SALOMON
iooï. Salomon succède à David , son père, dans la dixseptième année de son âge. Le pardon qu*il avait accordé à *on frère Adonias , n'avait pas étouffé l'ambition de régner dans le cœur de ce prince. Adonias , pour venir à ses lins, «ngage Bethsabée à demander pour lui en mariage, au nouveau roi , h jeune Abisag, qui avait toujours été auprès de David pendant les dernières années de sa vie. Salomon démêlant ses vues ambitieuses dans cette demande, le condamne à mort. Il prive ensuite Abiathar de la dignité de grand-prêtre, et met Sadoc en sa place. C'est ainsi , dit l'Ecriture, que s'accomplit l'oracle que le Seigneur aoait prononcé contre la maison d'Héli, dont Abiathar ttait arrière petil-
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Jils. Mais il faut remarquer que Sadoc et Abiathar , dès le terns de. David , avaient exercé concurremment les fonctions de la grande sacrïficature. Joab, qui avait suivi le parti d'Adonias, est tiré du coin de l'autel, où il s'était réfugié, et mis à mort par ordre de Salomon. Ce fut Banaias, lun des braves de David , qui fut chargé de cette exécution. Joab était cousin -germain de Salomon, étant neveu de David, comme on Ta dit , par Sarvia, sa mère. 11 avait rendu de grands services à Tétai par sa valeur ; mais il en avait terni le mérite par les plus noires perfidies, et David, en mourant, avait recommandé à Salomon de ne pas les laisser impunies. Sème/ obtient la confirmation du pardon que David lui avait accordé pour les malédictions dont il l'avait chargé dans sa fuite ; mais Salomon y met pour condition qu'il ne sortira point de Jérusalem.
Salomon s'allie avec le roi d'Egypte , dont il épouse la fille , après lui avoir fait embrasser la religion Judaïque. S'éfant rendu à Gabaon, où était le tabernacle, il y offre mille victimes au Seigneur. La nuit suivante , Dieu lui ap-
Îiaraît en songe, et lui dit de demander ce qu'il voudra. Saomon ne lui demande que la sagesse. Elle lui est accordée avec les richesses et la gloire qu il n'avait pas demandées. Dès le lendemain , il manifeste, par un acte éclatant , le don qu'il avait obtenu de Dieu. Deux femmes publiques allaitaient chacune un fils dans la même chambre. L'une s'étant aperçue, pendant la nuit, qu'elle avait étouffé son fruit en dormant, le porta aussitôt dans le lit de l'autre, dont elle tira adroitement le fils, et prétendit ensuite que c'était le sien. La contestation ayant été portée devant Salomon , chacune soutint que l'enfant vivant était à elle. Comme la vérité ne pouvait s'éclaircir par leur témoignage, le roi commande qu'on coupe en deux l'enfant, et qu'on en donne une «art à chacune pour les accorder. La fausse mère y consent ; J?autre s'y oppose, demandant à grands cris quon ne tue point l'enfant et qu'on le donne plutôt tout entier à sa rivale, Salomon , à ce trait , reconnaît la vraie mère , et lui adjuge l'enfant. Tout Israël , instruit de ce jugement , y applaudit avec admiration.
iooo Salomon, disposé à exécuter le dessin du temple, que son père lui avait remis; traite avec Hiram , roi de Tyr , pour lui fournir les matériaux nécessaires à cette entreprise. Hiram avait toujours yécu en bonne intelligence ayee David,
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ttt lui avait fourni des cèdres du Liban (t) pour bâtir son palais. Il s'engage de même avpc Salomon à lui faire couper des cèdres et des sapins sur le Liban , et à les amener au port de Joppé, d'où ce dernier les enverra chercher par ses gens. Salomon , de son côté , lui promet de fournir tous les ans le blé et l'huile nécessaires pour l'entretien dé sa maison.
999. Salomon fait mourir Séméï, pour avoir violé la défense qu'il lui avait faite de sorlir de Jérusalem. 11 remplit ainsi les intentions de David qui s'en était reposé sur sa sagesse , pour ne pas laisser descendre en paix cet homme au tombeau , sans déroger de la grâce qu'il lui avait accordée.
998. La quatrième année du règne de Salomon dans le deuxième mois, appelé alors ziu , et depuis jiar , qui répond , en partie, à notremois d'avril, et en partie à notre mois de mai, ce prince commence la construction du temple , sur la montagne de Moria, dans Paire d'Oman le Jébuséen» (L'hébreu et la Vulgate portent , que cet édifice fut commencé l'an 480, après la sortie d'Egypte. Mais il est visible qu'il va faute de copiste dans cet endroit , puisque saint Paul , comme on la remarqué ci-devant , compte quatre cent cinquante ans pour le seul tems des juges. Il faut lire 648.) Salomon emploie , pour cette construction , cent quatrevingt-trois mille six cents hommes, sans compter les Tyriens et les Sidoniens qui coupaient les bois sur le mont Liban, et les transportaient jusqu'à la mer; sur quoi il est à remarquer que, n'y ayant point encore de bêtes de somme en Israël , c'étaient les hommes , comme encore aujourd'hui à la Chine, qui portaient ou traînaient presque tous les fardeaux.
992. La onzième année du règne de Salomon , suivant la plus commune opinion, au mois de bul (c'est ainsi qu'on appelait alors le huitième mois, nommé depuis marchesvan), qui répond à nos mois d'octobre et de novembre; le temple
(1) Le mont Liban n'appartenait pas au royaume de Tyr, mais au royaume d'Israël, depuis la conquête que David en avait faite sur Adarczcr. Mais les Tyriens étaient réputés comme les plus habiles pour exploiter les bois qui croissaient sur cette montagne. 1. 5b
est achevé après sept ans et demi employés à le hatir cl à le décorer, (i)
Celait un bâtiment couvert, haut de trente coudées (2), long de soixante-dix d'Orient en Occident , et large devinât du nord au midi; ce qui revient à cinquante- deux pied/» et demi de roi en hauteur , cent deux pieds six pouces en longueur , et trente-quatre pieds deux pouces en largeur. Sa longueur était partagée en trois parties, le sanctuaire , le saint cl le vestibule. Dans le sanctuaire , dit aussi le Saint des Saints , était placée l'arche d'alliance entre deux chérubins (3) de bois de cèdre revêtu d'or, qui la couvraient de leurs ailes, et il était fermé par un voile sur lequel étaient brodés aussi des Chérubins. Dans le saint , qu'un voile séparait du sanctuaire , était l'autel des parfums , la table des pains de proposition et le chandelier à sept bi anches. Le vestibule qui était )a partie la plus orientale, avait une porte large de quatorze coudées; «•.'était la seule par où Ton entrât dans le temple, dont tous le"s murs intérieurs étaient lambrissés de cèdre, couverts de lames d'or, et ornés alternativement de figures de chérubins et de palmiers en ciselure et en bosse. Autour de cet édifice régnaient trois étages de chambres pour le logement <les prêtres, et au-dessus de ces étages on voyait les fenêtres qui donnaient du jour au temple. Voila le temple propre-
(1) La célérité d'une construction aussi vaste, aussi variée, aussi riche , a de quoi surprendre . quand on considère que l'Asie entière fut occupé»! pendant deux cent vingt ans à bâtir le temple de Diane, à Ephèse , et qu'elle en mit quatre cents à l'embellir ( Pline , I. 36, c. 14 ) ; que trois cent soixante mille hommes furent emplovés pendant vingt ans à construire une seule pyramide d'Egypte. ( Pline , 1. 36 , c. ia. ) Ce qui ne mérite pas moins notre admiration t c'est le génie qui conduisit cet édifice dont il n'y avait point de modèle.
(2) Il faut entendre cette hauteur non de tout le temple , mais seulement du premier étage ; car le temple en avait trois, dont le premier avait trente coudées. Or, la coudée hébraïque était d'un pied trois quarts.
(3) On n'est point d'accord sur la figure des chérubins. S'ils étaient semblables, comme il y a bien de l'apparence, à ceux qui furent montré» à Exérhiel , dans une vision, on doit dire qu'ils avaient de l'homme le vi»age , les bras et les cuisses; du lion le cou, les épaule* et la poitrine ; de l'aigle les ailes, et du veau les pieds. Cet assortiment bizarre , en apparence , était symbolique, et peignait d'une manière énergique la science, la force, la promptitude et l'obéissance des esprits célestes.
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ment dit. Maïs il était environné de plusieurs cours formées par diverses enceintes composées de galeries , et d'autres, bâtiments pour le logement des lévites et pour les b soins du temple. Dans Tune de ces cours au-devant du vestibule était l'autel des holocaustes, au tour duquel étaient creusés divers conduits pour faire écouler le sang des victimes. Les prêtres étant obligés de se purifier avant et après les sacrifices , Salomon tit faire pour cet usage et placer dans la même cour une grande cuve qu'on appelait la mer d'airain et oui mérite ce nom à cause de sa capacité. Elle était d'une -seule pièce, et ^vait cinq coudées de profondeur , dix de diamètre d'un bord à Pautre, et environ trente de circonférence; par conséquent elle pouvait contenir deux cent vingtcinq tonnes d'eau. Le bord de ce vase était orné d'un cordon, et embelli de pommes, de boulettes et de tôles <bî bœufs. Il était porté sur un pied qui était comme une grosse colonne creuse, et outre cela posé sur douze bœufs disposés en quatre groupes , et laissant quatre passages pour aller tirer l'eau par des robinets attachés au pied du vase.
Suivant dom Calmet, toute la circonférence du temple était de io2r) pieds de roi. 11 est remarquable que dans toute, la construction de cet édifice , on n'entendit ni le marteau , ni la coignée , ni le bruit d'aucun instrument , parce qu'on n'y employa que des matériaux déjà tout taillés et achevés de polir avant que d'être amenés sur place. Tout le parvis intérieur ou le parvis des prêtres était bâti sur trois rangs de pierres et un rang rie bois alternativement. C'était une manière de bâtir propre à ce pays-là , et fort du goût des anciens , qui bâtissaient ainsi leurs grands murs d'un mélange de bois et de pierres. ( Calmet. )
991. L'année suivante, le 8 du septième mois, d'abord nommé éthanim, depuis thisri, qui répond à nos mois de septembre et octobre, Salomon célèbre la dédicace du temple, après y avoir fait transporter avec pompe le tabernacle et l'arche. La majesté du Seigneur remplit alors le temple ; le feu du ciel descend sur les victimes et les consume, i.ette fête, qui dura sept jours, fut immédiatement suivie de celle des tabernacles, qui eut la même durée; et le huitième jour «le cette dernière fête, Salomon congédia le peuple après l'avoir béni.
Ce temple est le seul que Dieu ait permis aux Israélites de lui bâtir, voulant marquer par- là son unité. C'est dans le
même dessein Qu'il défendit de lui offrir en un autre endroit des sacrifices. Il ordonna que tout son peuple vînt dans ce temple lui offrir ses hommages trois fois 1 année, pour le convaincre de son domaine suprême et de son immensité.
Salomon , après avoir achevé le temple , bâtit encore le palais des rois, dont l'architecture était digne d'un si grand prince. Sa maison de plaisance , qu'on appela la maison du Liban , était également superbe et délicieuse. Le palais qu'il éleva pour la reine fut encore une nouvelle décoration à Jérusalem. Tout était grand dans ces édifices, les salles, les vestibules , les galeries, les promenoirs, le trône du roi , le tribunal où il rendait la justice. Le cèdre fut le seul bois qu'on employa dans ces ouvrages : tout y reluisait d'or et de pierreries. Les citoyens et les étrangers admiraient la majesté des rois d'Israël. C'est après ces constructions , qui durèrent treize ans et demi, et ne furent par conséquent achevées qu'en la vingt-quatrième année de Salomon, que les septante placent la dédicace du temple; et ce sentiment est adopté par Sulpice Sévère et le vénérable Bede ; mais ce n'est pas toutefois le plus certain.
Salomon fonde des villes , dont la plus célèbre est celle de Palmire ou Tadmor, près de l'Arabie déserte, dont on admire encore aujourd'hui les ruines, et fortifie des places sur les frontières de ses états. Il assujétit et rend tributaires divers peuples voisins , de manière que sa domination s'étendit depuis l'Euphrate jusqu'à l'Egypte. Comme il avait fort à cœur le commerce maritime , il se transporta sur les bords de la mer Bouge, où David son père avait fait construire les deux ports d'Asiongaber , ou Hesion-Gaber et d'Aila on Elalh, les répara, les augmenta, les fortifia, et y fit venir des côtes de la Palestine autant de gens de mer qu'il lui fut possible. ïliram, roi de Tyr, qui possédait aussi des ports sur la mer Rouge, et dont les sujets passaient pour les meilleurs gens de mer et lès plus habiles çommerçans , lui fournit une flotte qu'il fît partir pour Ophir; c'est le Monomotapa, suivant l'opinion la plus probable. D'autres prétendent que le pays d'Ophir est le même que le royaume de Sofala dans la Cafrerie , sur la côte de Mozambique , vers le Zanguebar. On y trouve en effet de riches mines d'or et de fer et beaucoup d'éléphans. Quoi qu'il en soit , le voyage d'Ophir fut répété plusieurs fois du tems de Salomon , et enrichit tellement la Judée, que l'argent y était presque de nulle valeur. t,es successeurs de ce prince continuèrent ce commerce ,
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dont les rois de Syrie s'emparèrent ensuite. La flotte employa trois ans à ce voyage, doublant le cap de Bonne-Espérance, puis côtoyant les rivages de l'Afrique occidentale pour venir gagner l'embouchure d,u Guadalquivir, au-dessus de laquelle se trouvait une île formée par un bras de ce fleuve , et nommée Tartessus ou Tarsù , dont les richesses et l'étendue sont décrites par Bochart. Delà, après le séjour nécessaire pour le commerce, elle reprenait la route d'Asiongaber , d'où elle était partie, rapportant une quantité prodigieuse d'or, d'argent , de pierres précieuses et d'ébène. Le revenu ordinaire de ce prince était de 666 talents d'or, faisant de notre monnaie 46,620,000 livres , sans compter ce oui lui était payé par les rois tributaires et par les marchands qui trafiquaient dans ses états.
La reine de Saba, dans l' Arabie-Heureuse (1) (et non dans Pile de Mervé, en Egypte) attirée par la grande réputation de Salomon ,' vient à Jérusalem , en grand cortège, pour vérifier toutes les merveilles qu'on racontait de ce prince. Après avoir examiné les choses avec attention, elle reconnaît que la renommée ne lui a pas appris la moitié de ce qu'elle voit. Elle admire dans la personne du monarque hébreu l'air de majesté qui la%relèvc, dans ses discours la sagesse avec laquelle il répond aux questions énigmaliques qu'elle lui propose , dans sa maison l'ordre et la magnificence qui y régnent; enfin , elle s'en retourne pleinement satisfaite, après lui avoir fait de très-beaux présents dont elle reçut au moins l'équivalent dans ceux que Salomon lui fit. Entre les curiosités qu'elle avait apportées de son pays , Josephe {Antiq. VIII. 2) remarque la plante appelée Baume. Il y a apparence , dit Prideaux , que ce fut de ce pays là que vint , dans la suite , tout le baume de Judée , et que Jéricho se trouva le seul territoire propre pour cet arbrisseau. C'est du moins le seul où l'on remarque qu'il s'en rencontrât. Mais il y a long-tems que les jardins, où on le cultivait, sont détruits ; et il n'y a plus aujourd'hui de baume en Judée.
Salomon prend une licence qui lui devient funeste, en épousant des femmes étrangères d'entre les nations avec lesquelles Dieu avait défendu aux Israélites de s'allier. Il eut jusqu'à sept cents femmes qui portèrent le titre de reines ,
(1) Les habitants de l'Arabie heureuse montrent encore aujourj d'hui le lieu où cette reine vint au inonde.
et trois cents concubines ou femmes du second rang. Elles lui pervertirent le cœur, et l'engagèrent à permettre dans ses états l'exercice public de l'idolâtrie. 11 bâtit , pour leur complaire un temple à Charnus, dieu de l'ivrognerie, sur la montagne appelée depuis des Oliviers. 11 en éleva un autre à Molocn , dieu des Ammonites, auquel on sacrifiait des animaux et des enfants; un autre a Astarte ou Astarolh ( la lune ), déesse des Sidoniens. Son apostasie ne demeura point impunie. Dieu lui prédit, qu'après sa mort , son royaume sera divisé , et qu'il n'en restera que la moindre part ie à son héritier. Il lui suscite plusieurs ennemis qui font beaucoup de mal à Israël.
Salomon fait combler la profondeur qui est entre les deux villes de Jérusalem, c'est-à-dire, entre l'ancienne Jébus , et la cité de David, et fait élever un mur qui ferme la ville de ce côté là. C'était empiéter sur les droits du peuple , qui était en possession de tenir ses assemblées et ses marchés sur ce terrain. Jéroboam , préposé sur ceux de la tribu J'Ephraïm , qui étaient employés à ces travaux , les excite sourdement à la sédition. Le prophète Ahias, l'ayant rencontré quelque tems après dans la campagne, lui prédit qu'il régnera sur dix tribus d'Israël. M. des Vignoles prétend qu'il faut compter de cette année celles du règne de Jéroboam. Mais c'est ce qui n'a aucune apparence , puisqu'on ne voit pas que Jéroboam , du vivant de Salomon , ait pris le titre de roi , et qu'après sa mort , au contraire , il reconnut d'abord Roboam. Ce rebelle, apprenant que Salomon , instruit de ses menées, le fait chercher, s'enfuit en Egypte , auprès de Sésac, roi de ce pays.
962. Mort de Salomon dans la quarantième année de son règne et la cinquante-sixième de son âge , suivant l'Ecriture. Josephe le fait régner quatre-vingts ans, et vivre quatrevingt-quatorze. Plusieurs pères prétendent qu'il a fait pénitence, d'autres le nient. On n'a rien de certain à cet égard. Salomon est le premier roi d'Israël qui ait eu une cavalerie en règle. Avant lui, comme on l'a déjà dit, les Israélites n'avaient guères d'autres montures que des ânes et des mulets. Salomon, dit l'Ecriture ( Parai i p. II, c. 9, vs. 2.5) , eut quarante mille chevaux dans ses écuries , douze mille chariots et douze mille hommes de cheval; il les distribua dans les villes qui étaient destinées à les loger , et dans Jérusalem , auprès de sa personne. Aussi était-il maître , en partie, de l'Arabie pétrée et de l'Arabie déserte , deux pays où Ton sait que le*
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chevaux sont communs et excellents, qu'ils sont un des jtlus grands objets de commerce, et qu'ils font encore aujourd'hui, comme autrefois, la plus grande force de ces peuples guerriers.
L'historien Josephe raconte que, lorsque ce prince allait €n campagne, il était escorté d une troupe de jeunes cavaliers d'une taille avantageuse , vêtus de pourpre, ayant les cheveux poudrés d'une poudre d7or, qui jettait un éclat merveilleux et semblable à réclat du soleil.
Salomon est auteur de trois ouvrages qui sont placés entre les livres saints, les Prooerbes, qui ne sont qu'un extrait de trois mille paraboles qu'il avait écrites; VEcclêsiuste, ou le Prédicateur, livre tissu de réflexions et de maximes morales (i), et le Cantique des Cantiques , qui est une espèce d'épi tha la me composé à l'occasion de son mariage avec la fille du roi d'Egypte , ouvrage profond où , sous l'emblème de l'amour conjugal , est représentée l'union de Jésus-Christ avec son église. Salomon avait écrit bien d'autres livres qui ont été la proie du tems. L'historien Josephe lui attribue cinq mille cantiques, que d'autres réduisent à quinze cents , et des traités sur toutes les plantes, et sur tous les animaux. Les livres étaient déjà communs de son tems , et il se plaint lui-même qu'on écrit sans fin.
De mille femmes, compris trois cents concubines, qu'eut Salomon, ce prince ne laissa qu'un fils qui suit, et deux filles, Taphet etBasemath, qui vécurent dans l'obscurité.
Après la mort de ce prince, Koboam, son fils, se rend à Sichem, où tout Israël s'était assemblé pour le proclamer roi. l e peuple ayant à sa tête Jéroboam, lui demande, en termes peu respectueux, la diminution des impôts, dont Salomon l'avait chargé. Roboam demande trois jours pour
(i) Quelques commentateurs doutent , sur des raisons assez frivoles , que rKcclés aJe soit de Salomon; mais tons conviennent qu'il est d'un écrivain antérieur au tems <le la captivité. Daus ce livre, comme dans celui des Proverbes, que personne ne conte>te à Salomon , on lit un témoignage bien formel en faveur de l'immortalité de l'âme. Que la poussière , est-il dit dans le cli XII, v. y , retourne âpre»» la mort ) dans la terre d'où elle était tirée , et çue l'esprit retourne vers le Seigneur qui l'a donné. Et dans le second , cb. xxv , v. 3a , X impie meurt dans son impiété , et le juste a de l'espérance à la mort. Ce dogme était donc connu des Juifs long-tems avant qu'ils fussent emmenés captifs à Babylone.
délibérer. Dans cet intervalle, il consulte les vieillards qui avaient été du conseil de Salomon , et leur avis est de donner satisfaction au peuple , qu'ils voient disposé à la révolte» M consulfe ensuite les jeunes compagnons de son éducation, qui lui persuadent le contraire, et lui suggèrent la réponse la plus dure et la plus outrageante. Les Israélites étant revenus , le plus petit de mes doigts , leur dit-il , est plus gros que n'était le dos de mon père.... Il vous a frappés avec des verges ordinaires , et moi je vous châtierai avec des églantiers (espèce de rosier sauvage. ) Le peuple irrité de ce discours , abandonne Roboam. Deux tribus seulement, Juda et Benjamin, lui demeurent fidèles; les dix autres élisent pour roi Jéroboam. Il y eut alors deux royaumes séparés , celui de Juda et celui d'Israël. \