DES DUCS DE MECKLENBOURG
Le duché de Mecklenbourg, on Meckelbonrg , situé entre la mer Baltique , la Poméranic , la Marche de Brandebourg , le pays de Saxe-Lawenbourg et le Holstein, tire son nom de son ancienne capitale nommée en latin Mtgatopolis , laquelle, ayanl été détruite au douzième siècle, n'est plus aujourd'hui qu'un village a deux lieues de Wismar. Ce duché, suivant Buchholz, dans la description qu'il en a publiée, en 17S1 , a Rostock , a de longueur trente milles d Allemagne sur environ vingt milles de largeur. Il se divise en sept provinces. On le nommait anciennement Vandalie , parce qu'il fut la patrie des Vandales, ou Sclaves orientaux, ces fameux pirates qui désolèrent si long-tems les cotes de la mer du Nord. Le souverain qui les commandait ne portait point le titre de roi , quoiqu'il en eût l'autorité; mais se nommait Kisal , ou Korol, c'est-à-dire seigneur , ou knées atliki, grand prince. Henri le Lion, duc de Saxe , voulant réprimer les excursions qu'ils faisaient sur ses terres, livra bataille, vers l'an u5g, a Niclot, leur chef, qui péril dans l'action. Le nom de ce barbare , le même que celui de Nicolas , donne lieu de penser qu'il était chrétien. Mais il laissait un fils , nommé PribisW , qui persista dans le Paganisme. Obligé de prendre la fuite après la mort de son
Saxe vint la lui offrir. Ce prince ayant accompagné, l'an 1 164 , l'empereur Frédéric I , dans son expédition d'Italie , Pribislas profita de son absence pour faire irruption dans le Meckenbourg, et réussit à s'y établir. Mais Henri , de retour, ne tarda pas à le chasser après l'avoir mis en déroute dans une bataille donnée près de Denunin , I an 1164, suivant l'opinion commune mais plus vraisemblablement, selon M. Buchholz, l'an 1167 Ce revers lui fut salutaire en lui inspirant la pensée d'embrasser le Clirislianisme. Instruit de ses dispositions, le duc Henri lui rendit ses états, après qu'il eut reçu le baptfrne des mains de Berthold , abbé de Saint-Mirhel-sur-le-Mont , près de Lunebourg. La générosité , toutefois , paraît avoir eu moins de part a ce bienfait que la crainte, menace, comme Henri se voyait , pr plusieurs princes voisins qui s'étaient confédérés pour mettre des bornes à sa puissance. Quoi qu'il en soit , Henri excepta du don qu'il faisait a Pribislas, Schwerin et Ratzrbourg, qui furent donnés a des comtes particuliers , Siargard , nui fut remis au margrave de Brandebourg , et la Wagrie , qui lut réunie au Hobtein.
Pribislas , après sa conversion , pour en prouver la sincérité,
(•) Article revu et amplement corrigé par M. Enut.
fil construire l'abbaye cistercienne de Dobbran, l'an 1171,' époque attestée par ces i"
An
(Beehr , Rer. MeckUnt., pag. 1S8.)
On lui fait honneur aussi de la fondation de la ville de Rastocs. , sur la rivière de Varne , k une lieue de la mer Baltique. Mais il ne fit, selon M. Buccholz , qu'agrandir cet Ouvrage, commencé par Godcscalc , l'un de ses prédécesseurs , qui fut
son suzerain , ayant entrepris,
tué l'an 1066. Le duc Henri.
l'an 1173 , le voyage de la Terre-Sainte, il l'accompagna dam celte expédition. (I mourut Pan 1178, suivant les généalogistes. Ce prince fut marié trois fois : i».avec Petrotulle, fille de Knut , duc de Slcswick , dont il avait eu , selon M. Buchholz, un fils nommé aussi Knut, mort, l'an n83, sans lignée; a*, avec Prjslavk , princesse de Nonvège , mère de Henri Burwin , qui suit ; S: avec Mathilde , bile de Boleslas IV, dit le trial, duc de Pologne, dont il n'eut point d'enfants.
La maison de Mecklenbourg s'est perpétuée en deux lignes, savoir : les ducs de Merkjenbourg-Schwerin et les ducs de Meckli-nbourg-Strélitz. Ces ducs avaient cinq voix au collège des princes ala diète. Ils furent , après le duc de Holstein-OUenbourg , les derniers princes d'Allemagne qui entrèrent dans 11 confedératiou rhénane : leur accession est du 18 février 1R18. Ils furent aussi les premiers a s'en détacher. En 181 5 , les ducs de Mecklenbourg prirent le litre de grands - duc*. Ils sont membres de la confédération germanique , et ont a la diète ua suffrage curial et la quatorzième place : a l'assemblée générale, le duc de Schwerin occupe la dix-neuvième place , avec detti voix, et le duc de Slrelitz, la vingtième, avec une seule voit.
HLNR1-BURWIN I , dit L'ANCIEN , BT NICLOT.
1178. Henri- Rrawin , fils de Pribislas, et Niclot, se» cousin, fils de Wartislas, frère de Pribislas, se disputèrent, les armes a la main, le Mecklenbourg, après la mort de « dernier. Dans le feu de leurs dissensions, tous deux furent faits
Îtrisonniers , l'an 118a, le premier par le prince de Hugen, e second par le duc de Pomeranie. Remis en liberté l'an n83, ils s'en rapportèrent , pour leur partage, au roi de Danemark . Canut VI, qui les avait délivrés, en exigeant d'eux qu'ils secouassent la mouvance de la Saxe pour se mettre dans la sienne, et donnassent les otages qu'il leur avait demandés. Ce pnner, après cela, fit, de rhéritage contesté, deux lots qui furent tirés au sort. Ilow avec Mecklenbourg échut à Henri -Burwin. et Rostock a Niclot , qui en avait déjà joui du tenu de Pribislas, suivant M. Buchholz, mais i titre d'usufruitier. Lia
lyiu^eu uy
CHRONOLOGIE HISTORIQUE DtS DUCS DE MECKLENBOURG.
iaoi , les Jeux cousins , s'étanl ligués avec le roi «le contre Adolphe 111 , comte de Uolstein, entrèrent à main armée dans son pays , où ils répandirent la désolation. Mais
eux, leur livra une bataille dans
armée dans son pays , où il Adolphe , étant tombé sur
laquelle périt Ni
Arme , fille d'Albert ruurs , margrav< win, ayant recueilli sa surcession, fil
pour rétablir ses étals délabres , les poncer et en extirper les restes du Paganisme. Il fonda l'abbaye de Sonnencamp cl la transporta co;«ite dans le lieu nommé depuis Nieucloster. Ce
Rrince mourut , suivant Ludewig , l'an 1328, laissant, selon uchholz , de M Al ai LUE , (ille de Henri de Saxe , sa première femme , deux fils, qui suivent , avec une fille nommée Catherine. Adélaïde, fille de Leslo le Blanc, roi de Pologne , sa se-conde femme, ne lui donna point d'enfants. Il avait fondé, l'an i»io, ta ville de Gustrow, sur la rivière de Nebel , et, l'an iaa8, il avait posé la première pierre de la cathédrale. CBeehr. JUr. Meeklenb., pag 7 5 9 .)
HENRI-BURWIN II, dit LE JEUNE.
iaa8. HENRi-Bmwitt II, et Nieuyr, son frère, associés par Henri , leur père , au gouvernement du Mecklenbourg , des l'an 1219, au plus tard, comme il parait par une de leurs chartes , partagèrent ses états a|.rès sa mort, de manière que l'aîné eut Rosiock , cl l'autre Mecklenbourg. Mais celui ci ayant été tué, la même année, à Gadebusch , par la chute d une maison, Henri-Burwin recueillit toute la succession. (Beehr.) M. Burhholz met en ia36 la mort «le ce dernier , dont la postérité fut nombreuse et florissante. Des quatre Gis que lui donna sa femme Sophie, fille de Charles VII , roi de Suède (morte en taSa) , l'aîné , qui suit, fut son successeur ; Niclot , le second, fut le chef de la ligne de Werle, qui s'éteignit en i430. (Celui-ci fut un prince zélé pour la religion dont il remplit exactement les devoirs, et favorisa les ministres par ses libéralités. Il eut, avec le margrave de Brandebourg, une guerre dont il sortit avec avantage, cl mourut, l'an 1:177, après avoir gouverné quarante- neuf ans la portion de l'héritage paternel qui lui était échue ) Hcnri-Bunvin , troisième iils de Henri- Burwin II, donna naissance à la ligne de Rosiock dont il était seigneur. (Il fonda, l'an ia44, la ville de Calau , et rétablit, en 1252, celle de Rosiock, que le feu avait réduite en cendres. On prétend qu'il fut aveuglé, l'an 1266 , par deux de ses fils. Il mourut l'an 1377, et sa branche finit en i3i4-) Pribislas, le quatrième fils de Henri Burwin H , obtint, par un premier partage qu'il fit avec Jean , son frère, le territoire de Mecklenbourg , qu'il échangea ensuile contre le canton de Ricthenberg. Il mourut en istia, laissant une lignée qui cessa d'exister en i3i5. Sophie, l'aînée des trois filles du duc Henri-Burwin II, épousa , suivant I.udewig, Hugues de I>usignan I , roi de Chypre; c , e TV' e, '. Iaujt («>y« les rois de Chypre); Madeleine, la seconde, s'allia, dit le même auteur avec aussi peu de fondement , à un prince de Marseille; et Marguerite, la troisième, fut mariée à Guuzclin , comte de Scliwerin.
JEAN , nt LE THEOLOGIEN.
ia36. Jean . fils aîné de Henri-Burwin ]| , et son successeur au duché de Meckcnbourg, avait étudié dix (et non vingt) ans dans l'université de Paris , d'où il revint , après la mort de son père, avec le bonnet de docteur; ce qui lui attira les railleries de ses frères, qui l'appelèrent, par dérision, le Théologien. Pour être habile dans les lettres , il n'en fut pas moins s au métier des armes. Au commencement de sa régence,
ot , sans rt l'Ours,
oslérilé de sa femme le Brandebourg. Bur- 1 paix et donna ses soins
opre
partit avec la
Lditcarde, fille de Poppon , comte
et sur mer. Ludolphe I, éveque de Ratzrlourg, ayant été chassé par Albert I, duc de Saxe, pour le refus qu'il lui faisait, ainsi que d'autres prélats, de reconnaître sa juridiction, trouva un asile a la cour du dur Jean. Ce fut par son conseil que ce prince fonda l'abbaye de Rliène, pour élever de jeunes demoiselles dans les sciences et les bonnes mœurs. (Beehr. Rer Mtck- , nag. 1H8.) Zélé pour le bon ordre, il extermina de ses états les brigands, et pourvut à la sûreté des chemins. L'an ia38, voyant que de jour eu jour la ville de Mecklenbourg se dégarnissait d'habitants, il fonda dans son voisinage, sur un golfe de la mer Baltique, la ville de Wismar, dont la population répondit promplcmenl a ses vœux. (Beehr. ihid. , p. 188.) D'autres prétendent néanmoins qu'il ne fit que l'agrandir et lui accorder de nouveaux privilèges. (Elle obtint, l'an 126G . le mêmes statuts que la ville deLubeck, et entra bientôt après dans la confédération des villes anséatiques.) L'attachement du duc Jean pour l'ordre Teutonique lui fit prendre part à la guerre qu'il eut avec Svantopelk III , duc de Poméranie. Apprenant que les chevaliers étaient inférieurs en forces a l'ennemi , il contraignit Poppon , sou troisième fils, d'entrer dans l'ordre et de marcher contre le duc sous les enseignes du grand-maître Henri de Hohenlulie (et non pas Henri de Weida , comme le marque Beehr.) Poppon perdit la vie dans cette expédition. Le duc Jean marcha lui-même en personne , l'an 12S8 , au secours des chevaliers occupés en Livonie contre les Idolâtres du pavs, pour les contraindre a renoncer à leurs superstitions. (Beehr, pag. 196.) Sa mort est rapportée a l'an 12^4 par Buchholz, dont nous préférons l'autorité a celle de Beehr, qui place cet événement en l'année suivante. En mourant , il laissa cinq fils : Henri , qui suit ; Jean ; Niclot et Herman , qui embrassèrent l'état ecclésiastique, mais que Jran quitta ensuite pour épouser une comtesse de Ravcushere: Albert, mari de Judith, princesse de Werle, mort sans lignée le 18 mai 126S ; et une bile, nommée Luitgarde, femme de Gérard; comte de Schauenbourg , decédée en ia85.
HENRI III , dit LE JÉROSOLYMITAIN.
iaG4- HnXRI, fils aîné de Jean le Théologien, nommé prince des Obodritcs du vivant de son père , était occupé a la guerre de Livonie, lorsqu'il apprit sa mort. A celte nouvelle, étant revenu promptement dans le Mecklenbourg, il s'empara de toute la succession paternelle; ce qui lui attira une guerre sanglante avec Jean, son frère, qui avait déjà quitté l'état ecclésiastique. Uenri s'accommoda enfin avec lui, par la cession qu'il lui fit de la ville de Gadebusch. L'an 1272 (et non 127^), il se mit en route ponr la Terre- Sainte avec une nombreuse noblesse, après avoir nommé Thicrri d'Ocrtz et Henri de Strahlendorf , pour aider son épouse dans le gouvernement de son duché. Jean, son frère, piqué de n'éire point à la tète de ces coopéraleurs , excita des troubl de l'associer à la régence.
L'expédition du duc Henri fut des plus malheureuses. Arrivé en Palestine, il tomba entre les mains des Musulmans, qui le conduisirent a Damas, d'où il fut ensuite transporté au Caire. Il y resta l'espace de vingt-six ans, pendant lesquels il ne subsista que par le secours qu'il tirait du travail d'un de ses domestiques, nommé Martin Blcycr, tisserand de son métier. L'an iaq6, Ladgin, chrétien renégat , étant monté sur le trône d'Egypte , se ressouvint d'avoir servi sous les chevaliers teutoniques en Livonie , dans le tenu que le duc Henri faisait la guerre aux Infidèles du pays. En considération de cette connaissance, il rendit à ce prince la liberté sans rançon. Mais a peine Henri avait-il fait quelques lieues pour s'en retourner, qu'il fut pris par un parti de musulmans et ramené au Caire. Le Soudan le délivra une seconde fois, et, lui ayant fait quelques présents, il lui douoa une escorte pour le recou-
res qui obligèrent la princesse
a6 CHRONOLOGIE duire avec plus Je sûreté. Henri , par ce moyen , arriva enfin dans ses états , où il fui reçu avec de grandes démonstrations de joie. Voila ce que nous avons extrait de plus vraisemblable du récit que (ont divers historiens de la captivité du duc Henri et de sa délivrance. Il vécut encore quatre ans après son retour, et mourut au mois de janvier i.ioa. Il avait épousé, l'an 1260, Anastasik, fille deBarnime I , duc de Poméranie, morte en i3i5. Celte princesse, durant l'absence de son époux, fut successivement la dupe de deux faux Henri , qui , sur quelques Iraits de ressemblance, se donnèrent, l'un après l'autre, pour le duc de Mecklenbourg. Mais leur imposture ayant été découverte, ils subirent le supplice qu'ils méritaient. Anastasie eut de son mariage Henri , qui suit, et Jean, mort l'an 1389, avec une fille nommée Luccartis, ou Luitgarde, mariée a rrrémislas 11, roi de Pologne. (Beehr, p. ai 4.)
IIENIU IV, dit LE LION CHAUVE.
i3oa. Henm, né a Riga, l'an laGa, mérita nar son grand Courage le surnom de Lto» , et par sa chevelure celui de Chauve. L'an ia83, désespérant de revoir Henri III, son père, îl prit en main les rênes du gouvernement, qu'il lui remit a son tour. Ayant épousé, l'an laga, BÉATBIX, qu'on dit fille d'Albert de Brandebourg , il eut , par 1 e mariage , la seigneurie de Stargjrd, qu'elle lui apporta en dot. Mais, l'an t3n3, le margrave W'dJcmar lui disputa ce domaine. Henri prit les armes pour sa défense , et força Woldemar à se désister de ses prétentions. Il eut une autre guerre, dont nous ignorons le sujet , avec l'empereur Albert d'Autriche, dans laquelle il fit , dit-on, des prodiges de valeur, jusques-là que, dans une bataille donnée en Bohême , se vovant abandonné des siens , il Soutint lui seul , dans un bois, tous les efforts de l'armée ennemie. Il acquit a perpétuité , l'an i3a3, de Christophe II , roi de Danemarck, la ville de Rostock, qu'Eric, prédécesseur de Christophe , après s'en être emparé, lui avait engagée pour six ans. Les habitants de cette ville s'élant révoltés peu de tems après , il tes soumit et les punit par une forte amende. L'an i3aG, il donna Rostock pour asile a ce même Christophe déposé par ses sujets. Il Gt plus, il entreprit de rétablir ce prince, et fit avec lui une descente en Danemarck, Mais enfermés l'un et l'autre par Gerhard II , comte de Holslein , ils furent obligés de romposeravec lui et de s'en retourner. Christophe, peu de tems après, accorda , comme suzerain , au duc Henri, l'investiture de la principauté de Rugen, vacante parla mort de Witislas, décédé sans enfants miles, quoiqu'il eût fait le même don à W ratifias, duc de Wolgast. Ce dernier étant mort la même année, Henri voulut se mettre en possession de l'Ile de Rugen , et même de la Poméranie Wolgast ; mais il en fut empêché par Barnime III , duc de Slettin et tuteur des enfants de W rat nias (.es Poméraniens , fidèles a leurs princes légitimes, connaissant la valeur de Henri, députèrent a Waldemar, qui se donnait alors pour roi de Danemarck, pour implorer son secours. Waldemar chargea Gerhard 111 , comte de Holstein , de les secourir. Henri faisait alors le siège du château de Loitx. Gerhard l'ayant obligé de le lever , fit une 1rèye d'un an avec lui , après quoi il retourna en Danemarck. Mais la garnison de la place , loin d'observer la trêve , ne ces sait de (aire des courses dans le Mecklcnbourg. Henri se vengea par un stratagème qui le rendit maître du château. Les Poméattniens , n 'espérant plus de secours du Danemarck ni des autres princes voisins, mirent a leur tête un brave chevalier, nommé Henri de Moltzahn , qui les conduisit à la place qu'ils venaient de perdre. Les Meckl enbourgeois refusant de les recevoir, ilsl leur livrèrent un grand combat, dont l'issue fut le recouvrement de la ville de Loilz, mais non pas du château. Tout ce uuc put faire Henri de Moltzahn , fut d'empêcher les sorties de la garnison. Le duc Henri fit ensuite, mais sans succès, le «:cge de Demaûn , avec le secours des princes Ucrules , ses pa-
HISTORIQTJE
rents. Mais il fit de là des excursions jusqu'à Griptwald, semant la désolation dans le pays qu'il parcourait. Les Poméraniens, cependant , étant venus a bout de lui débaucher Jean , comte de Gutzkow, l'un de ses partisans les plus redoutables, l'obligèrent par-là d'entendre à une nouvelle trêve qui lui fut proposée, fclle n'était pas encore expirée, lorsqu'une fièvre quarte le conduisit au tombeau le 21 janvier i3iq. Il eut sa sépulture au monastère de Dobbran. Après le décès de sa première femme, arrivé l'an i3io, selon M. Buchholz, il épousa, l'an i3i7, Anne de Saxe, morte l'an i3»5 au plus tard; car, celle même année, il était remarié avec Agnes, comtesse de Lindau et de Ruppin , veuve de Witislas, dernier prince de Rugen. On voilencflet dans leDiplômataire delà vieille Marche de M. Gerken , tom. I, pag. 60a, une convention entre Loois, margrave de Brandebourg, et Henri , prince de Mecklenbourg , de Stargard et de Rostock, datée du vendredi avant le Pentecôte 1 3*5, dans laquelle il nomme Gunlher aussi comte de Lindau , son beau-frère. Du premier lit, Henri laissa Math ilde, qu'on dit avoir été mariée dans la maison de Brunswick. Du second vinrent Albert, qui suit ; Jean , duc de Slargard ; Béalrix, abbesse de Ribnitz ; et d'autres enfant* morts en bas âge. Le troisième lit fut stérile.
ALBERT I et JEAN II.
j3ao. Albert et Jeas, son frère, succédèrent en bas âge ao duc Henri, leur père, sous la tutelle dedeux chevaliers qu'il avait désignés avec les magistrats de Wismaret de Rostock. Jean U i Veux , prince de Werlc , jaloux de n'être pas du nombre de ces tuteurs, leur suscila une querelle qui finit bientôt . l'atné des deux princes étant parvenu à l'âge de majorité. Albert et Jean possédèrent en commun l'héritage nui leur était échu , l'espace d'environ vingt-cinq ans. Pendant la minorité de Jean, qui fut longue , Albert exerça toute l'autorité dans le duché. Son principal soin fut de purger le pays de brigands, et il y réussit. Ayant été député, l'an i3$i , par Maguus , roi de Suède, à I empereur Louis de Bavière, pour conclure avec lui un traité d alliance , il fut arrêté sur la route avec toute sa suite par Gonthier, comte de Srhanenbourg , son ennemi, qui le mit en prison ; mais bientôt après , il Tut délivré sur les menaces que fit l'empereur de venger cet outrage fait à sa dignité. ( Beehr, pag. aS ). ) L'an 1J47 , les deux frères, Albert et Jean , dont le second était nouvellement revenu de France , où il avait combattu l'année précédente à la bataille de Créci , reconnurent solencllennent la mouvanca de leur duché de Stargird envers l'empire. Les margraves de Brandebourg, Louis et Otton , se formalisèrent de cette investiture, comme donnant atteinte au droit de suzeraineté qu'ils prétendaient avoir sur Stargard. Waldemar III , roi de Danemarck , parent des margraves , se disposait à soutenir leur prétention les armes à la main. Mais le mariage convenu d'inceburge , fille du monarque danois , arec Henri , fils du duc Albert , termina la contestation. Ce ne fut qu'en i35a qu'Albert et Jean , son frère, partagèrent entre eux leurs états. Le premier eut , pour son lot , le duché de Mecklenbourg, et le second , celui de Stargard. Mais cet arrangement ne fut consommé qu'en i355. ( Buchholz, pag. 3n.)
Le duc Albert, s'élant brouillé, l'an i35o, avec Otton, comte de Schwerin , l'avait fait prisonnier , l'année suivaute , dans un combat. Pour sortir de captivité, il fallut iiu'Otlon donnât Richarde, sa fille et son unique héritière , au jeune Albert, fils ainé de son vainqueur; ce qui était tout ce que celui-ci ambitionnait dans la guerre qu'il lui Gt. Mais, l'an i357 , selon Beehr, ou i36o, suivant Busching, Otton étant mort, Albert son gendre , se mit en possession du comté de Schwerin , sans éprouver de contradiction, et, depuis ce tenu, les ducs de Mecklenbourg ont ajouté à leurs titres celui de ce comté.
Nous n'entrerons point dans un plus grand détail des
action* d'Albert î et de Jean , son frère nommons le premier de ton nom comm précéda l'autre au tombeau. On n'est pas
DES DUCS DE MECKLENBOURG. a»
Col ni -ci, que nous J de Danemarck, sut se prévaloir pour lui ravir la couronne Slargai il . liatiu et fait prisonnier par l'armée de cette princesse , dans la
de
l'année
core en i 7 , et apporte reur Charles IV confirm.i
se de. sa mort. Buchholz prétend nu il vivait en-
ccpi ■nu
indant assuré de
en preuve l'acle par lequel l'empel 'érection du Mecklenbourg en duché de l'empire ; acte où le duc Jean est nommé comme vivant , et que. cet hiitorien date de l'an 1377. Mais Génies prétend qu'il est de 1373. Jean 1 fut marié deux fois. Ou ignore le nom de sa première femme , dont il bissa Anne , femme de Wailislas, duc de Poméranie. Aciiàs, fille du comte de Ruppin , sa se conde femme, lui donna Jean et Ulric , qui suivent; Ro-
mort en t4'5; Albert,
t'fjue
dolfe, évoque de Schvrertn
Derpt : et trois filles ; Constance, abbesse de Ribnitz ; Agnès, femme d'Otlon , duc de Poméranie ; et Eupbémie , alliée à Jean , prince de YVoli-Wrcdenhagen.
La mort du duc Albert n'a pas une époque plus certaine que celle de Jean , son frère , auquel il survécut , de l'aveu de Beehr et de Buchholz. Ce dernier montre, par un diplôme de 1379, qu'il n'existait plus celte année. Il avait épousé , l'an |336 , Eupnemie , sœur de Magnus, roi Je Suède , et fille du duc Eric , dont il laissa Albert, qui suit : Magnus, père de Jean , qui viendra ci-après ; Henri , époux , comme on l'a dit , d'Ingeburge de Danemarck , qui le fit père d'Albert III, que nous verrous aussi duc de Mecklenbourg; Hedwige, femme d'Otlon III, duc de Poméranie-Steitin ; et Anne.
ALBERT II
1379. Albert II , l'aîné des enfants d'Albert I , était roi de Suède depuis i363, époque de son couronnement, suivant Duchholz (1), et non depuis i36S, comme on l'a dit cidevant à son article, commença, l'an ^79 au plus tard, à gouverner le Mecklenbourg par indivis avec ses frères, Henri et Magnus. Pendant son absence, ce fut principalement sur Henri que reposa le gouvernement. La sévérité Je ce régent le fit qualifieras Pendeur ( Susptnsor ) , parce qu'il taisait pendre sans quartier , les brigands qu'il pouvait saisir. Par -la, il vint a bout de rétablir la tranquillité et la sûreté dans le Mecklenbourg. Mais la mort ravit au duché ce zélé restaurateur du bon ordre , en i383. Il s'en (allait bien qu'Albert , son frère , pourvût avec le même soin au repos de la Suède. Les mécontentements qu'il occasions par son inconduite , aboutirent a des soulèvements , dont Marguerite, reine
pris
plaine de Falkoping, le s 1 septembre i388("et non le 24 février 1.^89 ), il fut enfermé avec son fils dans la citadelle de Lindholn , d'où ils ne sortirent que le 17 juin i3y5. Leur rançon fut taxée a soixante mille marcs d'argent , laute du paiement de laquelle , Albert devait retourner en prison. L'épuisement des finances d'Albert ne lui permettant pas de rassembler cette somme, les dames du Mecklenbourg vendirent, dit-on , leurs pierreries pour contribuer i l'acquitter envers Marguerite. En reconnaissance de ce bienfait, Albert, ajoute-t-on, leur accorda le droit de retenir , leur vie durant, les fiefs ouverts par l'extinction des miles, avant de passer aux miles collatéraux ; c'est ce qu'on nomme en allemand au Mecklenbourg, l'Erbjmiçfernrecht. L'opinion commune est qu'Albert , par une des conditions de son élargissement , avait abdiqué la couronne. Buchholz, néanmoins ( pag. 336 ), prétend montrer, par un privilège qu'il accorda , l'an 1398 , a la ville de Gréosmuchen , qu'en renonçant aux royaumes de Suède et de Gothie, il en conserva néanmoins le titre qu'il prend dans cet acte. Mais (pourquoi , malgré le parti qu'il avait pris de descendre dit trône , paya-t-il encore une rançon a Marguerite ? c'est ce que M. Buchholz ne comprend pas. M. Beehr ( pag. 3?4 ) soutient même, d'après Frédéric Chemnitz, que ce ne fut quen i4©4f par acte passé à Flcnsbourg, le jour de sainte Catherine , aS novembre, qu'Albert fil sa renonciation authentique à tous les droits qu'il pouvait avoir aux royaumes de Suède , de Norwège et de Danemarck. L'année de sa mort est encore un point sur lequel on ne s'accorde pas. Pontanus , par une faute visible d'impression , la rapporte a l'an i3o,4- Herman Korner et Krantzius la placent en 1 4°7- MaisChrmnitz et Frédéric Thomas, tous deux mecklenbourgcois , l'assignent a l'an 1 4 ■ 4- H nous paraît, toutefois, qu'on doit l'avancer au moins d'un an. De Richarde , fille d'Otlon , dernier comte de Schwerin , sa première femme, morte a Stockholm , l'an i38o , Albert eut un fils , Eric, mort avant lui , et une fille, Richarde, mariée a Jean, marquis de Moravie , fils de l'empereur Charles IV. Agnès , sa seconde épouse, de la maison , a ce qu'on prétend, de Brunswick, le fit père d'Albert , qui suit. (f'oy. Albert, roi de Suède , et corrigez ut article sur ctlut-ci, ainsi que l 'article de Marguerùe, mu* de Da.-ranuck. )
ALBERT III et JEAN III.
14 ■ 3 au plus tard. Albert, fils d'Albert II, lui succéda era
DVCS DB STJBGABC.
JEAN II et ULRIC.
1379. Jassr II et Uluic , «on frère , fil* de Jean I. lui surcédèrent dan» le duché 1 de Siargard , qu'il* gouvernèrent par indivis. ( Bucbbols, pan 373.) Attache' a son cousin Albert, roi de Suéde, le duc Jean «ou S son secours lorsqu'il vit ses sujets révoltés contre tui ta donner à Marguerite, reine de Usaemarrk. 11 combattit avec lui, en i3âd, a la bnenM journée da Falkoping, d'où il s' échappa après qu'Albert y cul été fait prisonnier. Etant allé de U se renfermer dan* Stockholm a il défendit, pendant 111 an*, cette ville avec quelque* autre* places que Mur^ncrile aUaqua *an* succès. L'an i3q4i d conclut, avec cette prince*»*, une trêve de troi* an*. Mai» voyant, l'année tuivaote , Albert disposé à céder le troue a sa rivale , il cesaa de prendre tes intérêt* et retourna dan* ton duché II eut ensuite avec Joue, margrave de Bran.
oeooarg , ane courte guerre qui Cnil , Pan 1407, par un traité de paix Ayant après ce!» rouit» se rendre à Berlin pour s'aboucher avec le S sur la route par Jean et Thierri, son frère, sei-
,Ufut
<l.à l e:.udePUuen,»ur laHavel, g. Sa captivité fui de deux ans,
(t) Cet auteur, page 3ai , met l'élection d'Albert . dans sa qualité *W rei de Suéde, ea >36a, et son couronnement en j363-
DVCS DE STMGtBD.
et finit, l'an 1400, par un échange de ta personne contre Jean de Gutskovr, que le due Ulric, frère de Jean H, avait fait prisonnier. M. Buchbolx ( page a?5 1 mel la mort de Jean II ca i4>9, et la fait précéder, ainsi a me Beehr, d'un an tout au plus par celle d'Ulrir. La même écrivain aoone pour femme , a Jean II . V eobtui.» . qu'il fait princesse de Poméranie, avertissant que d'autres la nomment Gcl— Usina, et la oV-»tol Meur Je Jagelloa, sur quoi il ne veut rien prononcer. Il laissa , de son mariage , un fils , qui suit, et une fille ■ nommée Hedwige, abbesse de Bibnils. A l'égard d'L'Iric, il eut, suivant le même auteur, de MsaacsaiTi, fille de Suantihor, duc de Poméranie , Jean, qui suit; Anne, abbesee de Wanlcke; ci Henri, mort rn 14Ê6, laiasaut un fila, L'Iiic, qui viendra ci-après.
JEAN III zt HENRL
t4>7- Js*» , fil» de Jean II, et Htnai , son cousin, Gis d'Ulrir,' s'associèrent pour gouverner le duché de Stargard. Jra; parait avoir été, dn vivant de son père, gouverneur de la Marche de Brandebourg. Mais ce point, comme on voit par ce qu'en rapporte M. Buchholt, est si embrouillé , qu'on ne saurait prendre la-dcssu* un sentiment lise. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'en 1 4 > B , ou i4'1. Jean III fut fait prisonnier par le comte de Buppin , qui , d'accord avec Frédéric 1 , électeur de Brandebourg , le retint en captivé a Tangermuode l'espace
CHRONOLOGIE HISTORIQI F.
bas 1m, sous la tutelle de Jfan, son cousin , né Je Magnus troisième fils d'Albert I , qui avait déjà été quelque tems co régent. Ces deux princes, après avoir gouverné conjointement firent un partage dont on excepta VV ismar et Rostock, qu'ils continuèrent de posséder par indivis. L'an t4'4, ils se rendirent au concile de Constance , d'où il furent rappelés , Pan
i4i5, par une irruption que Balthasar et Christophe, princes de Wcrle, au cercle des Venèdes, alliés au margrave de Brandebourg , firent dans leur pays. Albert et Jean , aidés par le duc de Slargard , leur parent , vinrent a bout de donner la chasse aux troupes des Jeux princes après avoir fait prisonnier Christophe. La ville de Wisniar était , depuis huit ans, soulevée contre ses magistrats , qu'elle avait chasses a l'exemplr de Lubeck qui avait fait pareil traitement aux siens. Mais celle-ci les ayant rappelés, les habitants de Wismar prirent le parti de s'accommoder avec les ducs de Mec kl en bourg, prêts a marcher contre eux avec des forces considérables pour les réduire. Etant venus leur demander pardon à genoux , ils l'obtinrent en leur offrant dix mille mai es d'argent au poids de Lubeck. La ville de Rostock avait également chasse ses m.igislrats,ets'éiait même engagée par serment à ne jamais consentir à leur rappel. Il fallut, pour l'amener à résipiscence, qiie les villes anséaliques joignissent leurs remontrances aux menaces des ducs Albert et Jean. Rostork enfin reprit ses magistrats. (Beehr, p. 33a.) Les ducs de Holstein étaient alors en guerre avec Eric , roi de banemarck et de Suède. Albert , appelé à leur secours par Catherine , leur mère et leur tutrice (car ils étaient encore en bas âge), se rendit d'autant plus volontiers a celte invitation, qu'elle lui fournissait l'occasion de venger Albert I , son aïeul , à qui le même Eric avait enlevé la couronne de Suède. Etant entré dans le Sleswick, où était le théâtre de la guerre, avec deux cents chevaux, il prit hardiment le titre de roi de Suéde, comme si , avec une si faible cohorte il eiit été assuré de vaincre Eric, qui venait assiéger avec une armée innombrable la capitale de ce pays. Mais bientôt , se voyant près d'être enveloppé par l'ennemi , il se trouva trop heureux d obtenir la permission de se retirer , en promettant, par un acte authentique , de ne
Îilus revenir, et d'entretenir une sincère amitié avec le roi de )anemarrk et de Suède. Ceci fut arrêté l'an 1417, le iS juillet, jour de la Division des Apôtres, dit Beehr, pp. 33a-333.
L'an t4ai , Albert et Jean, son cousin, voyant les princes des Hérules , ou des Venèdes , Balthasar , Guillaume et Christophe, leurs aguats, sans héritiers miles, firent avec eux , le 10 février, un traité pour leur succéder. J> duc Albert partit, l'année suivante , pour aller épouser, aTangermuo.de, Mah-
DVCS DE STÂRGAÈD.
de dix ans. { Buchholi , page a8a. ) Mais , l'an 1437, il obtint ton élargissement au moyen d'une forte rançon. ( Idem , page 346 ) Nom ne trouvons point de trace de »oo existence après l'an i^'ift. Sa femme . Lcituaudï, fille d'Albert . prince d'Anbalt-CocHbcn , lui avait donna un fila, nommé Jean, mort avant lui en 1^35
Henri gouverna seul , après la mort de Jean, son cousin , le duebë de Stargard. Ce fut un prince querelleur et guerrier, qui eut presque toujours les armes à la main , soit contre les ducs de Poméranie , soit contre les margraves de Brandebourg, soit contre les princes de sa maison, il mourut en >46&> après avoir clé marie' deux fois: i a . avec lueianaex, princesse de Pomcranie ; a . a»e<: Màhcoimtï, fille, dit-on , de Frédéric, duc de Brunswirk-Lunebourg. De l'une de ces deux femmes, il ent un fil», qui suit, et deux fille»; Madeleine, mariée à Wartislat, duc de Poméranie , puis A Bernard, corule de Barbv ; et Marguerite, fiancée a Eric , duc de Poméranie, mais morte, suivant Iteelir , avant d'avoir été mariée. Albert Kranuius ( iYaaJal , I. xn , nage 27g ) fait un grand éloge de la valeur de ce prince et de son habileté dans l'astronomie ; ce qui est confirmé par l'éloge versifié que 1 Jean Borer.
ULBIC II,
i^G6 l'ujc succéda au duc Henri , son père, qu'il avait servi dan»
GUERITE, fille de Frédéric, électeur de Brandebourg. Mais 1 peine les noces furent-elles célébrées , que la mort le ravit à son épouse. Le duc Jean , son cousin , l'avait précédé la même année au tombeau. Celui-ci avait épousé, i°. l'an i3tj8, Jutte , ou Judith , fille d'Otton , comte de Hoya, décédée en i4»i>; a»., l'an 1417, Catherine, fille d'Eric III, duc de Saie-Lawenbourg, et veuve de Jean , comte de Werle ; mariage pour lequel, a raison de parenté, il fut excommunié par le légat du pape Martin V, qui le réhabilita ensuite. Catherine donna au duc Jean deux (ils, Henri et Jean, qui suivent, outre un troisième, mort en bas âge. Ce fut le duc Jean qui fonda, l'an i4'5, au nom d'Albert son pupille et au sien, l'université de Rostock, où il plaça, l'an 1419, des professeur» tirés de celle d'Erfort.
HENRI V, dit LEGRAS, et JEAN IV.
i4a3. Henri , né l'an 1418, et Jean, fils du duc Jean III, succédèrent au duc Albert, leur cousin , et à leur père, sous la tutelle de Catherine , leur mère , d'où ils ne sortirent nue ver» l'an 1439. La régente eut , en 1426, avec Frédéric I , électeur de Brandebourg, une guerre qui finit, l'année suivante , par un traité de paix et d'alliance pour dix ans. ( Buchhotz , p. 34g,) L'an t4*7 1 nouveau soulèvement des bourgeois de SVisnur contre leurs magistrats. La ville fut mise au ban de l'empire , et l'exécution de ce ban fut commise aux ducs de Mecklenbourg et à la ville de Lubeck. Mais ces commissaires ménagèrent, rit ■ 4-3o, un accommodement. 11 y eut a Rostock, vers le même tems , une semblable sédition , qui dura plus long-tems. L'empereur frappa du ban la ville, et le concile de Bile y ajouta [ excommunication. L'une et l'autre sentence ne furent levées qu'en 14 »o, et l'académie ne reprit ses fonctions qu'en i443. {Idem, pp. 3»3-3j5.)
La duchesse Catherine, mère de Henri et de Jean, se démit, en i43b , de leur tutelle ; et le duc Jean , dans la même année, donna sa main à la princesse Anne , fille de Casimir , duc de Poméranie. Ces événements concoururent avec la mort de Guillaume , dernier prince des Hérules. ou des Venède», à Gustrow, qui ne laissait qu'une fille , Catherine , femme d'Ulric II, duc de Stargard. Les ducs de Mecklenbourg et de Stargard convinrent alors , par un traité signé le jour de sainte Cécile (ai novembre), de posséder par indivis la province qui leur était dévolue. Mais Frédéric I, électeur de Brandebourg, qui avait des prétentions sur cette succession , se pourvut devant l'empereur Sigismond pour se la faire adjuger. I.c procès dc-
DVCS ÙE ST.tSGAMÛ.
ses guerres contre différents princes voisins. Il déclara la guerre luimême, en 1467 ( on ne dit point pour quel sujet), au duc de Mecklenbourg, Henri le Gras, et il l'évèque de Scbwerin, ravagea leurs terres et fit un grand nombre de prisonniers qu'il emmena à Stargard. Mais craignant que ses ennemis n usassent de représailles, il fit la pais avec eux , et leur rendit 1rs prisonniers qu'il avait faits. Vêtant allie, l'année suivante , avec Frédéric , électeur de Brandebourg , il lui fournil du secours contre Eric el Wartialas, duc de Poméranir. N'étant concerté avec Magnus, depuis duc de Mecklenbourg, il nt avec lui, en i47°» le voyage de la Terre— Sainte , d'où il revint eo bonne santé I année suivante. Mais une mort prématurée l'attendait ches lui. Ayant imprudemment bu d'un poison qu'il avait préparé pner un de ses gens dont il voulait se défaire , il eu mourut vers la Sainl- Mantin l4"' D' CaTHKMNI, fille de Guillaume, dernier priiire de» Venèdes, ou Hérules, il laiua deux filles : In^eburge, femme d'Eberwin, comte de Bcntheira; Elisabeth, religieuse ; el, suivant Jeaa Minkcnius . une troisième tille . nommée Madeleine, femme dcWirtisla* , dnc de Poméranie. Les étaU d'Ulric II passèrent, après sa mort, a Henri le Gras, duc de Mecklenbourg.
le q décembre i <f Albert II,
pp. 36o-36a.)
mourut la môme année , ne laissant d'Ax>E DE , sa femme, qu'une fille, de même nom que sa