DES ROIS DE NAPLES ET DE SICILE
L'affaire était en cet état Ionique la Sicile changea Je maître, en passant sous la domination de Victor- Amédée. Clément XI, «imaginant qu'il viendrait facilement a bout de ce prince, garda peu de ménagement avec lui ; mais Victor- Amédée , sans manquer aux égards qu'ils devait au chef de l'église., se montra ferme a maintenir les droits que les rois ses prédécesseurs lui avaient transmis. Le cardinal delà Trémoille, résidant a Rome, qu'il employa pour médiateur entre le pape et lui , échoua dans ses démarches, qui forent nombreuses , parce que le pontife était déterminé a vouloir anéantir le tribunal qui faisait le sujet de la négociation. On multiplia de sa part les procédures et les menaces pour en venir à ce but ; mais le roi de Sicile repoussa ces attaques par différents mémoires, et enlin par un grand ouvrage, où la matière est traitée k fond, sous le litre de Défaut de la monurrhie de Sicile. C'est le fruit de la plume du fameux docteur du Pin. Clément XI ne vit pas la ûn de cette affaire ; elle fut interrompue par le changement de souverain , qu'éprouva la Sicile.
Par le traité de la triple alliance, fait en 1718, les puissances contractantes étaient convenues que la Sicile était adjugée a l'empereur , et qu'en échange , le duc de Savoie aurait la Sardaigne sous titre de royaume. Mais le cardinal Alberoni , ministre d'Espagne, avait d'autres vues. Celte même année, on le vit préparer un grand armement de troupes, de munilions et de vaisseaux, dont personne ne pouvait deviner l'objet Les ans pensaient qu'il menaçait les ports de Toscane, possédés par l'empereur , les autres qu'il était destiné contre Naples , d'autres qu'on en voulait au duché de Milan. C'était sur cet état que tombaient principalement les soupçons, parce que Victor-Amédée ayant fait venir de Sicile un grand convoi d'armes et de troupes, campait alors sur les confins du Milanez, et qu'entre lui et la cour d Espagne, il y avait une grande correspondance. Mais nul ne fut plus trompé que ce même roi de Sicile, lorsque, sans s'y attendre, il apprit que l'armée navale d'Espagne ayant levé l'aucre en Sardaigne, était passée en Sicile pour envahir cette fie. Chacun fut alors dans le plus grand étonnement , dit Muratori , de voir la paix solennellement jurée depuis si peu de lems entre l'Espagne et Victor- Amédée, par la cession faite à celui-ci de la Sicile, tout-âcoup violée sans qu'il eût manqué en aucune manière à ses Allégements, et ce prince dépouillé de son royaume par la puissance qui lui prodiguait les plus grandes démonstrations d'amitié. C'était principalement au ministre espagnol que l'on airibuait toute cette manœuvre. Alberoni ne manqua pas de publier , au nom de sa cour , un manifeste pour justifier sa conduite. Ce n'est pas a moi , dit l'auteur cité , d'en porter «non jugement. La flotte d'Espagne parut, le 00 juillet, devant Païenne. Les magistrats voyant U ville sans défense, ne crurent pouvoir mieux faire, que d'en porter les clefs au général espagnol; et alors tout Païenne retentit des cris de vive Philippe F! L) flotte étant retournée en Sardaigne , en amena le reste des troupes, avec le marquis de Léede ou de Leyde , flamand de "3>&ance, destiné pour commander l'armée de terre. Les succès de ce général furent rapides en Sicile; et bientôt toute cette A* fui retombée sous la domination espagnole , si des puissances étrangères ne se fussent montrées sur la scène pour rompre les mesures du ministre d'Espagne.
L empereur Charles VI ne s'endormait pas lui-même, et moins encore ses ministres de Naples et de Milan, qui , dès 1«< les mauvaises intentions de la cour d'Espagne commencèrent a se manifester , n'avaient cessé de rassembler des troupes et de faire tous les préparatifs nécessaires pour bien recevoir l'ennemi dès qu'il se présenterait. Les puissances maritimes ne lardèrent pas aussi à se mettre en mouvement , comme prantes de la cession de la Sicile , et obligées à maintenir Ipmprrcur dans les étals qui lui étaient acquis. Stanhope, *mbaswdcur d'Angleterre à MaJrid , fit ses plaitites et ses profilions au nom de son maître , en représentant l'obligation
la résolution où était l'Angleterre de
et
dérés. Tout cela n'ébranla pas Alberoni, qui fit connaître, par sa réponse , que de semblables bravades ne l'empêcheraient pas de suivre son projet. Les menaces des autres puissances intéressées, ne firent pas plus d'impression sur son esprit; elles ne servirent tout au plus qu'à lui faire hâter son expédition contre la Sicile , dans l'espérance d'en apprendre la conquête avant l'arrivée de la flotte anglaise. L'empereur sentit alors combien la possession de la Sicile était nécessaire pour la conservation du royaume de Naples. Ses alliés, d'après ses instances, firent a Londres, le a août , un plan de pacification pour être proposé au roi catholique. Ce prince l'ayant rejeté, tous réunirent leurs forces pour le contraindre <Ty souscrire. A cette confédération accéda , au nom de Louis XV, roi de France , le régent de ce royaume , Philippe , duc d'Orléans , irrité contre le roi d'Espagne, qui voulait revenir contre la renonciation qu'il avait faite a ses droits sur la couronne de France , et disputait même au duc la régence de ce royaume.
por-
te
médiateur
l»es articles de la concorde proposée p;
taient que la Sicile serait abandonnée à l'empereur, et qu'en échange il céderait a Victor- Amédée la Sardaigne sous le titre de royaume. Rien n'était plus désavantageux pour ce dernier, qu'un pareil échange. Mais le malheur des conjonctures le força d y souscrire. Le ministre d'Espagne, toutefois, n'en demeura pas moins obstiné à suivre son projet d'envahir la Sicile. Les alliés s'y étaient attendus. Dès le commencement d'août , on vit paraître dans la mer de Naples, sous la conduite de l'amiral Bing, l'escadre anglaise qui servait d'escorte à des vaisseaux de transport, chargés de milices allemandes, et fit voile vers Messine. L'amiral espagnol Casiagnedo chercha aussi de son côté à s'ouvrir l'entrée du port de Messine ; mais le grand feu de l'artillerie du fort de San-Salvatore et de la citadelle, l'obligea de se retirer avec une perte considérable. La flotte anglaise ayant ensuite débarqué sur le môle de Messine les troupes dont elle était chargée, on vit bientôt les forts qui défendaient la place, arborer l'étendard impérial. Dans le même dix mille impériaux partis de Naples étaient en marche eggio de Calabre, pour passer de la en Sicile. L'amiral Bing, qui suivait a la trace l'amiral espagnol , pour lui notifier les ordres dont sa cour l'avait charge, trouva sa flotte, en l'approchant , rangée en bataille , et ne tarda pas è l'attaquer. Le combat se donna le i5 août, et fut court par la prompte défaite des Espagnols qui , après avoir perdu plusieurs vaisseaux, dont les uns furent brûlés, les autres enlevés, prirent le large et se retirèrent, abandonnés de leur amiral, qui alla se faire panser de ses blessures a Catane.
Ce revers n'influa point sur les opérations de terre du marquis de Léede , général de l'armée espagnole. Quoique la garnison de la citadelle de Messine fût considérablement augmentée, la valeur des assiégeants en triompha le «9 septembre, ainsi que du fort de Sao-Salvatore; ce qui entraîna la réduction de la ville : après quoi les Espagnols allèrent faire le siège de Melazzo. Cette expédition, commencée avec succès, le i5 octobre, ne finit que le ab* juin de l'année suivante, mais au désavantage du marquis, que les Impériaux obligèrent de plier ses tentes pour se -retirer à Francheville. On doit, néanmoins, à ce général , la justice de dire que la prudence et la valeur étaient égales en lui , qu'il ménageait le sang du soldat, savait parfaitement bien choisir ses postes, et n'était pas moins habile a l'attaque qu'à la défense. Mais il ne fut pas secondé autant qu'il devait l'être par le roi , son maître ; et si les forces ne lut eussent pas manqué, très-difficilement les Impériaux se seraient emparés de la Sicile. Le comte de Merci , qui commandait en cette île pour l'empereur, était d'un caractère bien différent : son usage était d'envoyer, au gré de son caprice , des troupes a la boucherie et de chercher à tout emporter à force de répandre du !
avec ton
;. Ce fougueux général , ayant attaqué , le 20 juin 17 19, n impétuosité ordinaire , l'armée ennemie retranchée
368 CHRONOLOGIE prêt du fleuve de Rosalino . fat repoussé avec Uni de vigueur, qu'après avoir sacrifié plus de quatre mille hommes, il fut contraint de reculer avec une blessure qu'il avait reçue dans l'action. Les affaire* du roi d'Espagne allaient cependant toujours en déclinant dans la Sicile , surtout depuis que les Impériaux avaient reçu de nouveaux renforts de Regeio et de Naples, par mer. Avec cette supériorité de forces , il leur fut aisé de s'avancer vers Messine, après avoir gagné une marche sur les Espagnols qui s'acheminaient du même coté. Dès qu'ils eurent pris le château de Gonzague et que les Espagnols eurent abandonné le fort du phare, la ville elle-même tomba le 9 août en leur pouvoir. La citadelle où la garnison s'était retirée, fut vaillamment défendue par don LucSpinola, jusqu'au 18 octobre. Ne pouvant tenir plus long-tems, il arbora le drapeau blanc ce jour la, et le lendemain, H fut convenu que la garnison sortirait avec les honneurs de la guerre. Aussitôt Pigtiatelli , comte de Montéléon , étant entré dans Messine , prit , par ordre de l'empereur, possession de la charge de vice-roi.
Ce fut le 9 décembre de cette même année , et non le 9 janvier 17*0, comme on l'a dit, qu'arriva la chute inopinée du cardinal Alberoni. Celte disgrâce , sollicitée par les alliés, rétablit la paix entre eux et la cour d'Espagne Le 16 janvier 1720, Philippe V donna son accession a la quadruple alliance. Les puissances médiatrices réglèrent de plus, en faveur de ce prince, que , dans le ras où la race masculine viendrait a manquer dans le grand-duché de Toscane et dans les duchés de Parme et de Plaisance . les enfants légitimes qu'il aurait de son mariage avec Elisabeth Famèse , succéderaient au dernier mort dans ces étits , déclarant seulement exclus de celle succession celui de leurs descendants qui parviendrait au trûne d'Espagne. Il fut néanmoins arrêté , pour la conservation des droits impériaux , nue les duchés qu'on vient de nommer seraient reconnus fiefs de 1 empire, et que, pour plus grande sûreté, l'on y enverrait une garnison suisse. Cet arrangement ne réunit pas les suffrages de tous les politiques. Plusieurs trouvèrent fort étrange que 1 on disposât avec un tel despotisme des états d'autrui , du vivant de leurs souverains naturels , jusqu'à leur imposer l'obligation de recevoir une garnison suisse. Le pape Clément XI lut des premiers à se plaindre , allégant les droits de la chambre apostolique sur Parme et Plaisance. Dès le mois de février suivant, il fit partir Alexandre Albani, son neveu, pour aller, en son 00m , les défendre i la cour de Vienne. Corne III , grand-duc de Toscane, prétendait, de son coté, que le domaine de Florence n'était point sujet aux lois féodales de l'empire, et qu'à lui seul appartenait le choix de son successeur. Grand débat, à ce sujet, parmi les Florentins, dont plusieurs pensaient que c'était ici le cas de faire revivre l'ancienne liberté de leur rêne. Le grand-duc, persistant dans sa prétention, déque le prince Jean-Gaston , son fils unique , venant à uer sans héritier, c'était à h fille, Marie-Louise , électrice palatine, à lui succéder. Un de ses ministres fut dépéché dans toutes les cours pour y faire ses réclamations et les appuyer de fortes raisons. Mais partout il trouva des oreilles sourdes ; et ce fut pour lui une nécessité de recevoir la loi des autres souverains, lesquels , en disposant de ses états malgré lui, croyaient employer te seul moyen d'assurer la paix de l'Italie.
En vertu de la paix dont nous parlons , le comte de Merci , général de l'empire, fit savoir au marquis de Léedc, général espagnol, qu'il eût à évacuer la Sicile. Mais celui-ci s enveloppant de quelques obscurités du traité pour éluder la sommation, Merci , le a8 avril, avec des troupes, s'approcha du camp espagnol dans le voisinage de Païenne. Il n'y eut de pris , d'abord , que quelques petits forts qui couvraient les retranchements de l'ennemi ; mais le a mai suivant , Merci , du grand matin , fit marcher en belle ordonnance toute son ma ce pour donner l'éveil aux Espagnols. Alors du camp de ceux-ci et des murs de la ville on commença à crier la paix, la paix. Merci •'arrêta, et quatre jours après, par l'intervention de l'amiral
Bing , on conclut une suspension d'armes, et l'on régla que les troupes espagnoles, tant celles qui étaient en Sicile que celles qui étaient en Sardaigne , seraient transportées sur les eûtes dé Catalogne. Ensuite , au jour convenu , les troupes im-
Sériales prirent possession de la ville de Païenne, an milieu es acclimations. L'embarquement des Espagnols se fit le aa juin , et avec eux partirent cinq cents siciliens , que la crainte des mauvais traitements des Impériaux, porta à s'expatrier, abandonnant leurs biens qui furent confisqués. Ce ne tut cependant qu'au 9 juin (cl non fe a8) 172a , que Charles VI obtint l'investiture de Naples et de Sicile. La querelle pour la monarchie sicilienne durait toujours. Benoit XIII la termina enfin , le 3o août 1738 , par une bulle qui, dérogeant à celle de Clément XI , rétablit l'empereur dans le droit de légation. Cette bulle est en forme de règlement , Uni sur les causes qui doivent être de la compétence du tribunal de la monarchie que sur la manière d'y procéder. Les diverses clauses qu'on y inséra, souffrirent de grandes oppositions de la part de quelques cardinaux zélés pour les immunités du clergé de Sicile. (De Grâce, Hùt. de l'Uni*. 1 lom. 11 , pag. 336.)
Le roi d'Espagne ayant pris le parti de la France dans la guerre qui s'éleva l'an 1733, entre cette puissance et l'empereur pour donner un souverain à la Pologne , l'infant don Carlos, duc de Parme , depuis 1733 , fut nommé l'an 1734 , sur la fin de février, généralissime des troupes espagnoles en Italie. Tandis qu'il les conduisait du côté de Rome, une flotte considérable de la même nation arrive à Civita-Vecchia , et le ao février, elle s'empare des lies de Procida et d'Ischia. Ce fut alors que l'infant rendit public un manifeste par lequel il déclarait le dessein où il était de recouver le royaume de Naples, avec promesse de diminuer les impôts , d'augmenter les privilèges de la nation, et de pardonner à tous ceux qui avaient suivi le parti de l'empereur contre l'Espagne. Les satrapes de la politique, dit Muratori, étaient attentifs à voir si les Espagnols rencontreraient de l'opposition sur les frontières ; mais ils n'en trouvèrent aucune. Ayant passé le Volturne en se détournant de Capoue, ils parvinrent à San-Angelo di Kocta Caneria, sans éprouver aucune difficulté. Ce qui facilita la marche, ce fut la querelle qui s'était élevée entre les deux généraux de l'empire , Caraffe , italien , et Traun , allemand , dont le premier soutenait qu'il était plus avantageux de retirer les garnisons des places fortifiées pour les réunir à l'armée un. pénale et la mettre par là en état de marcher contre l'ennemi. Une bataille livrée avec succès lui semblait devoir faire le salut de l'étal. Traun , au contraire , prétendait qu'on devait tenir les troupes répandues dans les différentes forteresses, et que par la , le secours de vingt mille hommes qu'on attendait d'Allemagne, faciliterait le recouvrement de Naples. Cet avis prévalut et fut la ruine des Allemands impériaux qui , n'ayant reçu aucun renfort, perdirent tout. Naples n'attendit pas l'arrivée de l'infant pour lui faire des soumissions. Des députés, qu'elle lui envoya , vinrent le trouver le 9 avril à Maddalori , lieu situé à quatorze milles de cette ville, et lui présentèrent les clefs ; après quoi , ils se couvrirent en sa présence, à la manière des grands d'Espagne , suivant un privilège de cette métropole, dit Muratori. Le jour suivant, un corps de trois mill« espagnols entra paisiblement dans Naples, tandis que l'infant passait à A versa , où il Gxa son quartier jusqu'à ce que les forteresses, qui environnaient la capitale, fussent détruites, I.t aS du même mois, le château de Saint-Enne se rendit. Les autres forts suivirent cet exemple après avoir essuyé quelques canonnades.; et le 6 mai , le territoire fut entièrement délivre des Allemands par la réduction du Château-Neuf.
Les Impériaux ayant évacué le pays de Naples , don Carlos fit, le 10 mai , son entrée solennelle dans cette ville aux acclamations de tout le peuple. Le t5 du même mois, un courrier apporta, de la pari de Philippe V à don Carlos , un diplôme par lequel il était déclaré roi des Deux-Siciles, Les fêtes et les n>
DES ROIS DE NAPLES ET DE SICILE, puissances redoublèrent alors parmi un peuple qui, depuis lieux siècles, n'avait point vu ses souverains. Il se trouvait alors a Bari sept mille soldats impériaux qui attendaient, suivant le bruit public, six mille croates pour les renforcer. Le duc de Montemar prévint l'arrivée de ceux-ci , en faisant marcher a grandes journées, du coté de Bitonte, la plus grande partie de son armée qui , les ayant atteints, les mit en déroute presque sans combat. Le plus grand nombre d'entre eux ayant élé fait prisonnier , le reste se sauva a Bari. En reconnais sance d'un si grand service, le comte de Montemar fut créé duc de Bitonte , avec une pension de cinquante mille ducats. Les Espagnols se rendirent maîtres , ensuite , de Brin des et de Pescara , dont ils firent les garnisons prisonnières. Mais ce qui leur tenait le plus au cœur , c'était la ville de Gaë*le , place très importante et pourvue d'une bonne garnison de vivres et de munitions pour une longue et vigoureuse défense. Le jeune roi don Carlos en forma le siège le 3i juillet , et le 7 août , elle tomba
pouvoir de ce jiriiîce , par la retraite de la garnison alleles habitants firent d'en venir à un
Sur le refus que I avpc le général de l'artillerie , ils eurent le déplaisir de voir transporter à Naples toutes les cloches, i l'exception des plus petites de deux ou trois couvents. Belle vengeance, dit Muralnri , de punir des églises innocentes par un si barbare dépouillement !
Après cela, il restait a conquérir la Sicile. C'est a quoi l'on se disposa sans délai. Le 25 du même mois d'août , le duc de Montemar s'étant embarqué , mit a la voile avec un grand convoi, consistant en trente tartanes, cinq galères, cinq vaisseaux de guerre, deux palandres et beaucoup d'autres moindres bâtimenu Cette flotte aborda, sur la fin du mois , a Palerme. La ville se trouvant sans défense , le sénat se hâta d'aller présenter ses hommages et ceux du peuple à la maison royale d Espagne. Le duc de Montemar, déjà nommé vice-roi , y fit son entrée le a septembre, au milieu des acclamât ions. De la, il conduisit son armée a Messine , dont les habitants avaient obtenu permission de se rendre, attendu que le prince de Lobkowitz , commandant de la place, avait retiré les garnisons des châteaux de Matagrifon , de Castellazzo et de Taormine , pour défendre le seul château de Gonzague. Les Espagnols l'ayant emporté , non sans de grands efforts , firent ensuite le siège de Trapani et de Syracuse , dont ils vinrent plus facilement a bout.
Les Impériaux ne conservaient plus, dans le royaume de Naples , que la ville de Capoue. Le comte de Traun , qui s'y était renfermé, se distingua dans plusieurs sorties qu'il fit ; mais i la fin , les ressources lui manquant , il capitula le 23 octobre , et rendit , six jours après , la place , dont la garnison fut escortée jusqu'à Bari et Manfrédnnia , pour être trans-
Kortée de la au port de Trieste. C'est ainsi que le royaume de aples tomba, lan i~34, au pouvoir des Espagnols. Il y avait encore a réduire , en Sicile , la citadelle de Messine, La ville de Syracuse et la forteresse de Trapani. La première , défendue par le prince de Lobkowitz, soutint, avec La plus grande vigueur, les efforts des assiégeants, jusqu'à ce que, manquant de vivres et de munitions , elle se vit contrainte, par la disette , le aa février 1735 , d'arborer le drapeau blanc. La résistance de Syracuse fut encore plus grande. Elle ne se rendit Que le i(i juin suivant. Cinq jours après , la soumission de la forteresse de Trapani couronna la conquête de celte île.