DES DUCS DF, NAPLES
moine* arec le peuple réclamèrent leur èvêque. Sergius prit du tenu pour délibérer, et sept jour» après, informé que le clergé l'atlait excommunier et mettre les églises en interdit, il se hâta de relâcher ses oncles ; mais il fit garder Athanase à vue dans le palais épiscopal , persécuta les ecclésiastiques , opprima les veuves et les orphelins restés sans protecteurs, et s'unit plus étroitement aux Sarrasins dans le tenu que l'empereur Louis faisait contre eux le siège de Bari Ce prince, dont Athanase avait imploré la protection, chargea Martin, duc d'Amalfi, de l'aller enlever â ses persécuteurs. Martin exécuta cet ordre avec succès, et battit plusieurs fois les Sarrasins
Athanase étant allé remercier l'empereur a Bénévent , de la se rendit auprès de l'évêque Rtienne, son frère, â Sorrento. Il ne s'y trouva pas en sûreté : informé que la femme de Sergius pensait à le faire empoisonner, il alla se réfugier à Rome auprès du pape Adrien II. Pendant son absence, Sergius pilla le irésirr de l'église de Naples ; ce qui lui attira une excommunication de la part du pape , qui , dans le mime tenu , frappa d'interdit la ville, parce que ses habitant* avaient refusé de prendre la défense de leur évéque, quoique vivement sollicités par le pontife.
De Rome, Athanase étant allé retrouver l'empereur vers le mois de juin 67a, se retira ensuite à Vcroli , près du Mont- Caasin. Y étant tombé malade, il mourut en odeur de sainteté, le 1 5 juillet 87a , jour ou l'église honore sa mémoire. (Muratori , Saint-Marc.)
Les Sarrasins, que l'empereur Louis II avait repoussés jusqu'à Tarenle, voulurent se relever de leurs pertes sous Charles le Chauve, son successeur, en 875. Les Napolitains , les Almafitains, les Salernilains, alarmés et hors delat de résister par eux-mêmes aux forces de ces barbares , et ne sachant à q s'adresser pour obtenir du secours , prirent le parti de leur demander la paix : mais elle ne leur tut accordée que sous la condition de joindre leurs armes à celles des Sarrasins , pour les porter contre le duché de Rome et contre celte ville même. Le pape Jean VIII , averti de cette convention, s'empressa de recourir à l'empereur , qui envoya Lambert , doc de Spolette, et Gui, frère de Lambert, à son secours. Le pape se mit lui-même & la téle de ses troupes , et les conduisit vers Naples. m Ce fut pour la première fois, dit Giannone, qu'on
• vit un pape général d'année; certainement le motif en était
• plus que spécieux, puisque le péril requérait de grands eflorts » pour se défaire des Sarrasins, qui s'étaient proposés de bou- » leverser l'état de l'église et le pontifir.it. I.e pape n'épargna
• rien aussi pour rompre la ligue que les Sarrasins avaient faite » avec nos princes ; et il réussit de manière auprès de Gaifre , » prince de Saler ne, que, non-seulement il l'en détacha , mais » qu'il le détermina même à se joindre a lui contre les Napo-
• utains , qui persistaient avec obstination dans leur premier > engagement ». Le pape, à la fin, vint à bout de gagner le duc Sergius , en sacrant , l an 877 , évéque de Naples , son frère Athanase : mais en cela il lui rendit un fort mauvais service; car Athanase , dévoré d'ambition , se saisit la même année de $ergius , a l'aide d'une faction qu'il avait ameutée , et lui ayant tait crever les yeux , l'envoya prisonnier â Rome, où il termina
AtsaB45R II , évéque de Naples, s'empara du duché après le traitement barbare qu'il venait de faire au duc Sergius, son fière. La conjuration qui avait fait périr ce prince , n était pas étrangère 4 la cour de Rome. 11 est certain qu'elle fut l'effet de quelques-uns des ministres de Jean VIII. « On n'en saurait
• douter , dit M. de Saint-Marc, en voyant ce pape, dans une
• lettre du mois de novembre 877, direi l'éveque Athanase,
• devenu duc : Nous rendons d'innombrables actions de grâces « à votre grandeur que Dieu chérit, et notre bouche apos-
■ tolique vous élève justement au-dessus de tous par des éloges
• nue vous méritez en agissant selon la parole du Seigneur qui
■ dit : Si votre œil vous scandalise , arrachez-le et jetez-le loi et
• de vous. Vous avez vu votre frère persécuter l'église en impie,
■ et ne pas aller au Seigneur par le droit chemin ; oser témé— » rairement, comme un autre Holophcrne, attaquer l'héritage
• sacré de Jésus-Christ notre Dieu ; déchirer d'une manière
■ sacrilège la succession de vos pères. Ainsi, le jugeant indigne « de posséder une aussi grande dignité , vous avez eu soin do
■ le frapper des traits de la vengeance divine; et vous n'avez » pas épargné votre propre sang pour obéir au Seigneur qui
• dit : Quiconque aime son père , sa mère , son frère plus que
■ moi , n'est pas digne de moi. C'est ce qui nous lait connaître » que vous serez en tout digne de Dieu , puisque votre sainteté , » par un dévouement fidèle, n'a pas craint de retrancher et de » rejeter loin de votre corps un membre que la gangrène infec- » tait depuis long-terns. C'est par U que le juste jugement de
• Dieu s est exécuté sur ceux qui, gouvernant Naples. jusqu'ici
■ parleur propre esprit, et non suivant l'esprit de Dieu, causaient
• au dehors et au dedans une infinité de scandales, mettaient » le trouble partout, commettaient des homicides, faisaient » arracher les yeux. C'est par là que l'injustice cesse de dominer,
• que le pèche prend fin , et qu'un homme de la maison ds
• Dieu va prendre, avec la crainte de Dieu devant les yeux,
• connaissance de tout, et gouverner comme un digne pasteur » le peuple de Jésus-Christ , en toute justice et sainteté, en » toute vérité et mansuétude, et non comme un mercenaire,
■ l'abandonner et le perdre ». ( Jul. César. Capactio, Hist. Napoi., liv. 1.) Croira-t-00 que les louanges du pape se convertirent depuis en anathèmesf Guidé par son avarice, Athanase renouvela l'alliance avec les Sarrasins, leur accorda près de Naples une habitation , et ne se fit pas scrupule de partager avec eux le butin qu'ils enlevaient , non-seulement des territoires de Bénévent , de Salerne et de Capoue , mais aussi du duché de Rome ; ce qui lui attira l'exécration des ûdéles ainsi que de leurs chefs. Ughelli , suivant 1a foule des historiens qui Pavaient précédé, place la mort de ce méchant évéque en 895, mais probablement, dit Muratori, elle doit être reculée jusqu'en 900. « Car si Gemma, sa fille, dit-il, épousa, du vivant » de son père , le fils d'Arnoul (ce qui est vraisemblable), il » faut différer la mort du père jusqu'à l'an 900. ». {Abu. d'Ilot., tom. V, pag. a4a.)
GniaoïRE II fut le successeur d' Athanase au duché de Naples. U s'attacha les Napolitains par les grands services qu'il leur rendit , mais dont le détail n'est point venu jusqu'à nous. M. de Saint-Marc rapporte sa mort, pour le plutôt, à l'an 916.
Jbak III remplaça Grégoire II dans le duché de Naples. Il s'associa son fils Marin, comme l'atteste un de ses diplômes, donné l'an q44 , pour confirmer à l'abbaye du Moot-Cassin . la possession des biens dont elle jouissait dans son duché. C est ainsi qu'il commence : Nous Jean , au nom de Dieu , éminentissime consul et duc, tant de noire part que de la part du duc Marin notie fils, qui n'est pas encore en âge , etc. On ne voit point de trace de l'existence du duc Jean III ,
cette époque.
on vient de le voir, le collègue de le duché de Naples, en 944, mais on
, on ne sait pas en quelle année , ou de 98a. (Saint-Marc)
Mahih était , comme Jean III , son père, dan ignore s'il lui survécut.
JKAS IV, 1 de Jean III ou <
Sencius 111 paraît après Jean IV dans la suite des ducs de Naples. Après lui , nous voyons un Skacids IV , qui donna retraite à Pandolfe, comte de Téano, poursuivi par Pandulfe V, prince de Capoue, son ennemi. Ce dernier, l'an 1027, étant
CTIR0N0L0G1E HISTORIQUE
venu mettre le siège devant Naples , terra la place de manière qu'il l'obligea de se rendre. Pandolfe de Teano ayant eu le bonheur de s'échapper , se sauva a Rome , où il finit misérablement ses jours. Jusqu'alors, dit Huratori (Annal., tom. VI, pag. 89 ) , aucun prince lombard n'avait encore pu mettre les pieds dans Naples; ce qui donne lieu de croire que Sergius IV 11e descendait pas des ducs qui l'avaient précédé. « U rongeait a son frein dans son exil, continue le même auteur, depuis
• deux ans et demi , lorsque , sur la fin de l'an 1039 ou au
• commencement de l'année suivante, il vint à bout de rentrer
• dans Naples : il est vraisemblable que ce fut avec le secours » que les Grecs lui amenèrent par mer , parce que jusqu'alors
• Naples avait toujours été soumis aux empereurs d'Orient; » et bien que ses ducs ne fussent quali6és que maîtres de la » milice, ils jouissaient néanmoins de la pleine seigneurie de
■ cette ville. 11 parait même certain que, dans cette expédition,
■ ib furent secondés par les Normands, nation qui se mulli- » pliait dans ces contrées, et qui , accoutumée a pêcher en eau » trouble, s'attachait tantôt a l'un et a l'autre parti, suivant » les meilleures conditions qu'on lui faisait. Sergius ne mande partisans , qui l'aidèrent
» qoait pas dans la ville
» a la recouvrer. Par reconnaissance des services qu'il avait
> reçus des Normands , il créa l'un d'entre eux , nommé Rai- » nulfe, comte d'un territoire situé entre Capoue et Naples.
* Ce fut alors que les Normands commencèrent a se bâtir dans a ce pays des édifices qui, peu i peu, formèrent une ville qui » prit le nom d' A versa , et devint un boulevard contre la puia- » sa ace des princes de Capoue. La renommée ayant rapporté en
> Normandie l'état d'aisance et de prospérité dont jouissaient
• les Normands en Campanie, excita leurs compatriotes a venir » participer a leurs avantages ». M. de Saint-Marc pense qu'en doit mettre en so4o la mort de Sergius IV , qu'il nomme le troisième de son nom.
JKAH V. dont nous ne pouvons marquer l'origine avec assurance, mats vraisemblablement fils de Sergius IV, lui succéda au duché de Naples. Dans les actes de saint Sévère , évéque de Naples, il est dit que l'an 1046, Jean, duc de Naples et de Campanie, vint faire le siège de Pouxxoles, et qu'il resta longteins campé devant cette ville ; mais on ne dit pas quelle fut l'issue de cette expédition. La mort de Jean IV arriva l'an 1064 au plus tard
SbrgiUS V fut le successeur du duc Jean. Didier , abbé du Mont-Caasin, faisait alors travailler a l'édifice de la nouvelle église de son monastère. Entièrement occupé de cet objet , il amassa les matières les plus précieuses en or, en argent, en ivoire, en ébène, en marbre , et appela des différentes parties de l'Italie et d'Orient les artistes les plus célèbres, pour orner la nouvelle basilique, et la rendre un des plus beaux temples de l'Univers. Ce luxe religieux, qui de son tenu lui mérita de grands applaudissements , n'a pas eu dans la suite l'approbation 3 rs siècles plus éclaires. Didier , voulant procurer a son ouvrage la dédicace la plus pompeuse, engagea le pape Alexandre 11 a venir faire celte cérémonie, a laquelle assistèrent dix archevêques, quarante-quatre évéques. Sergius, duc de Naples, avec les princes de Capoue , de Salerne et de Bénévcnt. M. de Saint- Marc place dans la même année la mort du duc Sergius.
Sbrgics VI , fils de Satimale , succéda au duc Sergius V , après l'an 1071. Après avoir gouverné le duché l'espace d'environ dix-neuf ans. il abdiqua pour se retirer dans un monastère dont il devint abbé. • Ce fut vers ce tems-U, dit Giannone, a que les moines du Mont-Cassin entreprirent de répandre » quelques lumières sur toute l'obscurité dont les sciences » étaient enveloppées dans nos provinces. Par 1rs soins de leur » fameux abbé Didier , qui fut ensuite pape sous le nom de a Victor 111 , on commença à prendre quelque connaissance
nt, parce ans 1a suite, es à Amalfi,
« de quelques papes, dans lesquelles ce code est cité. U faut néanmoins convenir que peu de personnes le connaissaient . et que les professeurs eux-mêmes ne l'étudiaient
• qu'il ne jouissait point de l'autorité qu'il acquit < » Les pandectes n'avaient point encore été retrouv
et nos professeurs ne les connaissaient point ; on en possédait , » k la vérité, quelques exemplaires en France , ainsi qu'en font
• foi les lettres d'Yves de Chartres (46 et 69) : mais les lois
• des Lombards étaient seules dominantes; tous les tribunaux
• i'y conformaient : les successions, les testaments, les contrats,
• la punition des déliu, les confiscations et en un mot tous les ndaient et se réglaient par ce
punition jugements statuaient.
Jeah VI , après Sergius VI , paraît dans la liste des ducs de » d'une partie des livre* de Justioien et de ceux qui traitent » des autres sciences. U fit copier a grands frais et avec
• beaucoup de soin tous les livres qu'il put rassembler, et » entr'autres les Instituts it Justinien et ses Noeellet, ouvrages
• qui ne se conservaient que dans un petit nombre de riches » bibliothèques. Les papes, cependant, s'en servirent assex fré-
• quemment , de même que quelques empereurs d'Occident,
• qui les citèrent suivant l'occasion. Quant au code de Jus-
• tinien , il est certain que dans ces tems-ci on en trouvait
• quelques exemplaires en France , comme on peut s'en con-
• vaincre par les lettres d'Yves de Chartres. Il était aussi connu
• en Italie, ainsi que le prouvent quelques lois des empereurs ■ d'Occident , et particulièrement de Henri II, et les décrétales Naples. On ignore la durée de son gouvernement. Une charte rapportée par Capaccio, est le seul monument 00 il soit nommé. U eut pour successeur Sbrgius VII , qui fut le dernier duc souverain de Naples. Roger, roi de Sicile, et duede Pouille et de Calibre, voulant ajouter le duché de Naples a ses conquêtes, trouva facilement des prétextes pour lui déclarer la guerre. Sergius, incapable de lui résister, se soumit a loi, l'an
a condition qu'il lui laisserait le titre et le gouvernement de Naples. Mais regrettant la souveraineté qu'if avait perdue, il se révolta plusieurs fois pour la recouvrer, et ce fut toujours sans succès. EnGn il périt dans une bataille , en u&j.
Roger et les rois ses successeurs, enchantés de la situation de Naples et de l'air salubre qu'on y respirait, s'appliquèrent a l'étendre et 4 la décorer par de nouveaux édifices. Mais l'empereur Frédéric II, pendant le séjour qu'il fit en Sicile, <■ celui qui donna le plus d'attention a l'embellissement de c
ville
■ Les auteurs , dit Giannone , qui ne veulent pas convenir a que le roi Guillaume II fut celui qui fit bâtir dans Naples le a château Capouan , disent qu'il n'y eut que ceux de l'0£uf et a de Saint-Erasme dont les princes normands aient été les a fondateurs , et que celui qu'on appelle Capouan fut construit
• par ordre de Frédéric, en iaa3. Ce prince, ajoute t-il, fut » le premier qui , par ses bienfaits envers Naples ,jeta les fona déments de la grandeur a laquelle cette ville s'éleva par U
En iaa4, if y établit une académie' pour a toutes les sciences; et par ce moyen, Naples fut peuplée, a parce que non-seulement tous les étudiants des*aulres proa vinces vinrent l'habiter, mais encore qu'il en passait beau-
> coup de la Sicile... Divers motifs déterminèrent ce prince a à rétablir dans Naples une école si célèbre , ainsi qu'il je dit a lui-même dans ses lettres a Pierre des Vignes, son secrétaire a et son conseiller ; i». parce que cette ville avait toujours été a regardée comme la mère et le domicile des études ; a*. » « cause de la douceur de son climat , et enfin en considération a des avantages de sa situation , du voisinage de la mer , de la
> fertilité de son territoire et des commodités du commerce a maritime. Richard de Saint-Germain , écrivain conlempoa rain , atteste que Frédéric établit cette académie dans le mois » de juillet ia*4» et 9,"'^ envoya , pour cet effet , des lettre»
DES COMTES DE POUILLE ET DE CALABRE » dans tontes les parties du royaume , tant en Pouille qu'en
• Sicile : Même Julio, dit cet historien, pro ordinando studio » nrapolitano imperatar ulnquc per rtgtttttn mi'ttil lii/eras eene- » mies. On trouve quelques-unes de ces lettres dans les six
• livres des é pitres écrites par Pierre des Vignes ; on y voyait » quelle était la forme de cette académie que Frédéric combla » de privilèges et de prérogatives.... Dans le dessein de rendre » cette université toujours plus célèbre et nombreuse, il or- > donna que les professeurs ne pourraient enseigner nulle
• autre part, et que les jeunes gens, Uni de La Pouille que de
> la Sicile, ne pourraient faire leurs études en aucune autre * ville que dans Naples ». Cette ordonnance rendue en iaa6 ( Muralort ) , porta un grand préjudice à l'université de Bologne , dont elle fit passer a Naples |e plus grand nombre des étudiants. Il y eut un tems , dit Muratori , où l'on comptait jusqu'à dix mille étudiants a Bologne ; ce qui enrichissait extrêmement cette ville par les grandes sommes que la plupart des étrangers y apportaient , et rendait les autres villes d'autant plus jalouses de sa prospérité , qu'elle affectait pour elles un dédain trop marqué.
CHRONOLOGIE HISTORIQUE