‹ L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques, et autres anciens monumens depuis la naissance de NotreSeigneur, par le moyen d'une table chronologiqueChapitre 535 sur 582 · CHARLES D'AUTRICHE · texte numérisé non relu

CHARLES D'AUTRICHE

i5i6. ( il a n n s , premier du nom, en qualité de roi d'Espagne , successeur de Ferdinand , sor aïeul maternel , aux royaumes de Naples et de Sicile , ayant appris dans les Pays- Las la révolte des Siciliens, nomma Hector Pignatelli, comte de Monte léon , pour réprimer et punir les chefs des séditieux. Pignatelli , étant arrivé a Palerme , le x*'. mai 1 5 1 7 , fit arrêter vingt des plus coupables , et publia ensuite une amnistie pour )es autres. Le calme ne fut point rétabli par la en Sicile. Jean- Luc Squarcia I.oup, qui avait été jurât a Palerme, profitant de la faiblesse de Pignatelli , travaillait a se défaire de tous les partisans d« Momade. Le jour de cette exécution était fixé au 34 juillet i5 17, fêle de sainte Christine, patrone de Palerme. Mais l'indi<crétion des conjurés fit manquer le coup. Squarcia, le 8 septembre suivant, fui mis à mort avec deux de ses çom-

plices ; et la Sicile, par U , recouvra sa tranquillité. ( Burigni , llisi. de Suu/e, ton», H, pp. 36o et simV.)

Hoq content de ses royaumes d'Espagne, de Naples et de Sicile, sans compter la souveraineté des Pays-Bas, Charles, près la mort de Maximilicn, son aïeul, aspira encore, l'an 5 19, à lui succéder dans l'empire. Mais un obstacle s'opposait a ses vues ; c'était une ancienne convention qui excluait du trône impérial les rois de Sicile. Charles, comme on l'a dit ci-devant , agit secrètement auprès du pape Léon X, pour

obtenir dispense sur cet article; elle lui fut accordée, mais i

<.~~a:>:~- ,,,.',-ii,. :. 1 . . -..i.i!— . un., — 1. r...

condition qu'elle ne serait pas rendue publique. Elle ne le fut effectivement qu'en i5ai , lorsqu'il n'était plus tems de revenir

\.i».( r iiivtUl.lU l]U Kl, I .'.i 1 , 1UIMJU 11 II CUUl |MU3 ICUB UC ICVCUlf

contre l'élection de Charles. (Rainaldus , ad an. i5ai , n. 80.)

L'an i5a8, Philibert de Châlons , prince d'Orange, ayant remplacé, dans le commandement de l'armée impériale, le connétable de Bourbon , tué au sac de Rome , partit de cette ville le 17 février, et vint camper devant Troja ou Troïa. Lautrec , général français , après divers petits combats livrés aux Impériaux, les oblige a s'éloigner de celle place , qu'il trouve, en y entrant , remplie de vivres et d'autres munitions dont il avait un extrême besoin. L'avis du plus grand nombre de ses officiers était d'aller à l'instant du côté de Naples. Mais Pierre Navarre, engagé alors au service de France, proposa de s'assurer auparavant de Melfi. pour ne pas laisser derrière soi cette place importante. Ce projet ayant été goûté, il l'exécute luimême avec succès, prend ensuite Trani, Bar le t te et d'autres villes de l'Abruzze et de la Capitanate , après quoi , vers la fin d'avril , il s'approche de Naples. Tandis qu'il en fait le siège, l'amiral André Doria, gagné par le marquis du Guast , l'un de ses prisonniers de guerre , quitte le service de France pour passer a celui de l'empereur, et Lautrec est emporté par une maladie, la nuit du i5 su, 16 août Le marquis de Salucet, qui le remplace dans le commandement , ne se trouvant ni assez d'autorité ni assez de force pour continuer l'entreprise , fait sa retraite en bon ordre, après avoir repoussé les Impériaux qui donnèrent sur son arrière-garde. De là il se jette dans Averse, laissant le comte Pierre Navarre à la merci des ennemis, qui , l'ayant fait prisonnier dans cette rencontre, le conduisirent a Naples . où il mourut quelques tems après.

A peine le marquis de Saluces était dan* Averse qu'il s'y vit assiégé par les garnisons de Naples et des autres villes qui étaient restées au pouvoir des Impériaux. On commençait a battre la place, lorsque le marquis fut blessé d'un éclat de

[lierre qui lui tracassa le genou. Abattus par ce nouveau revers, es Français se virent contraints de signer, le 3o août i5a8, une capitulation que la nécessité rendit moins honteuse. Elle portait en substance que la place serait remise au prince d'Orange , que le marquis demeurerait prisonnier de guerre, et qu'il s'engageait à faire remettre aux Impériaux toutes les autres places du royaume, occupées par les Français et les Vénitiens, leurs alliés. La paix de Cambrai, dite la paix des Dames , signée le 3 août i5ag, entre Marguerite d'Autriche, au nom de l empereur , et la duchesse d'Angoulême , au nom du roi François I , son fils , assura la couronne de Naples et de Sicile a Charles-Quint ; ce qui fut cimenté par le traité de Crépi , du 18 septembre i544. L'empereur Charles, après avoir fait la conquête de Tunis sur les Sarrasins, arriva dans son royaume de Sicile, et fit une entrée triomphante dans Palerme, le 1a septembre i535. Après avoir passé près d'un mois en cette ville, il se rendit a Messine où 1 on enchérit sur les honneurs qu'on lui avait rendus a Palerme. Ce fut le célèbre Maurolico qui fut l'ordonnateur de la fête qu'on lui fit. Elle donna tant de plaisir a l'empereur, qu'il voulut voir Maurolico pour lui en témoigner sa satisfaction.

La Sicile et le royaume de Nantes changèrent de maître par la cession que Charles-Quint en fit l'an 1S54 , à Philippe, son fils. Ce jeune prince obtint de Joies III , par une bulle du octobre de U même année, l'investiture de ces

CHRONOLOGIE HISTORIQUE

pour lui et ses héritiers, tant miles que femelles, aux mêmes conditions qu'elle avait été accordée par Jutes H a Ferdinand le Catholique, et par Léon X â Charles-Quint. Le marquis de Pescaire, ambassadeur de Philippe, prêta, en son nom, le serment de fidélité , et reçut l'investiture, dit M. d'Egly, par l'admission au baiser des pieds. [Voy. Charles-Quint , empereur; et Charles I , roi d'Espagne.)

PHILIPPE 11

« Le roi Philippe II gouverna ses états d'une manière bien

• différente de celle qu avait pratiquée l'empereur, son p*re. a Charles-Quint , parcourant continuellement la vaste étendue a des pays qui vivaient sous sa domination , se prétait au caa ractère de chaque nation, et, parce moyen, s'était concilié » l'affection des Espagnols aiosi que des Flamands, des lia- « liens comme des Allemands. Philippe, au contraire, après » la mort de Marie, reine d'Angleterre, sa seconde femme,

• quitta la Flandre, et, se renfermant pour toujours dans m Madrid , se livra tout entier aux Espagnols ; se conduisant » par leurs maximes, encensé comme le plus prudent et le plus » sage des rois de la tene, inaccessible a ses autres sujets , Phi-

• lippe entreprit de gouverner , de son cabinet , le monde a entier. » (Giannone, ton». VI, pag. «96.)

Le duc de Médina-Celi, nouveau vice-roi de Naples, dans le dessein d'arrêter les fréquentes descentes que les Turcs faisaient sur les cotes de Sicile et de Naples, se concerta, l'an i558, avec le grand-maître de Malte , Jean de la Valette, pour reprendre Tripoli d'Afrique , dont ces Infidèles s'étaient emparés depuis peu. Le roi Philippe approuva cette entreprise , et en donna le principal commandement au vire-roi. Sa flotte consistait en vingt-huit grands bâtiments et cinquante-quatre galères, avec des vivres pour quatre mois. Mais ce grand armement n'aboutit qu'à la prise de l'île des Gelves, qu'il fallut rendre ensuite. (Burigni.) Les Italiens, suivant M. de Thou, imputent, a la vanité du duc de Médina-Celi, le mauvais succès de celte expédition , où la perte fut de dix-huit mille hommes, dont les uns périrent par les maladies ou par le fer, les autres furent réduits en captivité.

Sous le règne de Charles-Quint , la cour de Rome avait fait divers efforts pour introduire , dans le royaume de Naples , le tribunal de l'inquisition. Elle se flattait d'y avoir réussi l'an 1546, en obtenant de l'empereur des lettres qui autorisaient les commissaires envoyés de Rome a Naples pour faire la recherche des Luthériens qui s'y étaient introduits. Pour ne pas soulever le peuple, au lieu de publier à son de trompe , comme on faisait à Rome et en Espagne, les bulles dont les inquisiteurs étaient munis, le vice-roi s'était contenté de les faire afficher aux portes de l'archevêché, après quoi il s'était retiré à Pouzzol, où il passait ordinairement l'hiver. Les créatures qu'il entretenait parmi les officiers de la ville, avaient cependant soin d'insinuer adroitement dans les places qu'on ne devait point s'effrayer de cette espèce d'inquisition, qui n'était, disaient-ils, qu'une commission passagère de la cour de Rome. Les défiances, malgré cela, subsistant toujours, on fit une députât ion au vice-roi pour avoir une explication. Sa réponse fut qu'il ne souffrirait jamais aucune innovation ; ce qui calma les esprits pour un tems. Mais les craintes redoublèrent, lorsqu'un jour de Carême, en 1547, on vit les bulles affichées avec l'édit ui en ordonnait l'exécution. A l'instant le peuple se soulève, échire le placard , et fait une nouvelle députation au vice-roi. Ceux oui la composaient revinrent a Naples, comblés de caresses et d'assurances, qu'il ne serait jamais question d'établir chez eux l'inquisition. C'était un leurre; et dès le 1 1 mai suivant , on Tit paraître un nouvel édit qui s'expliquait clairement en faveur de ce tribunal odieux. Le vice-roi s'élant rendu a Naples, employa les voirs de rigueur pour contenir les révoltés. L'agitation des esprits subsista pendant la suite du règne de Cnarles-

Quint. Ferdinand, son frère, lui ayant succédé, l'an i558, dans l'empire , n'accueillit pas favorablement les premières plaintes que lui adressèrent les mécontents de Naples. Son indifférence, a cet égard, augmenta les troubles. Les deux partis en vinrent plusieurs fois aux mains. Une nouvelle députation qu'on fit 1 l'empereur obtint une amnistie, qui tranquillisa d'abord les esprits. Mais on apprit bientôt que trente-su des rebelles étaient exceptés de celle grâce : cinq forent en effet condamnés i mort ; les trente-un antres se dérobèrent au supplice par la fuite. Naples reçut ensuite des lettres d'abolition, qui lui rendaient le nom de tris-fidèle, dont cette ville est ordinairement qualifiée dans les diplômes des rois.

La cour de Rome, toujours constante et uniforme dans sa politique , ne renonça cependant point au dessein qu'elle avait détabhr, a Naples, le tribunal du saint office. Il se trouva dans ce royaume des vice-rois assez complaisants , pour bisser agir à leur gré les inquisiteurs qu'elle envoyait : contents de les soumettre , pour (a forme seulement , a la nécessité de prendre sur leurs bulles de commission Vexeçitaiur regium , ils souffraient qu'ils eussent leurs prisons particulières, qu'ils s'assurassent des citoyens suspects d'hérésie au milieu du royaume, et qu'ils les envoyassent i Rome pour y être jogés par la congrégation du saint office. Le roi Philippe 11 essaya de réprimer ces entreprises sur le droit ecclésiastique napolitain. Par un edit du 10 mars 1 565 , il ordonna que, conformément aux maximes du royaume, les évéques, comme juges ordinaires et non comme délégués du saint siège, auront seuls, dans le droit, la connaissance de tous délits en matière de foi, déclarant

ce monarque , les vice-rois, continué -

qu'il ne prétendait pas qu'il y eût â Naples aucune inquisition. Mais, contre l'inclination si bien connue de 1 papes, presque toujours favorisés pries vicfc-.«», rent de suivre leurs projets : l'abus de leur pouvoir devint si excessif, que les inquisiteurs s'attribuaient une puissance illimitée . et ne daignaient plus même prendre sur leurs commissions des lettres d'attache. (D'Egly, tom. IV, pag. i6o-i63.)

L'an iSyi, nouvelle entreprise de la cour de Rome contre la Sicile. Le pape Pie V, défenseur ardent de la juridiction ecclésiastique, entreprit d'abolir le tribunal de la motuurhie sicilienne, prétendant qu'elle donnait atteinte i l'autorité du saint siège. Ce tribunal est appelé monarchie , parce qu'il unit la puissance ecclésiastique â la puissance royale. Il connaît de toutes les causes ecclésiastiques sur les appellations, et sur les jugements des ordinaires ou sur les plaintes qu'ils occasionent. Il a droit de réformer les sentences des tribunaux ecclésiastiques qui n'ont point de supérieurs dans le royaume, et déjuger toutes les causes qui regardent les personnes exemptes delà juridiction des ordinaires , ou sur les seules plaintes qu'ils occasionent. Une de ses attributions est d'absoudre, ad eautelam ou eu m reinci- Jenlia , ceux qui ont recours à lui par appellation des censures comminatoires, ou déclarées encourues par l'ordinaire, même pour fait d'indemnité ecclésiastique. Cette absolution se donne afin que l'accusé puisse ester en jugement, et faire connaître l'injustice et la nullité des censures portées contre lui. Voulant donc abattre ce tribunal qui lui portait ombrage, PieV envoya, son neveu , le cardinal Alexandrin , en Espagne. La réponse aue Philippe II fit au légat, fut qu'il ne pouvait abandonner les droits dont il avait hérite de ses ancêtres; que si néanmoins il se rencontrait, de l'aveu de ses officiers, quelque réforme i faire dans le tribunal , dont le pape se plaignait , il était prêt i lui donner là-dessus la satisfac tion qu il désirait. Il y eut eu effet , par l'entremise du même légat , un concordat entre le pape et le roi , par lequel il fut convenu que les rois de Sicile ne nommeraient plus â l'avenir qu'un ecclésiastique pour exercer la juridiction de la monarchie. Le roi Philippe 11 mourut le i3 septembre i5g«, i l'Age de soixante-douze ans, laissant une grande réputation, sur laquelle se sont exercés, en sens contraire, les écrivains de différentes nations et de dilfferenU partis. (Voyca les rois d'Espagne )

Page 1