SAMSON
1 172. Samson allant à Thamnatha , ville des Philistins,
f>our y épouser une femme , déchire sur sa route un jeune ion qui était venu a lui. (Quelque tems après , il trouve un essaim d'abeilles dans la mâchoire de l'animal avec un rayon de miel. Il propose la chose en énigme à ses convives dans le festin de ses noces. Ceux ci viennent à bout de l'expliquer, par la trahison de sa femme, qui en avait obtenu de lui le dénouement à force de sollicitations , et Samson est obligé de leur payer trente habits pour prix de la gageure. Furieux de cette perte, il se rend à Ascalon, où il tue trente hommes, dont il apporte les dépouilles pour satisfaire à sa dette.
Samson étant aile voir sa femme , trouve que son père lut avait donné un autre époux. Pour se venger de cette insulte, il prend trois cents renards qu'il attache ensemble par la queue avec des torches allumées entre chaque couple , et les laisse ensuite courir les moissons des Philistins, qu'ils embrâsent. Ceux-ci ayant su pourquoi il avait fait cela, prennent
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la femme lie Samson , avec le père de cetle femme, et les brûlent tous vifs. Samson regardant cette satisfaction comme, insuffisante , livre un combat aux Philistins , dont il fait un grand carnage. Trois mille hommes de la tribu de Juda que les Philistins avaient attaqués, leur livrent Samson lié avec des cordes, pour faire cesser leurs hostilités. 11 rompt ses liens , et tue mille Philistins avec une mâchoire d'âne qui se rencontre sous sa main. Quelque tems après , il arrive sur le soir à Gaza , capitale de Tune des cinq satrapies des Philistins. Les habitants croyant le tenir, ferment soigneusement les portes de la ville. Samson s'étant levé pendant la nuit , enlève les portes , les charge sur ses épaules, et les emporte sur une montagne voisine. 11 s'attache ensuite à une Philistine, nommée Dalila. Cette femme, par ses importunités, tire de lui le secret de sa force, Samson lui déclare qu'elle a son principe dans ses cheveux. Dalila le tond pendant qu'il dort sur ses genoux , puis le livre aux Philistins qui lui crèvent les yeux, renferment et le condamnent à tourner la meule.
Les Philistins étant assemblés , un jour de fpte , dans une grande salle à Gaza , font venir Samson pour leur servir de jouet. Ses forces lui étant alors revenues avec ses cheveux , il forme la résolution d'en faire un dernier usage pour se venger de ses ennemis. Conduit par un enfant, il se fait approcher des deux colonnes qui soutenaient tout l'édifice. En les secouant , il écrase sous les ruines de la maison , et lui-même, beaucoup plus de Philistins qu'il n'en avait tué pendant sa vie. Ainsi mourut Samson , après avoir gouverné le peuple d'Israël l'espace de vingt ans. Ceux à qui il paraîtra surprenant , dit dom Calmet , qu'un temple ait pû se soutenir sur deux colonnes , pourront remarquer qu'on a vu le théâtre de Home soutenu sur un seul pivot , et l'amphithéâtre sur deux, Ecce popuhis romanus unioersus , dit Pline (liv. XXXVI, ch. i5), velut duobus navigiis impositus, Unis cardinîbus sustiiietur. Les parents de Samson vinrent à Gaza pour enlever son corps, et l'enterrèrent dans le sé- |>ulcr£ de son père , entre Saraa et Eslhaol.
HÉLL
i i5a. HÉLI, grand-prêtre descendant d'ithamar, est établi ^juge après la mort île Samson. Plusieurs font concourir la judicature d Héli, ayee celle de Samson. Mais on nevoitpas le
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fondement de cette opinion. L'écriture parlant de Sa ni sort * ne dit pas un mot d'Héli , dont elle ne commence à parler que dans le premier livre des rois.
Naissance miraculeuse de Samuel , fils d'Elcana , Lévite de la race de Coré , et d'Anne , à Ramafhaïm-Sophim , sur la montagne d'Kphraïm. il est consacré au Seigneur dans son enfance, et élevé dans te laherrtacle à Silo, où il commence a servir , revêtu d'un pphod de lin , dès qu'il atteint l'âge de douze ans.
I /avarice et l'impiété des deux fils d'Héli , Ophni et Phinéez , et sa molesse a leur égard irritent le Seigneur. Un prophète vient de sa part annocer à Héli qu'il a réprouvé sa maison , que ses deux fils mourront bientôt , dans le même jour , que lui-même sera puni pour avoir toléré leurs excès * et que le souverain sacerdoce sortira un jour de sa maison pour n'y jamais rentrer ; ce qui fut accompli , comme on le verra , sous le règne de Salomon. Héli était le premier grandprêtre de sa famille. On ignore comment cette dignité passa de la branche d Eléazar dans celle d'ithamar.
Dieu révèle au jeune Samuel, pendant la nuit, tandis
Su'il est couché près d'Héli dans le tabernacle , qu'il est prêt 'exécuter le jugement qu'il a prononcé contre la maison de* ce grand-prêtre.
Guerre des Philistins contre les Israël i tes , dans la qua-* rantième année de la judicature d^Héii. Ces derniers sont battus entre Aphec et Eben-Ézer , nommé depuis la Pierredu-Secours, avec perte de quatre mille hommes. Cet échec détermine les Israélites à faire venir de Silo l'arche d'alliance dans leur camp, se promettant une victoire assurée , sous la
Îirotection du Seigneur. Mais ils sont défaits une seconde ois , avec perte de trente mille hommes tués sur la place ; les deux fils d'Héli sont du nombre des morts, et l'arche tombe entre les* mains des ennemis. Héli apprenant la prise de l'arche d'alliance , tombe a la renverse de son siège et meurt de sa chute à l'âge de quatre- vingt-dix-huit ans, après avoir gouverné le peuple pendant quarante ans. Ainsi finit ce grand - prêtre vénérable par sa piété , malheureux par le crime de ses enfants. Sa belle fille , qui était enceinte , expira presqu'en même tems que lui , en se délivrant de son fruit.
ÀCH1TOB.
ma. Achitob, fils de Phinéez succède a son aïeul Héli dans la grande sacrificature.
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!Les Philistins maîtres de l'arche du Seigneur l'emmènent à Azoth , et la placent dans le temple de Dagon leur dieu. (1) Elle. renverse 1 idole jusqu'à deux fois, et cause des plaies honteuses (les hémorroïdes) aux Philistins, qui prennent le parti de la renvoyer au bout de sept mois.
Deux vaches qui traînaient , sans conducteur, le char sur lequel on avait placé l'arche, prennent la route de Bethsamès, ville de Juda, s'avancent en mugissant, parce que les Philistins avaient retenu les veaux qu'elles allaitaient , et s'arrêtent dans le champ de Josué le Bethsamite. Ou était alors dans le tems de la moisson. Tout le peuple , répandu dans la campagne , accourt, transporté de joie , pour voir Parche. On la descend , et on la dépose sur une grande pierre , après quoi, des Lévites (car Bethsamès appartenait a leur tribu) coupent en pièce le char , mettent les vaches dessus, et les offrent en holocauste au seigneur. C'était entreprendre sur le droit des prêtres qui seuls avaient celui de sacrifier. 11 ne paraît pas néanmoins que le seigneur ait désaprouvé cette liberté. Le cas, étant extraordinaire, semble avoir mérité, à ses yeux , une exception. Mais ce qui l'irrita, ce fut la curiosité qui porta les Bethsamites à découvrir Parche , qu'il ne leur était pas même permis de toucher, et à regarder dedans. Il frappe de mort soixante - dix d'entre eux pour celte faute. ( L hébreu .vulgaire et la vulgate, portent que soixante-dix des principaux Bethsamites et cinquante mille du peuple périrent en celte occasion. Mais M. Kennicott fait voir que le texte est altéré dans cet endroit , et prouve , par l'autorité de deux anciens manuscrits hébreux , qu'il n'y eut en tout que soixante-dix Bethsamites qui furent punis de mort pour avoir regardé dans Parche ; a quoi se joint le témoignage de l'historien Josephe , qui ne compte que le même nombre.) L'arche est transportée, par les habitants de Cariatharim , à Gabaa , qui faisait partie de cette ville, dans la
(1) Nous disons leur dieu d'après la Vulgate ; mais suivant l'hébreu , qui n'a point de terme pour marquer une divinité femelle nous pourrions dire également leur déesse. Et en effet il parait que l'idole dont il s'agit était celle de Dercéto, qui avait la figure d'une femme depuis le haut jusqu'à la ceinture, et dans tout le reste du corps celle d'un poisson. Du moins est-il certain , par le témoignage de Diodore de Sicile ( /. 2) , que telle était la divinité qu'adorait la ville d'Ascalon. ( Voyez la Bible d'Avignon, tome IV, Dissertation sur les dignités des Philistins. >