‹ L'Art de vérifier les dates des faits historiques, des inscriptions, des chroniques et autres anciens monuments, avant l'ere chretienne (volume 2)Chapitre 59 sur 93 · CATALOGUE DES ROIS D'HELIOPOLÏS · texte numérisé non relu

CATALOGUE DES ROIS D'HELIOPOLÏS

Le Syncelle met ce catalogue cent vingt-quatre ans avant celui des rois de Thèbes. D'ailleurs , Héliopolis était la demeure la plus célèbre des prêtres ou astronomes égyptiens f que Platon et Eudoxe fréquentèrent, durant long-tems, pour en apprendre les sciences, comme déjà il a été remarqué. * près

sous la domination de ces rois que

en Kgypte. Le Syncelle n'a pas fait connaître s'il est l'auteur de ce catalogue, comme on est en droit de le soupçonner, ou s'il la eu de quelqu'autre. Quoi qu'il en soit, en voici les dix premiers siècles, qui suffiront pour notre dessein. J'y ai joint

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( Voyez le tableau ci-après* )

Ère d'Egyp.

1 Mestraim. •

2 Cu miles •

3 Aristarchus

4 Spanius. .

7 Serapis. .

8 Sesonchosis,

9 Amenemès

10 Amasis. •

11 Acesephtres.

la Achorcus.

i3 Armiyses.

i f Chamois •

[i5 i (>] Amesises .

i 7 Use . • • 18-24 Fam. Rameses

25 Concharis.

26 Silites . •

27 Bœon. • •

28 Apachnas.

29 Apophis. •

30 Sethus. •

3 1 Certus . .

32 Aseth. . •

33 Amosis. •

Etc.

(Mieux 26)

Période jul.

Avant J.C.

En considérant la méthode du Syncclle , on voit d'abord qu'il a disposé ce catalogue suivant les années juliennes, qui étaient en usage de son tems ; car il ajoute les années du monde à chaque roi , sans en faire jamais de réduction : à quoi il aurait été indispensahlement ohligé si les années de leurs règnes, marquées dans ce catalogue, avaient été d'une autre forme. A la téte du catalogue , le Syncclle a mis Mestraim , qu'il dit être le même que Mènes , généralement reconnu pour le premier roi d'Egypte , après les Dieux et

sur l'année ANCIENNE. 285

les Demi-Dieux. Nous aurons occasion d'en parler une autre fois, au sujet du second catalogue attribué a Eraloslhène.

Le vingt-cinquième roi t nommé Concharis , commença à régner l'an période julienne 3i24, suivant le Syncelle, et régna six ans. De sorte que la sixième et dernière année de son règne commença avec Tan période julienne 3129 , c'està-dire sept cents ans complets, depuis le commencement de Mestraïm et du catalogue.

Immédiatement apns ce roi, le Syncelle ajoute la note suivante : L'an cinquième de Conchatis , vingt -cinquième roi d'Egypte , sous la seizième dynastie * finirent les sept cents ans du cycle que Manethon appelle caniculaire depuis Mestraïm , premier roi d'Egypte , c'est à-dire depuis l'an période julienne

Ce qui noué regarde dans ce passage du Syncelle, c'est qu'il y joint le commencement du cycle caniculaire avec le commencement de ce catalogue.

Le trente-deuxième roi de ce catalogue se nomme Aseth. Il commença à régner l'an période julienne 33btj , et régna vingt ans. Je m'arrête à la note de Syncelle , comme étant d'une très-grande importance. Ce roi, dit-il, ajouta aux années les cinq jours qu 'on appelle épaftomènes ; et ce fut sous lui% à ce qu'on dit , que l'année égyptienne fut faite de trois cent soixante- cinq jours , au lieu qu 'elle n'en avait que trois cent soixante avant lui. Ce roi ayant commencé à régner l'an période julienne 3369, suivant le Syncelle, Tannée vingtième de son rège concourra nécessairement avec Tan période

J'ulienne 3388. De plus, l'an ier. du cycle caniculaire étant eméme que l'an période julienne 2429, suivant le Syncelle , comme on l'a vu , Tan période julienne 3388, qui est l'an vingtième du règne d'Aseth, sera le même que Tan 960 du cycle caniculaire.

Voici l'endroit le plus remarquable de ce catalogue, et de tout ce que nous avons vu. Les chronologistes qui suivent le sentiment commun, touchant la forme de l'année ancienne, auront de quoi s'exercer : Hic dignus vindice nodus. Le Syncelle dit formellement qu'alors on ajouta cinq jours à l'année, qui n'avait auparavant que trois cent soixante jours, et qu'on la fit ensuite de trois cent soixante-cinq. Il n'y a point là d'équivoque; et le seul retranchement que l'on puisse imaginer, c'est de dire que le Syncelle a rêvé cela. Posons le cast toutefois qu'à force de machines on veuille l'entendre, non

û86 DISSERTATION

pas d'un établissement nouveau, mais d'un simple renouvellement du cycle ancien : je demande, continue Fauteur, pourquoi le Syncelle est allé choisir Pan 960 du cycle précédent , et non pas Tan 1460 , ou l'an i44<> ? comme il aurait dû ?

Suivant Ses principes, cette difficulté se résout, presque d'elle-môme. Il a dit que les années dont le Syncelle se sert dans ce catalogue , sont des années juliennes, telles qu'ellet étaient établies de son tems , et qu il emploie dans toute sa chronologie. Or, neuf cent soixante années juliennes sont justement deux cycles anciens, dont chacun est de quatre cent quatre- vingts années juliennes, ou de quatre cent quatre-vingt-sept anciennes. Ainsi ce fut avec le règne cTAseih que finit l'ancien cycle caniculaire , pour faire place à un nouveau : mais dans l'ancien , Tannée des Egyptiens n'avait eu que trois cent soixante jours, conformément à la thèse de notre auteur , et dans le nouveau , elle en a trois cent soixante-cinq.

Une augmentation de cinq jours, faite à l'ancienne année des Egyptiens, rapprochait leur nouvelle année de celle que nous appelons julienne , et qui passait , chez les Egyptiens, pour l'année solaire juste. Mais elle en était éloignée de la quatrième partie d'un jour; de sorte, qu'au bout de quatre ans , il y avait à dire un jour entier. Comme donc leur nouvelle année avait trois cent soixante-cinq jours seulement, il s'ensuit que dans quatre fois trois cent soixante-cinq ans, c'est-à dire dans quatorze cent soixante ans , elle avait avancé de trois cent soixante-cinq jours , qui font une année entière, qu'il fallait ajouter aux quatorze cent soixante égyptiennes, pour égaler les quatorze cent soixante juliennes. Ainsi quatorze cent soixante et une de ces nouvelles années, et quatorze cent soixante juliennes, étaient parfaitement égales.

Multipliez, en effet , 1 460 années juliennes , d'un côté, par 365 i/4 jours , et de l'autre 1461 égyptiennes, par 365 jours seulement : vous aurez de part et d'autre la même somme de 533,265 jours. C'est ce que des Vignoles appelle le grand cycle caniculaire, et que l'on désigne souvent parla grande année.

Non - seulement Censorin a déterminé précisément la durée du grand cycle caniculaire , mais encore il en a marqué le commencement. Du moins , il nous a donné des ouvertures suffisantes , pour le découvrir , par la manière

sur l'année ancienne. 187

dont il parle de Tannée des Egyptiens , dans un autre passage remarquable, dont voici les termes : tlorum initia semper a primo die mensis ejus sumuntur , eut apud JEgyptios nomen est Thoth : quique hoc anno fuit ante diem VU kal. jul. cum ah hinc annos centum, imperutore An/onino Pio II , et Brut lia Pretsente coss. iidem dies fuetint ante diem XI I , kal. August. auo tempore solet canicula in JEgyplo far ère exortum. Quare scire etiam licet , anni illius magni , qui ut supra dictum est , ttsolaris et canicuîaris , et Dei annus vocatur, nunc agi verientem centesimum.

Pour profiter de ce beau passage , il faut remarquer d abord que Ccnsorin écrivait Tan 238 de Jésus-Christ. Hic annus, disait-il un peu plus haut', eu jus velut index et titulus quidam est Ulpii et Poniiani consulatus , etc. Ce consulat marque, très-certainement, l'an 991 de la fondation de Kome, qui répond à Tan 238 de Jésus-Christ, et c'est sur quoi il n'y a plus de difficulté.

Un autre caractère , un peu moins précis , se trouve dans le passage même, qu'on vient de lire, où il est dit, que cette année , le thoth égyptien commença Vil kal. jul. c'està-dire, le *5 juin , ce qui arriva depuis l'an a36 jusqu'à Tau 239 de Jésus Christ, inclusivement.

11 ajoute , que cent ans auparavant , sous le deuxième consulat d'Antonin le Pieux et de Bruttius Praesens, le même commencement de thoth se rencontre au jour, qu'il appelle à la romaine, Xll kal. August, Ce consulat désigne Tan 1^9 de Jésus-Christ et le XII kal. Augusti , signifie le 21 de juillet. Mais, dans ce dernier nombre, il y a une faute de copiste. Car, dès Tan i36 , le premier jour de thoth avait quitté le 21 de juillet , pour passer au 20, où il demeura jusqu'à l'an 1^9, inclusivement. 11 faut donc corriger celte date dans Censorin , et lire Xlll kal. Augusti.

L'année que Censorin donna pour date à son livre, le Ier. jour de thoth, concourut avec le 25 juin. Pour trouver le tems, où le même icr. jourde thoth se rencontra au 20 juillet, Censorin compara, en remontant , les années égyptiennes avec les juliennes, depuis l'an 238 de Jésus-Christ, où il écrivait. Etant arrivé à Tan centième, qui était Tan 139 de Jésus-Christ, il trouva qu'alors le premier jour de thoth était au 20 juillet. Il s'arrêta là , soit parce que c'était précisément Tan centième , nombre rond , ou parce que cette année , qui était la seconde de l'empereur Mto/iin, fut ca-

aH8 DISSERTATION

ractérisée par dix ou douze observations astronomiques que Ptolémée fit en Égypte, sur le Soleil ou la Lune, sur Jupiter , Mars ou Mercure , et sur l'étoile fixe du Cœur du Lion , ou enfin par quelque raison qui ne nous est pas connue.

Mais comme l'an i3g de Jésus-Christ où Censorin s'arrêta, précéda immédiatement Tannée bissextile, qui fait avancer d'un jour l'égyptienne, ce que Censorin a dit de Tan i3o, de Jésus Christ, se rencontra de même dans les trois années précédentes, i38, 1.^7, i3(>. i ntegrb enim quadrienruo , comme a dit Dodwel , ab unno CXXXVl. ad CXXXlXm. vagi thoth neomeniu incurrit in diem julii XX. Consultez, en effet, Bunting, Calvisius, ou Petau , vous verrez que Tan i36 de Jésus-Christ , Tannée égyptienne , commença le 20 juillet. C est donc jusqu'à Tan 106 dç Jésus-Christ que Censorin devait remonter , puisque ce fut cette année-là que le ter de thoth monta au 20 juillet , jour caractéristique du cycle caniculaire. Pour trouver Tan période julienne , qui y répond, à quatre mille sept cent treize ans de cette période, écoulés avant l'ère chrétienne, ajoutez Tan i36 de Jésus-Christ, vous aurez Tan période julienne 4849 « dont le 20 juillet commença le nouveau cycle caniculaire , qui courait du tenu de Censorin. Retranchons -en un cycle de quatorze cent soixante années juliennes , nous aurons enfin Tan période julienne 338g et le 20 de juillet pour le commencement du premier grand cycle caniculaire que nous cherchions. Ceux qui ont parlé du cycle caniculaire ou de la grande année des Egyptiens , en ont presque tous rapporté le commencement au lever de la canicule , mais on est surpris du peu d'exactitude qui se trouve là-dessus parmi les anciens. La plupart en ont confondu le lever appelé cosmique, quand le soleil et l'étoile se lèvent, en même tems, avec le lever , qu'on nomme héliaque , qui se fait lorsque l'étoile se rend visible avant le lever du soleil. Très-peu ont distingué les climats , qui y causent une grande différence , à mesure qu'on s'éloigne de l'équateur. Ceux qui les ont distingués, s'en sont rapportés fort souvent à des traditions incertaines* et non pas a des observations faites avec soin. Quelques-uns ont pris Tétoile du petit Chien , nommée Procyon, ou avant Chien , et quelquefois Canicule , pour celle qui est à la bouche du grand Chien , appelée proprement Canicule, ou Sinus , et par les Egyptiens , Sothis. Plusieurs n'étant pas

âtsefe habiles pour faire une comparaison juste , des mois et tles jours des diverses peuples , ont rapporté le lever ou le toucher des étoiles fixes , plutôt ou plus tard que les as-* tron ornes ne l'avaient fait. Le livre de Ptolémée, traduit par Nicolas Léonicus , est tout plein de pareilles fautes. Par quelques-unes , ou plusieurs de ces raisons , le lever de la canicule a été assigné , dans le calendrier romain , aux 24» 27 , 29 de juin ; au 2 juillet , et depuis ie iS jusqu'au 28 du même mois ; enfin , au 2 et au 7 d août. Il est pourtant vrai que le plus grand nombre et les plus exacts, se sont arrêtés du iQ) ou 20 , ou 21 de juillet.

M. Kirch , en ayant fait le calcul pour l'an de la période julienne 338c) , ou i32i> avant Jésus-Christ, a trouvé que le 20 juillet , la canicule se leva astronomiquement à quatre heures précises , le soleil étant alors è i46 & de l'Ecrevisse. et à il0 52' sous l'horison. De sorte, qu'il 'se leva à cinq heures quatre minutes, c'est-à-dire, une heure et quatre minutes, après le lever de la canicule. Ce dernier intervalle ne souffrit aucun changement par la réfraction, qui éleva également, le soleil et la canicule. Elle ne fit qu'avancer de quelques minutes de lems , le lever de l'un et de l'autre. Voilà doue un calcul astronomique, et bien circonstancié, qui convient parfaitement à l'an période julienne 338q, que d'autres raisons avaient fait choisir à M. des Vignoles pour le premier du grand cycle caniculaire.

L'époque du grand cycle caniculaire étant démontrée autant qu'un fait si éloigné l'a pu permettre, donnons une pareille démonstration pour l'ancien cycle caniculaire.

Du teras d'Alfragan, le grand cycle caniculaire , qui courrait alors, était à demi écoulé; supposons qu'il ait encore duré jusqu'à la fin. À l'an 106 de Jésus-Christ, ajoutons un cycle de 1460 ans, nous arriverons à l'an i5o,6 de Jésus- Christ. Cette dernière année, suivant M. Kircn , la canicule se leva à Héliopolis, le 23 juillet julien, à 4 heures 17 ou 1$ minutes du matin, le soleil étant au 90 4*' du Lion , et à 1 1* 43f on 44' sons l'horison. Ainsi le lever de la canicule aura retardé de trois jours, dans l'espace de 2920 ans, depuis le commencement du grand cycle caniculaire. Mais il n'avait fooint retardé dans les 960 années précédentes, comme on le va voir.

Ce cycle , qui commença avec l'ère historique d'Egypte , précéda de 960 ans le grand cycle caniculaire , que nous 1. 3i

ftÇjO DISSERTATION

avons fixé au 20 juillet de l'an période julienne 33ftg. Ce fut donc Tan de la période julienne 2429, et le 20 de juillet, que l'ancien cycle a dû commencer, suivant M. des Vignolês, €t 58 ans plus tard que Marsham ne l'avait voulu.

Le même M. Kircli a trouvé par ses calculs , que l'an période julienne 2429 , la canicule se leva aux environs d'Hé- Iiopolis,'le 20 juillet, à 3 heures 57 minutes du matin, le soleil étant à 120 6' sous l'horison , et au 6° 38' de l'Ecrevisse, moins avancé dans ce signe de 70 25' qu'il ne le fut 960 ans après.

Cette année fut la vingt et unième du cycle solaire, quia pour lettres dominicales CB, dont la dernière sert depuis le mois de mars, el le 20 juillet a la lettre E pour caractère invariable. Ainsi ce jour fut un mercredi : jour de la semaine remarquable à plusieurs égards.

De tout tems , les Egyptiens ont commencé leur année par le mois auquel ils donnèrent le nom de thoth , que l'on emploie communément pour signifier le premier jour dé l'année, et, suivant l'ancien Sanchoniaton cité par Eusèbe, les Egyptiens nomment thoith, et les Alexandrins thoth, celui que les Grecs nomment Hermès. Or, tout le monde sait que l'Hérmès des Grecs est le même nom , que celui de . Mercure chez les Latins* Hermès , dit Clément d'Alexandrie, avait composé quatre livres d'astrologie, dont le premier traitait de la disposition dos planètes , le second des coujonctions et des oppositions au soleil et de la lune, et les autres du lever héliaque des étoiles. Ce fut peut-être, ou par son ordre , ou en son honneur , qu'on donna son nom au mois qui devait commencer l'année , et au jour de la planète qui commence l'ancien cycle.'

Moïse nous a appris que le quatrième jour de la semaine» qui fut le premier mercredi., Dieu fit le soleil, la lune et les étoiles, pour régler les saisons, les jours et les années. La tradition de ce fait, n'aura- t-elle pas pu se conserver parmi les Egyptiens, dont Moïse voulut bien étudier les sciences.

Elle s'est au moins conservée parmi quelques anciens Juifs, Etenim , dit Selden, in Us sunt , qui ah ipsis rerum

initiis ordincm pelantes , primum diem Mercurio assignant,

11 cite là-dessus le rabin Eliezer, qui range les jours delà semaine de ces deux manières :

sur l'axée ancienne. 29 r

4 cT 1

où l'on voit que la première commence par le mercredi , et la deuxième par le dimanche. 1

Nous ne devons pas négliger de remarquer que l'ère célèbre de Nabonassar commença par un mercredi , 26 févriers Ce fut una- rencontre fortuite , si cette année fut effective— ment la première du règne de Nabonassar, comme je le crois. Mais si les auteurs de cette ère ont affecté quelque» chose dans leur choix , ne sera-t-il pas permis de soupçonner qu'ils ont voulu commencer leur nouvelle ère par le même jour de la semaine , par où l'ancienne ère d'Egypte avait commencé ?

Ces convenances ne sont pas des preuves , et M. des Vi-» gnoles Les allègue que comme des appuis subsidiaires de» calculs, sur quoi il se fonde principalement. S'il avait voulu! s'en écarter quelque peu, pour favoriser son système, il n'avait? qu'à retarder de trois ans l'époque de l'ère d'Egypte. De cette façon , elle aurait commencé par un samedi , de même que le grand cycle caniculaire ; et alors l'un et l'autre cycle auraient commencé par le même jour de la semaine de* Egyptiens ; mais ce n'est pas sa méthode. 11 se laisse conduire a\Uant qu'il le peut, par une raison impartiale et par ses calculs.* Tout se soutient jusqu'ici ; il n'a plus qu'à chercher comment il est arrivé , que l'époque de leurs cycles a passé du mercredi au samedi. Au lieu que dans nos années juliennes, la révolution des semaines n'est parfaite qu'au bout de vingthuit ans; dans l'un et Fautre cycle des Egyptiens, elle s'achève au bout de sept ans. Elle s'acheva de môme dans cent trente neuf semaines d'années, qui font neuf cent soixantetreize ans; et la neuf cent soixante-quatorzième année, la* révolution des semaines recommença par un mercredi, et les> trois derniers jours de cette dernière année furent mercredi , jeudi et vendredi. Par-là , finit l'ancien cycle ; et parune suite nécessaire , le samedi commença l'année suivante v qui fut la première du nouveau cycle où les épagomène&~ furent introduits. ( Voyez la- Chronologie du- catalogue de& rois d 'Héiïopolis, y

Précis du système de AT. des Fignoles , touchant la forme ie

Vannée ancienne.

i°. Il commence par nous donner une idée de la manière dont les premiers hommes ont forme le mois et Tannée r et H soutient que l'année , même avant le déluge , n'a été que de trois cents soixante jours ;

20. Il soutient qu'après le déluge, les descendans deNoé gardèrent la même forme d'année sans y rien changer ;

3°. Que dès l'antiquité la plus reculée, l'année civile des Egyptiens n'avait que trois cents soixante jours, non plus que celle de la plupart des autres peuples. Que dans cette première antiquité, la grandeur de Tannée, qu'on appelle julienne, a été çonnue par les prêtres ou les savants Egyptiens. M. des Vignoles fait la comparaison de ces deux sortes d'années, et il prouve par le calcul que 487 années anciences, qu'il suppose de 36o jours, sont parfaitement égales à 480 années juliennes, d'où il conclut qu'il ne fallait qu'ua ealcul bien simple, et quelque peu d'observations de la canicule, pour découvrir cette nouvelle espèce d'année. 11 nomme cette révolution de 487 années , l'ancien cycle caniculaire ;

4Q. U fixe la première époque de l'ancien cycle caniculaire, et de l'ère historique d'Egypte, à un mercredi 2» juillet de Tan période julienne 24*9, avant l'ère chrétienne 3280 , ce qui est constaté par une observation astronomique de M. Hireh, qui dit que la canicule se leva aux environs d'Héliopolis a 3 heures £7 minutes du matin, le soleil étant à i*<> b' sous Thoriso», et au bu 38' de l'écrevisse, moins avancé dans ce signe de 70 25' , qu'il ne le fut 960 ans après, c'est-à-dire lors de l'introduction des cpagomènes;

5*. Enfin, il place l'introduction des épagomèoes et le commencement dii grand premier cycle caniculaire, qui est le cycle qui précéda immédiatement celui duquel Censorin date, à un samedi 20 juillet de l'an période julienne 3389 , avant l'ère chrétienne i3aS. La canicule s'étaot levée astronomiquement, suivant M. Kirch, à 4 heures précises, le soleil étant alors à i4° 3' de l'écrevisse, et à 11* 5a' sous l'horizon ; dé sorte quHl se leva è 5 heures 4 minutes, c'està-dire 1 heure et 4 minutes après le lever de la canicule. Ce

sur Cannée ancienne. 20,3

dernier intervalle ne souffrit aucun changement par la réfraction , qui éleva également le soleil et la canicule : elle ne fit qu'avancer Je quelques minutes de tems le lever de l'un et de l'autre. ,

Remarques.

Il paraît que le système de M. des Vignoles^ pour ce qui concerne l'usage de l'année de trois ceut soixante jours et l'introduction des épagomènes n'est fondé que sur deux passages du Syncelle.

i)a/)s le premier, le Syncelle dit : l'an cinquième de Coucharis 1 vingt-cinquième roi d'Égypte , sous la seizième dynastie » finirent les sept cents ans du cycle , que Manethon appelle caniculaire depuis Mestraïm , premier roi d 'Egypte , c 'est- à-dire , depuis l'an , période julienne t 2429.

Le deuxième est conçu en ces termes : ce roi, dit — il , parlant d 'Aseth , ajouta aux années les cinq jours qu 'on appelle épagomènes , et ce fut sous lui , à ce quon dit , que l 'année égyptienne fut faite de trois cent soixante - cinq jours , au lieu qu 'elle n 'en avait que trois cent soixante avant lui.

Cependant pour fixer l'époque du grand cycle caniculaire, M. des Vignoles cite le passage remarquable de Censorin , qui commence ainsi : horum initia semper a primo die mensis ejus sumuniur , etc. et il dit que Tannée 2S8 de Jésus-Christ , que Censorin donna pour date à son livre le premier jour de thoth, concourut avec le 2-5 juin r et que pour trouver le tems où le premier jour de thoth se rencontra au 20 juillet , Censorin compara, en remontant, les années égyptiennes avec les juliennes , depuis l'an 238 de Jésus - Christ , où il écrivait.

Etant arrivé à Tan centième , qui était l'an de Jésus- Christ , il trouva qu'alors le premier jour de thoth était au 20 juillet : il s'arrêta là.

Suivant M. des Vignoles, Censorin devait remonter jusqu'à l'an i36 de Jésus-Christ , puisque ce fut cette année la que le premier jour de thoth monta au 20 juillet, jour caractéristique du cycle caniculaire.

De la manière dont M. des Vignoles explique ce passage de Censorin , il place l époque du grand cycle caniculaire trois ans plutôt que ne fait M. Fréret . qui se sert également de la même autorité pour déterminer le commencement du

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