‹ L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques, et autres anciens monumens depuis la naissance de NotreSeigneur, par le moyen d'une table chronologiqueChapitre 532 sur 582 · JACQUES · texte numérisé non relu

JACQUES

ia85. Jacques, second fils de Pierre, prend le titre de roi de Sicile après la mort de son pire, qui de son vivant l'avait fait reconnaître héritier du royaume. Il est couronné le a février 1286, a Palerme, dans une assemblée des états du pays. Le 3 mai suivant, il est excommunié, pour ta seconde fois, par le pape Honoré IV, avec les éreques qui l'avaient couronné.

L'an 1289, Jacques, mécontent du traité fait l'année précédente entre le roi Alfonse, son frère, et le roi d'Angleterre, pour la délivrance de Charles II , son rival , prend les armes pour faire valoir ses prétentions lésées. Etant venu a Reggio

places de cette province , et l'eût conquise toute entière sans le comte d'Artois , qui accourut , avec des troupes bien aguerries, pour arrêter le progrés «je ses armes. Villani ( liv. VII , c. i3.ï ) dit que ce comte , ayant assiégé Cantazaro , mit en déroute les troupes que Loria avait envoyées au secours de la place, et fit prisonnier sur elles deux cents cavaliers catalans. Jacques s'étant ensuite embarqué , vint se présenter devant Gaë*te , sur la promesse que les habitants lui avaient faite de se donner à lui des qu'il paraîtrait. Mais s ciant amusé dans sa course à visiter les îles de Procida, de Capaci, d'Ischia.il trouva a son arrivée les esprits des Gaëtans changés a son égard. Voulant emporter de force ce qu'il ne pouvait obtenir de gré , il mit le siège devant la place. Mais elle fut vaillamment défendue par le roi Charles et le comte d'Avellino, qui, peu de jours après, virent arriver à leurs secours le comte d'Artois avec une nombreuse armée rassemblée dans la Fouille et dans les états de l'église. Celui qui avait formé le siège se vit assiégé lui-même par des troupes d'autant plus animées , qu'elles croyaient mériter, dans cette guerre , l'indulgence de la croisade. Cependant Gaè'te, à la longue , semblait devoir tomber au pouvoir des Siciliens, si le roi d'Angleterre n'eût interposé sa médiation auprès du pape Nicolas IV , pour l'engager à ménager une trêve entre les deux puissances belligérantes. Un cardinal-légat, envoyé par ce pontife, réussit à leur faire conclure une trêve de deux ans , sans y comprendre néanmoins la Calabre. Le roi Charles fut le premier i décamper, et deux jours après, le roi Jacques s'embarqua, le 3o août 1289 , pour Messine. Cette trêve déplut fort au comte d'Artois et aux barons français , qui reprirent , fort indignej , la route de France.

Enfin, l'an 1291 , la pats fut conclue entre Alfonse, roi d'Aragon, et le roi Charles , à Aix en Provence , avec l'assistance de deux cardinaux-légats et des ambassadeurs d'Aragnn. Par la capitulation telle que la rapporte Barthélemi dcNencaslro , il fut arrêté que toute guerre de la part des rois Je France et de Naples contre l'Aragon cesserait , et que les otages, donnés par la dernière trêve , seraient rendus; que Charles de Valois renoncerait a toutes ses prétentions au royaume d'Aragon ; qu'Alfonse ne donnerait aucun secours direct ni indirect i la Sicile. Et pour obtenir du comte de Valois la renonciation qu'on lui demandait , le roi Charles lui donna en mariage a fille Marguerite avec les comtés d'Anjou et du Maine pour sa dot. Mais la mort du roi Alfonse, arrivée le 18 juin U91 , fit évanouir ce traité. A la nouvelle de cet événement, le roi de Sicile quitta la Calabre où il faisait des conquêtes, et se rendit à Messine , d'où il fit voile pour la Catalogne , après avoir nommé son vicaire en Sicile , Frédéric , son frère puîné , avec la rein» Constance, sa mère.

Jacques, successeur d'Alfonse , son frère, au royaume d'Aragon , pour avoir la paix avec les rois de France et de Naplf * 1 consent , l'an 1295 , à céder ses droits sur la Sicile a Charles de Valois, et à prendre pour épouse , Blanche , fille de ce prince, quoiqu'il fût déjà fiancé a la fille du roi de Castille. La nouvelle de cet accord étant parvenue en Sicile , y répandit la consternation. La reine Constance et Frédéric , son fils, envoyèrent des ambassadeurs au roi Jacques, en Catalogne , pour l'engager à le rompre. Mais ce monarque fut sourd à leurs remontrances. Frédéric , son frère , se montra également ferme dans le parti qu'il avait pris. Appelé par le pape Boni face VIII , il vint de Sicile, accompagné des gens de Procida et de Roger de l.oria , le trouver a Vcletri. Le pontife épuisa vainement son éloquence et les plus belles promesses pour le gagner. I.e jeune prince lui répondit qu'il ne pouvait se démettre de ses droits sur la Sicile sans avoir consulté les peuples de cette île. Boniface, sur cette réponse , envoya sur les lieux Jean de Calamandrano . son homme l\o ronflant e . otn n oublia non r ,,Jl "

Umandrano , son homme de confiance , qni n'oublia rien pour seconder les vues du pape. Mais il lui fut répondu que s'il ne

DES ROIS DE SICILE, en sûreté : tant

sortait promplement de l'île , ta vie n'élaïl pai «ail grande chez les Sicilien» la haine des Français el la crainte Je retomber sous leur joug. Calanundrano n'eul alors rien de plus pressé que de s'en retourner. ( Voy. Don Jayme H , roi d'Aragon. )

FREDERIC I , ou IL

iîg6. Frédéric

sa galère qu'a force de rames, et l'on prétend qu'il n'eût tenu qu'au roi, son frère , de le faire prisonnier; mais que , par un retour d'amour fraternel , il crut devoir le laisser aller. Dans ce combat, il périt un grand nombre d'apuliens et de catalans. Le roi d'Aragon étant passé depuis en Calabre , y trouva dea troupes nombreuses que le roi Charles y avait fait assembler et les ayant embarquées sur dix galères , il les conduisit en Sicile. I , frère de Jacques , roi <T Aragon , est élu | Ce fut de-la qu'il fit savoir à Robert, duc de Calabre, et à

roi de Sicile, le i5 janvier, par lès Siciliens, qui n'eurent aucun égard au traité fait entre Charles 11 et le roi d'Aragon. Le a5 mars suivant , jour de Piques , il est couronné dans la cathédrale de Païenne. Peu de teins après , il fait , avec Roger de l.oria , une descente en Calabre , où il prend Squillazao et d'autres places. Le pape Boniface Vlll ayant appris le couronnement de Frédéric, déploie contre lui tout l appareil des peines spirituelles et temporelles.

Le roi d'Aragon s'étant rendu , Fan 1298, à Rome , y fut comblé de bénédictions et chargé d'or par Boniface Vlll , aptes quoi il prit la route de Naples, pour concerter avec le roi Charles , son beau-père , les moyens de soumettre la Sicile à ce dernier. Mais pour ne pas surprendre Frédéric , son frère , il le fit exhorter secrètement de renoncer aux conquêtes qu'il ~ en Calabre , lui faisant espérer par-là un accord Les semonces d'Alfonse n'ayant pro-

anntageux pour la Sicile. Les semonces d'Alfonse n'ayant produit aucun effet , il réunit ses forces à celles du roi Charles ;

et de celte combinaison , il se forma une puissante armée navale , dont le commandement fut donné a Roger de Loria , qae le roi Jacques lui-même accompagna. Le débarquement a étant fait sur la fin d'août 1209, en Sicile, l'armée emporta uns peine Melazzo et quelques autres places. Mais Syracuse , dont Roger fit ensuite le siège , fut vaillamment défendue par Jean de Llermont. L'amirante ayant envoyé son neveu , Jean de Loria , avec vingt galères , pour conduire des vivres au chiteau de Patli , assiégé dans le mime tenu par les Siciliens , les Messinois , avec seize galères , attaquèrent ce convoi , dont il n'échappa que quatre bâtiments , le reste ayant été pris et conduit a Messine, avec le commandant. Ce revers, joint a la perle d'un grand nombre de soldats , que les maladies et divers assauts donnés inutilement a Syracuse, avaient enlevés, détermina le roi d'Aragon à lever le siège et a reprendre la roule de Naples. Arrivé à Melazzo , il y rencontra Frédéric, son frère, auquel il fit des instances pour ravoir ses galères avec Jean de Loria , promettant de ne plus remettre les pieds en Sicile. Mais le conseil du jeune prince fut d'avis de ne rien accorder , et t« avis prévalut. Les Siciliens firent bien pis ; pour se venger de l'amiranle qui les avait abandonnés , ils firent trancher la tète à son neveu , Jean de Loria, et a Jacques de la Roche , comme a des rebelles envers le roi Frédéric.

Le roi d'Aragon passa l'hiver à Naples ; et pendant cette sai- <on, le roi Frédéric recouvra plusieurs châteaux, qui. les uns volontairement , les autres de force , avaient arboré les bannières du roi , son frère. (Nivol. Spécial., liv. IV, c. 4-)

Le peu de succès de la campagne précédente ne manqua pas d'exciter les mumures à Naples contre le roi d'Ara-on , qu on accusa de favoriser, sous main , le roi , son frère. Pour détruire cet (aux bruils , et manifester sa loyauté envers le pape et le roi Charles, il rassembla le plus qu'il lui fut possible de navires et de soldais, avec lesquels il fit voile vers la Sicile, au mois de juin 1299, accompagné de Robert, duc de Calabre, et Philippe, prince de Tarenle. Frédéric et les Siciliens, enfles de

Philippe, prince de Tarenle, ses cousins, que ses affaires le rappelaient en Catalogne, et que, voyant la Sicile hors d'état de résister aux forces qu'on lui opposait , son bon cœur ne lui permettait pas d'être témoin de la ruine de son frère, et moins encore d'en être l'auteur; que dans cette disposition, il leur laissait la gloire d'achever celle conquête. Il alla porter ensuite à Naples les mêmes excuses au roi Charles, qui , selon les uns , les reçut en bon père , et s'obligea de lui rembourser les frais de cet armement; mais selon d'autres, il fut vu de très-mauvais œil du roi , son beau-père , qui le croyait d'intelligence avec son frère, de manière que se voyant désagréable aux Français et maudit des Siciliens, il prit à la fin le parti d'abandonner l'Italie. La chronique de Forli dit que le principal motif de sa retraite fut de n'avoir pas reçu les grandes sommes que le pape lui avait promises. Le départ du roi d'Aragon éleva le courage du roi , son frère. Mais le duc de Calabre ne laissa pas d'enlever a celui-ci plusieurs places en Sicile, dont la principale fut Clermont. S'élart présenté ensuite sous les murs de Cortone, avec son armée, il y gagna des traîtres qui lui remirent celle ville sans effusion de sang. Un grand nombre de la vallée de Noto levèrent aussi l'étendard de la révolte ; el la fortune semblait avoir entièrement abandonné Frédéric , lorsqu'elle lui donna subitement un gage de son retour. Le duc de Calabre avait envoyé, avec un corps de troupes de terre, assisté de

Quelques galères , le prince de Tarent e , son frère , dans la vaHée e Mazara. pour y faire des conquêtes. Frédéric, qui s'était porté dans le chiteau de Saint-Jean pour veiller sur les mouvements des ennemis, avec les forces qu'il avait pu réunir, vint à sa rencontre dans la plaine de Formicara , et lui livra bataille avec un tel succès, que le prince frappé et désarçonné, fut en danger d'être tué par les Catalans , pour lui faire expier la mort de Conradin. Mais Frédéric étant accouru a tems , le tira de leurs mains et le fit conduire en prison avec le reste des vaincus qui avaient pu échaper au carnage. Ce revers des Français fut suivi d'un autre. Parmi les prisonniers, il s'en trouva un qui fit espérer aux barons du duc de Calabre qu'il les mettrait en possession du fort chiteau de Gallérano. Les voilà aussitôt

3ui galoppent en foule pour saisir la proie ; mais c'était une uperie. Blase d'Alagon , capitaine de Frédéric , les ayant surpris , les fit tous prisonniers.

L'année suivante, i3oo, les Florentins envoyèrent au duc de Calabre un renfort considérable , sous la conduite du capitaine Renier de Buondelmonte. Nicolas Spécial it dit (liv. V, c. l'i ) ,

3ue les Toscans , arrives à Calane , où le duc séjournait , s'y oonaient ouvertement pour des coupe-jarrets , et se vantaient d'y amener prisonnier le capitaine des Siciliens, Blase d'Alagon. Mais ces faularonades n'aboutirent qu'à les rendre l'objet de la risée des Français comme des Siciliens. Le mois d'août ne se passa pas qu'il* se dispersèrent, la plus grande partie d'entre eux ayant déserté.

Cette même année , les Siciliens éprouvèrent un terrible échec I>eur flotte, composée de vingl-sepl galères, sous le

leurs derniers succès , ne daignèrent pas 1rs attendre , et > commandement de Conrad Doria, s'elail mise en course pour croyant devoir les prévenir, ils firent voile vers Napha, comme butiner dans les rivières du royaume de Naples, el parvint " tenant assurés de la victoire. Les deux flottes s'elaiit rencon- ' jusqu'à file de Pouza. Dans le cours de celte expédition , Roger trrej près du cap Orlando . on en vint, le 4 juillet , é une san- j de Loria avait pris la roule de Naples , pour amener en Sicile t «Jante bataille, où les Siciliens combattirent en désespérés, j au duc de Calabre, un nouveau secours d'homme* et de vais- Mait la valeur et l'habileté de Roger de Loria le Grent Iriom- seaux. Informé du de^àt que faisait l'ai niée sicilienne, il la pher de leurs efforts. On fait monter leur perte à seize mille j suivit à latrarc et l'atieignit. Loin de prendre la fuite, comme hommes et vingt-deux galères. 1* roi Frédéric n'échappa dans ' elle le pouvait, aux approches d'un si habile amiral , qui venait

à elle avec quarante-huit galères, elle n'hésita point de hasarder un combat. Il se donna le t4 juin et fut sanglant. Les Siciliens , vaincus et mis en fuite , ne purent sauver que sept galères ; le reste fut pris avec Conrad Doria , Jean de Clermont et d'autres nobles. Kobert , duc de Calabre , faisait alors, par mer, le siège de Messine, et la réduisait, par le manque de vivres, à l'extrémité. A ce malheur se joignit l'épidémie, qui fit beaucoup de ravage. La ville, inaigre cela, était résolue de perdre ce qui lui restait d'âmes vivantes, plutôt que de se rendre aux Français , tant était grande l'horreur qu'elle avait de cette nation ! Frédéric, prince d'un grand courage et d'un sens égal , ne manqua pas, dans cette calamité, de porter des vivres plusieurs fois, en personne , aux assiégés et de faire transporter ailleurs les pauvres réduits aux os et à la peau. Cela dura jusqu à ce que l'épidémie ayant pénétré dans le camp du duc Kobert, l'obligea de lever le siège. Alors la duchesse Yolande, femme du duc et sœur du roi Frédéric , s'étant entremise pour obtenir une trêve , réussit à la (aire conclure dans une entrevue que le roi Frédéric et le duc Robert eurent vis-à-vis de Syracuse.

Boniface Vlll avait toujours en vue d'enlever la Sicile a Frédéric ; dans ce dessein , il appela Cliarles de Valois , frère de Philippe le Bel, roi de France, en Italie, sons les plus magnifiques promesses. Ce n'était pas seulement la Sicile qu'il lui faisait espérer, mais encore I empire de Constantinople , comme dû a l'époux de Catherine de Courtenai , petitc-lille de Baudouin , empereur titulaire de ce pays Charles de Valois ainsi alléché , ayant donc passé les monts ", fut reçu sur la mute et magnifiquement traité a MoJène , par A -/mm, marquis d'Est , qui lui prêta une somme assez considérable. Le pape , auquel il baisa les pieds ensuite à Anagui , le créa comte de la Bomagne , capitaine du patrimoine de Saint-Pierre et seigneur de la marche d'Ancdtie. La première commission que Boniface lui donna fut de pacifier la ville rU rlnreiiie que Ici factions déchiraient. Y étant entré le jour de la Toussaint H en demanda la seigneurie et la garde, promenant avec serment de la maintenir dans un bon et paisible étal. Mais il ne tint rien de ce qu'il avait promis ; et s'étant déclaré pour la faction des noirs contre celle des blancs, il augmenta par là les troubles dont Florence était agitée. Etant parti au mois d'avril i3oa, chargé de la malédiction du peuple, il se rendit à Naples , où u trouva prêt un grand armement dans lequel il s'embarqua pour la Sicile avec Robert , duc de Calabre, et Raymond-Berenger, son frère. Dès qu'il eut fait sa descente dansl'ile, il se rendit maître, par trahison , de quelques places, et en assiégea d'autres sans succès, tandis que Frédéric harcelait son année par des courses et lui coupait les vivres. El bien en prit à celui ci d'user de celte sorte de guerre, incapable, comme il l'était par son peu de forces , de faire tête a l'ennemi ; secondé par la mortalité qui se mit parmi les chevaux de l'armée de Charles de Valois , il le réduisit au

CHRONOLOGIE HISTORIQUE

le titre de roi deTrinacrie, au lien de celui de roi de Sicile, et célébra ses noces avec Eléonorc, fille de ce dernier, a Messine, dans le mois de mai l'ioa. Mais après la mort de l'empereur Henri VII , arrivée l'an Frédéric abandonna le titre de

roi deTrinacrie, et reprit relui de roi de Sicile, au mois d'août t >i4- La guerre recommença alors entre lui et le roi de Naplei. Ce dernier ayant entrepris le siège de Trapani, éprouva une si grande résistance, qu'il pissa devant cette place le reste de ta campagne , et qu'A [a tin il ne se trouva pas plus avancé qu'au commencement. L'hiver étant venu , les Napolitains n'avjieut point d'endroit où se mettre à l'abri de la pluie; les vivres leur manquaient , et la maladie, suite nécessaire de ces malheurs, se mit dans leur armée. Le roi Frédéric , instruit du état où se trouvaient ses ennemis , résolut de les attaquer même teins par lerre et par mer. Il ordonna à sa flotte, coi posée de soixante-cinq vaisseaux, et commandée par Jean de Clermutit , de sortir de Messine, et d'aller chercher a Païenne de nouveaux soldats. L'armée de terre descendit en même loin du mont Saint-Julien. Le roi Robert , quoiqu'il se défendit d« sou mieux , commençait à perdre l'espérance, lorsqu'un événement inattendu vint le tirer d'affaire ; un vent du midi s'étant levé subitement , excita une si grande tempête , que les matelots, pour la plus grande partie, se croyant à la veille de périr, se sauvèrent a terre , et que l'on se crut obligé de ramener les vaisseaux a Païenne pour les empêcher de se briser. Cette tempête ne fut pas moins fuueste au roi Robert ; elle lui sul>-

signer les historiens ne l'intention de 1

l au point de rechercher luimême la paix, du consentement de Kobert, duc de Calabre. Les trois princes s'étant abouchés, il fut convenu entre eux que Frédéric épouserait Kléonore , troisième fille du roi Charles , et retiendrait sa vie durant, le royaume de Sicile, a condition qu'après sa mort, ce royaume reviendrait au roi Charles ou à ses descendants , et que les prisonniers faits sur Frédéric lui seraient rendus : au moyen de quoi , Frédéric rendit au roi Charles les places qu'il avait conquises sur lui en Calabre. Ainsi fut terminée , pour le moment , la grande affaire de la Sicile. Les politiques ne manquèrent pas de gloser sur cette pacification , disant que Charles de Valois était venu à Florence pour y remettre ta pair , et qu'il l 'avait laissée en guerre ; et qu 'étant arrivé en Sicile pour y faire la guerre , il s 'en était retourné après avoir fait une paix honteuse. Un an s'écoula sans que Boniface VIII voulut approuver le traité dont on vient de parler. Mais enûn il y acquiesça, moyennant un cens annuel de qui nie mille florins d'or que. Frédéric s'obligea de payer au saint siège. Frédéric, alors, du consentement du roi Charles, commença à prendre

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mergea plusieurs vaisseaux avec un grand nombre de matelots et quelques personnes de marque. Dans celte extrémité, lesdeui rois, par le conseil de Ferdinand, fils du roi de Majorque, ni, le 17 décembre , une trêve sur la durée do laquelle ni pas d'accord ; mais il paraît que, dans léric , elle ne devait durer que jusqu'au printenis suivant. Un des principaux articles expnmés dans ce traité, portait qui; Robert évacuerait la Sicile, En conséquence, il revint a .Naples dans le mois de février.

La trêve étant expirée, Frédéric alla faire le siège de Castelbmare. Le roi Robert envoya une flotte de trente-deux vaisseaux au secours des assiégés : mais la place était déjà prise et détruite lorsque ce secours arriva ; la même flotte étant revenue peu de tenu après, sous les ordres du comte de Squillasao, assiégea sans succès Marsale. Forcé de se retirer, le général napolitain parcourut la Sicile le fer et le feu a la main. Mais ayant appris qu'il se faisait un grand armement à Messine , il reprit la route de Naples.

Le pape Jean XXII, désirant ardemment d'établir la pais entre les deux rois, fit partir pour la Sicile deux légats, qui furent bien accueillis par le roi Frédéric. En expliquant les ordres dont ils étaient chargés , ils lui dirent clairement que l'intention du pape était que le détroit servit de borne aux deux royaumes ; et qu'en attendant qu'on pût coodure un traité de paix, les deux rois fissent une trêve de trois ans, jusqu'à Noè'l i3ao. Frédéric n'acquiesça pas sans une extrêm* répugnance a celte proposition qui l'obligeait de se dessaisir des places qu'il avait en Italie. Mais la crainte de l'excommunication pour sa personne et de l'interdit pour toute la Sicile? dont le menaçaient les légats . l'obligea de consigner entre leurs mains les places qu'ils redemandaient pour être remi<i au roi de Naples , ce qui fut exécuté le *4 juin i3i7- Frédenc n'attendit pas l'expiration de la trêve pour recommencer I*-» hostilités. L'argent lui manquant, il fit main basse sur l«s revenus ecclésiastiques; et par là il irrita le pape, qui jeta sur la Sicile un interdit dont la durée fut depuis i3as jusqu eu t 'iiQ. Malgré ce châtiment, Frédéric avait su tellement gagner les cœurs de ses sujets, qu'ils le prièrent d'associer au trône, Pierre , son fils aîné. Frédéric y ayant consenti , le jeune prinre fut couronné à Palerme, le jour de Pâques 19 avril de lau i3ai. Ce couronnement rendant la paix impossible, les <!«•"< rois se préparèrent à la guerre. Charles , duc de Calab<e, fili

DES ROIS DE SICILE

riné du roi Robert , étant monté sur une flotte de cent treize galères , va faire une descente du cdté de Païenne , dont il forme le siège après avoir ruiné les environs. Mais, au bout de vingt -cinq jours, il est obligé d'abandonner celte entreprise, oui n'avançait pas au gré du roi , son père. ( Burigni. ) Les deux royaumes de Naples et de Sicile furent toujours depuis en «Ut de guerre jusqu'à la mort de FréJéric, arrivée le a5 juin 1&7 , près de Païenne , tandis qu'il se faisait transporter malade à Catane : prince , dit Muratori , d'un grand sens et d'une égale valeur , qui sut , pendant un si grand nombre d'années , maintenir sur sa tête la couronne de Sicile contre 1m efforts obstinés du roi Robert. D'ElÉonohe, fille du roi Charles 11, qu'il avait épousée dans le mois de mat i3oa, i Messine , il eut Pierre , qui suit ; Roger-Mainfroi ; Guillaume, mort le aa août i3H8 ; Jean , qui fui régent pendant la minorité du roi I.onis , son neveu ; Constance , femme de Henri , roi de Chypre; Elisabeth, mariée, en i3a8, a Etienne, second fils de l'empereur Louis de Bavière ; Catherine, abbessc des Claristes, a Messine; et Marguerite, religieuse. Après la mort de Frédéric , la reine Eléonore , sa veuve , se fit religieuse de l'ordre de Saint-François, et finit ses jours le 9 août 1443.

C'est Frédéric qui, le premier, a employé les armoiries que porte encore présentement (178S) le royaume de Sicile, à quatre pals de gueules; flanqué d'argent, a deux aigles de

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