‹ L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques, et autres anciens monumens depuis la naissance de NotreSeigneur, par le moyen d'une table chronologiqueChapitre 525 sur 582 · DEPUIS L'ARRIVÉE DES NORMANDS EN ITALIE · texte numérisé non relu

DEPUIS L'ARRIVÉE DES NORMANDS EN ITALIE

L'ai» iot6 est l'époque certaine de l'arrivée des premiers Normands en Italie. Quarante gentilshommes de cette nation s'etant rendus par dévotion a Saint-Michel du Mont-Gargan , y sont rencontrés par Mélo , citoyen puissant de Bari , qui , ayant fait révolter la Pouille contre les Grecs, s'était soustrait a leur vengeance par la fuite. Frappé de la bonne mine et de l'air vigoureux et martial de ces jeunes étrangers , Mélo se met en tête qu'ils doivent être les libérateurs de sa patrie. Il les entretient de la beauté du pays , du peu de courage des Grecs , de la facilité de les vaincre, et fait tant par ses discours, qu'il leur inspire l'envie de faire des établissements dans la Pouille. Ils lui promettent de revenir l'année suivante en assez grand nom Dre pour l'aider à recommencer la guerre , et ils tiennent parole. ( GuilUL Appulus , poem. , liv. I. )

L'an 1017, sous prétexte de pèlerinage, il en vient, par divers chemins et a différentes reprises, de quoi former un petit corps de troupes. Mélo leur avant fourni des armes , se met a leur t'te et commence les hostilités sur les terres occupées par les Grecs. Vers le mois de juillet , il bat le calapan o» général des Grecs; et les Normands se voient aussi chargés de gloire que de butin. Mélo, devenu maître, l'an 101g, de toute la Pouille par trois autres victoires remportées sur les Grecs , est battu par Bugien , nouveau catapan , et toute la Pouille retourne a ses premiers maîtres. Dans cette bataille ,

3ui fut très-sanglante de part et d'autre , les Normands , de eux cent cinquante qu'ils étaient , se trouvèrent réduits a dix. Mélo, après les avoir rois sous la protection de Pandulfell, prince de Capoue , et de Gairoar ou Waimar III , prince de S4erne, passe a la cour de l'empereur Henri II, qui le reçut

ires-bien et lui promit du secours. Mélo , l'an ioso , meurt i Bauiberg, comme il était sur le point de revenir en force dans la Pouille. La même année ou environ , une nouvelle troupe de Normands arrive en Italie. Ils avaient a lenr té te Godcfroi Drengot , gentilhomme normand , nommé par quelques-uns Osmond , lequel avait pris le parti de s'expatrier pour se soustraire à la vengeance du duc Richard 11 , dont il avait tué en duel le favori, Guillaume Repostel. Drengot et ses compagnons , du nombre desquels étaient quatre de ses frères , vont se présenter à Rome au pape Benoît VIII , pour lui demander sa protection. Ce pontife leur conseille d'aller joindre leurs compatriotes en Pouille. Ils firent peu d'actions mémorables dans les cinq années qui suivirent Mais l'an ioa6 , ils rendirent des services importants à Pandulfe IV, prince de Capoue. L'année suivante , ils l'aidèrent a s'emparer de Naples , d'où le due Sergius IV fut obligé de s'enfuir. Pandulie s'étant ensuite rendu maître de toutes les dépendances du Mont-Cassin , après avoir fait prisonnier en trahison l'abbé Théobald , donne aux Normands plusieurs châteaux de ce monastère.

Ces mêmes Normands , qui louaient leurs services au plus offrant , aident , l'an 103g , Sergios IV 4 recouvrer son duché de Naples. Sergius crée comte Rainulfe, leur capitaine, lui fait épouser une de ses parentes , et leur donne un grand et fertile terrain entre Naples et Capoue , où les Normands bâtissent la ville d'Averse sur les ruines Je l'ancienne Atella. Le bruit des succès des Normands et des richesses qu'ils acquéraient , engage sans cesse des troupes de leurs compatriotes à venir les joindre. L'empereur Conrad étant venu , l'an io38, dans la Pouille , confirme a Rainulfe le titre de comte et l'in-

3Sa

testit da comté d'Avers*, te» Normands se joignent aux Grecs et aux lombards pour chasser les Sarrasins de la Sicile. Guillaume, fils de Tancrède de Hauteville, gentilhomme normand, arrivé depuis peu dans la Pouille , se distingue en cette expé dilinn par tant d'actions de valeur, qu'on lui donne le surnom de Bras de fer. Les Sarrasins ne furent pas néanmoins chassés de Sicile, et ils en furent quittes pour la perte de treize petites places.

L'an io4o, les Normands, revenus de Sicile, continuent de faire en Pouille la guerre aux Grecs. Le jour de Piques , ils se rendent mattres de Melfe. L'an io4a, Guillaume Bras de jer devient seigneur d'Ascoli ; Drogon , son frère , le devint de Venose; d'autres capitaines normands ont en pattage d'aulrrs villes qu'ils avaient enlevées aux Grecs. S'étant assemblés , l'an io4^, a Melfe, ils reconnaissent pour leur capitaine général , Bras de fer, et le créent romte de la Pouille. Ce fut la domination des Normands, en Italie, commença a

GUILLAUME I, dit BRAS DE FER.

io43. Guillaume I , dit Bras de fer, était , comme on l'a dit , fils de Tancrède, seigneur de Hauleville près de Coûtâmes. Oo a fait descendre , mais sans fondement, cette maison, en ligne masculine , de Rollon , premier duc de Normandie. Tancrède fut père de douze fils , dont cinq nés de MoniELLE , ^épouse, furent Guillaume Bras de fer, Drogon, I, Geoffroi et Serlon. FrÉdÉSINR ou Frazekde , s femme, lui donna Robert, Maugcr, Alvered , Guillaume , Humbert , Tancrède et Roger. De ces douze fils, il n'en resta que deux auprès de lenr père , les autres passèrent en Italie, mais non tous a la fois, et seulement deux ou trois ensemble.

• Les Normands, en faisant Guillaume Bras de fer leur » capitaine général , et le créant comte de Pouille , ne pré- » tendirent pas se donner un souverain. Ils formèrent on état » aristocratique. Chacun des chefs fut souverain dans le lot qui » lui échut : Guillaume fut seulement le premier d'entre eux, » et, comme tel, chargé du commandement en chef de l'ar- » mée , et du soin d'assembler les autres toutes les fois que > l'intérêt commun l'exigerait (Saint-Marc)

L'an 1046, Guillaume, a la tête des Normands et de leurs alliés, remporte une grande victoire, le 8 mai , près deTrani, sur le catapan Ëuslaise. Ce fut sa dernière expédition. Il mourut , sans enfants, la même année, selon Malaterra, auteur contemporain. C'était, dit le poète Guillaume de Pouille , un lion dans le combat, un agneau dans la vie ordinaire , un ange

DROGON ou DREUX.

1046. Dnoco* on Dreux, comte de Venose , succède a Guillaume , son frère , dans les comtés de la Pouille et d'Ascoli. L'an 1047, il fait hommage à l'empereur Henri 111 , qui lui donne l'investiture de ce qu'il possédait et de ce qu'il pourrait conquérir sur les Grecs. H leur enleva effectivement plusieurs places, dont il fit le partage avec les autres capitaines normands. La licence qui accompagna ces conquêtes, irrita le pape Léon IX , qui , voyant d'ailleurs les Normands s'approcher des terres de l'église , craignit qu'ils ne les traitassent comme celles des Grecs. Ce pontife , après avoir imploré le secours de l'empereur Constantin Monomaque, passa dans la Pouille t l'an io5i , pour concerter avec le patrice Argyre , les moyens de réprimer ces conquérants. Argyre, qui ne se sentait pas assez fort pour leur foire la guerre , imagina , pour s'en défaire , un expédient qu'il n'avait certainement pas communiqué au saint pape; ce fut de corrompre , par argent , plusieurs normands , pour assassiner les principaux de cette

anus, pour assassiner les pri projet lui rcus.it. Quantité d

CHRONOLOGIE HISTORIQUE

mands périrent par les mains perfides de leurs compatriotes. De ce nombre fut Drogon ; il fut poignardé , dans 1 église de Montoglio , par Rise, dont il avait tenu un enfant sur les fonts ue baptême. Drogon avait épousé N. , fille du comte d'Averse , dont il laissa un fils nommé Richard , et une fille appelée Rocca , comme le prouve le P. SebastianoPaoli, contre les modernes qui prétendent qu'il mourut sans laisser de postérité. Richard devint sénéchal delà Pouille, et eut d'Altrude, sa femme, Roger, qui fut régent de la principauté d'Antioche pendant la minorité de Boémond IL Rocca, sa fille, dont on ne connaît point l'époux , fut mère du comte Alexandre. (Sebast. Paoli, Cad. Diplom. di Malta., tom. I, pag. 38g

tl ) HUMPHRED ou HUMPHROI.

Humphred ou Humphroi , succède a Drogon , son frère , et non pas Richard, fils de celui-ci, suivant la loi qu'avaient établie entre eux les premiers princes normands d'Italie, que le frère, et non pas le fils , succéderait au frère dans leurs principautés; ce qui toutefois ne dura pas long-tems. Humphred ayant assiège, l'an io5a, Montoglio, s'en rend maître, et punit, par divers tourments, Rise et tous les complices du meurtre de Drogon , qui s'y étaient renfermés. Le patrice Argyre s'avance , avec une armée de grecs et de lombards , pour combattre Humphred. 11 est reçu de pied ferme , et après une bataille sanglante, il se retire couvert de blessures. Cette victoire des Normands afflige le pape Léon IX , qui les regardait comme les plus cruels ennemis de l'église. Il passe en Allemagne pour solliciter contre eux le secours de l'empereur. L'an io53, il revient en Italie au mois de mars, avec on corps de troupes commandé par Godefroi le Barbu , duc de Lorraine. D'autres milices l'étant venu joindre, il marche aux Normands dans le dessein de les combattre. La bataille se donne, le 18 juin, près de Civitella, dans la prorince qu'on a depuis nommée Capitanale. L'armée du pape, quoique supérieure en nombre, est mise en déroute par Humphred et Robert Guiscard , son frère. Léon est obligé de se remettre entre les mains des vainqueurs, qui se jettent à ses pieds, les baisent et lui demandent l'absolution de leurs péchés. On le conduit , comme il le souhaitait, a Bénévent, où il arrive le a3 juin ; et il y reste comme prisonnier sur sa parole. L'année suivante, au mois de mars, il fait la paix avec les Normands, leur rend ses bonnes grâces, les reconnaît pour feudataires de l'église , et leur accorde en fief , relevant du saint siège , toutes les conquêtes qu'ils ont faites et fieront en Calabre et dans la Sicile ; se faisant ainsi des vassaux sur le fonds d'autrui , et s'établissant suzerain de ce qui appartenait a l'empire d'Orient ( Gaufr. Malaterra , Uni. liv. I. )

Humphred, jaloux des progrès de Robert, son frère, en Calabre, le fait arrêter, l'an io54, le met en prison , le délivre ensuite,

I avait jours ,

et lui accorde en propriété tout ce qu'i en ce pays. L'an io5^ , Humphred termine ses un fils nommé Abaillard ou Abagilard.

ROBERT, dit GUISCARD ou WISCARD.

Robert, surnommé Guiscard ou Wiscard, qui signifie en langage normand adroit et rusé, fils de Tancrède de Hauteville et de Frédésine, sa seconde femme, se met en possession des états de Humphred, son frère, et chasse Abaillard, son neveu , qui voulait lui résister. S'étant rendu maître de Reggio , capitale de la Calabre , avec l'aide du comte Roger , son frère , il va trouver, l'an 1089, à Florence, le pape Nicolas II. Ce pontife lui confirme le titre de duc de Pouille et de Calabre, que lui avaient donné , l'année précédente , les seigneurs normands, et y ajoute la' Sicile, qui était a conquérir. (Saint- Marc, tom. 111, V». iq3, col 1.) C'est a ce sujet que le poêle Guillaume de la Pouille dit :

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