‹ L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques, et autres anciens monumens depuis la naissance de NotreSeigneur, par le moyen d'une table chronologiqueChapitre 546 sur 582 · DES ROIS DE NAPL.ES · texte numérisé non relu

DES ROIS DE NAPL.ES

barons et gentilshommes étaient

pour te recevoir. D'autres

venus secrètement au-devant de lui , avant le comte de Haute ville à leur tête, pour l'informer de la vie scandaleuse de la reine. Surpris , mais nullement déconcerté par leur ree.it , il s'avance, et se voit bientôt entouré par tous les ordres du royaume , qui s'empressent à le reconnaître solennellement pour souverain. La reine, elle-même, qui ne s'attendait pas à cet empressement, change de dispositions a son égard et le reçoit avec les plus grandes démonstrations de joie et de tendresse, m La cérémonie du mariage se fit sur-lc champ. Tout » de suite après , les deux époux , s'étant placés sur deux trônes » préparés dans La salle d'audience, la reine prit Jacques par » la main, et adressant La parole aus grands et aux dames de « la cour : f r oici, leur dit- elle, l'époux à oui je viens de » donner l'empire sur ma personne. ; je lui donne maintenant tout

• droit sur mon royaume ; que tous mes sujets reconnaissent en ■ lui leur souverain et lui obéissent. Ce moment d'enthousiasme

• de la part de l'inconstante Jeanne, favorisait trop les désirs » de Jacques pour qu'il le laissât échapper. Il demanda et ob- » tint , par an acte authentique , que non - seulement son

• épouse l'associât a la couronne , mais qu'elle lui fît don » entre- vifs du royaume de Naples et du comté de Provence, » pour en jouir lui et ses héritiers, en cas qu'elle mourût sans

• enfants ». {L'âme des Bourbons, tom. 1, p. 77. ) Mais la bonne intelligence ne régna, pour ainsi dire, qu'un instant entre les deux époux. Jacques, oubliant les obligations qu'il avait la reine, dès qu'elle l'eût revêtu du pouvoir suprême, ut témoigna que du mépris pour sa personne et de la haine pour ses favoris. L'un des premiers actes d'autorité qu'il exerça, lut de faire arrêter, le 8 septembre, le camerlingue Pandolphe Alope, comme coupable de plusieurs malversations. On lui fit son procès sur-le-champ, et, le to octobre suivant , il eut la téte tranchée. Jacques , craignant que ce favori ne fût remplacé par un autre dans l'esprit de la reine , la retient comme prisonnière dans le palais , et lui donne un surveillant qui ne U perd de vue ni jour ni nuit. La dureté de ce prince envers sa bienfaitrice , et la préférence qu'il donnait , en toute occasion aux Français sur les Napolitains , ne tardèrent pas d'exciter des murmures à la cour et a la ville. On fit sourdement une cabale, pour lui apprendre, disait-on , les lois de l'honneur et de La reconnaissance. Elle éclata , celte cabale , de la manière suivante. Le t3 septembre i4«6» 1* reine avait obtenu permission d'aller dîner a une maison de campagne voisine de Naples. Lorsqu'elle fut partie , le peuple , ému par les conjurés , prit les armes , et se mit a crier : Vive la reine Jeanne. La princesse, ramenée aussitôt a Naples par les barons qui l'accompagnaient , alla droit , a la tête du peuple, au château de i Œuf, où le roi s'était retranché. On commença le siège ; mats, par La médiation de quelques personnes de poids, il se fil un accommodement , au moyen duquel Jacques quitta le titre de roi , se réduisit a ceux de prince de Tarente et de vicaire du royaume, et s'obligea de faire sortir du royaume tow les Français , à la réserve de quarante. La reine avait fort a cceur ce dernier article. Son époux ne se pressant pas de l'esécuter , elle s'en chargea elle-même. Mais , prenant prétexte de ses délais pour se venger de la captivité qu'il lui avait fait souffrir, elle le fit enfermer dans son appartement, d'où il <* sortit que le i5 février 1419; encore fallut-il l'autorité du pape Martin V pour l'en tirer. La bonne intelligence parut , •près cela , rétablie entre lui et sa femme : mais de nou- "w« dégoûts qu'elle lui fit bientôt essuyer, l'engagèreut a

• retirer secrètement a Tarente. 11 n'y trouva pas le repos qy'A cherchait. Marie d'Enghien , veuve du roi Ladislas, qui "ait des droits sur cette principauté, apprenant qu'il s'était établi a Tarente, vint , sur la fin de mai , l'y assiéger. Jacques « Bourbon prit alors le parti de retourner en France, U 'arrêta a Besançon , où il entra dans l'ordre de Saint-François,

L'an i4so, la reine Jeanne se voyant attaquée jpar Louis III , duc d'Anjou, son compétiteur, adopte Alfonse V, roi d'Aragon, pour l'opposer a ce prince , et lui donne le duché de Calabre. Alfonse passe a Naples, l'an i4ai , pour secourir la reine; mais cette princesse inconstante pensait déjà i s'accommoder avec le duc d'Anjou. La mésintelligence éclate entre elle et le rot d'Aragon. Jeanne , se persuadant qu' Alfonse veut la transporter en Espagne, s'enferme dans le château Capouan. Alfonse, craignant de son côté que Jeanne ne veuille attenter a sa vie, fait arrêter, le as mai , le sénéchal de Naples , qui était venu le trouver sous la foi d'un saufeonduit. Voulant ensuite faire le même traitement à la reine , il va l'assiéger dans le château Capouan où elle s'était retirée. François Sforce, depuis duc de Milan , qui commandait alors les troupes de la reine , vient à son secours, bat, le 3o mai, sur sa route, un corps de troupes ar.igonaises, et entre victorieux dans le ch;1t?au Opouan, où il est reçu comme un ange lutélaire. Ce fut alors que Jeanne, par un acte du 3 juin, révoqua l'adoption d' Alfonse, et lui substitua Louis III, duc d'Anjou. Sforce quitte la reine pour aller se rendre maître d'Averse. Pendant son absence , une floue catalane ayant débarqué des troupes, le 11 juin, au port de Naples , Alfonse , avec ce renfort , entre dans la ville , dont il fait brûler la partie qui avoisinait le Château-Neuf, pour intimider ou pour occuper les Napolitains. Sforce, de retour le lendemain, tire la reine du château Capouan, et l'emmène i Averse. La reine , avec le secours des Génois , recouvre Naples, le ta avril 1 424 , et les châteaux les jours suivants. Alfonse, l'an t433, se reconcilie avec la reine Jeanne , qui, par ses lettres , données en secret, le 4 avril, annulle l'adoption du duc d'Anjou et renouvelle celle du roi d'Aragon. Mais bientôt , se repentant de l'injustice qu'elle a faite au premier, elle veut le rappeler auprès d'elle. L'an 1 435 , Jeanne meurt le a février (Muratori), âgée de soixante-quatre ans, avoir institué , par son testament , Réné d'Anjou pour ' héritier. On voit encore aujourd'hui ( 1787 ) , son tombeau c l'église de l'hôpital de Naples, nommé V Anmmciata. Il est a plate terre, sans autre décoration qu'une épitaphe faite longtenu après sa mort , et où tous ses titres sont rapportés. Elle avait elle méme-défendu qu'on fît aucune dépense pour ses obsèques et son tombeau.

ALFONSE I, dit LE .SAGE.

i435. Alfonse I , dit le Sage et lb Magnanime, roi d'Aragon , cinquième du nom , et de Sicile, avait été adopté, comme on l'a dit, en 1420, par la reine Jeanne , qui , piquée de son ingratitude , cassa le testament qu'elle avait fait en sa faveur. S'étant introduit avec ses troupes dans Naples , la nuit du 1 au 3 juin , l'an i44> j par un vieil égoût qu'un maçon lui montra , il s'empara de cette ville, et ensuite de tout le royaume, qu'il posséda jusqu'à sa mort , arrivée le 37 juin i458. Par son testament , il le transmit à Ferdinand , qui suit , laissant l'Aragon et la Sicile a don Juan , son frère. Ce prince aimait son peuple et en était aimé. Sa devise était : Pro lege et grege. On raconte que , faisant le siège de Gaëtc , loin

RENÉ D'ANJOU , dit LE BON.

i435. Rbnb d'Anjou, fils de Louis II et d'Yolande, surnommé lb Bon, né le i3 jan.

vier 1409 (n. st.), adopté par Jeanne II, reine de Naples, et déclaré son héritier , était prisonnier du duc de Bourgogne , lorsque cette princesse mourut.

Ne pouvant se rendre aux invi • talions des Napolitains, qui lui avaient envoyé une ambassade pour le presser de venir prendre possession de son royaume , il leur envoya sa femme Isabelle , avec Louis, son second fils, appelé le prince de Piémont.

Isabelle , princesse d'une rare prudence , fut accueillie, avec de grands honneurs , a Naples , et y reçut les hommages de plusieurs autres villes. De là elle fit partir Louis, son fils, avec le général Michel Attcndolo, pour la Calabre, qu'ils

de repousser les bouches inutiles qu'on avait mises hors de la

Elace et de les laisser mourir de lim . il ordonna qu'on les reçût dans son camp : Je ne suis point tenu , dit-il a cette occasion , faire la guerre à des femmes et à des enfants , mou à des gens capables de se défendre. Les muses, bannies de Constantinople par les Musulmans, trouvèrent un «ile dans ses états; il les cultivait lui-même; mais il lisait

Eir préférence Vit rave etlïteive ; le premier , parce qu'il entre dans un grand détail sur la manière de bâtir; le second, parce qu'il parle, arec autant d'éloquence et de netteté nue d'étendue , des guerres des Romains. (Voy. Alfonse V, roi d'Aragon. )

CHONOLOGIE en peu de teins. L'an

i438, René, qui , deux ans auparavant, avait obtenu sa délivrance, passe en Italie avec une petite flotte, et arrive, le 19 mai , a Naples. 11 y fait son entrée au milieu des acclamations du peuple. Mais quand on vil, dit Murs ton , qu'il était pauvre et que sa bourse ne distillait point cette rosée d'or à laquelle on s'attendait , le silo des Napolitains commença a se refroidir à son égard. Jacques Caldora, fameux capitaine, vint néanmoins lui offrir ses services avec sa troupe ; et Michel Altendolo, son général! se mit en devoir de le défendre avec vi-

?;ueur. L'année suivante, il eut e malheur de perdre, par mort, le 18 novembre , Jacques (aldora, l'un des hommei: les plus

de son tems pour la science militaire , mais des plus mal famés pour U probité. Malgré cette perte, René continua la guerre pendant trois ans avec quelque succès., Mais, l'an 1443, Alfonse s'élant rendu maître de Naples par surprise, René s'embarqua sur deux galères génoises avec sa suite , et se rendit a Florence auprès d'Eugène IV. Le bon pape , pour le consoler, lui donna une belle investiture du royaume de Naples , avec laquelle il retourna dans son comté de l'rovence. L'an i453, il rentre en Italie avec des troupes , pour secourir François Sforce, duc de Milan, dans la guerre qu'il avait avec les Vénitiens. Une nouvelle couronne lui est offerte en i465. Les Catalans, après la mort de don Pèdre de Portugal, le choisissent pour leur souverain, et ce n'était pas sans fondement ; René , par sa mère , avait des droits incontestables aur la couronne d'Aragon. (Vuy. Jean 11, roi d'Aragon et de Naearrt. ) Mais l'une et l'autre lui échappèrent également. René meurt, le 10 juillet 1480, a Aix en Provence, âgé de

soixante et onze ans cinq mois et vingt-sept le a4 octobre i4ao, IsauiXB, fil!

11 avait

épousé, 1*. le a4 octobre i4ao, IsauiXB, fille aînée et héritière de Charles I, duc de Lorraine, morte le a8 février i45a; 2°. le 10 septembre 1454, Juan me os Laval, fille de Gui XIII, comte de Laval, morte sans enfants, l'an i4o/8. Du premier lit, il eut Jean , qui suit ; Louis et trois autres lus, morts jeunes; Yolande, mariée, en i44< » a Ferri II de Lorraine, comte de Vauderoont, â qui elle porta les droits de sa maison sur la couronne de Naples (de là les prétentions de la maison de Lorraine â ce royaume); Marguerite, femme de Henri VI , roi d'Angleterre , et deux autres filles. René eut les vertus et les qualités d'un grand roi , et il ne lui manqua que du bonheur , pour être mis au nombre des héros. A la valeur il joignait l'amour des sciences et des arts ; il était profond dans \*% mathématiques, savant théologien et fort versé dans l'écriture sainte. Il faisait ses délices de 1a poésie provençale, et ramassa dans sa l>il>liothèque tous les ouvrages des anciens troubadours. Il passait une partie de son tems à peindre eu miniature et sur le verre , et l'on voit encore a Dijon , à Aix , k Avignon , des peintures de sa façon. Les curieux conservent des heures, qu'il orna de très-belles miniatures. Le jardin.ig>> fit aussi partie de ses amusements. C'est lui, dit-on, qui fit apporter en France les ceillets de Provence , les roses de Provins et les raisins muscats. ( Voj. René I , due de Lorraine ; René , duc d 'Anjou ; et René , comte de Provence. )

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