DAVID
ko4o. David, après avoir consulté le seigneur, se rend à Hébron où il est sacré roi par la tribu de Juda. Il était figé pour lors de trente ans. Abner, de son côté, fait proclamer roi, par les autres tribus, Isboselh, HLs de Saul, âgé de quarante ans.
xo'6$. Guerre entre les deux maisons de David et de Saul. Leurs armées respectives en viennent aux mains près de Gabaon. Abner est vaincu , et dans sa fuite, étant poursuivi par Asaël, frère de Joab , général de David, il le tue, après lavoir vainement prié de s'éloigner.
Abner se brouille avec lsboseth , et , résolu de l'abandonner, il envoie demander à David son amitié. David la lui promet, à condition qu'il lui ramènera Miehol , sa femme, que Saul , comme on l'a dit, avait donnée à un autre ; ce qui est exécuté. Abner, sur le point de faire passer tout Israël sous l'obéissance de David, est tué en trahison par Joab qu'un double motif portait à se défaire de lui , le désir de venger la mort d* Asaël, son frère, et la crainte d%être supplanté par ce rival dans le commandement des troupes. David déteste cette lâche perfidie, commise à son insu, et pleure sincèrement Abner,
ïo33. Autre perfidie plus favorable à ses intérêts, mais également commise sans son aveu. Deux officiers d'Isboseth lui coupent la tête pendant qu'il dormait , et l'apportent à David. Mais au lieu de la récompense qu'ils attendaient, çe prince les fait mettre à mort. Isbosçlh avait régné sept an*
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«ur Israël , ou six seulement eu comptant la deuxième année depuis la mort de Saiil pour la première de son règne. Ce dernier sentiment est celui du P. Houbigant t qui prouve , en même-tems ,v qu'il y a une altération manifeste dans le dixième verset du deuxième chapitre du deuxième livre des rois , où il est dit qu'lsboseth régna deux ans. ( l'oyez sa note sur ce verset. )
Six mois après la mort d'Isboseth , les anciens d'Israël étant venus trouver David à Hébron, se soumettent à lui, et le sacrent roi d'Israël.
io3a. David prend la ville haute de Jérusalem sur les Jébuséens. C'était entre les Chananéens , le peuple le plus belliqueux. Us comptaient tellement sur leurs forces et sur la situation avantageuse de leur ville, qu'ils n'opposèrent à David que des aveugles et des boiteux. Sa valeur ayant triomphé de leur confiance, il établit sa demeure dans la forteresse de Sion, n'ayant point encore d'autre logement.
io3i. Ce prince ayant dessein de se donner à Jérusalem , une demeure qui répondit à sa dignité, envoie demander à Hiram, roi de Tyr , des bois de cèdre et des ouvriers , pour lui bâtir un palais, ce qui lui est accordé.
io3o. Guerre des Philistins contre David. Ils sont battus à Baal - Pharasim , où ils laissent leurs idoles en fuyant t et ensuite à Gabaa, d'où ils sont poursuivis jusqu'à Gezcr, ville voisine d'Accaron.
1029. Dâvid entreprend de faire venir l'arche de Cariathiarim à Jérusalem. On 'la place sur un char neuf, traîné nar des bœufs. Ces animaux regimbent sur la route, et l'arche paraît chanceler. Oza étend la main pour la soutenir, et Dieu le frappe de mort. On suppose ordinairement qu'Oza était lévite, comme étant fils d'Abinabad, chez qui l'arche avait reposé , ce qui semblerait le rendre excusable ; mais il n'était permis qu'à ceux de la famille de Caath de porter l'arche, et encore fallait-il qu'elle fût enveloppée de trois voiles. Le châtiment rigoureux qu'Oza éprouva , pour une faute qui semblait ne partir que d'un zèle indiscret, a de quoi nous étonner. Mais Dieu voulut par là inspirer aux Israélites plus de respect pour le symbole de sa présence, qu'ils n'en auraient eu sans cela* Souvenons-nous que Dieu
conduisait les enfants d'Israël par la crainte, comme il conduit les Chrétiens par l'amour.
David effrayé , dépose l'arche dans la maison du lévite Obededom , où elle resle trois mois. Obededom est appelé Gethéen , dans le deuxième livre des rois , ( VI , v. 1 1 ), non qu'il fut de Geth , ville des Philistins, mais par ce qu'il y avait autre fois demeuré avec David; pour la qualité de lévite que nous lui donnons, elle est fondée sur le premier livre des Parai ipomèncs (X.V, 21 et 24), où il est qualifié portier ou chantre.
David apprenant que Dieu bénissait Obededom à cause de l'arche, vient la prendre et l'amène en grande cérémonie, a Jérusalem. L écriture dit que, dans la marche, il la précédait et sautait nu «levant elle , nudité qui doit seulement s'entendre du dépouillement de ses habits royaux ; car il est dit au même endroit, qu'il était revêtu de l'éphod ou robe de lin, que portaient les pt êtres. Michol , sa femme , l'ayant raillé a son retour, de s'être ainsi rabaissé à la vue de son peuple, Dieu, en punition de son orgueil, la frappe de stérilité. David place l'arche dans le tabernacle qu'il lui avait fait préparer sur la montagne de Sion , et établit dans ce lieu, des lévites, pour chanter devant le Seigneur.il nomme Abiathar pour faire les fonctions de grand prêtre à Jérusalem , et Sadoc pour exercer les mêmes fonctions à Gabaon, où était resté l'ancien tabernacle. Il y eut donc alors deux tabernacles et deux lieux où l'on sacrifiait dans Israël Nous remarquerons même, avec un habile homme (Valable), que jusqu'alors, depuis que l'arche avait été séparée du tabernacle, il n'y avait plus aucun lieu déterminé pour sacrifier.
1028. La terre d'Israël demeurait toujours tributaire des Philistins. David eut 1 éprend de lui ôter cet opprobre. Il porte la guerre chez les Philistins, leur livre avec succès différentes batailles, et ne consent à se retirer qu'après les avoir obligés de renoncer au tribut qu'ils avaient imposé à son peuple Ce prince, dans les années suivantes, remporte plusieurs victoires sur les Moabites, sur Adarezer, roi de Soba, sur les Syriens de Damas, sur les Ammonites, sur les Iduméens Tous ces peuples turent assujétis et forcés de lui payer tribut, ensorte que la domination de David s étendit depuis la Méditerranée , jusqu'à l'J&upkratç. Teli« était U
puissance de ce prince, qu'un mbderne ose qualifier àè melk , ou de roitelet.
Par la conquête de l'Idumpe, il se trouva maître d'Elath et d'Asiongabcr, deux villes situées sur les bords de la mer rouge, et dont il tira grand avantage, pour étendre le commerce des Hébreux, par le détroit de Bab^lmandel, dans l'Océan. David fidèle à la parole qu'il avait donnée à Jonathas, d'avoir soin de sa famille, lorsqu'il serait parvenu au trône, fait venir Miphiboseth, fils de ce prince, lui rend toutes les terres de Saiil , son aïeul, et le fait asseoir (i), tous les jours à sa table.
1026. Naas, roi des Ammonites, chez lequel David, lorsqu'il s'enfuit de la cour d'Achis, roi de Getli. avait trouvé un asile, étant mort, David députe des ambassadeurs à Hanon, son fils et son successeur, pour le consoler. Hanon, par le conseil de ses courtisans, prend ces ambassadeurs pour des espions, et les traite avec la dernière ignominie. Irrité de ce trait d'ingratitude, David envoie Joab et Abisaï, sort frère, contre les Ammonites , qui s'étaient fortifiés de l'alliance des Syriens, Les généraux d'Israël sont vainqueurs dans une bataille donnée près de Medaba. Les Ammonites appèlent à leur secours les Syriens d'au delà de L'Kuphrate. David marche contre eux avec toute l'armée d'Israël , et s'avance jusqu'à Elam, dans la Perse. Les Syriens sont mis en fuite après avoir perdu sept mille cavaliers, sept cents chars (il y avait dix nommes su»* chaque char) et quarante mille hommes de pied. Nous suivons, pour ces nombres, la version du P. Houoigant , qui nous parait plus correcte que la Vulgate.
1024.. David envoie Joab pour faire le siège de Rabbath, capitale du pays des Ammonites. Il demeure cependant a Jérusalem , et y tombe en adultère avec Bethsabée, femme d'Urie Hetheen , qui combatait alors dans l'armée d'Israël. Voulant ensuite épouser Bethsabée , il mande à Joab de? faire périr Urie dans le combat. Ses ordres sont malheureusement exécutés.
(1) Anciennement les Hébreux , les Egyptiens et les Grecs s'asseyaient à table pour manger. Les Perses, au contraire, prenaient lnurs repas couchés sur des lifs place's autour de ta table. Cette coutume fui ensuite adoptée par les autres peuples.
43a * ABROGÉ CURONOLOÔIQtJË
ioa3. Bethsabée met au monde un fils qu'elle a conçu de son adultère. Dieu envoie le prophète Nathan , pour reprocher à David son double crime, et lui en prédire la punition. David s'humilie , et le prophète lui déclare que Dieu lui pardonne. Mais il lui annonce en même tems, que le fils qu'il a eu de Bethsabée , ne vivra pas.
îoaa. David se rend au siège de Rabbàlh , l'emporte d'assaut après deux ans de résistance , et l'abandonne au pillage. Parmi le butin qu'on y fit , se trojva la couronne d'or, qui était sur la tête de l'idole de Melchom, ou Moloch, pesant un talent , sans compter les pierres précieuses, dont elle était ornée, c'est-à-dire, qu'elle pesait, suivant l'évaluation de dom .Calmet, quatre- vingt-six livres , quatorze onces et cinq gros dé notre poids de marc. On la mit , dit l'Ecriture , sur la t£te de David , ce qui signifie apparemment qu'on la suspendit sur son trône, pour l'ornement; car elle était d'un trop grand poids , pour être portée sur la téte. A l'égard des habitants de liabbath que le soldat avait épargnes, David, suivant la Vulgate , en fit écraser une partie sous des tiaîneaux et des chariots armés de fer, dont on se servait pour battre le grain ; il en fit mettre en pièces une autre partie , et fil brûler le reste dans des fourneaux à brique. Cette cruelle manière de faire la guerre était commune et réciproque parmi ces peuples. David ne fit que faire subir la loi du talion aux Ammonites ; encore doit-on supposer, qu'il le fit par l'ordre exprès de Dieu. Mais si l'on* consulte le texle hébreu , ces cruautés disparaissent dans la conduite de David à l'égard des Ammonites. Ce prince les employa , suivant la version de Pagnin , à scier des pierres de marbre , à tirer des traîneaux , dont on se servait pour battre le blé , à couper du bois , à façonner des briques, ou a avoir soin des fours où on les cuisait.
ioig. Amnon , fils aîné de David, brûlant de passion pour Thamar, sa sœur consanguine, feint d'être malade, et ayant attiré cette princesse dans sa chambre, sous prétexte de le soulager, il entreprend de lui faire violence. Thamar se défend , en le conjurant de la demander en mariage à son père , plutôt que de la couvrir d'ignominie en lui faisant un pareil outrage. On conclurait mal de là cependant que les mariages entre frères et sœurs , de différents lits , étaient permis autrefois chez les 'Juifs. La loi de Moïse défend positive-
de l'histoire sainte. 4£3
ment tes sortes d'alliances , dont il n'y a point d'exemple dans l'histoire de cette nation. Ce que dit ici Thamar ne doit donc être regardé que comme l'effet du trouble que lui causait l'affront qui lui était préparé. Amnon le regardant de même assouvit sa passion , puis chasse honteusement la princesse de chez lui. En retournant au palais de son père f toute éplorée et jetant de grands cris, elle rencontre Absa Ion , son frère de père et de mère , qui tâche de la con~ soler et promet de la venger , ce qu'il ne manqua pas dans la suite de faire,
1017. Bethsabée donne à David un second fils , qu'il nomm<î Salomon.
Absalon , fils de David et de Maacha , comme ïhamar ^ venge l'outrage qu'Amnon avait fait à sa sœur , en le faissant massacrer dans un festin , où il l'avait invité avec tous les princes ses frères. Le malheur de Thamar , comme le remarque un moderne, ne fut qu'un prétexte pour se défaire d' Amnon. Absalon cherchait à se frayer la route du trône, par la mort de son aîné qu'il suivait immédiatement. Après ce coup, il s'enfuit chez Tholomaï, son aïeul maternel , à Ges-. sur , où il demeure l'espace de trois ans.
1014. Joab obtient le rappel d' Absalon , par le moyen d'une femme sage de Thecua , qu'il engage à parler à David en sa faveur.
1012. Absalon, après être resté deux ans à Jérusalem; sans avoir la permission de voir le roi , son père , est admis en sa présence , et parfaitement réconcilié avec lui.
pour raccompagner, avec cinquante hommes pour sa garde. Tout étant concerté pour l'exécution de ses vues , il se rend à Hébron , avec ses partisans (1) 9
(1) La Vulgate porte qu' Absalon, quarante ans après , demanda au roi David la permission d'aller à Hébron, où il exécuta son pernicieux dessein. Il est plus naturel de dire , avec M. de Saci , il y en a qui lisent quatre ans t selon quelques manuscrits et selon Josephe%
sous prétexte de s'acquitter d'un vœu * et s'y fait proclamer roi , quatre ans révolus après son retour de Gessur.
1010. David averti que tout Israël prend le parti d'Absalon, est obligé de fuir, et sort à pied de Jérusalem avec très-peu de troupes. Il renvoyé dans celte ville les grandsprêtres, Sadoc et Abiathar qui voulaient le suivre et emportaient l'arche d'alliance avec eux. Semeï , de la maison de Saûl, maudit David sur sa route, et lui jette des pierres. Abisaï veut le tuer , et David l'en empoche.
David apprend dms sa fuite qu' Achitophel , l'une des meilleures têtes de son conseil , s est rangé du parti d'Absalon. Il prie le Seigneur de traverser les desseins de ce traître. Chusaï , de concert avec David , se détache de ce prince , et va trouver Àbsalon , feignant d'avoir abandonné tes intérêts de son père.
Arrivé à Jérusalem , Absalon , par le conseil d'Achitophel , s'approche publiquement des femmes de son père. Achitophel demande à Absalon douze mille hommes d'élite, pour aller à la poursuite de David. Chusaï consulté par le jeune prince , s'oppose à ce dessein. Absalon , par la permission du Seigneur , préfère le conseil de Chusaï, quoique le moins avantageux pour lui. Achitophel prévoyant les suites funestes ,du conseil de Chusaï , va se pendre de désespoir.
David passe le Jourdain * et se met en sûreté. Absalon ayant rassemblé tout Israël , marche contre son père , qui se trouvait alors en forces. David fait le dénombrement de ses troupes , qu'il divise en trois corps , dont il donne le
que de recourir à diverses époques qui n'ont aucun fondement. En effet Josephe, qui, dans le récit de cette conduite d' Absalon, a suivi pied à pied les nombres de l'Ecriture, quand il est parvenu à cette circonstance particulière , dit qu Absalon se révolta quatre ans après sa réconciliation avec son père. 11 n'y a aucune variété dans la version de Ru fin , non plus que dans les autres versions, 6u dans les manuscrits de Josephe\ Le nombre de quatre ans se trouve aussi dans la version syriaque de ce passage de l'Ecriture, de même que dans l'arabique. Si ce prince eût été âgé quarante ans, lorsqu'il monta sur le trône, l'Ecriture n'auraii pas dit qu'il rejeta les conseils des vieillards qui avaient servi sous son père , pour suivre le conseil des jeunes gens qui avaient «*té nourris avec lui et le servaient. La dénomination déjeunes gens ne convient pas à des gammes âgés de quarante ans.
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commandement a Joab et à ses deux frères. Il veut aller luimême attaquer son fils rebelle, mais le peuple s'y oppose , et l'oblige de rester à Mahanaïm. La bataille se donne dans la forêt d'Ephraïra , et l'armée d'Absalon , commandée par Àmasa , cousin de Joab et neveu de David par Abigaïl , sa mère , est taillée en pièces. Ce prince fuyant sur une mule , sa chévelure , qui était fort épaisse , s'embarasse dans les branches d'un arbre , auquel il demeure suspendu. Joab en étant averti , court à lui , le perce de trois dards , et l'ayant laissé mort , il fait sonner la retraite. Ainsi finit ce princeambitieux et dénaturé. L'Ecriture, suivant la vulgate, dit que chaque année il faisait tondre sa chévelure qui l'incom-»- . modait à force d'être épaisse , et que ses cheveux pesaient deux cents sicles au poids du roi , c'est-à-dire , selon les uns , au moins trois livres et deux onces , et le double selon d'autres. Mais un habile homme qui a travaillé sur cet endroit de l'Ecriture , croit , avec assez de raison , que- le poids du. roi marque ici des sicles babyloniens , qui n'étaient, selon lui , que le tiers des sicles hébreux, et par conséquent les deux cents sicles ne feraient que trente-une onces , ce qui. n'est nullement incroyable , puisqu'au rapport des perru*-' quicrs , il y a des femmes qui portent plus de trente-deux onces de cheveux à leur tête. De plus, il y a beaucoup d'apparence , dit dom Calmet, que ce poids de deux cents sicles, comprend non -seulement ce qu'on coupait de cheveux à Absalon , mais aussi ce qu'on lui en laissait , dont on faisait l'estimation, en le comparant avec ce qu'on en coupait | car il n'y a nulle apparence qu'on lui coupât toute sa chévelure, l'expérience faisant voie que les cheveux ne croissent pas plus de quatre doigts en un an. Quelques — uns pensent , néanmoins , qu'il est encore plus vraisemblable d'entendre de la valeur que du poids ce qui est dit ici des cheveux d'Absalon ; et la version des Septante favorise cette explication. On remarque aussi que ce prince fut le premier qui introduisit les chevaux dans Israël. Jusqu'alors , les rois ne montaient que des mules , et les grands de l'état n'avaient point d'autre monture. Elles étaient fécondes en Syrie , et concevaient par l'accouplement avec les mulets.
David pleure amèrement son fils Absalon , qu'il avait recommandé spécialement aux troupes d'épargner. Absalon t n'ayant point de fils, s'était fait dresser de son vivant une colonne dans la vallée du roi, près de Jérusalem, comme un monument propre à perpétuer son nom. Il l'appela U
main d'Absalon, et on la voyait encore du tems de l'historien Josephe à trois cents pas de la ville.
Toutes les tribus reviennent à David ; mais à peine a-til passé le Jourdain , qu'une altercation qu'elles ont avec celle de Juda, excite une nouvelle révolte. Séba, fils de Bochri, de la tribu de Benjamin, se met à leur téte. David est plus eflayé de cette rébellion que de celle d'Absalon. 11 fait marcher Amasa pour la réprimer, avec toutes les forces de Juda. Craignant que cette armée ne soit encore trop faible, il envoie quelques jours après, pour la renforcer, les Céréthiens et les Phéléthiens, qui composaient sa garde f et les braves de sa maison, sous le commandement d'Abisaï. Joab était du nombre de ces derniers ; mais David , par mécontentement , lui avait ôté la charge de général. Jaloux de se voir supplanté par Amasa, Joab le tue en trahison (i), et se met à sa place. Séba poursuivi , va se renfermer dans Abela, où Joab vient aussitôt l'assiéger. Cette ville située au pied du Liban, était réputée de tout tems pour une de celles où il y avait le plus de personnes intelligentes et de bon sens. Joab poussant le siège avec ardeur, une femme des plus sages et des plus avisées de la ville , après avoir conféré avec lui du haut des remparts, engage les assiégés à lui jeter la tête de Séba par dessus les murs. Il ne l'a pas plutôt reçue, qu'il fait sonner la retraite; alors toutes les tribus rentrent sous l'obéissance de David. En punition des cruautés que Saiil avait exercées contre les Gabaonites, le Seigneur afflige la terre d'Israël d'une famine qui dure trois ans. L'Écriture ne dit rien de ces cruautés dans l'histoire de Saiil; on conjecture, avec assez de vraisemblance, qu'apis avoir ruiné la ville de Nobé, Saiil pensant à transporterie tabernacle à Gabaon, en chassa les habitants, comme des profanes indignes de demeurer dans une ville que la présence du sanctuaire allait consacrer. Quoiqu'il en soit , la conduite atroce de Saiil envers les Gabaonites, était une violation manifeste du traité d'alliance perpétuelle , que
(i) L'Ecriture dit ( Reg. n , c. xx , v. 8.) que Joab ayant rencontre Amasa près de la grande pierre de Gabaon , le prii par la barbe de la main droite pour le baiser, et lui passa de l'autre soit ép«?c au traders du corps. La coutume des Hébreux , entre amis* était de se saluer en se tenant mutuellement la f>?r\>è. Chti les Grccf on touchait la barbe de celui à qui on faisait une prière» ^ .
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Josué avait fait avec eux. David pour les satisfaire leur livre sept petits-fils de Saiil, qu'ils pendent ou crucifient (i) au commencement de la moisson des orges, c'est-à-dire, vers la mi-mars. Parmi ces sept victimes de la vengeance divine se trouve un Miphiboseth qu'il ne faut pas confondre avec le fils de Jonathas. Celui-la était fils de Respha.
David encourt l'indignation du Seigneur en faisant faire le dénombrement de son peuple , dont il se trouve huit cent mille hommes dans Israël , et cinq cent mille dans Juda, capables de porter les armes. Le prophète Gad lui propose l'option de trois fléaux pour l'expiation de cette ambitieuse curiosité. David choisit la peste qui dans trois jours emporte soixante-dix mille hommes. Ce prince voit l'ange exterminateur près de l'aire d'Oman sur la montagne de Moria. Il prie le Seigneur de le frapper, lui qui est le seul coupable, et d'épargner son peuple qui est innocent. Dieu lui fait dire d'élever un autel dans ce même lieu, et d'y offrir un sacrifice. David obéit; le feu du ciel descend sur l'autel, et le fléau cesse. David fait les préparatifs pour bâtir le temple du Seigneur, dans ce même lieu où l'ange lui avait apparu. Outre la grande quantité de matériaux qu il amassa, il déclara à Salomon, son fils, qu'il laissait dans ses coffres mille talents d'or (6 milliars i53 millions 125 mille livres de notre monnaie), et un million de talents d'argent (4 milliars 876 millions 187,500 de nos livres), sommes qu'il avait amassées, dit il , suivant la médiocrité de ses forces, ajoutant à son fils qu'il suppléerait ce qui manquait pour achever cet édifice. (Paralip. I. 22. i4») Mais comme le remarque M. le Clerc, il y aurait dans ces sommes, qui surpassaient les richesses de tous les rois d'Asie , de quoi bâtir plus de cent temples des plus magnifiques qu'on pût imaginer. Le texte sacré, de la manière dont on vient de
(1) Le crucifiement est le plus ancien des supplices, elle plus commun qu'on fit subir anciennement aux criminels condamnés à mort ; et de là le mot latin cruciatus pour designer le supplice en général. Mais toutes les croix n'étaient pas faites de la même manière , et tous ceux qu'on y attachait ne l'étaient pas de la même façon. C'était tantôt avec des cordes , tantôt avec des clous passe'* au travers des pieds et des mains. ( Voyez les traités que Justc-Lipse et Gretzer ont composés sur la croix. ) 11 parait que les petits— fil* de Saïïl, ne furent crucifiés, qu'arec des cordes, parle long teins qu'ils restèrent sur la croix.
l'expliquer , heurte donc de front la vraisemblance. Mais H ▼ » une façon bien simple de sauver à Fauteur du livre des Paralipomènes, l'absurdité qu'on lui prête. C'est de dire qu'il parle ici du talent de compte, et non du talent de poids. Car ces deux sortes de talents de valeurs très- différentes existaient chez les anciens, comme nous avons parmi nous la livre de compte et la livre de poids , dont la première est à la seconde, comme le nombre cent est à l'unité. (Voy. là -dessus Bullet, Réponses à plusieurs difficultés proposées par les nouveaux Incrédules , Tom. I. pp. a44~255.)
David fait le dénombrement des Lévites âgés de trente ans, et au-dessus, jusqu'à soixante. Le nombre s'en étant trouvé de trente-huit mille, il les distribue en vingt-quatre classes , pour servir, par semaine , chacune à son tour, dans le temple. 11 établit un ordre parmi les chantres et les musiciens, et met à leur tète Asaph , Heman et ldithum.
iooi. Àdonias , 61s de David et d'Haggith , l'aîné des enfants qui restaient à ce monarque, se fait proclamer roi dans un festin qu*il donne près de la fontaine de Rogel. Avant que d'en venir là, il avait souvent dit : c'est à moi que la couronne appartient , fondant son droit sur l'ordre commun de succession, non sur une loi de l'état qui ôtât au père le choix de son successeur. Il n'y en avait en effet aucune alors qui adjugeât la couronne à 1 aîné de la maison royale. C'était donc une usurpation manifeste et une révolte criminelle que l'entreprise a Adonias.
David en étant averti par Bethsabée , envoie sacrer son fils Salomon, à Gihon (i), par le prêtre Sadoc, et le prophète Nathan. Le parti d'Adonias est dissipé promptement, et le prince rebelle obtient grâce de Salomon, son frère, qui le renvoie dans sa maison.
David ayant rassemblé les chefs des tribus et les principaux officiers de ses armées et de sa maison , remet en leur présence, à son fils Salomon, les dessins et les plans de toutes les parties du temple, il lui donne aussi l'ordre et la distribution des prêtres et des lévites, avec un état des vases qui devaient servir dans le temple, et ajoute : J'ai reçu
(i) C'était une fontaine située à l'occident de Jérusalem , où se* eaux étaient amenées par un canal pour arroser principalement les
jardins du roi.
ftE l'histoire sainte; 43y)
toutes ces choses écrites et dessinées de la main de Dieu> afin que j'eusse l'intelligence de tous les ouvrages du temple , conformément à ce modèle.
David meurt dans la soixante-onzième année de son âge, après avoir donné d'excellents avis au nouveau roi, 11 avait régné sept ans et six mois à Hébron, et trente-trois ans incomplets à Jérusalem, ce qui fait en tout les quarante ans de règne que lui donne l'Ecriture. Ce prince a fieuré le Messie dans les divers événements de sa vie , et Ta prédit dans ses pseaumes, qui n'ont pour objet que Jésus-Christ et ses mystères. Ces divins cantiques expriment d'ailleurs tous les sentiments que la piété la plus tendre peut inspirer, et l'église remplie du même esprit qui les a dictés, ne cessera de les chanter jusqu'à la lin des siècles. Quelques mécréans, néanmoins grossiers et ignorants, paraissent scandalisés des imprécations que David lance contre ses ennemis. Mais la lecture du texte original suffirait , s'ils l'entendaient, pour les désabuser. Us y verraient , que ce ne sont là que des prédictions des châtiments que le Seigneur doit exercer sur les impies, s'ils ne retournent sincèrement à lui. David est peut-être le premier qui ait eu une armée sur pied en tout tems. Il entretenait continuellement douze corps de vingtquatre mille hommes chacun , qui servaient par mois. C'était en tout deux cent quatre-vingt-huit mille hommes. Chacun de ces douze corps avait son général , qui avait sous lui des chefs de mille hommes, auxquels étaient subordonnés les chefs de cent hommes. Ce sont les seuls officiers que l'on remarque dans les troupes de David. ( I. Paralip. c. 27. )