LOUIS I D'ANJOU
Louis I, duc d'Anjou, fils de Jean II, roi de France, né le 3 3 juillet i33 9 , adopté, lan
portée a
CHARLES III, dit DE LA PAIX.
i38a. Charles dk Doras, dit 1» Pbtjt, a raison de sa
sort
ronne qui pense , au contraire
taille, et de la Paix, pour avoir négocié la réconciliation do roi de Hongrie avec le» Vénitiens, se met en possession du royaume de Naples , après «voir fait prisonnière la reine Jeanne , et se porte pour son héritier après l'avoir fait mourir. Il était prince du sang royal de Naples , étant fils , comme on l'a dit , de Louis de Duras , comte de Gravina, neveu de Charles, duc de Duras, que Louis , roi de Hongrie , fit égorger en 1348 , pour l'assassinat d'André, son frère, et petit-fils de Jean , huitième fils de Charles le Boiteux.
Charles , provoqué jusqu'à dis fois par Louis d'Anjou , son compétiteur, au combat, sans oser, quoique brave, l'accepter, consulte enfin Otton de Brunswick, qu'il retenait toujours
Grisonnier à Molfeta (ei non a linorbin», comme quelques uns le disent), sur le parti qu'il doit prendre. Otlon n'est pas d'avis qu'il commette au d'une bataille une coului est assurée ; il qu'il doit
plutôt continuer de harceler l'ennemi dans sa marche, ne doutant point que par la il ne le réduise à sortir du royaume ou a périr de faim. Charles approuve ce conseil , et renvoie , par reconnaissance, Otton sur sa parole, à condition qu'il ne servira plus contre lui. ( Muratori, Armai., t. VIII , p. 407.) Etant de la retourné 4 Barlette, Charles v apprend la mort de sort rival, arrivée le 10 ou le ti octobre i384- Urbain VI était alors a Nodans le royaume de Naples , où il tranchait du souverain. Charles , d'un caractère allier et impérieux, cherche 4 éloigner de ses états ce pontife orgueilleux et intrigant , dont le dessein était de lui Alex le royaume pour le donner a son neveu Butillo. Une maladie où tomba Charles dans le même teras 4 Barlette, semblait favoriser les vues du pontife. Mais la reine, sa femme, pour contraindre Urbain 4 retourner a Borne , eut la hardiesse ( Muratori dit l'insolence) d empêcher le transport des vivres a Nocera. Charles , relevé de sa maladie , et de retour à Naples le 1 o novembre , invite le pontife et le somme, en quelque
CHRONOLOGIE HISTORIQUE
i38o, par la reine Jeanne, couronné le 3o mai i38a, a Avignon , par Clément Vit , passe en Italie le i3 juin , à la téie d'une florissante année , pour chasser du royaume de Naples Charles de Duras, son compétiteur 1 et délivrer la
reine, sa bienfaitrice, dont la mort ne lui était pas encore connue. Arrivé dans l'Abruzze, il se mit en possession de l'importante ville d'Aquila , qui lui fut livrée par Ramondaccio Caldora. Noie , Maïalone et d'autres villes se donnèrent pareillement à lui. Plusieurs barons, du parti de Jeanne, vinrent se joindre i ce prince , qui, se voyant supérieur en forces à son rival , désirait ardemment , ainsi que toute son armée, d'en venir à une action décisive. Mats, par le conseil d'Otton de Brunswick, et par celui de Jean Aucud, fameux partisan anglais, qui, ayant quitté le service des Florentins, était passé avec sa troupe , le aa octobre , a celui de Charles , ce dernier évita toujours de livrer bataille à son rival , se contentant de l'amuser par des défis qu'il ne remplit jamais, de ruiner le pays où l'ennemi devait passer , et de Laisser l'armée française se détruire peu a peu Louis, désespéré de voir ses troupes dépérir par la disette et les maladies , en tomba malade lui -même , et mourut la nuit du 10 au 11 octobre (et non le ao ou le a 1 septembre ) i384, a Bisélia, près de Bari.
Telle fut la fin de ce prince , qui n'eut que le litre de roi de Naples sans royaume , ruina la Fiance pour ce titre qui fut le germe de presque toutes nos guerres en Italie , et enfin mourut dans les horreurs de la pauvreté, n'ayant jamais cessé d'accumuler des richesses, et ne possédant i sa dernière heure qu'une cotte d'armes de toile peinte pour toute marque de dignité royale , avec un seul gobelet d'argent. On prétend que la principale cause de sa perte fut l'infidélité de Pierre de Craon , son chambellan , qui, chargé par la duchessereine, femme de Louis, de lui
Cortcr des sommes considérâtes, alla, dit-on , les dépenser en débauches a Venise. Mais ce récit est détruit par M. d'Egly, qui prouve que la duchesse-
sorte, de transférer son domicile en cette capitale , afin de l'avoir sous sa main et de veiller de près sur sa conduite. La réponse fut que la coutume était que les rois vinssent aux pieds des papes , mais non pas que ceux-ci allassent trouver les rois. La rupture fut dès lors ouverte entre Urbain et Charles. Les choses en vinrent au point, qu'au commencement de Vannée suivante i385, Urbain fulmina solennellement, a Nocera , une sentence d'excommunication contre Charles et la reine , sa femme , les priva du royaume de Naples, qu'il mit en interdit , et cita Charles a venir lui rendre raison de sa conduite. (Giornale na/w/i't. , tome XX, lier. ilal. ) Charles, pour se venger , étant venu assiéger Urbain dans Nocera, Raymond des Ursins marche au secours du pontife , et , après une bataille, où, malgré une blessure qu'il reçut au.pied, il resta victorieux; il entre, le S juillet, dans Nocera. Urbain, toutefois , ne fut délivré que le 8 août suivant. ( Ibià. ) On rapporte que, pendant ce siège, Charles fit mettre a prix la tête du pape , et en offrit dix mille florins d'or, qu'Urbain, de son côlé, se mettait tous les jours trois ou quatre fois a une fenêtre du château avec un flambeau et une clochette 4 la main, et que chaque fois il excommuniait les assiégeants.
Charles, peu content d'une couronne acquise par le crime , veut en usurper une autre par une voie aussi odieuse. Les seigneurs hongrois, mécontents du gouvernement de Marie, leur reine, et d'Elisabeth, sa mère, l'avant invité 4 venir s'emparer du royaume, il vole en Hongrie, où il se fait couronner roi le 3i décembre i386. Mais le 5 février de l'année suivante, il est assassiné par ordre d'Elisabeth. Il ne mourut pas sur-lechamp , et vécut encore trois jours. Ce prince était âgé de quaranle-dcux ans, et en avait régné quatre 4 Naples. Comme il était mort excommunié, son corps resta sans sépulture jusqu'en 1391. Cette année, lescensures avant été levées par Boniface IX, il fut enterré dans l'église de Saint -André de Vicegrade. De MARGUERITE, fille de Charles I, duc de Duras , sa
reine , loin d'être en étal d'envoyer des fonds 4 son époux , se trouva réduite, peu de teins après son départ , à implorer le secours du roi Charles VI pour subsister ; que Pierre de Craon ayant été fait prisonnier à Raguse, avec d'autres officiers commensaux de Louis , dans le tems qu'on le suppose en France ou 4 Venise, y resta long-texns captif; que la duchesse-reine négocia elle-même sa délivrance ; qu'à son tour elle le reçut au nombre de ses officiers ; et qu'il était si peu reliquataire envers le feu roi Louis , que lui-même sollicita long- tenu le remboursement de sommes considérables qui lui avaient été avancées. ( lit st. des Deux-Si— aies, tom. Il, p. 37t.) Louis d'Anjou ne porta le titre de roi de Naples que treize mois et douze jours , n'ayant commence
é 4 le prendre que i383. Auparavant ,
le 3o
août i383. Auparavant, dans tous les actes qu'il fît depuis son arrivée en Italie, il se qualifiait simplement duc de Cala-
ire. Louis avait épousé , te a juillet i36o, Marie, fille puînée de Charles de Blois, duc de Bretagne (morte le 7 novembre i*>4 ) i dont il eut Louis , qui suit ; Charles , duc de Calabre, etc. , mort sans alliance, le 19 mai i4o4; et Marie d'Anjou.