‹ L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques, et autres anciens monumens depuis la naissance de NotreSeigneur, par le moyen d'une table chronologiqueChapitre 517 sur 582 · PRINCES DE CAPOUE. S«J · texte numérisé non relu

PRINCES DE CAPOUE. S«J

favorable, tomba vigoureusement sur les Grecs, qu'il n'eut pas de peine a rompre et à mettre en fuite. S'étant mis a U poursuite d' Abdila, comme il vit que la vitesse de son cheval , ne permettait pas de le saisir , il lui lança son javelot , dont il lui fit une blessure dangereuse , avec laquelle il eut peine à gagner Ascoli. Un autre Romuald , qu'Abdila avait chargé d'attaquer, par derrière, les Allemands et les Français, fut rencontré par Siccon, comte de Spolelte, qui l'ayant défait avec sa troupe , le fit prisonnier lui-même. Dans l'armée des confédérés, il n'y eut de blessés qu'un spoleltain; mais la perte fut de quinze cents hommes dans celles des Grecs. Après cette victoire, les alliés reprirent joyeusement la roule d f Avellino , chargés de dépouilles.

A peine celte guerre était finie, au grand désavantage des Grecs, que l'empereur Olton I parut, lan 970, dans le pays de Napies, i la tête d'une armée formidable , qui fil main-basse sur tout le bétail qu'elle y trouva. Tandis qu'il séjournait dans un lieu du Capouan, nommé Sclicé, Aloare, femme du prince Pandulfe 7'fVe de fer, vint l'y trouver, le a3 mai de la même année, avec Landulfe, son fils, et lui recommanda , avec d'instantes prières , son époux, qui était toujours prisonnier a Conslanlinople. Pour la satisfaire , Otton marcha vers la Pouille, et alla camper près de Bovino, dont, ayant formé le siège, il commença par en livrer tous les faubourgs aux flammes. Ils ar» rêta-la , sur la nouvelle qu'il reçut de Ta mort de l'empereur Nicéphore Phocas, causée par les intrigues abominables de sa femme. Jean Zimisquès , qui remplaça ce méchant prince , ne voulant avoir rien a démêler avec Olton, se hâta de mettre en liberté Pandulfe, et de le renvoyer en Italie, après lui avoir fait promettre qu'il engagerait l'empereur d'Occident à cesser toute hostilité contre l'empire d'Orient : c'est ce qu'exécuta Pandulfe avec succès dès qu*l fut de retour en Italie : mais se ressouvenant des torts que lui avait injustement causés Marin , duc de Napies, il leva, pour en tirer vengeance, une armée , avec laquelle il le vint assiéger dans sa capitale. Marin, qui avait prévu le coup , s'occupait alors, jour et nuit , â faire réparer les murs de Napies. Un jour , les assiégés firent une sortie sur les BénévenUins , qui les reçurent avec une valeur égale a celle qu'ils faisaient paraître. On combattit, de part et d autre, avec tant d'acharnement , depuis le matin jusqu'au soir , que U victoire resta long-tems incertaine ; mais i la fin , les Napolitains, après avoir perdu plus de morts et reçu plus de blessures que leurs ennemis , furent contraints de rentrer dans leurs murs. Pandulfe voyant qu'il ne pourrait réussir par la seule force , eut recours a la ruse. Il feignit de vouloir décamper au commencement de la nuit , espérant de retrouver , par un retour inopiné, les assiégés plongés dans le sommeil. Mais le duc Marin, qui se tenait sur ses gardes, avait pourvu soigneusement â ce que personne n'abandonnât son poste. Pandulfe s'étant approché des portes , commença une escalade ; mais les portes s'étant ouvertes subitement, Marin, avec sa garnison , tomba sur les ennemis avec tant de violence qu'il les obligea de reculer avec la plus grande précipitation. Tous ceux qui avaient déjà grimpé sur les mure, tombèrent avec plus de vitesse dans le fossé qu'ils n'y étaient montés. Après cet événement , arrivé l'an 973 , Pandulfe , voyant qu'il perdait son tenu devant Napies. se détermine à reprendre la route de Capoue.

Pandulfe avait obtenu de l'empereur Olton, comme on l'a dit ailleurs , le duché de Bénévent , l'an g6t : devenu duc de Spolelte en 967, il était un des plus puissants princes de l'Italie. Otton II, successeur de l'empereur Otton I, son père, en 973, souffrit, avec impatience, que la Calabre et la Pouille fussent au pouvoir des Grecs. Ayant rassemblé, pour enlever ces deux provinces , une armée puissante , il descendit . l'an 980 , en Italie, vint â Capoue, puisâ Tarente; et de là, étant entré dans la Calabre, il y livra, pendant un assez court espace de tems, plusieurs combats aux Grecs, après quoi, l'année suivante, il reprit la route d'Allemagne. (C'Wi. Carense, ad au.

CHRONOLOGIE HISTORIQUE

980 , et Lea Ostt'easts , lib. II , c. g. ) Pandulfe cessa de vivre l'an et laissa, en mourant, J'Aloarde, sa femme, fille d'un comte nommé Pierre, six fils, savoir : Landulfe, qui suit; l'audulfe, que Gisulfe I , prince île Salernc, adopta; Landenulfe et Laidulfe, qui se succédèrent dans la principauté de Capoue , comme on le verra dans peu ; Gisulfe, comte dcTéano, dont parle Léon d'Oslie (liv. ll,c. i3);el Atenulfe, comte et marquis, connu par une charte des archives de Sainl-I jurent d'A-

Salern. ) lises ,

le Mont- Vésuve vomit une grande quantité de fumée et de flammes. Car telle était l'opinion du vulgaire, que chaque éruption du Vésuve annonçait que quelque riche et puissant scélérat venait de descendre aux enfers.

LANDULre IV, dit LE Haudi, fils aîné de Pandulfe Tite de Jer, associé, par son père, au gouvernement dès l'an 968, commença, l'an 981, a réf vint contre chronique bataille

pas de remporter la victoire; et que, dans une nouvelle affaire qu'il eut avec eux en Calabre, il péril avec son fière Atenulfe et ses neveux Ingulfc, Vadibert et Gui de Sessa ; ce que Léon d'Oslie ( liv. II , c. q j rapporte a l'an g83 : mais d'autres écrivains, cités par le Pellegnni, datent cette bataille du mois de juillet 98a. Le P. Pagi, de son côté, produit des autorités qui montrent que Landulfe vivait encore au mois de septembre 982 ; et dom Gattula, dans ses notes sur le cartulaire du Mont Cassin , rapporte une note d'un acte dressé sous le règne de 1-andolfe I V, avec ces caractères chronologiques : Dat. in ann. q iorto decimo prinapatus tjus , même nooembri, IndiiJione undetima , actum t'a cieilale capuana. Or, l'indiclion XI commença au mois de septembre g83.

Otton M, en repassant a Capoue après son expédition, confirma dans cette principauté la veuve de Pandulfe Tile de Jer , et Landulfe ou Landenulfe, son fils. La mère termina ses jours au mois de janvier 99;}; et son fils Landenulfe la suivit au tombeau quatre mois après, de la manière qui suit. C'était la coutume que tous les ans, le jeudi de Pâques, le prince de Capoue se rendît à l'église de Saint-Marcel de Capoue, et qu'il y assistât aux saints mystères. Ce fut l'archevêque Aion qui les célébra celle année-ci. Le prince, au sortir de l'église, pour retourner a son palais , est attaqué par une bande de conjures , qui, l'ayant massacré et dépouillé de ses habits, le Laissèreni nu sur la place. I.es moines de Saint - Benoît vinrent lever le cadavre, et l'inhumèrent dans leur église. L'archevêque, épou vanté par cet assassinat, et craignant pour lui-même, se sauva dans le monaslère ; mais il n'évita point le malheur qu'il appréhendait. Malgré ses précautions, les conjurés trouvèrent le moyen de lui ôter la vie par le poison. L'empereur Ollon 111, instruit de l'assassinat de Landulfe, chargea Hugues le Grand , marquis de Toscane, d'en tirer vengeance ; ce qu'il exécuta. ( Voyez Us marquis de Toscane. )

Laidulfe, dit le Rosé, frère de Landenulfe, fut son successeur dans la principauté de Capoue. On le soupçonna d'avoir été d'intelligence avec les meurtriers de son frère, l-a chronique des coniles de Capoue donne la chose pour certaine. L'empereur Olton III «'étant rendu sur les lieux en 999, tint un plaid, dans lequel il déposa Laidulfe comme coupable du crime dont on l'accusait, envoya ses complices en exil, et plaça sur le trône de Capoue Auf.mmhe, proche parent de la princesse Aloare , dont il était chéri, et élevé par le clerc Balsamo à la cour impériale. (Giron. Caverne ad ann. 999.) Le fut le dernier prince de la race d'Aloarde ; mais il ne jouit que bien peu de

tenu de la libéralité' de l'empereur. Les citoyens de Capoue , mécontents de son gouvernement, le chassèrent au bout de quatre mois, i l'instigation de leur archevêque , et mirent en

itace Landulfe V, dit de Sainte- A^alhe , fils de Lan- 'e 111 , prince de Bénévenl. Le gouvernement de Landulfe V

du

fut de huit l'an 1007.

et finit par sa mort, le aa ou le 34 juillet de

Pandulfe H , fils de Landulfe V, fut son successeur dans la principauté de Capoue. Celui-ci n'a pas été connu de la plupart des écrivains, ainsi que ses successeurs, ce qui jette une grande confusion dans l'histoire. Le prince de Capoue dont nous parlons, s'associa, l'an 1009, a Pandulfe 111, son oncle, prince de Benévent , et régna avec lui jusqu'au i3 août 1014, qui fut le terme de ses jours. Deux ans après, l'autre Pandulfe III , prince de Bénévent , se donna pour collègue, l'an 1016, Pandulfe IV, lils du prince de Capoue.

Ce fut l'an loiti , sous le gouvernement de ce Pandulfe II et de Pandulfe 111, qu'on vit arriver, 4 Saleme, des cavaliers normands , gens de belle figure , de haute taille, et maîtres dans l'art de la guerre, au nombre de Quarante, ou, selon d'autres, de cent. On n'est pas assuré de 1 occasion de l'arrivée de ces Normands; les uns disent qu'ils allaient en dévotion a Saint- Michel du Mont-Gargan ; les autres, qu'ils revenaient de La Terre-Sainte. Ces braves ayant été accueillis avec distinction dans la ville, s'y arrêtèrent pour se reposer, et, voyant qu'elle était pressée par le siège nu en faisaient les Sarrasins, ils prièrent le prince Gaimar de leur fournir des armes. Ayant fait une sortie sur les Sarrasins , qui ne s'attendaient à rien moins qu'à cette attaque, ils réussirent de manière que les Infidèles furent mis en déroule, j.vec perte de tout le butin qu'ils avaient fait sur les Salernitains. Frappé d'une action si généreuse, le prince, après leur avoir fait de grands remercîmenls, les pria de rester a sa cour , en leur promettant de les enrichir, et de les élever aux premières dignités de l'état. Mais ils prolestèrent que nul motif d'intérêt ne les avait fait agir, et qu'ils ne voulaient point d'autre récompense que le plaisir qu'ils ressentaient d'avoir satisfait leur généreux hôte. Après avoir témoigné au prince combien ils étaient sensibles aux caresses dont il les comblait , ils voulurent partir, en promettant de revenir eux-mêmes, oo d'envoyer d'autres jeunes gens de leur pays qui ne leur céderaient point en valeur. Après leur départ, Gaimar ne manqua point «Penvover, en Normandie, des ambassadeurs, chargés des plus beaux fruits du climat, oranges, citrons, etc. , et outre cela menant avec eux de beaux chevaux avec toute sorte d'armes ; présents bien propres à donner dans la vue d'une nation qui aimait par-dessus loul la gloire.

Un événement qui troubla Ta cour de Robert, duc de Normandie, accéléra l'arrivée de ces braves gens en Italie. Un gentilhomme, nommé Guillaume Reposlel, s'était vanté publiquement d'avoir eu commerce avec la fille d'un autre seigneur appelé Osmond Drengot. Outré d'un tel affront, celui-ci résolut d'en tirer vengeance. L'occasion d'exécuter son dessein ne tarda pas à se présenter. Ayant rencontré l'ennemi dans une forêt , il l'attaque , le perce de sa lance, et le renverse mort a terre. I* duc Robert, dont Repostel était un des favoris, jura qu'il lui ferait expier ce meurtre de sa tête. Osmond, pour se soustraire à la vengeance de son souverain, se sauva d abord en Angleterre. Mais ensuite, apprenant I arrivée des ambassadeurs de Saleme en Normandie , et la recherche qu'ils faisaient de braves gens pour les emmener dans leur pays, il vint trouver ses frères Rainulfe-Asrillilin et Rodolfe, et , s'étant joint aux ambassadeurs, ils prirent avec eux la route de l'Italie. Arrivés à Capoue, ils y rencontrèrent un seigneur appelé Mélo, citoyen de Bari , qui se trouvait a la cour du prince Landulfe de Sainte- Agathe. Les habitants de la Pouille, dont Mélo était nu des plus illustres par sa noblesse et sa valeur, las du joug des Grecs , qui les avaient soumis sur la lin du règne de l'empereur Olton

DES COMTES ET DES

le Grand, avec l'aide des Russes et des Danois, s'étaient mis protection de Mélo et d'un autre seigneur , son parent ,

Daito. Mais n'étant pas en force pour faire face à l'arque l'empereur grec avait envoyée dans le pays . Mélo et Datlo , après avoir fait quelques tentatives infructueuses pour remettre en liberté leurs compatriotes, prirent le parti Je se retirer d'abord a Bénévcnt, puis a Salerne, ensuite à Capoue, roulant toujours dans leurs têtes le dessein de délivrer leur patrie de la tyrannie des Grecs. Ce qui acheva de les irriter , ce fut la capture de Maralda , femme de Melo et d'Argire , son DU, que le commandant grec de Bari envoya prisonniers * ConsUntinople. Ce malheur était récent , lorsque Melo lit, à ta Cour de Capoue , la rencontre de nos braves Normands. A peine les eut-il connus, qu'il commença de former avec eux une fraternité d'armes , suivant les lois de la chevalerie. Les ayant engagés a le suivre a Salerne et a Bénévent, il y rassembla , sous ses enseignes , des troupes nombreuses de gens , partie attachés déjà à son service , partie nourrissant dans leur cieor une haine invétérée contre les Grecs. Muni de ce renfort , il porta incontinent la guerre dans les pays soumis à l'empire de Constantinople. Vainqueur en trois batailles, il reprit sur le* Grecs les villes et les terres de la Pouille, qu'ils avaient usurpées. Mais, dans une quatrième donnée, l'an 1019, près de Cannes, lieu célèbre par la défaite des Romains , il tomba dans une embuscade que lui dressa le catapan de Bojanus, et courut risque d'y perdre tout ce que ses armes lui avaient acquis. L'on prétend que de deux cents cinquante normanJs qu'il avait avec (ai, il nen conserva que dix; mais que la perte fut innombrable du coté des Grecs. Alors, Mélo se voyant abandonné de ses compatriotes, emmena ce qui lui restait de Normands à la cour des princes de Salerne , Gaimar et Pandulfe , où il leur procura des postes avantageux. {Léo Os tiens. , liv. II, c. S-j. ) De la, étant passé en Allemagne , il alla trouver l'empereur Henri II, pour le presser de venir en Italie, et de l'aider à chasser les Grecs de la Pouille. Ce premier voyage n'ayant point réussi, il eo entreprit un second, dans lequel il mourut avant que d'arriver au terme.

Geoflroi Malalerra ( liv. I , c. 3 7 ) , et Guillaume de la Pouille ( liv. 1 ) , observent que les Normands, apprenant les dissensions qui régnaient entre les princes de Salerne et ceux de Capoue, se Ualtèrenl d'en tirer j>arti pour avancer leurs affaires. Dans cette espérance, ils offrirent leurs services au prince de Capoue. Mais , dans le même tenu , ils firent une grande perte par la mort de Mélo. Cependant , ils ne restèrent pas occupation. Atenulfe , abbé du Mont-Cassin , frère du e Pandulfe IV, mit à profit leur valeur pour défendre les de son monastère contre les violences des comtes de Venafro et d'Aquino, qui le pillaient comme s'ils avaient eu droit de vivre a ses dépens. Les Normands , postés dans un bourg nommé Pinlatario, surent les contenir, de manière que l'abbé , tant qu'il vécut, n'eut rien a craindre de la part de ses ennemis.

Or, toot ce que nous venons de rapporter en bref, arriva dans l'intervalle des années 1017 et loaa. Depuis ce teins , il n'est plus fait mention de Pandulfe IV, prince de Capoue, comme s'il eût été vivant.

PaLOULFE V, fils de Pandolfe II , prince de Bénévent, fui le successeur de Pandulfe IV , son cousin , dans la principauté de Capoue. Dans le même tems qu'il y parvint , Datlo fut chargé par le pape Benoît VIII de la garde d'une tour, qui, ayant été bâtie sur le Garillan, l'an 872, par Jean, patrice de (>acie , pour arrêter les courses des Sarrasins , était tombée depuis sous la puissance de l'église romaine. La valeur de Datlo ne l'avait pas rendu moins odieux aux Grecs qu'aux Infidèles. Pandulfe , au contraire , uni d'intérêt avec les premiers, entretenait des correspondances secrèles avec l'empereur Basile 11 : pour gage de «a fidélité , il avait tait fabriquer en or les clefs de la ville

PRINCES DE CAPOUE. 3i5 de Capoue, qu'il lui avait envoyées par son neveu Pandonulfe, charge de lui déclarer que tout ce qu'il possédait il le tenait de l'empereur grec. Le catapan Bojanus , instruit de cet acte Je soumission , lui fit passer une grande somme d'or , en lui

mtn.Kni .'Il - l ■ * ■ 1 I' —.

mandant que, s'il était aussi sincèrement soumis à l'empereur, son maître , qu'il le témoignait, il ne pouvait rien faire qui lui fût plus agréable que de lui livrer Datto entre les mains. Le prince le promit ; et étant venu inopinément attaquer avec ses troupes la tour où Datlo commandait , il s'en rendit le mallre au bout de deux jours. Les Normands , qui étaient avec Datto , furent relâchés, mais pour lui, le cruel cal a pan le jeta dans la mer , cousu dans un sac comme un parricide ; ce qui arriva l'an loaa , suivant Léon d'Ostie. ( liv. Il, c. 38. )

L'empereur Henri 11 , instruit de la perfidie du prince de uté du catapan , se hâta d'en tirer ven-

Capoue et de la cruauté

geanec. Ayant fait partir devant lui une armée florissante pour l'Italie, il s'y rendit lui-même peu de tems après, et l'ayant jointe, il en détacha onze mille nommes, pour aller, sous la conduite de l'archevêque Poppon , ravager la province des Marse* , et vingt autres mille commandés par Pilgrim, archevêque de Cologne , pour aller se saisir d 1 Atenulfe , abbé du Mout-Cassin , accusé d'avoir eu part a la mort de Datlo. L'abbé ne voyant pas comment il pouvait faire tête à l'empereur, malgré les secours que lui promettaient les comtes des Mars es et d'autres seigneurs , prit le parti d'aller trouver l'empereur grec à Constantinople : mais s'élaot embarqué au port d'Otrante ,

embarqué au port > il fut accueilli dans la route d'une violente tempête qui le submergea avec tout l'équipage, suivant Léond'Oslie. LePellegrini met sa mort au aa juin ioaa.

L'archevêque Pilgrim cependant s'avançait en diligence vers Capoue , dans la crainte que le prince ne lui échappât. L'ayant assiégé dans celte ville, il reçut de lui une députai ion, par laquelle il lui mandait , qu'étant innocent de la mort de Datto , était disposé à subir le jugement de l'empereur ; et pour le

prouver , il vint quelques moments après se mettre entre les mains du prélat , qui 1 envoya sous bonne garde a l'empereur , occupé alors à faire le siège de Troja , ville nouvellement fortifiée par les Grecs. L'empereur reçut aver. joie ce présent , et ayant assemblé un grand parlement Je seigneurs italiens et ultramontains , il y déclara Paldulfe digne de mort. Ce jugement allait s'exécuter lorsque l'archevêque Pilgrim, ayant humblement représenté à l'empereur qu'il verrait avec fe plus vif regret conduire a la mort un prince qui s'était remis sous sa bonne foi , obtint par là sa £rîrc. Henri néanmoins , après la prise de Troja , emmena prisonnier Paldulfe en Allemagne , cl , en passant par Capoue , il lui donna un successeur.

Paudclfe, comte de Téano , fut relui que l'empereur substitua au prince Paldulfe , en lui donnant son fils Jeam pour collègue. La chronique du Mont-Cassin fait l'éloge de la piété de Pandulfe et de sa libéralité envers ce monastère. 11 régna paisiblement tant que vécut l'empereur Henri 11. Mais la mort ayant enlevé re monarque, au mois de juillet 10*4, les choses changèrent à l'égard de Pandulfe. Conrad II , successeur de Henri dans l'empire (1), gagné par Guimar, prince de Salerne, lira de prison Paldulfe et le fit reconduire en Italie. Ayant renoué dans ce pays ses alliances avec les seigneurs de la Pouille, les comtes des Marses et le catapan Bojanus , Paldulfe rassembla un corps de troupes, avec lequel il vint , au mois de sep. lembre ioa5, se présenter devant Capoue, dont il se rendit maître au mois de mai de l'année suivante, après huit mois de siège. ( Anonytn. Casstn. ) Le malheureux Pandulfe de Téano se vit alors obligé de se sauver à Naples avec son fils Jean ; et son rival ayant encore réussi , l'année suivante, à subjuguer cette

(1) Bainaldo *e Irrimpe en le di«ant fils de pire clail un autre Henri , duc de Fraocuu t.

Son

CHRONOLOGIE HISTORIQUE

ville, ainsi qu'on le verra ci-après, il alla se confiner, comme dans un perpétuel exil , a Rome où il finit set jours. ( Léo Ostiens. , (iv. 11 , c. 5^ , et Chron. Cape, ad ana. ioa6. ) Après sa mort , le comté de Téano fut divisé entre ses fils Pandulfc , Gisulfe, Pierre et Jean. Depuis ce partage, le comté de Téano commença de s'appeler la terre des fils de Pandulfc, et ce (ui d'eus que tirèrent leur origine les seigneurs de Cajanello , de Marzana , de Presenzano et de Roccaroraana , toutes familles «lui furent comptées parmi les plus anciennes et les plus illustres de la principauté de Capoue.

Palddlps, non content d'avoir recouvre le Capouan , porta ses vues sur le duché de Naples ; et l'an 1027 , avec les secours que lui fournirent ses alliés , il vint mettre le siège devant celte ville sur l'invitation des habitants mimes. Sergius , qui en était duc, n'ayant qu'une faible garnison, en sortit pour aller chercher ailleurs du secours ; mais ce fut en vain. La place fut contrainte d'ouvrir ses portes aux assiégeants, et Paldulfe y entra victorieux le i5 septembre 1027. Naples devint , parla , tributaire de Capoue ; mais ce ne fut pas pour long-tenu. Paldulfe , a force d extorsions , de rapines et de cruautés , irrita les Napolitains , et facilita par la le retour du duc Sergius. Celuici, ayant obtenu des Grecs un petit corps de troupes, et ayant pris à sa solde le comte Rainulfe avec quelques Normands , vint a bout , après deux ans et sept mois , de chasser Paldulfe rie Naples. Pour se mettre désormais à couvert d'un malheur semblable â celui qui lui était arrivé , il fit bâtir a huit milles de Naples la ville d Aversa , qu'il peupla de nouveaux habitants , auxquels il donna pour seigneur ce même Rainulfe dont on vient de parler , et mit en garnison dans la place un nombre de braves Normands prêts à repousser les attaques des princes de Capoue. C'est ce qui arriva vers l'an 10S0. Paldulfe, chassé de Naples, exerça sa rapacité sur l'abbaye du Mont-Cassin t dont il se rendit tellement le maître , que l'abbé , suivant Léon d'Ostie, n'était en quelque sorte que son procureur. L'état d'oppression où il tenait ce monastère dura jusqu'à l'an io34. Cette année, l'empereur Conrad étant descendu en Italie, les moines du Mont-Cassin viennent le trouvera Milan et lui exposent avec larmes le malheur de leur situation. Conrad delà s 'étant rendu a Rome, y tint un conseil des plus sages de sa suite , dont l'avis fut d'envoyer des ambassadeurs au prince de Capoue pour l'engager a restituer au Mont-Cassin les terres qu il lai avait ravies , et à remettre en liberté les prisonniers qu'il y avait faits. Paldulfe n'ayant tenu compte de cette dépuiation , Conrad dirigea sa marche vers Capoue, où il arriva la veille de la Pentecôte, i4 mai ,o3S. Paldulfe ne l'y avait pas attendu , mais s'était retiré avec l'abbé Basile, sa créature , dans le château de Sainte-Agathe , qu'il fortifia le mieux qu'il lui fut possible. Mais bientôt saisi de frayeur , il envoya une députation a l'empereur pour demander grâce, avec promesse d'une somme de trois cents livres d'or , pour sûreté de laquelle il offrait sa fille en otage. Cependant à peine l'empereur eut-il accepté ces soumissions , <|ue Paldulfe se repentit de les avoir

ulta la ce

de Salerne , fut celui que Paldulfe.

Gaulais IV , prince de Salerne, quoique fils de Gaitelgrime, soeur de Paldulfe, n'en était pas moins opposé i ce dernier, dont il détestait la méchanceté. L'empereur , après l'avoir nommé à la principauté de Capoue , confirma , par une bulle d'or , à l'abbaye do Mont-Cassin la possession de ses terres et de ses droits. Sous le gouvernement de ce prince, les Normands firent des progrès qui tenaient du prodige. Il avait envoyé i Maniacès , capitaine grec, une troupe de Nom par Guillaume, Drogon et Umfroi , â l'aide des mains des Sarrasins une grande partie de la

aperçu de ces dispositions , cons lont l'avis fut de déposer Paldulfe

isasiuciiie , 11 se rcuu nuire uc m

là il passe à Venose qu'il soumet avec la [ui fut suivi rapidement de la conquête

l'orgueilleuse témérité des Grecs leur fit perdre ensuite tout ce qui leur restait en Italie, et voici à quelle occasion. Un chevalier lombard , nommé Hardouin , ayant tué de sa main, dans la guerre de Sicile, un sarrasin , se saisit d'un beau cheval qu tf montait. Maniacès ayant désiré cette monture, Hardouin , sur le refus qu'il fil de la céder, se la vit enlever de force. Déterminé a se venger de cet affront, il attendit en patience l'occasion favorable pour satisfaire son ressentiment. Comme elle lardait à se présenter, il feignit avoir dessein de se rendre à Rome pour acquitter un vœu qu'il avait fait. Arrivé dans la ville d'Avers*, il bit part au comte Rainulfe du véritable objet de son voyage, et l'engage à se joindre à lui pour faire la conrjuéte de la PouiUe. Rai nulle aussitôt choisit douze de ses plus braves capitaines , qui convinrent de partager également entre eux tout ce qu'ils pourraient enlever aux Grecs, promettant néanmoins au comte la moitié du tout pour la tenir de lui en suzeraineté. Ces conditions ayant été confirmées par le serment , Hardouin , l'aa 1 o4i , se met à la tète de trois cents soldats , et les ayant conduits à Melfi dans la Basilicate , il se rend maître de la place avec leur secours. De même facilité , ce qui

d'Ascoli et de Labello. Duclien , capitaine grec , ayant instruit la cour de Constanlinople de ces revers, on lui fait passer m< nombreuse armée , qui trouva l'ennemi prêt à la recevoir. On en vint à une bataille , dont le succès fut tel pour les Norman Jj qu'il n'en échappa que très-peu de grecs. L'empereur, à qui Duclien manda sa défaite, lui envoie une nouvelle armée, qui

firocura une nouvelle victoire ans Normands sur les bords de 'Offante , où elle en vint aux mains avec ceux de l'empereur grec. Après cette victoire suivie d'une troisième , les Normands vont trouver le prince Gaimar, et l'invitent à venir avec k comte Rainulfe à Melfi pour faire avec eux le partage du piys qu'ils avaient conquis. {Léo Os/, c. 67.)

Le schisme qui régnait entre trois concurrents pour la papauté, ayant appelé, l'an 1046, à Rome, l'empereur Henri III, ce monarque , après avoir terminé cette grande affaire , se rendit à Capoue où on le voit , le 3 février, suivant cette note chronologique d'un de ses diplômes, rapportée par D. Gattula(tom. III, pas. i49) Data tertio nouas FeSruarii, anno Dominiax lacarn- MX.LV1I. Indie. XV , anno autem Dom. Henrid tertiï, ordinationii ej'us decimo octave, regnaatis quidem octave , sed imperanta primo . Actum Capuct in Dei nomitu féliciter. Là , le prince Gaimar étant venu le saluer, renonça entre ses mains» la principauté de Capoue , après en avoir joui l'espace de neuf ans. L'empereur la remit à Paldulfe.auquel il associa son fils Pandulfc, après en avoir tiré , dit Léon d'Ostie, une somme d'or exhorbitante. Henri confirma , dans le même tenu, à Drogon, le comté de la Pouille, et à Rainulfe celui d'A versa. Mais ce ne fut point gratuitement ; car non-seulement il se fit payer en monnaie ces grâces , mais il exigea de plus que les meilleurs et les plus beaux chevaux du pays lui tussent livrés par reconnaissance. Henri s'étant rendu ensuite à Bénéveot, y fut très-mal reçu des habitants qui ne voulurent en aucune sorte le reconnaître pour leur souverain. Pour se venger, il les fit excommunier p» le pape Clément 11 , qu'il avait fait étire, et , de son autorité impériale , il adjugea le Réoéventain aux Normands, après quoi il reprit la route de l'Allemagne , emmenant avec lui son pape.

Paldulfe, rétabli poor la troisième fois sur le trône de Capoue, y termina paisiblement ses jours au mois de février, soit de l'an 1049, si 1 on veut prendre ce mois pour le dernier de l'année, comme faisaient les Lombard», soit de l'an io5o, suivant l'usage des peuples d'Occident. GeofTroi Malaterra (liv- '» c. 6 ), le taxe d'une avarice sordide qui fut sans r 1 principale des revers qu'il éprouva.

Pahdulm VI, fils de Paldulfe , fui son 1

r après avoir

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