‹ L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques, et autres anciens monumens depuis la naissance de NotreSeigneur, par le moyen d'une table chronologiqueChapitre 521 sur 582 · DES PRINCES · texte numérisé non relu

DES PRINCES

Milan au roi d'Angleterre. Après que Guillaume, dus de Normandie, eut conquis l'Angleterre, il laissa trois GU; Guillaume dit le Roux, Robert et Henri : le premier eut le royaume ; mais il mourut sans enfants , dans le tenu que Robert était avec Godefroi de Bouillon occupé à la Terre- Sainte. Ce Robert avait été nommé par son père duc de Normandie , après qu'il eut cédé a Guillaume, son atné , la couronne d'Angleterre. Robert , en suivant Godefroi de Bouillon à la croisade, vint dans la Pouille pour s'embarquer avec les autres croisés ; mais étant arrivé dans l'hiver , il resta, pendant toute cette saison de l'an io<j6, auprès des princes normands, ses parents , qui le reçurent avec de grandes marques d'empressement et d'amitié. Il les quitta au printems pour se rendre a Jérusalem, où il eut la satisfaction de voir cette ville plier sous les efforts des croisés. Le roi Guillaume, son frère , étant mort dans ces entrefaites sans enfants, on lui offrit le royaume de Jérusalem : mai* il le refusa , dans la vue de retourner en Angleterre pour prendre possession de ce royaume dont il était le plus proche héritier. A son retour , il passa par la Pouille , et vint à Salerne , où le prince , son parent , le reçut avec toute les marques de considération et d'estime. Robert avait été, diton, blessé au bras droit pendant le siège de Jérusalem, et cette blessure négligée ayant dégénéré en fistule, il fut obligé de consulter les médécins de Salerne sur les remèdes dont il devait user pour sa guérison. En examinant la plaie avec attention , ils reconnurent qu'elle avait été faite par une flèche empoisonnée , et jugèrent qu'on ne pouvait en procurer la guérison qu'en la faisant sucer. Ce prince religieux ne voulut point consentir au remède , dans la crainte d'exposer la vie de celui qui l'exécuterait. Mais la princesse, son épouse , par un trait d'amour , qui , s'il est vrai , mérite bien de passer à la postérité, ne craignit point de s'exposer au Jauger, et prit si bien ses mesures, que, tandis que Robert dormait et sans qu'il pût s'en apercevoir , elle suça elle même si souvent cette plaie empoisonnée, qu'elle en tira tout le venin , et rendit la santé au prince , son époux. Il voulut ensuite que les médecins de Salerne lui prescrivissent un régime de vie , afin qu'il pût se conserver dans le bon état où il se trouvait par I effet de leurs conseils. C'est donc à cette occasion qu'ils lui présentèrent un livre de médecine qui fut composé par un seul d'entre eux, mais qui porte cependant le nom de toute l'école de Salerne , de la même manière que l'université de Cuïmbre, en Portugal, en usa a l'égard des ouvrages philosophiques donnés sous son nom. Dans la dédicace qui fut faite de ce livre à Robert , on lui donna le titre de roi d'Angleterre, non qu'il fut alors en possession de cette couronne, mais parce que, revenant de la Palestine après la mort de Guillaume, son frère, décédé , comme on l'a dit, sans enfants, il était son plus proche héritier, et pouvait alors par conséquent être nommé roi d'Angleterre

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