‹ L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques, et autres anciens monumens depuis la naissance de NotreSeigneur, par le moyen d'une table chronologiqueChapitre 93 sur 582 · DES DUCS DE POMERANIE · texte numérisé non relu

DES DUCS DE POMERANIE

L*A Poméranie, Joni le nom vient da sclavon Po-mor, ad mare, s'étend, dans le sens le plus général, le long de la mer Baltique , depuis le Mecklenbourg , jusqu'à la Vistule , qui la sénare de la Prusse, et était autrefois bornée par la Marche de Brandebourg et de Pologne. Lorsque les Goths, les Vandales, les Francs, les Angles, les Longobards, ou Loin Lards, et tant d'autres nations germaniques qui ont détruit l'empire romain et fonde presque toutes les monarchies de l'Europe, curent quitte les bords de la mer Baltique, de la Vistule, de l'Oder et de l'Elbe, leur ancienne patrie, la nation sarmatique des Sclaves, ou Vcnèdes, occupa ces régions abandonnées, et établit entre l'Elbe et la Vistule un puissant empire divisé en plusieurs états, dont le principal fut celui qui depuis a été nommé Poméianie. Les noms de Slaves, ou Sclaves, et de Venèdes, sont synonymes; car les souverains de Poméranie, qui prennent dans leurs chartes latines le titre de Duces Sloeorum, ou Slaviiz, y substituent toujours celui de ducs des Venèdes dans h'urs chartes allemandes , limoge vûn Wtndm. Dans le partage que Mistivoi, roi des Sclaves, ou Venèdes , fit de ses états , il laissa la partie occidentale, a LJon, son fils aîné, et la Poméranie à ses drus autres fils, Ratibor et Bngislas. Ratibor eut plusieurs enfants qui moururent avant lui sans postérité. Bogislas eut un fils nommé Su.inttbor , qui soutint une longue guerre contre le Dancmarck et la Pologne; c'est a ces derniers que remonte la généalogie certaine et non interrompue des ducs de Slavie et de Poméranie. Suantibor , qui mourut en 1 107 , laissa quatre fils, Wartislas, Ratibor, Bogislas et Suantopclk. Ces princes, ou du moins les deux aînés , embrassèrent le Christianisme. Âu partage que Suantibor fit de ses états, les deux aînés eurent pour leur part le pays qui s'étend depuis le Mecklenbourg jusqu'à la petite rivière de Grabo, qui coule près de la ville de Slave, dans la région appelée alors la Slavie et la Cassubie ; c'est ce qu on peut appeler la Poméranie cilérieure, qui appartient a la branche aînée; et toute la partie, depuis la rivière de Grabo jusqu'à la Vistule, qui est la Poméranie proprement dite, échut en partage aux deux puînés , Bogislas et Suantopelk , qui forment la branche de la Poméranie de Danlzick. (Voyez ttlle-ci ptu* bat. ) Les princes de la branche aînée , descendants de Wratislas , furent établis , tantôt à Slettin , tantôt à Volgast, à Demmin et autre part. Vers la fin du douzième siècle et au commencement du treizième, ces princes portaient dans leurs chartes , tantôt le litre de ducs de Slavie , tantôt celui de ducs de Poméranie; et quelquefois ils réunissaient tous les deux (1). Après le milieu du treizième siècle, jusqu'à

(1) Bogislas I prend, dans un diplôme de l'an 1186 ou environ, le titre de Ltatitie Da*. I. éditeur de cet acte, M. de Drcger. remarque, page î 7 du Code diplomatique de Poméranie, que ce titre ne s'offre

la fin, ils prenaient rarement le titre de duc* de Poméranie, et se nommaient ordinairement ducs de Slavie et de Poméranie, à quoi ils ajoutaient souvent le nom de l'endroit où ils faisaient leur résidence , comme ducs de Slettin c-t ducs de Demmin , mais rarement celui de Wolgast. Quelque tems après l'extinction de la branche de Danlzick , qui portait uniquement le titre de duc de Poméranie, les princes de la branche aînée l'ajoutèrent constamment à ceux de Slavie cl de Cassubie , de sorte qu'il est devenu dans la suite le titre principal et celui de tout le duché. 11 faut encore observer que les durs de Slavie s Y-tant mis en possession , quelque tems après l'extinction de la branche de Danlzick, qui finit vers l'an iag5, de la partie de ses domaines qui est entre le Grabo et la l.eba, dont Stolpe est la principale ville, ces princes se trouvent plusieurs fois qualifies ducs de Stolpe, tant dans les chartes que dans l'hi*;

WRATISLAS, on W1TZLAS , et RATIBOR.

1107. Whatisias et Ratibob, fils de Suantibor, et set successeurs dans la Poméranie cilérieure, reçurent le baptême en na4' Ratibor, après avoir partagé l'héritage paternel avec son frère, passa en Pologne, où il épousa la fille du duc Bo— leslas III. \V rails lai fonda l'cvéché de Julin, transféré depuis à Camin , et lui donna pour évoque Adelberi , missionnaire du pays. Cette ville, bâtie dans une île formée par les rivières de Swine et- de Diewenow, était dès-lors considérable, et, à la faveur de son commerce, elle s'accrut tellement, qu'au rapport d'Adam de Brème, elle devint la plus grande ei la plus opulente de l'Europe. Wratislas étendit son domaine par la force de ses armes. Il se rendit maître de la nouvelle Marche de Brandebourg, conquit une partie de PUckcrmarck , el fut tué dans son lit, à Stolpe, par un scélérat , l'an n36. Ayant épousé Jeanne, ou Ide, fille de Canut IV, roi de Danemarck, morte en n36, il eut d'elle Bogislas et Casimir , qui suivent.

point dans les cbarlei des autres ducs de Poméranie , ni dans d'autres de Bogislas mime ; mais il ce trompe, car M. Gerken a publié , au code diplomatique de Brandebourg, tome III, page 37 et suivantes, un diplôme de Casimir , dite' de l'an 1 1 70 , et muni du sceau de Bo— pijbi 1 , dont l'inscription porte : Botaslaai Uei graliê Vrinctps Liait— (t'ont m . Suivant une note de l'éditeur, page 77, c'était le litre général que les anciens Saxons donnaient aux différente» peuplades de Slaves qui habitaient ces contrées. Il comprend les Rkedari, les Ittt tlli , le* Brimai , les Sltéerttai, les Cirtiparii ', etc. Par la tuile , le nom de Lialiei a cl< donné tantôt à un peuple & part, tantôt à tous les habitants de ces contrées, comme on le voit dans Lambert d'A*ebaffenbourg sur l'an 1073. Hclmold ne l'emploie au contraire que pour désigner les Venèdes de Poméranie.

CHRONOLOGIE HISTORIQUE

à la propagation de la toi , il leur lit bâtir a gra na&lère à Stolpe, et, de peur que l'indigence de leur» travaux apostoliques, il le* dota riche Il fonda encore, la même année, suivant c

Suant après la

BOGISLAS 1 et CASIMIR.

i i3C. Bogislas et CASiMin succédèrent en bas âge an duc Wratislas, leur père, sous la tutelle de Ratibor, leur oncle, qui , à la nouvelle de l'assassinat de son frère, revint en Poméranie , de Pologne où il résidait depuis sou mariage , pour venger sa mort et prendre soin de ses neveux. L'une de ses premières opérations fut la fondation d'un évêché à Julin; ce qui fut confirmé, l'an n4°, par le pape Innocent II, comme on Je voit par sa lettre a l'évoque Adelberl, publiée par Dreger. (Cod. UijAom. Pomeran. , tom. I, pag. i.) C'est là qu'un aperçoit mieux qu'ailleurs re qui faisait alors partie de ta V omerame, savoir Wollin , Demmin , Tribu t s , Gui 7. ko w , Wolgasl , Uscdom , Groswin , Pvrilz, Slargard , Slettin , Camin ,.Collxrg , Zicthin, et le district de leurs territoires jusqu'à la rivière de IvcUa. Katilxir fit la guerre aux I.uliciens dont on a parle ri-dessus, peuple idolâtre et ennemi juré du nom chrétien : il les battit en différentes occasions; et s'il ne les terrassa pas entièrement, il les mit du moins hors d'état de nuire aux progrès de la vraie religion. C'était , dit Valentiu d'Aiclistet , protestant , un prince d'une piété sincère. Ayant appris, ajoutc-t-il, que les moines de Cïteaux travaillaient avec revèque Adelbcrt à la propagation de la foi , il leur fit bâtir à grands frais un mont- les détournât richement, l'an n5o.

■■«.»-, »ui,ant cet historien , le monastère de Grnbe dans un faubourg d'L'seJom , et y fui inhumé l'année suivante , époque de sa mort. 11 laissa deux fils, Wratislas et Suanlopelk; celui-ci mourut sans postérité. Wratislas , décédé l'an i 18G , laissa un fils nommé Barthélemi mort après le 1 er . août ia54 , laissant deux fils , W'artislas et or, nommés dans une clvartc sans date, mais donnée mort de leur père.

Henri le Lion , duc de Saxe, retenait prisonnier, vers l'an iiCo, a Brunswick, Wirtzlas, prince des Obodriles. Pribislas, frère du captif, ne pouvant obtenir, par prières, sa délivrance, rassembla des forces de toutes parts, et vint fondre dans le pays des Obodriles , qui obéissait alors au duc Henri. S étant rendu maître de Mecklenbourg , il en fil massacrer tous les habitants, et prit ensuite , par composition, Maklow et Cuslrin. Henri, pour arrêter ses progrès , se fortifia de l'alliance du roi de Danemark , Waldemar le Grand , et de celle d'Albert , marquis de Brandebourg , rassembla tous ses vassaux , et ayant amené son armée a Maklow, qui lui ouvrit ses portes sans résistance il y fil pendre en public Wirtzlas; après quoi il amena, l'an nfc'4, les comtes de Holstein , de Dithmarsie , d'Oldenbourg et de Schwerio , ses vassaux , avec un corps de troupes pour faire le siège de Demmin , où les ducs de Poméranie, Bogislas et Casimir , avaient ouvert un asile a Pribislas. Les Poméranicns, pour connaître les forces de l'ennemi , envoyèrent audevant de lui des ambassadeurs oui offrirent trois mille marcs pour avoir la paix. Cette ambassade ayant été mal accueillie, ils en envoyèieni une seconde qui n'en'offril que deux mille. Les Saxons, se voyant joué» par- là, commencèrent le siège. Mais les Poméranicns, étant tombes la nuit sur les quartiers des Holstcnois et des Dithmarses, les taillèrent en pièces sans qu'il en restât un seul. Henri marcha en diligence pour venger cet affront ; mais , à son arrivée , les Pomeraniens mirent le feu a la place, et se sauvèrent du côté de Stolpe où il les poursuivit. Il n'était pas loin de les atteindre, lorsqu'il se vit obligé de retourner a Brunswick , où il était attendu par les ambassadeurs de l'empereur d'Orient. En partant , il laissa le soin à ses confédérés de traiter avec les Poméranicns ; et la paix s'étanl faite a dis conditions tolérablcs , les princes Bogislas et Casimir accordèrent la ville de Demmin pour sa demeure à Pribislas , exclus par le traité de la succession de son frère. Les Poméranicns , -u préjudice de cette paix , ne laissèrent pas d'i

leurs pirateries sur les cotes du Danemarck ; i quoi ils furent excites par les Rugicns , qui ne connaissaient guère d'autre métier ni d'autre moyen de subsister. Ceux-ci même 1rs surpassèrent dans ce genre de brigandage. Waldemar le Grand, roi de Danemarrk , ne pouvant attaquer à la fois ces deux sortes d'ennemis, prit le parti de s'accommoder avec le duc de Poméranie, et les engagea même à s'allier avec lui pour faire la conquête de l'île de Rugen , sous la promesse de la leur céder a titre de fief de son royaume. L'expédition réussit au gré de ses désirs. Mais au lieu de remettre l'île aux deux princes, il la donna à Jaromar, son parent , en lui imposant un tribut et les devoirs de vassal envers lui. Ce manque de parole fut l'occasion d'une guerre que Bogislas et Casimir déclarèrent a Waldcmar, La mer Baltique fut aussitôt couverte de vaisseaux poméranicns, qui allèrent infester les cotes du Danemarck. Waldemar, de son coté, fit une descente en Poméranie, où il commit de grands ravages. Henri le Lion étant venu à son secours, ils assiégèrent ensemble la ville de Julin , la prirent, en brûlèrent une partie et détruisirent ses mure. Depuis cette catastrophe, elle n'a plus été nommée que Wollin , ville pauvre et obscure qui n'occupe plus (1788} qu'une partie de l'ancienne Julin. Les deuz princes alliés tentèrent ensuite le siège de Walgast. Mais la place leur opposa une si vigoureuse résistance, qu'ils furent contraints de se retirer. Jusqu'alors la Poméranie n'avait relevé d'aucune autre puissance. Mais, l'an 1181, au camp devant Lubeck, les ducs s étant laissé gagner par les caresses et les promesses de l'empereur Frédéric l , eurent la faiblesse de consentir à se reconnaître vassaux de l'empire, dont ils furent déclares princes. Casimir finit ses jours, I année suivante, sans laisser de postérité. L'an 1184, Bogislas, excité par l'empereur et par son propre ressentiment , équipe une flotte pour envahir l'île de Rugen. Asalon, archevêque de Lunden et ministre du ri de Danemarck, instruit de son dessein, previe et, ayant rassemble toute la marine danoise, vole au-devant de la flotte ennemie , lui livre le combat , et la défait totalement. Encourage par ce premier succès, il fait un nouvel armement avec lequel il va 'descendre en Poméranie, ravage les environs de Wolgasl, et assiège, mais inutilement , Woïgast, tandis qu'Esbcrn , son frère, s'empare de deux châteaux qui défendent l'embouchure de Swine. Bogislas, si l'on en croit les historiens danois, poussé a bout, passe en Danemarck pour implorer la clémence du roi Canut VI , son beau frère t et n'obtient grâce qu'en soumettant sa principauté à la couronne de Danemarck. Si cela est , il faut donc regarder comme supposé l'hommage qu'il rendit à l'empereur, suivant les historiens de Poméranie. Quoi qu'il en soit, la paix se fit, l'an 1187, après trois ans d'hostilités. La même année, Bogislas entra dans le Mrcklenbourg avec ses troupes pour favoriser Canut voulait faire d 1 187, et fut inhumé

avait épousé, i«. Walburge, fille de Waldemar le Grand, roi de Danemarck; a". Miboslava, fille de Mestvsin , di>e de la Poméranie de Dantzick, dont il eut trois fils, Barnime, Bogislas et Wratislas, avec une fille. Le second et le troisième des fils disparaissent dans l'histoire , après la mort de leur père. On va faire connaître le

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