‹ L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques, et autres anciens monumens depuis la naissance de NotreSeigneur, par le moyen d'une table chronologiqueChapitre 520 sur 582 · CHRONOLOGIE HISTORIQUE DES PRINCES DE SALERNE · texte numérisé non relu

CHRONOLOGIE HISTORIQUE DES PRINCES DE SALERNE

» homme qui est privé de la rue » f Adémar ne l'était pas encore ; nuis , uns perdre de teins, Gaifer envoya secrètement doi ordres pour lui faire crever 1rs yeux, {lbid , part, a, c. 90.) Adclgise , duc de Benévent , ayant fait prisonnier, l'an 871, l'empereur Louis II , pour se venger des desordres que ses troupes commettaient dans «on duché, les Sarrasins, que Louis avait obligés de repasser en Sicile, profitèrent de la retraite de Cfs troupes, que les Bénévenlains avaient chassées , pour rentrer en Italie, et vinrent débarquer près de Salerne, dans le dessein d'en faire le siège. Mais le prince Gaifer , prévenu de leur resolution par un ami qu'il avait parmi eux , fit entourer la ville de fortes murailles et d'un grand nombre de tours , pour la mettre a couvert de leurs asuuts. Les Capouans , comme vassaux de celte principauté, furent contraints de contribuera la dépense que ces ouvrages occasionèrent , et construisirent à leurs frais la tour qui était a l'Occident. (Anon. Salern. , c. 1 19.)

Gaifer avait un fils nommé Gaimar, qu'il se donna pour collègue en 677. Celui-ci , que nous nommerons Gaimar I , ou \> aimairk , partagea le trône, en 89H, avec Gaimar II , son fils , après quoi il disparaît dans l'histoire. Il avait épousé VtOTB, fille de Gui, duc de Spolclte.

Gaimar II était dans la quarante unième année de son règne, lorsqu'en 933, il s'associa Gisulfe, son fils, qui n'avait alors que quatre ans. Romuald de Salerne , dans sa chronique , dit que Gaimar termina ses jours la même année , laissant Gisulfe sous la tutelle de Priscus. Mais D. Blasi prouve que le père rivait encore en 94^. ( Voyez les comtes de Capoue. )

Gisclfe , premier du nom , s'acquit une estime universelle parla sagesse de son gouvernement Grecs, Français, Saxons et Sarrasins même, tous s'étudiaient a captiver son amitié, et nul n'osait attenter à ses états. Le pape Jean XII lui ayant fait proposer, par ses ambassadeurs , en 909 , une alliance avec lui, il le vint trouver en grand cortège i Terracine. ( Artonym. Salerait.') Gisulfe était cousin de Laodulfe, fils d'Atenulfe, prince de Bénévent , qu'il avait adopté et qu'il comblait de bienfaits. Pour sa récompense, l'ingrat forme une conjuration contre lui, et, a l'aide de ses fils Landulfe, Indulfe, Landenulfe et Gaimar , aidés par Bison , Romuald , et d'autres nobles de Salerne, étant entrés par une fenêtre dans le palais , l'arrête prisonnier et le fait enfermer , l'an 974 , dans une prison avec Gemme, sa femme, et d'autres personnes qui leur étaient attachées, après quoi il s'empare de la principauté de Salerne. Mais Pandulfe Tite de fer , indigné de cette perfidie , vient l'assiéger dans Salerne, qu'il oblige a lui ouvrir ses portes, et rétablit Gisulfe, au mois de juin de la même année 974. Celui-ci, n'ayant point d'enfants, adopte Pandulfe, second fils de son libérateur, et meurt l'an 978. (Voyez les prince» dt Capoue.)

cond fils. Sa mort arriva l'an 1027. (Blasi. ) Il avait épousé Gaiielgrime , qui lui survécut quelques mois , après lui avoir donné un troisième fils, qui fut duc de Sorrcnto; et un qua« triome , nommé Pandulfe ou Paldulfe.

Gaimab IV du nom, n'avait point encore atteint l'âge de puberté à la mort de son père. L'an io3tt, il se donna pour collègue Jeah , son Gis, qui mourut deux ans aprèj. La même année io3«, il joignit à ses états les principautés de Capoue et d'Amalfi , par la faveur de l'empereur Conrad , qui avait dépouillé Paldufc de la première. (Voy. les princes de Capoue.) Sa fortune ne se borna point là. Il devint encore, l'an 10+2, duc de Calabre et de la Fouille. Mais l'année suivante , il restitua ou perdit tous ses états, qui lui furent enlevés par les Normands, a l'exception de ceux de Salerne et d'Amalf i\ qu'il conserva. Une conjuration s'etant formée contre lui, il y succomba l'an io5a , laissant deux fils, Gisulfe, qui suit, et Jean ; jvec deux filles, Sikelgaïte, femme de Hubert Guiscard , et Gaiielgrime, mariée, en premières noces, vers l'an 1079, i Jourdain, prince de Capoue, et en secondes, à Hugues de Paida , dont on ignore 1 origine et le rang. Le Peltcgrini dit M. de Saint-Marc, soupçonne que la Nouvelle de Tancrèae, laquelle se lit dans Bocace , est , sous des noms supposés , l'histoire de Gaitclgrime et de Hugues.

Gisulfe II , fils puîné de Gaimar IV, qui se l'était associé l'an 1040, lui succéda l'an io5a, par la valeur de Gui, son oncle , qui le soutint contre ceux qui voulaient lui ravir sa principauté, comme ils avaient ravi la vie a son père. Gisulfe conserva cette succession l'espace de vingt-cinq ans. Mais ses sujets, qu'il accablait d'impôts, ayant porté leurs plaintes a Robert Guiscard, duc de la Pouille, celui-ci envoya une ambassade à Gisulfe , pour l'inviter a traiter plus humainement son peuple. Robert n étant nullement satisfait de la réponse de Gisulfe ,

Pandulfe, fils aîné de Pandulfe Tête de fer, successeur de Gisulfe , règne à Salerne avec son père jusqu'en 981 , et seul jusque vers la fin de 98a.

Makson, duc d'Amalfi et patrice impérial, ayant chassé de Salerne, l'an 98a, Pandulfe, y jouit de la souveraineté jusqu'à l'année suivante, avec Jean , son fils, qui disparaît ensuite.

Jeah , surnommé Lambert , toscan de naissance , parvint , on ne sait comment , sur la fin de q83 , à la principauté de Salerne , dans laquelle il s'associa Gui , son bis. Tous deux régnèrent ensemble l'espace d'environ cinq ans. La mort ayant enlevé Gui, l'an 988, Jean, son père, lui substitua Gaimar, ton second Gis, et mourut au plutôt l'an 996.

Gaimar III du nom, fils puîné de Jean-Lambert,

et

' , après avoir été son collègue , régna seul jus- S étant alors associé Jean, son fils aîné, il le

son successeur .

qu'en 1016. S

perdit au mois de septembre 1018, et le ai du même mois, suivant la chronique de Cave , il lui substitua Gaimar , son se-

ami de Gisulfe, lui députa Didier, abbé de Mont-Cassin , pour l'exhorter à se réconcilier avec Koberl. Didier n'ayant pu rien gagner sur te cœur obstiné de Gisulfe , le siège de Salerne fut entrepris, et poussé avec tant d'ardeur, que les Lombards, pressés parla famine, ouvrirent leurs portes aux assiégeants dans le mois d'août de la même année 1077. Gisulfe, s étant retiré dans la citadelle, fut bientôt contraint de se rendre, en demandant pour toute grâce la liberté d'aller ou il voudrait. Pierre Diacre dit que le pape le nomma gouverneur de la campagne de Rome. Mais D. Blasi déclare n'avoir rencontré aucune charte qui lui donne ce titre. Robert Guiscard , dans le même tems qu'il assiégeait Salerne , fit la conquête d'Amalfi , ville alors la plus célèbre d'Italie par son commerce de terre et de mer. Quelques chroniques avancent que ce fut à la prière des habitants d'Amalfi que Robert vint se rendre maître de cette ville. Cependant nous voyons Gisulfe , onze ans après la conquête des Normands, reconnu souverain d'Amalfi dans les actes publics ; témoin celte charte tirée des archives de Cave , laquelle débute par ces mots : In nomine domitd Dei eterni et Saloatoris nos tri Jesu Christi , anno ab Incarnatione ejus , etc. ; osttnsa sunt duo scripta , quiz scripta suni per Johannem Notarium in anno suprascriptas dominicos Incarnationis , millesimo octogesimo octotPO , temporitus domini Roggerii gloriosi ducis ; unum de tnense apriti , et alterum de mense maio , indtetion* umltximâ concurrente. Unum ex eis continebat aualiter dura intra witatem Amalfiam coram pmtsentia domini Gisulfi prinripts esset Idemorus judex , et plures more solito cirra eum tiaret caietva fidelium , tune in eadem pratsentia suprascriptus Guaymarius fidejussonm eis posuerat suprascri/ttum dommum Gisulfucipern, etc.

3j4 CHRONOLOGIE GisntFS II fat le dernier prince de Salerne. O. BUsi place sa mort eo 1091. Gemme , sa femme, ne lui donna point d'enfants.

Gui , frire de Gaimar IV et duc de Sorrento , eut un fils appelé Gaimar, lequel fut père d'un autre Gaimar, et d'une fille, qui vivaient 1 un et l'autre en u 34 et 1126. Le dernier Gaimar n'eut point d'enfants. Sa soeur fut mère de Landulfe tle Bariagiano , qui peut être , dit M. de Saint-Marc , le chef d'une maison issue par elle des princes de Salerne.

Pandulfe , autre fils de Gaimar IV, eut trois fils , dont celui qui paraît avoir survécu aux autres, peut avoir fini ses jours, en 1 138 ou ti4o, sans laisser de postérité.

Nous ne pouvons pas quitter ('article de Salerne sans faire mention de la célèbre école de cette ville. • Quelques auteurs » ont prétendu Caire remonter sa fondation à Charlemagne.

> Mais c'est a des tenu moins éloignés , dit Giannonc , qu'il

■ faut rapporter l'origine de l'école de Salerne. Dans ses cora- » mencemenls, elle ne fut point instituée par les soins ou les » ordres d'aucun prince : aussi ne porta-t-elle point le titre

■ d'académie, de collège ou d'université, mais de simple école. » Elle s'établit a Salerne , parce que cette ville étant sur le » bord de la mer, il s'y faisait de fréquents débarquements

• d'Orientaux et d'Africains. Sous le règne des derniers princes » lombards, les Sarrasins, ou Arabes, y allèrent souvent, m en sorte qu'ils avaient occasion d'y faire de longs séjours

■ Insensiblement il s'établit une sorte de commerce qui facilita » aux Salernitains les moyens d'apprendre des Arabes la phi— » losophie , et particulièrement la médecine , dans laquelle ils » excellèrent.

» Entre ceux qui contribuèrent à l'illustration de l'école de » Salerne , il faut placer le fameux Constantin l'Africain , » originaire de Carthàge. Dans ses grands voyages en différentes » parties de l'Asie et de l'Afrique, il avait appris, parmi ces m nations, diverses sciences, particulièrement la philosophie

• et la médecine. 11 passa a Babylone , où il apprit la gram- » maire , la dialectique A la géométrie , l'arithmétique , les m mathématiques , l'astronomie , la physique des Caldécns , m des Arabes, des Perses, des Sarrasins, des Egyptiens, des

• Indiens. Il employa trente-oeuf ans a se procurer ces sciences, m et s'en retourna en Afrique. Mais ce grand homme ayant su

• que les Carthaginois , jaloux de se voir obscurcis par son » mérite extraordinaire, avaient résolu de le faire mourir, il

• s'enfuit dans un navire oui le porta a Salerne , où il resta

Êendant quelque tenu caché sous l'habit d'un mendiant ientôt après que Constantin y fut arrivé , le frère du roi de

• Babylone y vint aussi , attiré peut-être par la curiosité de

■ voir cette ville dont Robert Guiscard avait fait sa capitale, » et qui, par le traGc continuel qu'elle faisait avec différentes m nations, possédait le plus fameux port de la mer d'Occident. 1» Ce prince reconnut Constantin , fît au duc Robert l'éloge de » ses grands talents , et l'engagea a lui rendre tous les honneurs a dus a son mérite. Ce savant fixa donc son séjour à Salerne ,

■ où il fil prospérer l'étude de la philosophie, et surtout celle » de la médecine qu'il possédait plus que toutes les autres

• sciences.

■ Après avoir passé plusieurs années à Salerne , il se retira » au Mont Cassin , où il se fit moine ; et , pendant tout le tenu

> qu'il y demeura, son occupation fut de traduire des livres de » diverses langues, et de composer plusieurs traités de méde-

■ cine, dont Pierre Diacre a Jonné un long catalogue. Par les

> soins de ce savant , et par ceux des moines du Mnut-Cassin , » qui faisaient des études continuelles sur la médecine , I école » de Salrrne acquit beaucoup de réputation. Déjà, dés le teins du » pape Jean VIII , ces moines étaient médecins; et un nommé » Bassacio, leur abbé, avaient composé quelques livres dans

> lesquels il traitait de l'usage et de l'utilité de certains re-

• mèdes. Alors on ne trouvait pas extraordinaire que les ecclé-

» siastiques et les moines professassent la médecine : aussi,

• dans Salerne et dans toutes les provinces du royaume de » Naples, la noblesse et les personnes du premier rang ne » croyaient pas qu'il fût au-dessous d'elles de l'exercer. Léon » d'Ostie (1. III, c. 7) rapporte qu'Alfano, archevêque de » Salerne, était très-expérimenté dans cet art, et qu'il donnait « tous ses soins a la guéri son des maladies. Un autre archevêque » de la même ville, nommé Romuald Guarva, professait éga- » lement la médecine , et en général , toute la noblesse tenait » à honneur d'en être instruite et de la pratiquer. Cet usage » subsista long-tems à Salerne. Quelques écrivains , qui l'ont

• ignoré , jugeant de la manière de penser de ce lems-la par

• celle d'aujourd'hui (1785), ont cru que le célèbre médecin

• Jean de Prorida n'était pas le même que le fameux Jean de

• Procida, noble de Salerne, qui fut auteur de la conjuration » des Vêpres sicUtennet ; comme si la pratique de la médecine » eût été incompatible avec la noblesse.

» Tous les grands personnages qui enseignaient et profes-

• saient la médecine dans l'école de Salerne , en élevèrent la » réputation au-dessus de toutes les autres écoles de l'Europe. » De la il arriva qu'on venait de toutes parts chercher a Si- » lerneles médecins dont on avait besoin, et que les personnes » les plus considérables qui se trouvaient affligées de quelques > grandes maladies, se faisaient transporter dans cette ville

• pour y chercher leur guerison. Léon d'Ostie rapporte que

• le célèbre abbé Didier se trouvant accablé de maux que les ■ veilles et l'abstinence lui avaient causés , se fit porter a Sait lerne pour s'y procurer le rétablissement de sa santé. Dans

• les tenu suivants , on voit aussi que Guillaume le Mauttèit » étant tombé malade a Palerme , et le mal augmentant de jour » en jour, fit venir auprès de lui Romuald Guarva, archevêque » de Palerme, bon praticien en médecine, pour le soigner: « mais quoique ce prélat ordonnât divers remèdes propres i u » guerison , comme le malade ne voulait employer que ceux » qui lui plaisaient , il mourut bientôt.

» Il est encore certain, par l'histoire, que c'est a Salerne » que l'on trouvait les meilleurs apothicaires ; et l'on dit , » » celte occasion , que ce fut de cette ville que la princesse

• Sikelgaïte fit venir le poison dont elle se servit contre Ro- » bert , son mari et contre son beau-fils.

■ L'école de Salerne s'acquit une nouvelle et plus grande

• réputation par les ouvrages que composa Jean de Milan, fa- » roeux médecin de Salerne ; ils furent approuvés par toute ta

• faculté, et dédiés sous son nom au roi d'Angleterre. Mai» » comme il paraîtra sans doute extraordinaire que les médecins » dédiassent ces ouvrages à un roi si éloigné d'eux et avec lequel

• ils semblaient n'avoir aucune relation, il est a propos d'en

• rapporter les motifs, et de faire connaître pourquoi ces » médecins firent cette démarche , et présentèrent a ce prince » leur livre écrit en vers léonins.

» L'étonnement que l'on pourrait avoir cessera, si l'on se

• rappelle la venue des Normands et des fils de Tancride dans » nos provinces. Ils étaient tous descendants de Rollon ou de » Robert, duc de Normandie. 11 faut donc considérer que, » dans le même tems que nos Normands conquirent la Pouille » et la Calabre, et ensuite la principauté de Salerne, les autres

• normands qui étaient demeurés dans la Neustric se rendirent » maîtres de l'Angleterre, et après qu'ils y eurent remporté » un nombre iufioi de victoires, enfin-, vers l'an 1070, ce » royaume passa sous la domination de Guillaume, qui, « par cette raison , fut appelé le Conquérant.

» Ainsi comme les princes qui régnaient en Angleterre et a » Salerne étaient du même sang et descendants tous de Rollon,

• premier duc de Neustrie, il est tout naturel qu'il y eût une » amitié et une correspondance entre eux et leurs sujets.

» Mais ce n'est pas en dire assez; et nous allons entrer dans » un plus grand détail, pour faire connaître a quelle occasion » le» médecins de Salerne dédièrent leur livre de Jean de

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