. Roger n'ayant pu mettre les Rénéventains dans

3 a a CHRONOLOGIE HISTORIQUE

•es intérêts » se replia , comme en fuyant , vers le Pont-Saint- "Valenlin, où, pendant huit jouis, il mit tonte U contrée a feu et a sang. Robert et le comte Rainulfe , apprenant le

corps de leurs 34 juillet ti 3a,

départ du roi , firent marcher a sa poursuite an troupes, qui , l'ayant atteint, lui livrèrent, le ; ne graode bataille, dont le succès ne répondit pas a la valeur itraordinaire qu'il y fit paraître. Tandis qu'il retourne en

:l r.l— « An' ..11... lnvnpi IVninprpnr I^llhairc

.othaire ni iciter à Pise.

troupes, qu «ne gr extraordinaire

Sicile pour faire de nouvelles levées, I empereur Lothaire arrive avec le pape Innocent à Rome. Le prince et le comte d'Alife viennent les y trouver pour demander du secours contre Roger ; mais ils ne remportèrent que de belles promesses, qui furent sans effet.

Roger, de retour de Sicile, l'an 11 33, avec une armée nombreuse de Siciliens et de Sarrasins, soumet la Pouille avec «ne rapidité qui fait craindre au prince Robert qu'il ne lui enlève ses états. N'espérant point de secours de ' des Allemands, il s'embarque pour aller en soll Les Pisans, ligués alors avec les Génois et les Vénitiens, fui fournirent une flotte de cent vaisseaux, avec laquelle U vint aborder, dans le mois de mars 11 34, à Naples. De U il passe en diligence dans la ville d'A versa , dont les habitants se rendent à lui sans hésiter. Sergius , doc de Naples, et le comte Rainulfe , apprenant que, par le traité qu'il avait fait avec les Pisans , Robert s'était engagé a leur payer trois mille livres d'argent , se hâtèrent de dépouiller les églises de Naples et de Capoue , pour acquitter cette dette. Roger , cependant , fait partir du port de Salerne les soixante galères qu il avait amenées de Sicile , pour aller se présenter devant Naples. Luimême , a la tète de ses troupes , veut s'approcher de cette ville. Mais la brave défense des Napolitains, l'oblige a se tenir éloigné. Il se dédommage en ravageant le territoire de cette ville, après quoi il retourne a Salerne chargé de dépouilles. Les nouvelles conquêtes qu'il fit ensuite d'un grand nombre de terres et de châteaux, remplirent de terreur Naples, Bénévent et toute la principauté de Capoue. Le comte Rainulfe ne cessait d'exciter les barons du pays à se joindre a lui pour arrêter les

ftrogrès de ce héros- Mais bientôt après il apprit qu'il avait eu 'adresse de les corrompre. Le prince Robert , se trouvant hors d'état de lui résister avec ses seules forces , passa d'abord a Naples , d'où il revint une seconde fois à Pise. Le comte Rainulle, se voyant ainsi abandonné, prit le parti de la soumission , et vint demander humblement la paix au roi qui le reçut avec affabilité. Les autres barons imitèrent cet exemple, en sorte qu'il ne restait plus que le prince Robert a dompter. La ville de Capoue, sur laquelle Roger tomba, l'an it35, se sommation. Roger part ensuite pour Saen Sicile. Il y tomba dangereusement le sa mort s'étant répandu , on y ajouta d'autant plus foi, qu'ayant perdu, dans celte conjoncture, Albisie, sa femme, il était resté plusieurs jours renfermé pour se livrer entièrement a ses regrets. Le prince Robert et le comte Rainulfe, trompés par la renommée, se croient délivrés du roi Roger, et , dans cette opinion , ils se disposent i reprendre les armes. Robert était alors revenu de Pise avec un bon corps de troupes a Naples , où il se concerta avec le duc Sergius et le comte Rainulfe, pour recouvrer les terres qui leur avait été enlevées. Ils débutèrent par investir la ville de Capoue. Mais Cansolin , a qui Roger avait confié la garde de cette place avec une bonne garnison, fait échouer cette entreprise. Le duc et le comte , en se retirant, emmènent une

Kande quantité de bestiaux qu'ils avaient pris ; capture qui leur t d'autant plus facile, que les Capouans, ne se défiant d'aucune hostilité , avaient mené ces animaux paître sur leur territoire. Cansolin, outre cela, voyant armés de nouveau le prince et le comte, renforça de garnisons les villes de Capoue, de Maddaloni, de Cicala, de Nocera, ainsi que les châteaux des environs. Apprenant que la ville d'Aversa chancelait, il s'y transporta pour 1a raffermir dans m fidélité envers le roi.

Mais, nonobstant cette précaution, le prince Robert vint 1 bout d'attirer dans son parti les Aversans; ce qui ayant relevé le courage du duc Sergius et du comte Rainulfe , il se laissa engager par ses confédérés a se mettre en marche avec buit mille néanmoins

rendit i la première lerne , d'où il passa malade ; et le bruit

pisans pour faire le siège de Capoue. Mieux instruit oins qu'eux de la force de la place et de la garnison qui la défendait , il jugea plus a propos de s'arrêter sur les bords

à Silice, ■■■■ le rusé

■» umiiimii. il jugea |>IUJ a |

du Clanio , dans un lieu dit le dans l'espérance que ses pour le remettre en possession de la place, solin , prévoyant ce qui pourrait arriver, s'assura des personnes qui lui étaient suspectes , et les ayant fait arrêter , les envoya sous bonne garde a Salerne. Robert alors changea la position de son camp, sans néanmoins s'éloigner du Clanio. Peu de tems après arriva l'amiral Jean â la tête de l'armée royale , et s'étant posté sur l'autre bord du fleuve, il empêcha Robert de porter aucun préjudice aux terres de son maître. Ce fat en vain que le comte Rainulfe tenu de déloger l'amiral de son poste. Robert et le duc Sergius prirent alors le parti de se retirer â Naples , tandis que le comte Rainulfe allait s~ fermer dans A versa. Le roi Roger étant revenu en santé, , dans ces entrefaites le détroit, et, de Salerne, on il aborda, reparut inopinément devant A versa, dont les habitants, saisis de frayeur, abandonnèrent la place et se sauvèrent pour la plupart à Naples. Roger, usant de sa férocité ordinaire, fit main basse sur la plus grande partie des citoyens qu'il y trouva, abattit les murailles et mit le feu aux maisons, de maniera que la ville fut entièrement détruite. U alla ensuite taire le siège de Naples. Mais la maladie s'étant mise dans son année, il reprit U roule d'A versa , dans le dessein de la rebâtir.

Le prince Robert ne restait pas cependant oisif. Avec le secours des Pisans et des Napolitains, s'étant rendu maître d'Amalfi , il saccagea la place, et fit le même traitement à celle de Scala. Le roi Rog«r n'apprit pas plutôt ces nouvelles,

au'il courut i l'ennemi, et l'ayant atteint avant qu'on l'atten dît, le mit en fuite, fit sur lui quinte cents prisonniers , parmi lesquels furent compris deux des trois consuls qui conduiraient l'armée de Robert , le troisième ayant été toé dans le combat. Après cette victoire, Roger étant venu a Capoue, en

prince son troisième fils Ànfuse , du consentement de la noblesse , en lui remettant un étendard entre les mains , cérémonie qui se fit le i«. octobre n35. Anfuse ne fut point sacré comme ses prédécesseurs ni ses successeurs , parce que cette cérémonie fut réserrée aux seuls rois. (Otta». FÙmdd.)

Anfuse ou Alfonsb , déclaré prince de Capoue par le roi Roger, son père, fut reconnu en celte qualité sans aucune opposition. A son entrée solennelle, les barons et 1rs citoyens de la ville lui firent hommage et serment de fidélité; après quoi il chargea du gouvernement militaire, Aimon d'Areenzia, d'une famille illustre , qui s'éteignit dans le siècle dernier. Etant venu ensuite 4 Salerne , il passa de là en Sicile. Robert , cependant , était de nouveau réfugié à Pise , où il avait trouvé à son arrivée le pape Innocent II. Par le conseil de ce pontife et du cardinal Gérard de Sainte-Croix, il se rendit avec Richard , frère du comte Rainulfe , auprès de l'empereur Lothaire , pour demander son assistance contre le cruel Roger, qui les avait entièrement dépouillés. l.othaire , dont ils furent très-bien accueillis, promit de venir l'année suivante en Italie, pour éteindre le schisme et délivrer le pays du tyran qui le désolait. Il tint parole ; et , l'an 1 i3y , au mois de mars , suivant Falcon de Bénévent , ayant passé les monts avec une bonne armée, il evant lui le prince Henri, son ge

envoya devant

gendre, avec trois

DES COMTES ET DES

Naplcs pour ranimer le courage des citoyens , et , peu de tenu «près , il fut joint par le prioce Robert, qui lui amenait cinq vaisseaux chargés de vivres. Robert ne fît que paraître à Naples, et courut incontinent au-devant de Lothaire , avec lequel il passa la féte de Pâques à Pcscara. L'empereur de là s'avança dans l'A brune, où il soumit Termoli et d'autres places; puis entra dans la Pouille, où il prit Siponte et Bari, dont les Romains se soumirent a lui.

Le pape Innocent arriva , de son côté, a San-Gcrmano , d'où étant venu à Capoue , il replaça , au mois de mai , Robert dans sa principauté. L'empereur étant ensuite venu joindre le pontife, ils marchèrent avec le comte Rainulfe et le prince Robert vers Salernc , qui , ne se trouvant pas en état de soutenir un siège, leur ouvrit ses portes. De là s'étant rendus à Bénévent, ils y traitèrent de l'élection d'un nouveau duc de la Pouille. Il y eut alors contestation , pendant un mois entier, entre le pape et l'empereur , pour décider a qui ce droit d'élire devait appartenir. Enfin, ils s accordèrent à nommer ensemble le comte Rainulfe qu'ils investirent duc de la Pouille , en lui remettant chacun l'étendard ducal ; après quoi l'impératrice Et une entrée pompeuse dans la ville. L'empereur, étant revenu avec le pape a Rome, quitta cette ville après un court séjour, pour retourner a Bénevent.

C'était ce qu'attendait le roi Roger pour reprendre ce qu'on lui avait enlevé. Dès qu'il fut informé du départ de Lothaire, il aborda de Sicile à Salerne avec une armée qui le remit en possession de ce qu'il avait perdu. Capoue fut la place qui lui fit le plus de résistance. C'était a elle qu'il en voulait principalement pour se venger du prince Robert, qu'il regardait comme la première cause de la venue de Lothaire en Italie. L'ayant emportée de force , il y déchargea sa fureur sur les édifices et sur les habitants , n'épargnant pas même les vierges sacrées

r'il abandonna a la brutalité du soldat, C'est ce qui arriva dans mois d'octobre 1 137. Effrayé du progrès de ses armes, le duc Sergius, que les Pisans avaient abandonné, se vit contraint de rentrer sous sa domination. Le malheureux prince Robert errait cependant avec le pape , qui , ayant appris la mort du comte Rainulfe et les conquêtes de Roger , était sorti de Rome avec mille chevaux et un plus grand nombre de gens de pied, et s'était retiré à San - Germano. Roger apprenant l'arrivée du pontife en celte ville, crut qu'il était de son intérêt de faire la pais avec lui. Une députation qu'il lui fit a ce sujet ayant été bien accueillie , il quitta le siège de Troja, qu'il faisait alors , et vint lui- même s'aboucher avec le pontife. Le premier projet d'Innocent avait été d'exiger avant tout le rétablissement de Robert , si injustement dépouillé. Mais Roger n'ayant point voulu y consentir , on se sépara au bout de huit jours sans avoir rien conclu. Le roi poursuivit ses conquêtes , et étant passe avec son armée sur les terres des enfants de Borello , il en prit de force la plus grande partie qu'il réunit à son domaine. Il en fut de même du château de Calvi qu'il attaqua ensuite. ( Fuko. BmerenL ad an. 1 138. ) Innocent , de son cdlé , fit le siège du château île Galluccio dont il ravagea les environs. Mais Roger étant survenu à ('improviste , mit en fuite le pape avec le prince Robert. Innocent n'en fut pas quitte pour ce revers ; étant tombé , comme il fuyait , dans une embuscade que lui avait dressé Roger , fils du roi , il y fut fait prisonnier et conduit au monarque arec le chancelier Âimeri , plusieurs cardinaux et

PRINCES DE CAPOUE. 3at

d'autres personnes de marque. Tous ses équipages furent pillés avec sa caisse militaire qui n'était pas médiocre. Ce ne fut qu'avec une grande peine que Robert et plusieurs barons romains purent s'échapper. Ceci arriva le 10 juillet n3q, suivant Falcon de Bénévent. Le roi Roger , après celte victoire , fit montre de religion , et fit demander au pape la permission de venir lui baiser les pieds. Innocent ne voulut point l'admettre a moins que la paix ne fût conclue. Le roi lui ayant envoyé de nouveaux ambassadeurs , le bon pape , se voyant sans forces , est contraint de lui accorder le pardon qu'il demandait humblement , et de consentir à la paix. Le roi étant donc venu avec son fils se jeter aux pieds du pontife , jura sur l'évangile de lui être fidèle et a ses successeurs. Innocent alors lui remit entre les mains nn étendard, avec lequel il l'investit du royaume de Sicile , et en même tems créa duc de la Pouille son fila Roger, et son autre fils fut prince de Capoue. Tout cela se fit

le 7 août ii3q,, suivant Falcon de dit cet historien , tiatitn Sidlias ~ ejus durifilia ducatum Apuiiue,

Régi verb Rogtrio,

L'année suivante 11 4c-, le roi Roger envoya son fils Anfuse au-delà de Pescara, pour reprendre dans l Abruue ce qu'il prétendait lui avoir été enlevé. Le jeune prince s'acquitta de sa commission avec cruauté, brillant et s'aceageant tout. Son frère, le duc Roger, étant venu le joindre, ils achevèrent la conquête du pays.

Le gouvernement du prince Anfuse dura jusqu'à sa mort, arrivée an mois de mars 1 i44- H eut pour successeur Guiirlacms, son autre frère. Ce nouveau prince assista, la même année, à une grande assemblée que le roi , son père , tint à Capoue, touchant les affaires du gouvernement. Le prince Robert II menait alors une vie privée à Sorrento, où le roi Roger lui avait tacitement permis de venir à la prière du pape. C'est de là que lui vint le surnom de Somnta , qui a trompé quelques auteurs, en le prenant pour un autre Robert, originaire de cette ville.

La mort du roi Roger, arrivée l'an 11 54, releva le courage de Robert ainsi que de tous ceux qu'il avait dépouillés. S'étant mis en campagne, il réussit à recouvrer sa principauté de Capoue, l'an 11 55. Mais Guillaume, successeur de Roger, son père , étant venu de Sicile , l'an 1 i5t>, au rovaume de Nantes, le contraignit, ainsi que les autres rebelles , de prendre la fuite. S'étant retiré à Bénévent , et n'y trouvant point sa sûreté , il voulut aller plus loin. Mais, au passage du Garillan , il tomba dans une embuscade que lui dressa Richard d'Aquila, comte de Fondi. Maître de sa personne , Richard le remit entre les mains de Guillaume, qui l'envoya prisonnier à Païenne, où il fut privé de la vue , et peu de tems après , périt misérable— meut. Il avait épousé Sabia, dont il est fait mention dans un de ses diplômes, en ces terme: quotùatn per inUreentum Sabim nottrm kanssimœ usons et Odoaldi nastri CamerariL ..... Uatum Capuœ , mens* Mariiï per wdktione décima, anao do~ miiu Inconu 1 i3a , et quinto anno principatus. ( Gatula , t- III , pag. aa4-) En mourant, il laissa plusieurs fils, dont l'un, nommé Jourdain , s'étant retiré à la cour de l'empereur Manuel, y fut honoré du titre de sébaate, et fut députe, l'an 1 166, au

CHRONOLOGIE HISTORIQUE

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