‹ L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques, et autres anciens monumens depuis la naissance de NotreSeigneur, par le moyen d'une table chronologiqueChapitre 523 sur 582 · DES DUCS DE NAPLES · texte numérisé non relu

DES DUCS DE NAPLES

commencement , dit Giannone, le duché de Naples | » était resserré dans 1rs limites étroites de la ville du même » nom et de ses dépendances ( c'est- à-dire de son territoire ). a Mais sous le règne de Maurice, empereur d'Orient t il acquit m considérablement. Ce prince ajouta pour toujours a son ter-

• ritoire les îles voisines d'Ischia, de Nicida et de Procida,

• dans la possession desquelles il confirma les Napolitains, ainsi

• que nous l'apprenons de saint Grégoire le Grand ( liv. çj ,

> ép. Si ). On y joignit ensuite Cumes , Stabia , Sorrénto et » A main, ville qui , jusqu'au tenu du pape Adrien et de Char- » lemagne, dépendit de ce duché de Naples, ainsi qu'on le

> voit clairement dans une lettre de ce pontife rapportée par m le Pellegrini. Par ces moyens , ce duché , presque équivalent m a une province, était ordinairement nommé la Campanie, » et souvent le duc de Naples s'intitulait dux Campante. Cette » province contenait plusieurs villes sur les bords de La mer, m qui étaient soumises aux Napolitains, et très-souvent l'on » trouve dans les lettres du même saint Grégoire , episcopit » Neapnlitanis. »

Le duché de Naples, dans son origine dépendant des exarques de Rave n ne , dut être créé par Longin , en 5G8. Toute la puissance des Lombards , des empereurs français et des empereurs allemands ne put jamais assujettir le duché de Naples. Ce devait être l'ouvrage des princes normands dans le douzième liècle.

D'abord , les ducs de Naples étaient nommés indifféremment par les empereurs ou par les exarques ; et les empereurs décoraient ordinairement ceux qu'ils envoyaient de Constantinople du titre ou de mat très de la milice , ou de consuls impériaux. Après l'extinction de l'exarchat, le peuple de Naples acquit d'abord le droit de nommer les ducs alternativement avec les empereurs, ensuite de les nommer seul. ( Saint- Marc. )

La liste des premiers ducs de Naples est fort obscure. Nous nous en tiendrons, pour cet article, à ce que M. de Saint-Marc a pu découvrir.

Schol astique paraît avoir été fait duc de Naples au lems de l'invasion des Lombards. De dire quand il a cesse de l'être et ce qu'il y a fait , c'est ce qui nous est impossible.

GvjDiscAt, fut vraisemblablement successeur de Scholastiquc au duché de Naples. Il n'en jouissait plus en 5ga, lorsque les ducs de Spolelte et de Bénévcnt projetèrent de faire la conquête de Naples. Saint Grégoire le Grand sollicita vivement l'exarque Romain de donner un duc a cette ville, qui, sans cela, serait infailliblement tombée au pouvoir des Lombards.

Maure-nce fut nommé duc par l'exarque Romain ou par

l'empereur Maurice , en 5ga on 5o3. Phocas le révoqua ta 6oa.

Gokdois , nommé duc de Naple» par Phocas , cessa de vivre ou fut révoqué l'an 6i5.

Jkak de Goisza (en latin Joannes Compsinus ) oiurpa le duché de Naples, peut-être en 6i(5, au tenu de la révolte de Ravenne et du meurtre de l'exarque Lémigius. Corops , aujourd'hui Conza dans l'Abrutie, paraît avoir donné le nom k te duc , qui vraisemblablement était un des principaux citoyens de cette ville. On a prétendu que l'empereur Héractius l'avait envoyé de Constantinople pour commander à Naples; mais il n'est pas a croire que , dans un lems de trouble , cet empereur fut assez mal habile pour con6er, en Italie, des gouvernement! de cette importance a des naturels du pays. Il est plus probable que le duc Gondoin étant mort quelque tems après le meurtre Je Lémigius, Jean profita du désordre que la révolte de Ravenne occasionait dans cette partie de l'Italie, pour s'emparrr de Naples qui se trouvait sans duc. Son intention était de s'y rendre souverain indépendant : mais dès l'année 617, l'exarque Eleuthère , après avoir rétabli le calme dans Ravenne , marche à Naples avec toutes ses forces, combat Jean qui vient i ta rencontre , et qui , défait , va s'enfermer dans Naples. La ville est emportée d'assaut et l'usurpateur décapité. Nos auteur» modernes, dit Giannone, ont débité des fables étonnantes »n sujet de la rébellion de Jean de Conza. Ils prétendent qu'après que ce duc se fût rendu maître absolu de Naples , il soumit également la Pouille , la Calabre et divers autres lieux du royaume ; cju'il s'en fit reconnaître pour roi, allant première' ment k Ban , où il fut couronné avec une couronne de fer, <°t ensuite a Naples avec une couronne d'or. Mais ces conquêtes, ces deux couronnements, cette couronne de fer de Ban «ont des chimères , dont il ne se trouve aucune trace dans les historiens ni dans les monuments historiques du tcmi ou voisin» du tems.

Théodore I fut laissé pour duc de Naples par l'exarque Eleuthère. M. de Saint-Marc présume qu'il l'était encore co 646. Summonte croit que ce fut lui qui fit bâtir à Naple» l'église de Saint-Pierre et de Saint-Paul. Giannone combat celte opinion, fondé sur une inscription grecque, qui date celte fondation de l'indiction iv , qui se rapporte , selon lui , à l'an 717. Mais ce savant homme ne faisait pas attention que l'indiction IV revenait tous les quinze ans, et qu'elle tomba en

Depuis OJ7 jusqu'en 710, ou environ, Naples eut deux ou trois ducs, dont les noms ne sont point conserves.

CnOSOI.OGlE HISTORIQUE DES DUCS DE NX PL ES.

JbAR 11, dit JeCt'Mts, était duc de Naples en 71?, lorsque Romuald 11, duc de Bénévent, s'empara du château de Cumes; et ce fui a la prière du pape Grégoire II que Jean reprit ce château. Mais on ne peut dire combien de tenu il depuis le duché.

Exmlabati était duc de Naples en 726, et mourut arec son fib dans la guerre qu'il ût aux Romains , soulevés contre lYrupereur Léon l'isaurien.

Etienne I était évêque et duc de Naples en 780 ; c'est ce que nous apprenons de la lettre soixantième du pape Xdrien I , par laquelle il mande au roi Charlemagne , qu'Etienne, évéque et duc de Naples , lui a donné avis de la mort de l'empereur Constantin ( ou plutôt Léon IV, comme portait sûrement le texte original, que les copistes auront corrompu en y substituant le nom de Constantin). Etienne avait été marié avant son épisconat, et laissa une fille nommée Eupraxie, qui épousa celui qui

Théophile nu TuroPHYLACTE, gendre et successeur de l'évoque et duc Etienne, dans son duché, fut honoré du titre de consuL Ayant voulu donner un étranger pour évéque aux Napolitains, il irrita par-là le clergé, qui souleva le peuple a son tour. La confusion que celte querelle occasiona, se répandit dans tous les ordres de la ville. Les plus sages des citoyens ,

rr rétablir le calme , étant venu trouver Eupraxie , femme Théophile, s'en rapportent à elle-même sur le choix du prélat. Elle nomma un laïque veuf, nommé Paul , qui fut le second évéque, de Naples, de son nom, ce qui fut agréé de tous les ordres. Théophile était encore duc en 788.

Anthyhe, après la mort de Théophile, parvint au duché de Naples, qu il administra fort sagement- Il avait épousé Théodemakde, qui ne lui cédait pas en vertu. Ils fondèrent ensemble des églises et des hôpitaux. Les Sarrasins d'Afrique infestant les îles voisines de l'Italie, le patrice Grégoire, qui commandait en Sicile , manda , l'an 81 3 , au duc de Naples de rassembler tous les vaisseaux de son duché pour venir a son secours. Anthyme s'excusa, sous divers prétextes, de déférer à sa demande. Ceux de Gaëte et d'Amalfi furent moins difficiles; ils mirent en mer le peu de vaisseaux qu'ils avaient , pour donner la chasse aux Infidèles; mais ils ne purent les empêcher de. piller l ile de Lampadousa, et de prendre sept navires envoyés par Grégoire, pour observer leurs mouvements. Grégoire, informé

Sa 7

de paix avec elle, il y envoya des députés chargés de gagner les principaux des citoyens à prix d'or , en quoi ils réussirent. Etienne s étant présenté devant l'église de Sainte-Stéphanie , y fut massacré par des conjurés ; ce qui ne dut arriver, au plulot, suivant M. de Saint-Marc, qu'en 820.

de cet événement , partit avec une flotte plus considérable ; et ayant atteint celle des Sarrasins , il fit une telle boucherie de ceux qui la montaient, qu'il n'en resta pas un seul en vie; ce que nous ne sommes nullement tenus de croire, dit Mu raton . Les Sarrasins, vers le même tenu, saccagèrent l'Ile de Ponza et celle de Maggiore près de Naples ; ce qui obligea Grégoire à faire, avec eux, un traité de paix pour dix ans. ( Mural. ) M. de Saint-Marc place la mort du duc Anthyme en 8ti. Mais ce qui vient d'être rapporté, prouve qu'il vivait encore en 81 3.

Les Napolitains ne pouvant s'accorder sur le successeur d'Anthyme, députèrent au gouverneur de Sicile , qui leur envoya le proiospathaue Theoctiste, qui mourut peu de teins après.

Théodore II, protospathaire, succéda au plntôt , l'an 8t3, au duc Théocliste. Les Napolitains, mécontents de son gouvernement, le chassèrent bientôt après, et mirent en sa place :

Etienne II , dit le Jeune , petit-fils de l'évêque et duc Etienne. De son tems, c'est-à-dire l'an 817, au plutôt, Sicon, prince de Hénévent , désirant de conquérir la ville de Naples, vint faire le dégât dans ses environs, sans néanmoins oser le siège. Feignant ensuite de vouloir Caire un traité

Bon, l'un des assassins du duc Etienne, lui fut substitué. Le premier usage qu'il fit de son autorité , fut de faire arrêter ses complices , dont il priva de la vue les uns , et envoya les autres en exil. Le caractère de ce duc , dit Muratori , ne répondit nullement à son nom. C'était un scélérat qui fit mainbasse sur les biens de l'église, et maltraita en toutes manières le clergé. L'evéque Tibère l'ayant menacé de la vengeance divine, il le fit arrêter et enfermer dans une dure prison, 011 il le condamna au pain et à l'eau. Non content de ce traitement, il força les Napolitains, par prières et par menaces, d'élire un autre évéque. Le choix tomba sur le diacre Jean , qui s'écria : Tant que vivra mon éviqu» , je n 'usurperai pas son siège. Bon commanda qu'on allât tuer Tibère, et prononça la confiscation de tous les biens de l'évéché. Jean protesta contre la violence qu'on lui faisait, et s'y soumit, en exigeant du duc qu'il lui permît de voir Tibère , et qu'il s'engageât par serment de ne point attenter à la vie de ce prélat, de ne lui faire aucun tort dans ses membres, et de ne point le transférer hors de l'évéché. Jean, par ordre de Tibère, consentit ensuite à son élection, et sur-le-champ il fut intronisé : mais on ne put obtenir de lui qu'il se laissât consacrer. Il ne le fut qu'après la mort de Tibère; et tant que cet évéque fut en vie, il ne prit d'autre litre que celui à'A'içue élu. Muratori, dit M. de Saint-Marc, que nous copions ici , prétend que Bon ne fut duc que dix-huit mois. Ce savant annaliste se trompe : Bon fut duc, pour le plus tard, en 8ao, et le fut environ quinze ans. Sicon , prince de Bénévent , eut presque toujours les armes à la main contre lui : son dessein était de lui enlever Naples pour l'unir à sa principauté. Etant venu faire le siège de cette ville , il ouvrit , avec ses machines de guerre , une grande brèche dans ses murs, du côté de la mer. Pour la sauver du pillage , le duc Bon demanda la paix, et donna en otage sa mère et ses deux sueurs ; mais ses députés obtinrent que le prince de Bénévent n'entrerait que le lendemain dans la place. Les Napolitains ne restèrent pas oisifs pendant la nuit ; ils remployèrent à couvrir la broche d'un nouveau mur, sur lequel , à la pointe du jour, ils se firent voir en armes , et résolus de se défendre. Ils envoyèrent cependant Urce, leur nouvel évéque, pour demander encore la paix, mais avec des conditions plus douces que celles de la veille. Contre toute apparence , Sicon se laissa toucher aux prières du prélat ; mais il exigea que le duc de Naples lui payât un tribut annuel, et que la ville fui fît présent du corps de l'evéque martyr, saint Janvier, qu'il fil transporter à Bénévent.

LÉON, fils et successeur de Bon, ne garda que six mois le duché de Naples, et fut chassé par son beau-père , qui suit :

André, après l'expulsion de Léon , son gendre, se mit en possession du duché de Naples. L'ayant tiré de prison, presque aussitôt, il le confina, sous bonne g-irde, dans une chambre voisine de l'église de Saint-Janvier. Vers le même tems , Sicard,' prince de Bénévent, non moins ambitieux que Sicon, son père, recommença la guerre, à son exemple, contre les Napolitains. André ne se trouvant pas en forces pour lui résister , appela de Sicile une flotte considérable de Sarrasins. Alors, Sicard intimidé, prêta l'oreille à un traité de paix, en rendant les prisonniers qu'il avait faits sur André. Mais les Infidèles eurent * peine regagné la Sicile , que Sicard rompit la paix et se mil à persécuter de nouveau les Napolitains. L'anonyme de Saleme dit que la rupture vint de ce que ceux-ci négligeaient de payer aux premiers le tribut dont on était convenu. Quoi qu'il en soit , Sicard vint au mois de mai 8âC mettre le siège devant Naples.

3a8 CHRONOLOGIE La ville étant alors dans la disette de vivre* , députa au prince un moine de haute renommée , qui s'étant jeté à ses pieds, lui cria miséricorde , et lui persuada que ses concitoyens étaient disposés a se rendre. Sicard allendi-i par ses prières , envoya Roffred , son favori , a Naples , pour connaître les dispositions des habitants^ Admis par les habitants, il remarqua dans la place une petite montagne de grains , et demanda ce qu'elle signifiait. On lui répondit que tous les greniers étant remplis de blé , on en avait jeté l'excédent : mais ce monticule n'était que du sable , dont on avait recouvert la surface de blé. C'est ainsi que Roffred fut dupé. L'opinion commune fut néanmoins que les Napolitains le régalèrent de quelques flacons qui paraissaient être du vin , mais remplis de nièce d'or , qui firent , comme de coutume , un merveilleux effet. De retour auprès de son maître, Roffred , par le récit qu'il lui fit de l'abondance qu'il avait observée à Naples, l'engaga a se prêter à une capitulation qui sauva la liberté des Napolitains , sous la condition néanmoins de payer exactement le tribut ordinaire au prince de Bénévenl- Ce traité, signé par Jean, évéque de Naples, et André, maître de la milice (c'est le même que le duc André), a été publié par le Pellegrini , dans son histoire des Lombards. Mais il fut de courte durée; car, dans la même année, Sicard reprit les armes contre les Napolitains. (Murât. Annal., t. IV,

Fag. 570-573.) Il tenait encore Naples assiégée lorsqu'en 83g , empereur Lothaire lui envoya un de ses barons nommé Contard , pour le porter à se désister de cette entreprise. André retint le baron à Naples, pour contenir la pétulance des citoyens , sous la promesse qu'il fit de lui donner en mariage Eupraxic , sa fille, veuve du duc Bon : mais le mariage ne s'accomplit point. Contard, pour venger la mauvaise foi d'André, le tua de sa main, l'an 843, dans le baptistère de Saint-Laurent, après quoi il s'empara du duché en épousant celle qui lui était promise. Le peuple ne laissa pas ce crime impuni , et trois jours après , ayant forcé la maison épiscopale ou Contard demeurait , il le passa au fil de l'épée, lui, sa femme et tous ses amis qu'il avait rassemblés. On procéda ensuite à l'élection d'un nouveau duc , qui tomba sur

Sercius, personnage des plus distingués de Naples, comme on le voit dans la vie de saint Athanasc, évéque de cette ville , publiée par Muraturi. ( Htr. liai. , tom. II , par. II. ) Il avait été envoyé , le jour même de la mort du duc André , en ambassade a Siconulfe, prince de Salerne, oui faisait alors le siège de Bénévent , et ce fut son fils qu'on lui dépêcha pour lui annoncer son élection. Sergius justifia, par sa conduite, le choix que ses concitoyens avaient (ait de sa personne. Les Sarrasins étant venus avec une grande flotte , l'an 84s , faire le siège de l'île de Ponza , le vaillant Sergius , avec ses vaisseaux réunis à ceux d'Amalfi , de Gac'tc et de Sorrenlo, fondit sur eux, et, les ayant mis en fuite , reprit encore l'île de Licosa dont ils s'étaient rendus maîtres. Les Infidèles, de retour en Sicile, préparèrent , a Palerme , un nouvel armement , avec lequel ils s'emparèrent du château de Misène , d'où ils infestèrent les côtes de l'Italie. ( Joan. Diac. , Vit. tpiscop. Neap. ) Etant de la partis, l'année suivante, ils entrèrent avec une flotte redoutable dans le Tybre, et pénétrèrent jusqu'aux portes de Rome, qu'ils trouvèrent trop bien fortifiée pour oser en faire le siège. Mais ils déchargèrent leur fureur sur la basilique de Saint- Pierre, qui alors était hors des murs. Après l'avoir pillée , ils tournèrent vers Fondi, qu'ils livrèrent aux flammes, et dont ils massacrèrent une partie des habitants . emmenant l'autre en esclavage. Ils allèrent ensuite s'établir a Gaë'te , en attendant de nouveaux renforts des leurs. Ces funestes nouvelles étant parvenues à Louis II, roi d'Italie, il donna ordre aux Spolettains démarcher, avec toutes leurs forces, contre ces barbares. Jean Diacre raconte que l'empereur Lothaire, sous le nom duquel Louis, son fils, agissait, fit partir une grosse armée, qui, ayant atteint les Sarrasins, les poursuivit jusqu'à

Gaëte. Mais comme ceux-ci s'étaient mis en embuscade dan* les défilés des montagnes , ils surprirent les Chrétiens , qui n'étaient point sur leurs gardes , les mirent en déroute , et en tuèrent le plus grand nombre dans leur fuite. Ce qu'il y eut de pire, c'est que Césaire, fils de Sergius, étant accouru avec des brigades de Napolitains et d'Amallilains , pour arrêter les Sarrasins dans la poursuite , leur livra une bataille où il fut battu. Les vainqueurs ayant pénétré jusqu'au GarilUn, dans le voisinage du Mont-Cassin , à l'entrée de la nuit , «'arrêtèrent la, comptant faire le lendemain un riche butin dans cette maison. Mais le fleuve , dit Léon d'Ostie , qui était guéable , s'enfla tellement durant la nuit , qu'il s'étendit au-delà de son lit , ce que les Infidèles ayant vu a leur réveil , ce fut une nécessité pour eux de retourner à leur camp sous Gaëte, dont ib avaient commencé le siège. Ib le continuaient avec les plus grands efforts , lorsque Césaire , fils du duc Sergius , ayant abordé au port de Gaëte avec des vaisseaux napolitains et annal fitains, délivra la place par la terreur qu'il inspira aux assiégeants.

Landon , prince de Capoue, étant devenu paralytique, Sergius, oubliant les traites qu'ib avaient faits ensemble, lui déclara la guerre, vers 800, assisté d'Adémar, prince de Salerne. Mais Landon le Jeune , qui avait pris les rênes du gouvernement pendant la maladie de son père, étant venu à la rencontre de Grégoire et de Césaire, fils de Sergius, fondit sur eux comme un lion , au pont de Tbeodeinond , et , les ayant mis en déroute, fit sur eux huit cents prisonniers , du nombre desqueU fut Césaire lui-même. ( ErchembcrL Hist. , c. 37. )

Le duc Sergius ne vivait plus en 86a. C'est tout ce qu'on peut dire de plus précis sur le tenu de sa mort II laissa plusieurs fib, dont l'aîné, qui suit, lui succéda. Deux autres de ses fib, Athanase et Etienne, furent évêques, le premier de Naples , le second de Sorrenlo.

Grégoire, fib aîné du duc Sergius, était son collègue longtems avant de lui succéder. C'était un prince rempli de sagesse et de valeur- Tant qu'il régna, les affaires du duché de Naples , dit Muratori, cheminèrent heureusement. Lorsqu'en 866, l'empereur Louis II alla prendre les bains à Pouzzoles, il était mécontent des Napolitains et de leur duc : mais Grégoire employa, pour l'apaiser , son frère Athanase. évéque de Naples, et re prélat, respectable par la sainteté de sa vie, obtint de Louis qu'il ne ferait point d'hostilités, et qu'il ne viendrait pas même & Naples.

Grégoire, à quelque tenu de la, tomba malade, et , de l'avis de ses frères , il s'associa Sergius , son fils , auquel , dans ses derniers moments, il recommanda fortement de suivre en tout les conseib d' Athanase , son oncle. M. de Saint-Marc met sur la fin de 866 la mort du duc Grégoire ; en quoi il nous semble préférable i Muratori, qui nous donne Grégoire comme encore vivant en 916. (/fnn. dltal., tom. VI, pag. 380.) Grégoire, outre le Gis qui suit, en laissa un second, nommé Athanase comme son oncle , qu'il remplaça sur le siège de Naples , après, sa mort, arrivée le iS juillet 873, mais dont il n'imita guère les vertus, h tienne, évéque de Sorrenlo, fut le troisième fila de Grégoire, et Césaire son quatrième. (Mural.)

Sergivs II, fils et successeur du duc Grégoire, remplit d'abord les intentions de son père, et gouverna sagement tant qu'il suivit les conseils d'Athanase, son oncle. Mais son épouse et la mère de cette femme, également orgueilleuse l'une et l'autre , ne purent souffrir long-tems nue Sergius fût comme soumis à son oncle. Leurs insinuations et les discours de quelques flatteurs qu'elles firent parler, livrèrent bientôt ce jeune duc à ses mauvais penchants, et le portèrent à faire arrêter Athanase avec ses deux autres oncles , Etienne , évéque de Sorreuto , et Césaire. Le clergé grec cl le clergé latin , et les

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