LOUIS III D'ANJOU
i4>7. Louis III, né le 24 septembre i4o3, succède aux prétentions de Louis 11, son père, sur le royaume de Naples plutôt qu'à sa couronne. Néanmoins, Van i4ao, â l'invitation du pape Martin V, il se détermine a passer en Italie. Le i5 août de cette année , il arrive au port de Naples avec une petite flotte de treize bâtiments, commandée pur I la p liste Krégose, frère du doge de G^nrs.
François Sforce, qui venait de s'emparer d'Averse , s'étant joint à lui avec ses troupes , ils font ensemble le siège de Naples. Ils étaient sur le point de s'en rendre maîtres, lorsqu'on vit paraître, le 6 septembre, quinze bâtiments du roi d'Aragon , qui donnèrent la chasse h la flotte génoise. Louis et Sforce firent leur efforts, mais en vain, pour empêcher le débarquement ; et , après un rude combat , ils furent obligés de se retirer â Averse. La présence de Louis dans le royaume de Naples ne laissa pas de lui faire un grand nombre de partisans. L'an i4ai, le pape Martin lui envois Tartaglia , fameux eouiUutièrt , qui lui amène cinq cents chevaux et quelque infanterie. Peu de tems après, Jeanne, reine de Naples, dégoûtée d'Alfouse,
sa paix avec le pontife , auquel il remet la place assiégée , et dont il reçoit le 9 août , eu récompenie de M soumission , le litre de gonfalonier de l'église.
Cet honneur, loin de le contenter, sert d'amorce au désir 'il avait de se rendre maître e Rome. L'an 1408, ses troupes y sont introduites, le ai avril , par le gouverneur Paul des Ursins, qu'il avait corrompu par argent, te prioce y fait une entrée solennelle le aS , établit de nouveaux conservateurs de la ville, et en part le a3 juin suivant. Son éloignement changea la face de ses affaires dans cette ville. L'an 1409, le 3i décembre, après trois mois d'efforts, les troupes du pape Alexandre V, sous la conduite de Paul des Ursins , trouvent moyen d'entrer dans Rome, et chassent les troupes napolitaines des forteresse» qu'elles occupaient. Le pape, ayant appris cette nouvelle en Toscane, était disposé à se rendre a Rome ; mais le cardinal Balthasar Cossa , qui le gouvernait absolument, lui fait changer d'avis, et l'emmène a Bologne , où il mourut le 3 mai suivant. Le roi lx>uis d'Anjou faisait cependant de nouveaux progrès, et , le jo septembre 1410 , il fil son entrée dans Rome. ( Muratori.) Ralthasar Cossa, qui occupait alors le siège sous le nom de Jean XXIII, ne négligeait rien pour seconder le succès de ses armes. Ce prince, l'an i4>>< avec les secours qu'il reçut du pape , défait entièrement , a Bocc* Secca, le 19 mai , son rival. Mais il ne sut pas tirer de cette journée l'avantage qu'elle devait lui procurer. Ladislas avouait que si les ennemis l'avaient poursuivi le jour du combat , ils lui auraient fait perdre la couronne et la vie; et il ajoutait, qu'en différant trois jours, ils lui avaient conservé la couronne et la vie. A la nouvelle de cette victoire , lr pape Jean XXtll se livre à des transports de joie excessifs, ne prévoyant ni les ressources du vaincu ni les fautes du vainqueur. Bientôt , désabusé par les nouveaux progrès de Ladislas, il le cite, par une bulle du 1 S août, a comparaître personnellement en sa présence , comme hérétique et fauteur de sthisme , et, peu de tenu après,
CHRONOLOGIE HISTORIQUE
entame un traité secret, par le moyen de Bernard d'Arcamon, avec tauis d'Anjou et François Sforce, général de ce prince.
Les affaires de Louis commençaient a cheminer heureusement ; mais une vengeance déplacée les ruina. Louis et Sforce, soupçonnant Tartaglia de trahison, le font arrêter dans Averse , où était leur quartiergénéral, et lui font couper la tête. Les troupes de ce capitaine y irritées de sa mort , pas sent du côté de l'ennemi, et avec elles la fortune abandonne Louis. Ce prince, l'année suivante , au mois de mars, conclut avec Alfonse un traite par lequel il lui remet Averse et Castellamare ; après quoi il se relire a Rome, sans argent, sans crédit , pour y vivre des bienfaits du pape.
L'an i4>3, la reine Jeanne, le si juin, adopte Louis, qui demeurait toujours à Rome et y conservait le titre de roi. Les troupes de la reine avec celles des Génois avant repris Ma pies sur les Aragonais, par la trahison de Jacques ta (dora , le la avril i4»4 » et les châteaux quelques jours après, Louis fait son entrée dans Naples au nom de cette princesse. ( V oyez Alfonse, roi de Sicile.') Jeanne, par le conseil du grand-sénéchal , qui voyait Louis de mau vais util a ta cour, envoie ce prince , l'an 142H, dans la Calabre , qu'il soumet presque toute entière à l'obéissance de la reine.
Jeanne fait, l'an i433, un traité secret avec Alfonse, par lequel elle annuité l'adoption de Louis, et renouvelle celle d'Altonse. C'est ce que prétendent les auteurs espagnols, d'après Zurita. Mais M. Du pu y {Droits du Roi, c. 5, p. 10) a démontré la fausseté de cet acte , qui a été inconnu dans le siècle d* Alfonse. L'an tW, Louis, duc d'Anjou, qui avait <i«e sa résidence en Ca labre , marche avec une armée, par ordre de la reine, contre Jean-Antoine des Ursins, prince de Tarente.
Tandis qu'il l'assiège dans sa capitale , après lui avoir donné
Slusicurs échecs , il est attaque e la fièvre au mois de novembre 1434, et meurt au château de Coaence, en Calabre, le i5 de ce nx de
fille d'Amédée VIII, premier duc de Savoie , qu'il avait épousée le aa juillet t43i>.
Le prince , dit Muratori , lut regrette de tout le monde , a cause de ses belles qualités, et surtout de la reine Jeanne, qui se repentit du mauvais traitement qu'elle lui avait fait en le tenant si long-ierns éloigné d'e'le. (l'oyet Louis 111.
duc d'Anjou.)
il publie une croisade contre lui. Mais, l'an i4' 3 t Ladislas fait sa paix, le iS )uin, avec ce pontife, en lui abandonnant sou compétiteur Grégoire XII , dont il avait jusqu'alors soutenu les intérêts. Cette paix, qu'on prétend avoir été achetée par Jean XXI11 à prix d'argent, lut rendue publique au mois d'octobre suivant ; mais elle fui de courte durée. Ladislas , toujours occupé de ses projets amuitieux, épiait attentivement l'occasion de les exécoter. L'ayant découverte, il la saisit avec empressement. L'an i4«3 , le b* juin, il se rend maître de Rome par surprise et y commet les plus grands desordres. Bientôt la terreur qu'il inspire par ses menaces, lui soumet l'état ecclésiastique. Les républiques voi-
sines en sont elles-mêmes frappées; et Florence , pour ne point l'offenser, refuse de recevoir dans ses murs le pape Jean XXIII, qui était venu y chercher un asile. De retour a Naples, ce prince amasse , par les voies les plus injustes et les plus criantes , de nouveaux fonds , avec lesquels il se remet en campagne, l'année suivante. Son dessein était de subjuguer toute l'Italie. Bologne , où le pape s'était retiré avec sa cour, était une des premières places sur lesquelles il devait fondre. Mais il tombe malade à Pérause d'une suite de débauche , et , s étant fait ramener a Naples, il y meurt le G août i4'4» dans sa trente-neuvième année, après un règne de vingt-huit ans, sans laisser d'enfants légitimes , quoiqu'il eût épousé trois
A«CB, fille de Main-
femmes ; 1*. le 5 septembre i38g, C0N8TA froi de Germon t, seigneur très- puissant en Sicile, qu'il répudia au mois de mai 139a; a°. Van i4o3, Majiib, ou Mahibtb , dite aussi Marguerite, fille de Jacques I , roi de Chypre, morte le 4 septembre i/|o4; 3*. Marie d'Ehghieit, princesse de Tarente. L'ambition de Ladislas ne connut point de bornes et ne fut arrêtée par aucune considération; il lui sacrifia tout , la bonne foi , la probité , l'honneur , la religion, les biens de ses sujets , leur repos et le sien propre. La reine Jeanne, sa saur, fil ériger a Maples un superbe mausolée, p elle et pour lui , dans IVglise de Saint-Jean de Carbooara , il se voit encore avec les épitaphes de l'un et de l'autre.
JEANNE II , dite JEANNELLE, et JACQUES DE BOURBON.
L'an 1 4i 4. Jeaitoe H , fille de Charles 1 II , né* Tan i3?i t veuve, depuis le iS juillet 1406, de Guillaume, surnommé, par quelques-uns, l Ambitieux, duc d'Autriche, qu'elle avait épousé en 1389, succède au roi Ladislas, son frère. Celte princesse était fort décriée pour sa conduite. A peine fût - elle montée sur le trône qu'elle éleva a la dignité de comte-camerlingue, un jeune homme de basse naissance, nommé Pandolé Alope , avec lequel elle avait des liaisons de ccaur plus q* suspectes. L'insolence de ce favori détermina les barons a presrr la reine de prendre un époux. Jeanne choisit Jacques* BouBBOie, comte de la Marche, doot 00 vantait la I et la magnificence , et qui, surtout, passait pour être 1 hommes les mieux faits de son tenu. Ces qualités lui 1 rent la préférence dans l'esprit de la reine sur plusieurs procès qui s'étaient présentés pour obtenir sa main, t-e fut un maheur pour lui, comme l'événement le prouva, de l'avoir envorté sur ses rivaux. Jeanne, Agée pour lors de quaraote-quatnans, était également dépourvue des grâces de la figure et désagréments de l'esprit. Le comte de b Marche, Dallé de Irspoir d'une couronne, se met aussitôt en route pour se rend* aux vreux de la reine; mais il arrive jusqu'aux frontières du nyauroe
un seul seianeur député de la cm».
de Naples , sans
seigneur député de l